En Egypte, les start-up vertes s'attaquent au fléau du plastique

Un travailleur déchiquette des déchets plastiques pour les recycler en dalles emboîtables écologiques utilisées dans les allées extérieures dans un atelier de la start-up "TileGreen", dans la ville industrielle d'Ashir min Ramadan (10e Ramadan), à environ 60 kilomètres à l'est de la capitale égyptienne, le 8 décembre 2022. (Photo de Ahmed HASAN / AFP)
Un travailleur déchiquette des déchets plastiques pour les recycler en dalles emboîtables écologiques utilisées dans les allées extérieures dans un atelier de la start-up "TileGreen", dans la ville industrielle d'Ashir min Ramadan (10e Ramadan), à environ 60 kilomètres à l'est de la capitale égyptienne, le 8 décembre 2022. (Photo de Ahmed HASAN / AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 18 janvier 2023

En Egypte, les start-up vertes s'attaquent au fléau du plastique

  • Les 5,4 millions de tonnes de déchets plastiques produites chaque année en Egypte se retrouvent souvent dans des décharges illégales qui se déversent dans le Nil et la Méditerranée où elles empoisonnent la faune aquatique
  • Plus de trois quarts des poissons pêchés au Caire dans le plus grand fleuve d'Afrique contiennent des micro particules de plastique alerte une étude publiée en 2020

LE CAIRE: En Egypte, premier pollueur au plastique du Moyen-Orient et d'Afrique, de jeunes entrepreneurs tentent de transformer les millions de tonnes de plastique qui inondent le Nil, la Méditerranée et les décharges à ciel ouvert.

Le pays de 104 millions d'habitants --où 67% des déchets "ne sont pas gérés adéquatement" selon la Banque mondiale-- s'est engagé à diviser par deux sa consommation de plastique à usage unique d'ici 2030.

Mais avant cela, de jeunes protecteurs de l'environnement et des ingénieurs ont décidé d'utiliser les déchets plastiques tout de suite: les premiers les sortent des eaux du Nil et les seconds en font des briques, une alternative verte au ciment et à sa lourde empreinte carbone.

Les 5,4 millions de tonnes de déchets plastiques produites chaque année en Egypte se retrouvent souvent dans des décharges illégales qui se déversent dans le Nil et la Méditerranée où elles empoisonnent la faune aquatique.

Plus de plastique que de poisson

Plus de trois quarts des poissons pêchés au Caire dans le plus grand fleuve d'Afrique contiennent des micro particules de plastique alerte une étude publiée en 2020.

Plus au nord, à Alexandrie, ce chiffre atteint 92% indiquent cette année des chercheurs l'Institut égyptien de l'océanographie et de la pêche.

Au Caire, sur l'île de Qoursaya, pour arrondir leurs fins de mois, des pêcheurs ont commencé à remplir leurs filets de plastique.

Hany Fawzy, responsable de projet chez VeryNile, un projet soutenu par le ministère de l'Environnement, achète "entre dix et 12 tonnes de plastiques chaque mois" à 65 pêcheurs qui collectent et trient les déchets à même leurs embarcations.

Le plastique est ensuite compressé puis recyclé ou incinéré comme carburant dans une usine de ciment du Sud.

Selon l'OCDE, moins de 10% du plastique dans le monde est recyclé, notamment en raison de la difficulté ou du coût du procédé.

De nombreux produits plastiques --et plus particulièrement les emballages flexibles contrecollés comme ceux des paquets de chips-- sont "composés de différentes couches de plastique et d'aluminium presque impossibles à séparer et donc à recycler", affirme à l'AFP Khaled Raafat, cofondateur de la start-up TileGreen.

"La plupart du temps ce plastique sans ou à très peu de valeur termine dans des décharges, incinéré ou dans notre environnement, nos mers et nos cours d'eau", renchérit son associé Amr Shalan.

Une goutte dans l'océan

Derrière lui, une broyeuse avale du plastique pour le recracher sous forme de briques à la couleur foncée "deux fois plus solides que le béton", s'enorgueillit M. Rafaat en en jetant une sur le sol.

"Seuls 11 à 15% des déchets plastiques sont recyclés en Egypte chaque année. On travaille avec des entreprises de recyclage et on récupère ce qu'ils ne peuvent pas utiliser", explique M. Shalan.

Une brique, dit-il c'est 125 sacs en plastique. TileGreen en a déjà produit 40.000 et se fixe comme objectif d'avoir recyclé entre trois et cinq milliards de sacs plastique d'ici 2025.

Mais ce ne sera sûrement toujours pas assez. Selon l'OCDE, la production annuelle de plastique devrait tripler en 2060 à 1,2 milliard de tonnes.

Dans le même temps, un autre chiffre va doubler: celui des 100 millions de tonnes de déchets plastiques non recyclées ou abandonnées dans la nature chaque année.

"Le plastique ne va pas disparaître. Avec leurs initiatives, ils ont créé un marché et vu qu'il y avait clairement de la demande", analyse Mohamed Kamal, codirecteur de Greenish, qui a aidé à créer VeryNile.

"Tout ce qui crée de la valeur à partir des déchets en Egypte est un pas en avant", martèle-t-il. "Mais on reste à la surface et ça ne résout pas le problème de fond".


L'armée israélienne appelle à évacuer de nouveaux villages du sud du Liban

L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
Short Url
  • La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations
  • Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune"

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours.

"Les violations répétées de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah obligent l'armée israélienne à opérer", écrit sur son compte X le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, quelques jours après la tenue de discussions à Washington entre représentants israéliens et libanais et l'annonce de la prolongation de la trêve entre les deux pays.

La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations afin de protéger la population du nord d'Israël des tirs du Hezbollah.

Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune".

Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé mardi "plusieurs localités dans le sud" du pays.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir visé un rassemblement de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël avec "un essaim de drones d'attaque".

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué plus de 3.000 personnes au Liban selon les autorités libanaises.

Côté israélien, 20 soldats et un contractuel travaillant pour l'armée ont été tués au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars.


Le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz remonte

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
Short Url
  • Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin
  • Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février

LONDRES: Le trafic dans le détroit d’Ormuz a légèrement augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit au Moyen-Orient, après avoir atteint un plus bas en temps de guerre.

Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin.

Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février.

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer.

Malgré cette hausse, les traversées de la semaine dernière restent globalement conformes aux moyennes observées en temps de guerre. Depuis le 1er mars, Kpler a recensé 663 navires de marchandises transitant par le détroit, soit une moyenne de 55 par semaine.

Environ la moitié des pétroliers ayant traversé la semaine dernière transportaient des liquides. Parmi eux figuraient trois superpétroliers, vraisemblablement à destination de la Chine, d’Oman et du Japon.

Les données de Kpler montrent également que 15 vraquiers de matières premières sèches et 16 méthaniers de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ont franchi le détroit la semaine dernière. Un seul méthanier de gaz naturel liquéfié transportant du gaz qatari vers le Pakistan a traversé, le 12 mai. Cela porte à huit le nombre total de traversées de méthaniers GNL depuis le début de la guerre.

En temps de paix, le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL, ainsi que d’autres matières premières majeures, dont les engrais.

L’Iran a répété à plusieurs reprises que le trafic maritime dans ce couloir ne "reviendrait pas à son niveau d’avant-guerre".

Lundi, Téhéran a annoncé la création d’un nouvel organisme chargé de superviser le détroit et de faire payer des droits de passage aux navires, ce que l’Iran aurait commencé à faire dès le début de la guerre.

Des responsables iraniens ont déclaré jeudi que des navires chinois avaient été autorisés à transiter, après un ralentissement constaté la semaine précédente.

Selon Kpler, seuls trois navires de marchandises liés à la Chine par leur pavillon, leur propriétaire ou leur cargaison ont franchi le détroit la semaine dernière. Deux navires battant pavillon de Hong Kong ont également transité et se dirigeaient vers Oman et les Émirats arabes unis.

Les données ne donnent toutefois pas nécessairement une image complète, les navires ne déclarant pas toujours leur destination finale au moment de la traversée.

Depuis le début de la guerre, le trafic dans le détroit dépend de la nationalité, l’Iran ayant indiqué le 10 mai que les pays respectant les sanctions américaines contre la République islamique rencontreraient des difficultés pour traverser.

Depuis le début du conflit, la Chine et l’Inde figurent parmi les destinations ou points de départ non situés dans le Golfe les plus fréquemment signalés pour les navires de marchandises empruntant le détroit.

Parmi les autres destinations hors Golfe mentionnées dans les données de Kpler figurent le Brésil, le Pakistan, la Thaïlande et la Malaisie, tandis que relativement peu de navires déclarent des pays occidentaux comme destination.

Le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz demeure l’un des enjeux centraux des négociations avec les États-Unis, qui n’ont toujours pas débouché.


Les Emirats disent que les drones ayant ciblé la centrale nucléaire provenaient d'Irak

Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
Short Url
  • Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak
  • "Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak, où des groupes soutenus par l'Iran mènent des attaques contre la région du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien", a affirmé le ministère de la Défense émirati dans un communiqué.