Au comité national du parti républicain, Ron DeSantis défie Donald Trump à distance

Un badge "Roll with Ronna for RNC Chair" (campagne pour la présidente actuelle du parti républicain Ronna McDaniel) est vu lors de la réunion d'hiver du Comité national républicain 2023 à Dana Point, en Californie, le 27 janvier 2023. (Photo de Patrick T. Fallon / AFP)
Un badge "Roll with Ronna for RNC Chair" (campagne pour la présidente actuelle du parti républicain Ronna McDaniel) est vu lors de la réunion d'hiver du Comité national républicain 2023 à Dana Point, en Californie, le 27 janvier 2023. (Photo de Patrick T. Fallon / AFP)
Short Url
Publié le Samedi 28 janvier 2023

Au comité national du parti républicain, Ron DeSantis défie Donald Trump à distance

  • Les conservateurs sont à couteaux tirés depuis les élections de mi-mandat décevantes en novembre
  • Dans ce contexte électrique, la présidente actuelle du parti, Ronna McDaniel, a dû surmonter pour la première fois deux candidatures concurrentes pour se faire réélire à son poste. Le gouverneur de Floride Ron DeSantis s'est prononcé en sa faveur

DANA POINT, Etats-Unis : Profondément divisé, le parti républicain a reconduit sa présidente vendredi en Californie lors d'une réunion où le gouverneur de Floride Ron DeSantis a avancé ses pions pour concurrencer la candidature de Donald Trump à la Maison Blanche en 2024.

L'hôtel luxueux de la station balnéaire de Dana Point, où sont réunis les 168 membres du comité national du parti depuis mercredi, était le nouveau théâtre de la crise existentielle traversée par le «Grand Old Party».

Les conservateurs sont à couteaux tirés depuis les élections de mi-mandat décevantes en novembre, où la «vague rouge» tant annoncée n'a pas eu lieu et où les républicains ont échoué à regagner le Sénat: la mainmise de M. Trump, candidat déjà déclaré pour la prochaine présidentielle et lesté par les ennuis judiciaires, est largement remise en cause et le parti se déchire.

Début janvier, les électrons libres trumpistes ont ainsi créé une pagaille inédite en plus de 160 ans au Congrès, transformant l'élection de Kevin McCarthy comme «speaker» à la Chambre des représentants en chemin de croix.

Dans ce contexte électrique, la présidente actuelle du parti, Ronna McDaniel, a dû surmonter pour la première fois deux candidatures concurrentes pour se faire réélire à son poste, qu'elle occupe depuis 2016.

Reconduite avec 111 votes, elle a surpassé Mike Lindell, un riche patron complotiste fabricant d'oreillers ultra-minoritaire avec 4 voix ; et surtout Harmeet Dhillon, une avocate qui a récolté 51 voix et était soutenue par de nombreux frondeurs républicains anti-establishment, souvent les mêmes qui ont perturbé l'élection de M. McCarthy au Congrès.

«Avec nous tous unis, les démocrates vont nous entendre en 2024», s'est réjouie la patronne du parti, immédiatement félicitée sur les réseaux sociaux par Donald Trump, qui la soutenait en coulisses.

Avant le vote, Ronna McDaniel avait mis en garde vendredi contre les querelles internes, en citant un verset de la Bible à la tribune. «Tout royaume divisé contre soi-même est promis à la désolation, et tout ville ou maison divisée contre elle-même ne tiendra pas», avait-elle averti.

- «Bataille par procuration» -

Car sa réélection n'a pas été une promenade de santé. Depuis plusieurs semaines, Mme Dhillon faisait campagne pour déloger Ronna McDaniel sur le mécontentement de la base après la défaite présidentielle de 2020 et la contre-performance des élections de mi-mandat en novembre dernier.

«Il y a beaucoup de changements qui ont besoin d'être réalisés pour que nous soyons en mesure de gagner en 2024», a-t-elle déclaré mercredi au Los Angeles Times, en justifiant sa candidature à ce poste clé pour organiser la future primaire qui déterminera le candidat conservateur à la présidentielle. «Je suis fatiguée que les républicains perdent les élections.»

Avec ce discours, l'avocate, dont le cabinet a assuré la défense de M. Trump face à la commission parlementaire sur l'attaque du 6 janvier 2021 à Washington, jouait sur les deux tableaux.

Elle s'adressait à la fois aux conservateurs lassés par l'ex-président, perçu par certains comme «une machine à perdre», et résonne aussi chez les trumpistes les plus extrêmes qui rêvent de renverser la table et de refaire le parti à leur main.

Jeudi, à la veille du vote, elle s'est trouvée un allié de poids: le gouverneur de Floride Ron DeSantis s'est prononcé en sa faveur.

«Je crois que nous avons besoin d'un changement. Je pense que nous avons besoin de sang neuf au sein du comité national républicain», a confié au média Florida's Voice le conservateur, triomphalement réélu en novembre et perçu comme le rival potentiel le plus dangereux pour M. Trump dans la course à la Maison Blanche.

Une déclaration qui montre les divisions tenaces au sein du parti conservateur. La tambouille interne pour choisir la présidente du parti s'est transformée en «une bataille par procuration entre DeSantis et Trump», observe la politologue Wendy Schiller.

En soutenant l'outsider prisée par les membres les plus extrêmes du parti, le gouverneur de Floride voulait «doubler Donald Trump par la droite», explique-t-elle à l'AFP.

«DeSantis tente de se projeter en futur leader du parti», insiste-t-elle. «Il n'y a aucune raison de vouloir peser sur cette élection, à moins que vous n'ayez l'intention de vous présenter à la présidentielle.»

Les républicains étalent leurs divisions pour reconduire la cheffe de leur parti

Le parti républicain a reconduit sa présidente Ronna McDaniel vendredi en Californie, lors d'une réunion qui a une fois de plus souligné les profondes divisions qui minent le camp conservateur avant l'élection présidentielle de 2024.

Aux commandes depuis 2016, cette proche de Donald Trump a été réélue pour un quatrième mandat avec 111 votes sur 167 exprimés, lors du comité national du parti à Dana Point en Californie.

Avec une victoire dès le premier tour, elle s'est épargnée l'humiliation vécue par Kevin McCarthy début janvier, forcé d'accorder d'importantes concessions à la frange la plus dure du parti pour accéder au poste de «speaker» au Congrès, après 14 votes successifs.

Mais ce scrutin n'en a pas moins révélé les fractures du «Grand Old Party» (GOP), échaudé par sa contre-performance lors des élections de mi-mandat en novembre, où il n'a gagné qu'une fragile majorité à la Chambre des représentants et a échoué à reconquérir le Sénat.

Lesté par les ennuis judiciaires, Donald Trump a déjà déclaré sa candidature pour reconquérir la Maison Blanche en 2024, mais sa mainmise sur le parti est de plus en plus contestée. Les candidats qu'il a soutenus en novembre ont pour la plupart échoué à se faire élire, transformant l'ex-président et son goût immodéré pour la provocation en «machine à perdre» aux yeux de beaucoup.

Sa protégée Ronna McDaniel avait jusqu'ici toujours été réélue sans aucune opposition. Mais cette fois-ci, elle a dû se défaire d'Harmeet Dhillon, une avocate qui a récolté 51 voix en capitalisant sur l'amertume de nombreux républicains afin de forger une alliance inattendue.

Ses appels au changement ont à la fois séduit les trumpistes les plus extrêmes et ceux qui cherchent une alternative à M. Trump. A la veille du vote à bulletin secret, le gouverneur de Floride Ron DeSantis, dont les ambitions présidentielles ne font guère de doute, s'est ainsi prononcé en sa faveur.

«Je crois que nous avons besoin d'un changement. Je pense que nous avons besoin de sang neuf au sein du comité national républicain», a confié au média Florida's Voice ce conservateur pur jus, triomphalement réélu en novembre.

- Union de façade -

Loin de la pagaille étalée aux yeux de tous au Congrès début janvier, Ronna McDaniel a tenté de resouder son parti après sa victoire. Elle a fait monter sur scène Mme Dhillon et son autre rival, l'entrepreneur complotiste Mike Lindell, qui a récolté 4 voix.

«Avec nous tous unis, les démocrates vont nous entendre en 2024», s'est-elle réjouie, immédiatement félicitée par Donald Trump sur les réseaux sociaux.

Avant le vote, elle avait mis en garde contre les divisions de son camp. «Rien de ce que nous faisons n'est plus important que de s'assurer que Joe Biden n'ait qu'un seul mandat comme président», avait-elle insisté. «Mais pour cela, nous avons besoin d'être unis».

Un vœu qui risque fort de s'avérer pieux. Dans les couloirs du luxueux hôtel où se déroulait le comité, Mme Dhillon a insisté sur le soutien populaire dont elle bénéficiait et a accusé l'organe d'aveuglement.

«Personne ne va s'unir derrière un parti qui ignore sa base», a-t-elle fustigé devant la presse, en accusant l'establishment du GOP et les conseillers de M. Trump d'avoir faussé l'élection en mettant toutes les ressources du parti au service de Mme McDaniel. «Je pense que le parti va devoir gérer les retombées de cette déconnexion avec la base.»

Les membres du comité «n'ont pas écouté ce que le peuple voulait», a abondé M. Lindell, l'autre perdant, auprès de l'AFP.

Plus qu'un soutien à M. Trump, la réélection de Mme McDaniel sonne comme un moyen de «bloquer la frange la plus extrême du parti de prendre le contrôle» du GOP qui soutenait Mme Dhillon, analyse pour l'AFP la politologue Wendy Schiller.

Selon elle, cette élection d'habitude peu passionnante s'est transformée en «bataille par procuration» entre Donald Trump et Ron DeSantis. De quoi souligner le malaise persistant chez des conservateurs en plein doute.

«Au niveau national, pour remporter les élections ce parti est vraiment en train de se fragmenter et de se désagréger.»

- « Gare à enterrer Donald Trump trop vite »-

Un discours dans l'Etat-clé du New Hampshire avant un autre en Caroline du Sud, à 1.500 km de là: Donald Trump retrouve enfin samedi les meetings de campagne, espérant donner un coup de fouet à sa candidature pour la Maison Blanche.

Deux mois et demi après s'être lancé dans la course à l'élection de 2024, l'ancien président américain quitte les salons dorés de sa résidence de Floride pour un déplacement qui ne doit rien au hasard.

Ces deux Etats seront parmi les premiers à organiser leurs primaires républicaines début 2024. Une victoire garantirait à Donald Trump vainqueur un élan précieux -- et nécessaire -- pour la suite de la campagne.

- «D'autres options» -

Samedi dans la matinée, le septuagénaire se rendra à Salem, une petite ville du New Hampshire, où le parti républicain tient sa convention annuelle.

Mais après avoir régné durant des années sur le «Grand Old Party», Donald Trump ne sera pas forcément en terrain conquis.

Dans cet Etat frontalier du Canada, nombre d'élus locaux reprochent au milliardaire d'avoir plombé les chances des républicains aux récentes élections de mi-mandat en soutenant des candidats jugés trop extrêmes.

«Personnellement, je pense qu'il a perdu beaucoup de son attrait et de son aura», déclare à l'AFP Mike Bordes, élu au parlement local, qui avait pourtant soutenu Donald Trump à l'élection de 2020.

Si cet homme sera bien présent samedi à Salem -- «c'est l'ancien président, donc on se doit de l'accueillir» -- il se dit aussi «prêt à aller de l'avant et à envisager d'autres options» pour l'investiture républicaine.

Même constat en Caroline du Sud, Etat bordé par l'Atlantique où Donald Trump dévoilera son équipe de campagne à 16H00 (21H00 GMT).

Car si officiellement, l'ancien président est le seul candidat républicain déclaré, plusieurs prétendants dans cet Etat semblent aussi prêts à se lancer.

A commencer par son ancienne gouverneure, Nikki Haley, qui a promis à ses partisans une annonce très prochaine.

Donald Trump a aussi vu plusieurs de ses grands donateurs annoncer publiquement qu'ils ne soutiendraient pas sa candidature en 2024, au profit de Ron DeSantis -- gouverneur de Floride et étoile montante du parti, mais lui non plus pas officiellement lancé dans la course.

- Scandales –

Des tracas politiques dont l'ex-président, déjà cerné par une myriade d'enquêtes, se serait bien passé.

En décembre, une commission parlementaire enquêtant sur la responsabilité du républicain dans l'attaque menée par ses partisans contre le Congrès américain a recommandé qu'il soit poursuivi pénalement. Une juge en Géorgie a aussi promis une décision «imminente» concernant les pressions politiques qu'il a exercées dans cet Etat.

Mais gare à enterrer Donald Trump trop vite, répètent sans cesse ses partisans.

Le tribun, dont la chute a été mille fois annoncée, a jusqu'ici survécu à tous les scandales. L'ex-magnat de l'immobilier pourrait aussi grandement profiter de la levée prochaine de la suspension de ses comptes Facebook et Instagram, retrouvant là un mégaphone très lucratif.

- Et chez les démocrates ? -

Donald Trump, ou un(e) autre... Le candidat choisi par le camp républicain à l'issue de ces primaires affrontera celui désigné par le parti démocrate en novembre 2024.

Le président Joe Biden dit jusqu'ici avoir «l'intention de se représenter», et a promis de rendre sa décision publique au début de l'année.

Petit à petit, l'architecture de sa possible candidature commence elle aussi à prendre forme.

Le dirigeant octogénaire sera mardi prochain à New York, puis à Philadelphie vendredi, allant à la rencontre de riches sympathisants pour remplir les caisses de son parti.

Les experts politiques prédisent une possible annonce après son discours sur l'Etat de l'union, traditionnel discours de politique générale des présidents donné devant les parlementaires -- et prévu le 7 février.

Aucun démocrate ne s'est encore manifesté pour le défier.

 

 


Le G7 «uni» pour faire monter la pression sur la Russie et revenir à la stabilité au Moyen-Orient

Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.  Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine. Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
Short Url
  • Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine
  • Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février

EVIAN: Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.

Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington.

L'annonce la plus attendue est venue du président américain, qui a dit vouloir rétablir certaines sanctions pesant sur le pétrole russe, un temps suspendues pour contrer la flambée des cours du brut occasionnée par le conflit contre l'Iran.

"Nous serons bientôt en mesure" de les réintroduire, a-t-il assuré, alors que le trafic dans le détroit, par lequel transite un cinquième des exportations mondiales d'hydrocarbures, reprend timidement. Ces exportations constituent la principale source de financement de l'effort de guerre russe depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.

Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine.

Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février.

Autant de déclarations accueillies avec soulagement par ses pairs, alors que le président américain  s'est souvent montré plus à l'écoute du Russe Vladimir Poutine que de l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, qu'il avait accueilli avec une rudesse sans pareille en février 2025 dans le Bureau Ovale.

Zelensky félicité 

Les dirigeants du G7 sont "unis", "ils font le constat qu'il y a une dynamique sur le terrain" en faveur de l'Ukraine et sont d'accord pour "augmenter la pression" sur la Russie et livrer plus de moyens de défense antiaérienne à Kiev, avait esquissé auparavant une source diplomatique française.

Signe de sa bonne disposition, Donald Trump a aussi rencontré une vingtaine de minutes en aparté le président ukrainien et devait le revoir dans l'après-midi. Leur dernière rencontre remontait au 28 décembre aux Etats-Unis.

Le président américain l'a félicité pour la "performance" de l'armée ukrainienne sur le terrain et il a reconnu que la "dynamique" était ukrainienne, selon un participant.

"C'est formidable que tout le monde comprenne que la Russie ne va pas gagner et que nous devons faire pression sur Poutine pour qu'il mette un terme à cette guerre", s'est félicité le président ukrainien, qu'Emmanuel Macron a invité à rester jusqu'à la fin du sommet mercredi.

Multipliant les marques d'attention, le président français est allé à sa rencontre à son arrivée à l'hôtel Royal, sur les bords du Lac Léman, où se tenait cette année la grand-messe de ce club de grandes puissances industrialisées.

"Déminage" 

Le président américain, lui, aura les honneurs du château de Versailles mercredi pour un dîner. "Et Versailles, c'est pas du plaqué or, c'est du lourd", s'est-il réjoui.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé que le Royaume-Uni allait fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie.

Le chef du gouvernement canadien a fait de même avec des sanctions visant la flotte fantôme de pétroliers au service de la Russie, ses revenus énergétiques, son industrie de défense et les acteurs de la désinformation.

Et Friedrich Merz a offert un maillot de football allemand floqué à son nom au président américain, deux jours après son anniversaire.

Les dirigeants du G7 et leurs homologues d'Egypte, du Qatar et des Emirats arabes unis se sont ensuite félicités lors d'un déjeuner de l'accord irano-américain, un "très beau deal" selon une source diplomatique.

Ils ont insisté sur la "nécessité d'avoir de la visibilité sur la menace iranienne", de diversifier les routes d'approvisionnement en hydrocarbures pour réduire la dépendance au détroit d'Ormuz, cartes à l'appui, et d'un "effort multinational pour soutenir l'armée libanaise".

Les Etats-Unis nous "demandent de mettre des capacités de déminage" à disposition dans le détroit d'Ormuz, a indiqué une source européenne, précisant que des bateaux français et allemands étaient notamment mobilisés à cette fin.

Donald Trump s'était pourtant montré assez peu intéressé la veille par la mission maritime internationale mise en place par Paris et Londres pour garantir le retour à la liberté de circulation dans la région, une fois la paix revenue.

Mercredi, au dernier jour du sommet, le G7 recevra plusieurs "leaders de la tech mondiale" pour un déjeuner où il sera question de régulation, ou encore d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Des débats qui s'annoncent tendus avec Donald Trump.


L'accord Iran-USA doit être signé vendredi dans un complexe hôtelier suisse proche de Lucerne, annonce Berne

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf. (AFP et AP)
Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf. (AFP et AP)
Short Url
  • "A ce stade, cette signature est prévue le vendredi 19 juin au Bürgenstock", a indiqué le ministère, ajoutant que ce site, difficilement accessible et donc aisément sécurisable, "a été proposé par les médiateurs pakistanais et qatariens
  • Pour l'instant, "il n'est pas encore possible de fournir des informations sur le déroulement et les détails de la signature prévue", a précisé le ministère

GENEVE: L'accord noué entre les Etats-Unis et l'Iran doit être signé vendredi en Suisse dans un luxueux complexe hôtelier surplombant le lac des Quatre cantons près de Lucerne, a indiqué mardi le ministère suisse des Affaires étrangères.

"A ce stade, cette signature est prévue le vendredi 19 juin au Bürgenstock", a indiqué le ministère, ajoutant que ce site, difficilement accessible et donc aisément sécurisable, "a été proposé par les médiateurs pakistanais et qatariens, ainsi que par les Etats-Unis et l'Iran".

Pour l'instant, "il n'est pas encore possible de fournir des informations sur le déroulement et les détails de la signature prévue", a précisé le ministère.

Situé dans le petit canton de Nidwald, dans le centre de la Suisse, le complexe hôtelier du Bürgenstock est établi sur une crête montagneuse surplombant Lucerne et le lac des Quatre cantons. Il avait déjà abrité en juin 2024 une conférence de haut niveau sur la paix en Ukraine, à laquelle avait participé le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par le président américain Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf.

D'après Téhéran, ces deux derniers devraient mener les délégations de leurs pays pour cette signature en Suisse.

Le texte de l'accord n'a pas été rendu public, laissant planer des doutes sur des points de divergence entre les deux parties après de laborieuses négociations pour mettre fin au conflit.

Le document fait environ "une page et demie" et est "très général", a révélé sur CNN JD Vance - qui avait plus tôt évoqué la possible présence à la cérémonie de Donald Trump, actuellement au sommet du G7 du côté français du lac Léman, à Evian.


Le détroit d'Ormuz «complètement ouvert» vendredi, annonce Trump après l'accord avec l'Iran

Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • Des médias iraniens ont annoncé dans la soirée que trois pétroliers et deux cargos transportant des marchandises avaient traversé la zone jusque-là soumise au blocus naval américain
  • "Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est réjoui lundi le président américain sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!"

TEHERAN: Donald Trump a affirmé que le détroit d'Ormuz serait "complètement ouvert" vendredi, jour de la cérémonie de signature du cadre d'accord trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

"Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est réjoui lundi le président américain sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!"

Des médias iraniens ont annoncé dans la soirée que trois pétroliers et deux cargos transportant des marchandises avaient traversé la zone jusque-là soumise au blocus naval américain.

Selon un haut responsable américain, le cadre d'accord a déjà été signé de manière électronique par Donald Trump, son vice-président JD Vance, et le président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le texte n'a pas été rendu public, laissant planer des doutes sur des points de divergence entre les deux parties après de laborieuses négociations.

Ce document "apportera la paix dans la région", a promis lundi Donald Trump. Il a laissé entendre que le texte pourrait être publié vendredi, après sa signature à Genève, qui marquera l'ouverture d'une période de soixante jours pour conclure un accord final.

"Nous avons un passif d'engagements non tenus, non appliqués, abandonnés, tout cela est présent dans notre esprit", dans le processus de négociation et de mise en place de l'accord, a déclaré, plus circonspect, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"En même temps, nous faisons tout ce qui est possible pour créer à travers ce processus des opportunités économiques pour notre pays", a-t-il ajouté.

Fin "définitive" de la guerre 

Les premières informations sur le contenu de l'accord sont principalement venues d'Iran. Selon sa diplomatie, il prévoit "la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban".

Dans le très stratégique détroit d'Ormuz, l'Iran devrait facturer des frais liés aux services aux navires, plutôt qu'instaurer un péage dont les Etats-Unis ne voulaient pas, selon la même source.

"Nous nous attendons à ce que le détroit soit rouvert sans péage à long terme", a dit le vice-président américain JD Vance à CNBC lundi.

La diplomatie iranienne a aussi assuré que "la partie américaine s'était engagée" à débloquer des fonds iraniens gelés à l'étranger et à verser des réparations pour les dégâts provoqués par la guerre.

"Ils ne recevront jamais le moindre dollar du contribuable américain. Jamais", a toutefois insisté JD Vance sur Fox News.

Aucun avoir sous sanction américaine n'a été débloqué pour l'instant, selon un haut responsable américain.

Les Etats-Unis doivent également garantir qu'Israël mette fin à la guerre au Liban, a affirmé le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï.

Les affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien au Liban semblaient avoir cessé, mais une frappe israélienne a tué une personne dans le sud lundi à la mi-journée. Puis le Hezbollah a annoncé y avoir "repoussé", au moyen de roquettes et de drones, une force israélienne qui tentait d'avancer.

L'armée israélienne restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire", comme en Syrie et à Gaza, a déclaré lundi soir le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Alors que l'accord irano-américain est largement perçu comme un échec pour Israël par la société et une grande partie de la classe politique, le Premier ministre israélien a affirmé que la guerre avait sauvé son pays de la menace d'une "destruction nucléaire".

Et annoncé qu'il comptait se présenter aux élections législatives d'ici la fin de l'année, malgré les critiques et son procès pour corruption. Âgé de 76 ans, il a gouverné le pays plus longtemps qu'aucun autre Premier ministre: plus de 18 années cumulées depuis 1996.

Négociations sur l'uranium iranien 

L'annonce d'un accord pour mettre fin à la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes et qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, a fait chuter les prix du pétrole de près de 5% lundi. Ils se stabilisent mardi.

Les habitants de la région semblaient eux mitigés. "Le peuple iranien n'a rien gagné avec cet accord", réagit Arya, 38 ans, professeur d'anglais à Téhéran. "Les gens ne vont pas revenir à leur vie d'avant."

Au Liban, certains déplacés envisageaient timidement un retour vers le sud dans des zones non occupées par Israël. "Même s'il ne reste que des ruines, nous y planterons une tente et nous y resterons", assure Hana al-Jamma.

Les 60 jours de négociations qui doivent s'ouvrir porteront sur quatre sujets, selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères: la levée des sanctions contre l'Iran, le nucléaire, la "reconstruction" et "le développement économique" du pays, ainsi que "la mise en place d'un mécanisme de suivi" des engagements pris.

L'Iran cherchera "à ce que l'accord final soit soutenu par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies", a précisé sa diplomatie.

Dans des déclarations au New York Times, Donald Trump a indiqué qu'un volet des négociations concernerait l'acceptation par l'Iran d'un moratoire de vingt ans sur l'enrichissement d'uranium, laissant entendre qu'il pourrait transiger sur quinze ans.

En vertu du protocole d'accord, des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) seront par ailleurs autorisés à se rendre en Iran pour aider Téhéran à "détruire son stock d'uranium hautement enrichi", a annoncé JD Vance sur NBC News.