Au comité national du parti républicain, Ron DeSantis défie Donald Trump à distance

Un badge "Roll with Ronna for RNC Chair" (campagne pour la présidente actuelle du parti républicain Ronna McDaniel) est vu lors de la réunion d'hiver du Comité national républicain 2023 à Dana Point, en Californie, le 27 janvier 2023. (Photo de Patrick T. Fallon / AFP)
Un badge "Roll with Ronna for RNC Chair" (campagne pour la présidente actuelle du parti républicain Ronna McDaniel) est vu lors de la réunion d'hiver du Comité national républicain 2023 à Dana Point, en Californie, le 27 janvier 2023. (Photo de Patrick T. Fallon / AFP)
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Publié le Samedi 28 janvier 2023

Au comité national du parti républicain, Ron DeSantis défie Donald Trump à distance

  • Les conservateurs sont à couteaux tirés depuis les élections de mi-mandat décevantes en novembre
  • Dans ce contexte électrique, la présidente actuelle du parti, Ronna McDaniel, a dû surmonter pour la première fois deux candidatures concurrentes pour se faire réélire à son poste. Le gouverneur de Floride Ron DeSantis s'est prononcé en sa faveur

DANA POINT, Etats-Unis : Profondément divisé, le parti républicain a reconduit sa présidente vendredi en Californie lors d'une réunion où le gouverneur de Floride Ron DeSantis a avancé ses pions pour concurrencer la candidature de Donald Trump à la Maison Blanche en 2024.

L'hôtel luxueux de la station balnéaire de Dana Point, où sont réunis les 168 membres du comité national du parti depuis mercredi, était le nouveau théâtre de la crise existentielle traversée par le «Grand Old Party».

Les conservateurs sont à couteaux tirés depuis les élections de mi-mandat décevantes en novembre, où la «vague rouge» tant annoncée n'a pas eu lieu et où les républicains ont échoué à regagner le Sénat: la mainmise de M. Trump, candidat déjà déclaré pour la prochaine présidentielle et lesté par les ennuis judiciaires, est largement remise en cause et le parti se déchire.

Début janvier, les électrons libres trumpistes ont ainsi créé une pagaille inédite en plus de 160 ans au Congrès, transformant l'élection de Kevin McCarthy comme «speaker» à la Chambre des représentants en chemin de croix.

Dans ce contexte électrique, la présidente actuelle du parti, Ronna McDaniel, a dû surmonter pour la première fois deux candidatures concurrentes pour se faire réélire à son poste, qu'elle occupe depuis 2016.

Reconduite avec 111 votes, elle a surpassé Mike Lindell, un riche patron complotiste fabricant d'oreillers ultra-minoritaire avec 4 voix ; et surtout Harmeet Dhillon, une avocate qui a récolté 51 voix et était soutenue par de nombreux frondeurs républicains anti-establishment, souvent les mêmes qui ont perturbé l'élection de M. McCarthy au Congrès.

«Avec nous tous unis, les démocrates vont nous entendre en 2024», s'est réjouie la patronne du parti, immédiatement félicitée sur les réseaux sociaux par Donald Trump, qui la soutenait en coulisses.

Avant le vote, Ronna McDaniel avait mis en garde vendredi contre les querelles internes, en citant un verset de la Bible à la tribune. «Tout royaume divisé contre soi-même est promis à la désolation, et tout ville ou maison divisée contre elle-même ne tiendra pas», avait-elle averti.

- «Bataille par procuration» -

Car sa réélection n'a pas été une promenade de santé. Depuis plusieurs semaines, Mme Dhillon faisait campagne pour déloger Ronna McDaniel sur le mécontentement de la base après la défaite présidentielle de 2020 et la contre-performance des élections de mi-mandat en novembre dernier.

«Il y a beaucoup de changements qui ont besoin d'être réalisés pour que nous soyons en mesure de gagner en 2024», a-t-elle déclaré mercredi au Los Angeles Times, en justifiant sa candidature à ce poste clé pour organiser la future primaire qui déterminera le candidat conservateur à la présidentielle. «Je suis fatiguée que les républicains perdent les élections.»

Avec ce discours, l'avocate, dont le cabinet a assuré la défense de M. Trump face à la commission parlementaire sur l'attaque du 6 janvier 2021 à Washington, jouait sur les deux tableaux.

Elle s'adressait à la fois aux conservateurs lassés par l'ex-président, perçu par certains comme «une machine à perdre», et résonne aussi chez les trumpistes les plus extrêmes qui rêvent de renverser la table et de refaire le parti à leur main.

Jeudi, à la veille du vote, elle s'est trouvée un allié de poids: le gouverneur de Floride Ron DeSantis s'est prononcé en sa faveur.

«Je crois que nous avons besoin d'un changement. Je pense que nous avons besoin de sang neuf au sein du comité national républicain», a confié au média Florida's Voice le conservateur, triomphalement réélu en novembre et perçu comme le rival potentiel le plus dangereux pour M. Trump dans la course à la Maison Blanche.

Une déclaration qui montre les divisions tenaces au sein du parti conservateur. La tambouille interne pour choisir la présidente du parti s'est transformée en «une bataille par procuration entre DeSantis et Trump», observe la politologue Wendy Schiller.

En soutenant l'outsider prisée par les membres les plus extrêmes du parti, le gouverneur de Floride voulait «doubler Donald Trump par la droite», explique-t-elle à l'AFP.

«DeSantis tente de se projeter en futur leader du parti», insiste-t-elle. «Il n'y a aucune raison de vouloir peser sur cette élection, à moins que vous n'ayez l'intention de vous présenter à la présidentielle.»

Les républicains étalent leurs divisions pour reconduire la cheffe de leur parti

Le parti républicain a reconduit sa présidente Ronna McDaniel vendredi en Californie, lors d'une réunion qui a une fois de plus souligné les profondes divisions qui minent le camp conservateur avant l'élection présidentielle de 2024.

Aux commandes depuis 2016, cette proche de Donald Trump a été réélue pour un quatrième mandat avec 111 votes sur 167 exprimés, lors du comité national du parti à Dana Point en Californie.

Avec une victoire dès le premier tour, elle s'est épargnée l'humiliation vécue par Kevin McCarthy début janvier, forcé d'accorder d'importantes concessions à la frange la plus dure du parti pour accéder au poste de «speaker» au Congrès, après 14 votes successifs.

Mais ce scrutin n'en a pas moins révélé les fractures du «Grand Old Party» (GOP), échaudé par sa contre-performance lors des élections de mi-mandat en novembre, où il n'a gagné qu'une fragile majorité à la Chambre des représentants et a échoué à reconquérir le Sénat.

Lesté par les ennuis judiciaires, Donald Trump a déjà déclaré sa candidature pour reconquérir la Maison Blanche en 2024, mais sa mainmise sur le parti est de plus en plus contestée. Les candidats qu'il a soutenus en novembre ont pour la plupart échoué à se faire élire, transformant l'ex-président et son goût immodéré pour la provocation en «machine à perdre» aux yeux de beaucoup.

Sa protégée Ronna McDaniel avait jusqu'ici toujours été réélue sans aucune opposition. Mais cette fois-ci, elle a dû se défaire d'Harmeet Dhillon, une avocate qui a récolté 51 voix en capitalisant sur l'amertume de nombreux républicains afin de forger une alliance inattendue.

Ses appels au changement ont à la fois séduit les trumpistes les plus extrêmes et ceux qui cherchent une alternative à M. Trump. A la veille du vote à bulletin secret, le gouverneur de Floride Ron DeSantis, dont les ambitions présidentielles ne font guère de doute, s'est ainsi prononcé en sa faveur.

«Je crois que nous avons besoin d'un changement. Je pense que nous avons besoin de sang neuf au sein du comité national républicain», a confié au média Florida's Voice ce conservateur pur jus, triomphalement réélu en novembre.

- Union de façade -

Loin de la pagaille étalée aux yeux de tous au Congrès début janvier, Ronna McDaniel a tenté de resouder son parti après sa victoire. Elle a fait monter sur scène Mme Dhillon et son autre rival, l'entrepreneur complotiste Mike Lindell, qui a récolté 4 voix.

«Avec nous tous unis, les démocrates vont nous entendre en 2024», s'est-elle réjouie, immédiatement félicitée par Donald Trump sur les réseaux sociaux.

Avant le vote, elle avait mis en garde contre les divisions de son camp. «Rien de ce que nous faisons n'est plus important que de s'assurer que Joe Biden n'ait qu'un seul mandat comme président», avait-elle insisté. «Mais pour cela, nous avons besoin d'être unis».

Un vœu qui risque fort de s'avérer pieux. Dans les couloirs du luxueux hôtel où se déroulait le comité, Mme Dhillon a insisté sur le soutien populaire dont elle bénéficiait et a accusé l'organe d'aveuglement.

«Personne ne va s'unir derrière un parti qui ignore sa base», a-t-elle fustigé devant la presse, en accusant l'establishment du GOP et les conseillers de M. Trump d'avoir faussé l'élection en mettant toutes les ressources du parti au service de Mme McDaniel. «Je pense que le parti va devoir gérer les retombées de cette déconnexion avec la base.»

Les membres du comité «n'ont pas écouté ce que le peuple voulait», a abondé M. Lindell, l'autre perdant, auprès de l'AFP.

Plus qu'un soutien à M. Trump, la réélection de Mme McDaniel sonne comme un moyen de «bloquer la frange la plus extrême du parti de prendre le contrôle» du GOP qui soutenait Mme Dhillon, analyse pour l'AFP la politologue Wendy Schiller.

Selon elle, cette élection d'habitude peu passionnante s'est transformée en «bataille par procuration» entre Donald Trump et Ron DeSantis. De quoi souligner le malaise persistant chez des conservateurs en plein doute.

«Au niveau national, pour remporter les élections ce parti est vraiment en train de se fragmenter et de se désagréger.»

- « Gare à enterrer Donald Trump trop vite »-

Un discours dans l'Etat-clé du New Hampshire avant un autre en Caroline du Sud, à 1.500 km de là: Donald Trump retrouve enfin samedi les meetings de campagne, espérant donner un coup de fouet à sa candidature pour la Maison Blanche.

Deux mois et demi après s'être lancé dans la course à l'élection de 2024, l'ancien président américain quitte les salons dorés de sa résidence de Floride pour un déplacement qui ne doit rien au hasard.

Ces deux Etats seront parmi les premiers à organiser leurs primaires républicaines début 2024. Une victoire garantirait à Donald Trump vainqueur un élan précieux -- et nécessaire -- pour la suite de la campagne.

- «D'autres options» -

Samedi dans la matinée, le septuagénaire se rendra à Salem, une petite ville du New Hampshire, où le parti républicain tient sa convention annuelle.

Mais après avoir régné durant des années sur le «Grand Old Party», Donald Trump ne sera pas forcément en terrain conquis.

Dans cet Etat frontalier du Canada, nombre d'élus locaux reprochent au milliardaire d'avoir plombé les chances des républicains aux récentes élections de mi-mandat en soutenant des candidats jugés trop extrêmes.

«Personnellement, je pense qu'il a perdu beaucoup de son attrait et de son aura», déclare à l'AFP Mike Bordes, élu au parlement local, qui avait pourtant soutenu Donald Trump à l'élection de 2020.

Si cet homme sera bien présent samedi à Salem -- «c'est l'ancien président, donc on se doit de l'accueillir» -- il se dit aussi «prêt à aller de l'avant et à envisager d'autres options» pour l'investiture républicaine.

Même constat en Caroline du Sud, Etat bordé par l'Atlantique où Donald Trump dévoilera son équipe de campagne à 16H00 (21H00 GMT).

Car si officiellement, l'ancien président est le seul candidat républicain déclaré, plusieurs prétendants dans cet Etat semblent aussi prêts à se lancer.

A commencer par son ancienne gouverneure, Nikki Haley, qui a promis à ses partisans une annonce très prochaine.

Donald Trump a aussi vu plusieurs de ses grands donateurs annoncer publiquement qu'ils ne soutiendraient pas sa candidature en 2024, au profit de Ron DeSantis -- gouverneur de Floride et étoile montante du parti, mais lui non plus pas officiellement lancé dans la course.

- Scandales –

Des tracas politiques dont l'ex-président, déjà cerné par une myriade d'enquêtes, se serait bien passé.

En décembre, une commission parlementaire enquêtant sur la responsabilité du républicain dans l'attaque menée par ses partisans contre le Congrès américain a recommandé qu'il soit poursuivi pénalement. Une juge en Géorgie a aussi promis une décision «imminente» concernant les pressions politiques qu'il a exercées dans cet Etat.

Mais gare à enterrer Donald Trump trop vite, répètent sans cesse ses partisans.

Le tribun, dont la chute a été mille fois annoncée, a jusqu'ici survécu à tous les scandales. L'ex-magnat de l'immobilier pourrait aussi grandement profiter de la levée prochaine de la suspension de ses comptes Facebook et Instagram, retrouvant là un mégaphone très lucratif.

- Et chez les démocrates ? -

Donald Trump, ou un(e) autre... Le candidat choisi par le camp républicain à l'issue de ces primaires affrontera celui désigné par le parti démocrate en novembre 2024.

Le président Joe Biden dit jusqu'ici avoir «l'intention de se représenter», et a promis de rendre sa décision publique au début de l'année.

Petit à petit, l'architecture de sa possible candidature commence elle aussi à prendre forme.

Le dirigeant octogénaire sera mardi prochain à New York, puis à Philadelphie vendredi, allant à la rencontre de riches sympathisants pour remplir les caisses de son parti.

Les experts politiques prédisent une possible annonce après son discours sur l'Etat de l'union, traditionnel discours de politique générale des présidents donné devant les parlementaires -- et prévu le 7 février.

Aucun démocrate ne s'est encore manifesté pour le défier.

 

 


Witkoff: Trump se demande pourquoi l'Iran n'a pas déjà «capitulé»

Les pays occidentaux soupçonnent la République islamique de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément, tout en insistant sur son droit à l'enrichissement de l'uranium à des fins civiles. (AFP)
Les pays occidentaux soupçonnent la République islamique de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément, tout en insistant sur son droit à l'enrichissement de l'uranium à des fins civiles. (AFP)
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  • Le président américain "s'étonne" de la position de l'Iran, après l'avoir averti de lourdes conséquences en cas d'échec sur un accord, a déclaré M. Witkoff, interrogé sur Fox News par Lara Trump, la belle-fille de Donald Trump
  • "Pourquoi, sous cette pression, avec la puissance maritime et navale déployée là-bas, ne sont-ils pas venus vers nous en disant : 'Nous affirmons ne pas vouloir l'arme (nucléaire), alors voici ce que nous sommes prêts à faire' ?"

WASHINGTON: Le président Donald Trump se demande pourquoi l'Iran n'a pas déjà "capitulé" devant le déploiement militaire de Washington destiné à le pousser à accepter un accord nucléaire, a déclaré l'émissaire américain Steve Witkoff.

Les deux pays ont achevé mardi près de Genève une deuxième session de pourparlers indirects via une médiation omanaise, dans un contexte d'intensification du déploiement militaire américain dans le Golfe, où Washington a dépêché deux porte-avions.

Le président américain "s'étonne" de la position de l'Iran, après l'avoir averti de lourdes conséquences en cas d'échec sur un accord, a déclaré M. Witkoff, interrogé sur Fox News par Lara Trump, la belle-fille de Donald Trump.

"Je ne veux pas employer le mot 'frustré', parce qu'il sait qu'il a de nombreuses alternatives, mais il est s'étonne de savoir pourquoi ils n'ont pas... capitulé", a-t-il affirmé dans cette interview réalisée jeudi et diffusée samedi par la chaîne américaine.

"Pourquoi, sous cette pression, avec la puissance maritime et navale déployée là-bas, ne sont-ils pas venus vers nous en disant : 'Nous affirmons ne pas vouloir l'arme (nucléaire), alors voici ce que nous sommes prêts à faire' ?".

Malgré cette pression, "il est difficile de les amener à ce stade", a-t-il reconnu.

L'émissaire américain a également confirmé qu'il avait rencontré Reza Pahlavi, le fils du chah déchu, qui n'est pas retourné en Iran depuis la révolution islamique de 1979 ayant renversé la monarchie. "Je l'ai rencontré sur instruction du président ", a-t-il déclaré.

"Je pense qu'il est très engagé pour son pays, qu'il se soucie de son pays. Mais cela relèvera des décisions du président Trump", a ajouté M. Witkoff.


Après l'arrestation d'Andrew, la monarchie britannique dans une crise sans précédent

Des commentateurs estiment que la monarchie britannique traverse sa crise la plus grave depuis des décennies. Presque tous les journaux britanniques ont publié vendredi en Une une photographie du prince déchu. (AFP)
Des commentateurs estiment que la monarchie britannique traverse sa crise la plus grave depuis des décennies. Presque tous les journaux britanniques ont publié vendredi en Une une photographie du prince déchu. (AFP)
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  • L’ex-prince Andrew a été placé en garde à vue pendant près de 12 heures dans le cadre de l’affaire Epstein, soupçonné d’avoir transmis des informations confidentielles
  • Son arrestation provoque une crise majeure pour la monarchie britannique

LONDRES: L'enquête policière continue après la garde à vue spectaculaire de l'ex-prince Andrew pour des soupçons liés à l'affaire Epstein et la famille royale britannique fait face à une crise jugée particulièrement périlleuse par les experts de la monarchie.

Le frère cadet de Charles III a été relâché jeudi en fin de journée "en attendant la suite de l'enquête", selon la police, et les perquisitions devaient se poursuivre vendredi à Royal Lodge, près de Windsor, son ancien domicile dont il a été récemment chassé.

Andrew, dont l'interpellation a coïncidé avec son 66e anniversaire, a été interrogé près de 12 heures sur des accusations de "manquements dans l'exercice de fonctions officielles", accusé d'avoir transmis des informations confidentielles au financier et pédocriminel américain Jeffrey Epstein.

Après sa garde à vue, le prince déchu a été photographié quittant le commissariat situé à une trentaine de kilomètres de sa nouvelle résidence de Sandringham (est de l'Angleterre): le cliché spectaculaire, qui le montre hagard, les yeux écarquillés à l'arrière d'une voiture, faisait vendredi la Une de la totalité des journaux britanniques, Financial Times excepté.

Cette arrestation aura marqué "le jour le plus préjudiciable pour la monarchie", soulignait le Telegraph, tandis que le Daily Mail évoquait une "monarchie moderne face à son plus grave péril".

- Fin de la "déférence" -

Pour l'expert royal Ed Owens, la situation à laquelle la monarchie est confrontée est d'autant plus dangereuse qu'elle compte "beaucoup d'inconnues". A commencer par l'incertitude sur une éventuelle inculpation d'Andrew, ou les soupçons d'agressions sexuelles qui l'entourent, pour l'instant restés hors du champ de toute enquête formelle.

Évoquant les précédentes crises qui l'ont ébranlée au cours des dernières décennies - la mort de la princesse Diana en 1997 ou l'abdication d'Édouard VIII en 1936 - il a rappelé qu'il avait fallu "plus de 10 ans pour stabiliser l'institution et regagner l'affection et la loyauté du public".

L'ex-prince est accusé d'avoir transmis des informations confidentielles à Epstein, notamment des rapports de voyages en Asie et des possibilités d'investissement en Afghanistan, lorsqu'il était envoyé spécial du Royaume-Uni pour le Commerce, de 2001 à 2011.

Dans un rare communiqué après l'arrestation, le roi Charles III a affirmé jeudi que la "justice doit suivre son cours", tout en faisant part de sa "plus profonde inquiétude".

Le monarque, qui avait déjà déchu son cadet de tous ses titres royaux en octobre en raison de nouvelles informations sur les liens d'Andrew avec Epstein, a néanmoins évité de chambouler son agenda, se rendant comme prévu à un défilé de la Fashion Week de Londres.

Selon Roya Nikkhah, experte royale du Sunday Times, la famille royale va essayer de "poursuivre ses activités comme si de rien n'était", mais "la confiance dans l'institution risque vraiment d'être érodée" avec cette arrestation inédite depuis le XVIIe siècle.

"Le temps de la déférence qui prévalait pendant le règne de la reine (Elizabeth II, ndlr) est terminé, et il s'agit d'un immense défi pour Charles, car le public n'a plus l'affection pour l'institution" qu'il avait sous la défunte reine, dit-elle.

- Suspect comme un autre -

Alimentant le sentiment que la famille royale n'est plus au-dessus des lois, les médias britanniques ont souligné que le roi n'avait pas été prévenu à l'avance de l'arrestation de son frère.

Et le tabloid The Sun note que, comme tout suspect, Andrew a dû se soumettre à un prélèvement salivaire pour recueillir son ADN, à la prise d'empreintes digitales et d'une photo d'identité judiciaire.

Donald Trump, qui a souvent manifesté une certaine fascination pour la monarchie britannique, a jugé jeudi soir l'arrestation de l'ex-Duc d'York "très triste" et "très mauvaise pour la famille royale".

Son interpellation a aussi mis en évidence le contraste avec les Etats-Unis, où les répercussions de la tentaculaire affaire Jeffrey Epstein sont restées jusqu'ici limitées. Seule son ex-compagne et complice, Ghislaine Maxwell, a été condamnée pour ses liens avec le criminel sexuel.

Ces derniers jours, la police britannique avait indiqué examiner des documents contenus dans la dernière salve des dossiers Epstein, publiés le 30 janvier par le ministère américain de la Justice.

De nouvelles accusations en avaient émergé à l'encontre de l'ex-prince, qui s'est gardé de les commenter.

La police a aussi indiqué "évaluer" des informations selon lesquelles une femme aurait été envoyée par Jeffrey Epstein à Royal Lodge en 2010, potentiellement pour avoir des relations sexuelles avec Andrew.

Mais cette accusation n'a pas été mentionnée jeudi par la police et on ignore si Andrew a été interrogé sur ce sujet.


Internet, IA: l'Europe est un "espace sûr", contrairement à ce que disent des "amis mal informés"

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors du AI Impact Summit à New Delhi, le 19 février 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors du AI Impact Summit à New Delhi, le 19 février 2026. (AFP)
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  • Macron défend l’Europe comme un “espace sûr” pour l’innovation et l’investissement dans l’intelligence artificielle, tout en participant à la définition des règles internationales avec des alliés comme l’Inde
  • Protection des enfants et durabilité de l’IA : priorité au G7 pour limiter l’exposition des mineurs aux contenus numériques et promouvoir une IA moins énergivore et au service du bien commun

NEW DELHI: Le président français Emmanuel Macron a affirmé jeudi que l'Europe était un "espace sûr", non "centré aveuglément" sur la régulation contrairement à ce que les Etats-Unis disent, et déterminé à participer à la définition des "règles du jeu" dans l'intelligence artificielle.

"Contrairement à ce que certains amis mal informés disent, l'Europe n'est pas aveuglément centrée sur la régulation (..) L'Europe est un espace sûr (pour l'innovation et l'investissement, ndlr) et les espaces sûrs gagnent sur le long terme", a-t-il dit à l'ouverture du sommet sur l'intelligence artificielle à New Delhi.

"Nous sommes déterminés à continuer à définir les règles du jeu et à le faire avec nos alliés, tels l'Inde, parce que nous croyons dans les valeurs fondamentales partagées, la science, l'Etat de droit, l'équilibre mondial, un multilatéralisme efficace et l'innovation au bénéfice de tous", a-t-il ajouté devant un parterre de chefs d'Etat et des plus grands patrons de la "tech".

L'administration américaine, invoquant la liberté d'expression, dénonce régulièrement la régulation des grandes plateformes américaines imposée par l'Union européenne, des "actes flagrants de censure extraterritoriale", selon elle.

"L'intelligence artificielle va aider l'humanité à investir plus vite (..) dans la santé, l'énergie, la mobilité, l'agriculture, les services publics et le bien commun de tous", a poursuivi Emmanuel Macron.

Le chef de l'Etat a insisté sur la nécessité pour la France comme pour l'Inde de "prendre ensemble le chemin de l'innovation, de l'indépendance et de l'autonomie stratégique" en la matière.

Et sur le besoin d'une IA qui serve à "protéger la planète et pousser la prospérité de tous" et qui soit "durable" et donc moins dévoreuse d'énergie avec ses gigantesques centres de données.

Le président français a aussi insisté sur la nécessité de mieux protéger les enfants des "abus numériques et de l'IA", en soulignant que ce serait une priorité de la présidence française du G7 cette année.

"Il n'y a pas de raison que nos enfants soient exposés en ligne à ce qui est légalement interdit dans le monde réel", a-t-il dit, appelant plateformes, gouvernements et régulateurs "à travailler ensemble pour faire de l'internet et des réseaux sociaux un espace sûr".

La France est elle-même en train de prendre des mesures pour interdire l'accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux, a-t-il rappelé.