L'ONU appelle Israël et Palestiniens à sortir de «l'illogisme de l'escalade»

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Volker Türk s'exprime lors d'une conférence de presse à l'aéroport international Simon Bolivar de Maiquetia, dans l'État de La Guaira, au Venezuela, le 28 janvier 2023 (Photo, AFP).
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Volker Türk s'exprime lors d'une conférence de presse à l'aéroport international Simon Bolivar de Maiquetia, dans l'État de La Guaira, au Venezuela, le 28 janvier 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 04 février 2023

L'ONU appelle Israël et Palestiniens à sortir de «l'illogisme de l'escalade»

  • Dans un communiqué au ton cinglant, l'ambassade d'Israël auprès de l'ONU à Genève a fustigé M. Türk et l'a accusé de partialité
  • La hausse des violences meurtrières observée depuis le début de l'année jusqu'à atteindre un pic fin janvier fait craindre un nouvel engrenage entre Israéliens et Palestiniens

GENEVE: Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Volker Türk, a appelé vendredi Israéliens et Palestiniens à la désescalade, déplorant de récentes mesures israéliennes, sur le port d'armes notamment, susceptibles de mener à "davantage de violence et d'effusions de sang".

Dans un communiqué au ton cinglant, l'ambassade d'Israël auprès de l'ONU à Genève a fustigé M. Türk et l'a accusé de partialité et de "seulement condamner l'Etat d’Israël".

La hausse des violences meurtrières observée depuis le début de l'année jusqu'à atteindre un pic fin janvier fait craindre un nouvel engrenage entre Israéliens et Palestiniens et a suscité de nombreux appels internationaux au calme, notamment de la part du chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, qui s'est rendu en visite à Jérusalem et Ramallah lundi et mardi.

"J'exhorte toute personne impliquée [dans le conflit] à sortir de l'illogisme de l'escalade, qui n'a produit que des cadavres, des vies brisées et le désespoir absolu", a déclaré M. Türk dans un communiqué.

Le responsable onusien s'est également alarmé de mesures prises par le gouvernement israélien samedi, entre autres pour faciliter l'obtention du permis de port d'armes, après la mort de six Israéliens et une Ukrainienne abattus le 27 janvier par un Palestinien à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la Ville sainte occupé et annexé par Israël.

Cela, "associé à une rhétorique haineuse, ne peut que mener à davantage de violence et d'effusions de sang", a-t-il averti. "Nous savons d'expérience que la prolifération d'armes à feu mènera à des risques accrus de meurtres et de blessures, côté israélien comme palestinien".

Le gouvernement israélien a également adopté samedi des mesures punitives visant des proches d'auteurs d'attentats. Pour M. Türk, ces dispositions s'apparentent à une "punition collective".

Le lendemain de l'attaque du 27 janvier, perpétrée près d'une synagogue, un Palestinien de treize ans a blessé par balles deux Israéliens, également à Jérusalem-Est.

Ces attaques sont survenues après le raid militaire israélien le plus meurtrier depuis des années en Cisjordanie, au cours duquel dix Palestiniens, parmi lesquels des combattants et une civile sexagénaire, ont été tués le 26 janvier à Jénine, dans le nord de ce territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Le communiqué de presse du Haut-Commissariat aux droits de l'Homme "n'a même pas la décence de décrire les attaques de la semaine dernière pour ce qu'elles étaient, des actes de terrorisme palestinien visant le peuple juif. Il n'a même pas le courage de condamner la mort de fidèles innocents", a dénoncé l'ambassadrice d'Israël auprès des Nations unies à Genève, Meirav Eilon Shahar.

"Ses préjugés envers Israël l'amènent à fermer les yeux sur l'incitation quotidienne des enfants par l'Autorité palestinienne et son soutien au terrorisme. Cela doit cesser maintenant", a-t-elle écrit.

Depuis le début de l'année, le conflit israélo-palestinien a coûté la vie à 35 Palestiniens (parmi lesquels des combattants, et des civils, dont des mineurs), six civils israéliens (dont un mineur) et une Ukrainienne, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de sources officielles israéliennes et palestiniennes.

Le conflit a fait 235 morts en 2022, à près de 90% palestiniens.


Nouvel embrasement au Liban: quatre soldats israéliens tués, « tout le Liban doit brûler» estime Ben Gvir 

Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
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  • "Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé
  • Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI)

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

Il s'agit des bombardements les plus massifs et du bilan le plus lourd depuis l'annonce lundi d'un protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités, y compris au Liban, où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

"Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

D'autres frappes israéliennes ont visé la région de Baalbek dans l'est du pays, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars.

De nombreux habitants ont fui le sud après ces raids, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Des voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, quittant la région de Tyr, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Tout le Liban doit brûler" 

L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en riposte à la mort de ces soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé.

Les correspondants militaires des médias israéliens évoquent l'impact d'"un missile ou d'un drone".

"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" dans le sud du Liban avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, a précisé l'armée. Elle dénonce les "violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah", qui "continue de préparer et mener des attaques terroristes contre des soldats israéliens".

"Tout le Liban doit brûler", a réagi de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Ça suffit le ping-pong. Au Proche-Orient, on ne gagne pas avec des réactions mesurées et de la retenue", a-t-il ajouté. "Il faut être fou, éradiquer. Et vaincre le terrorisme".

"Il faut faire parler le feu (...) Ouvrir les portes de l'enfer", a déclaré sur X son collègue et rival d'extrême droite Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sans mentionner explicitement le Liban mais en faisant allusion à la mort des soldats.

Dans une déclaration publiée au petit matin, le groupe pro-iranien a annoncé que ses combattants avaient ciblé les forces israéliennes près des collines d'Ali Taher, qui surplombent la ville de Nabatiyé, par des tirs "de roquettes et d'obus de mortier".

Il avait affirmé dans la nuit avoir détruit trois chars israéliens lors d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.


Netanyahu : l'armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire»

Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
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  • L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué
  • Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran

JERUSALEM: Israël restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire" a affirmé vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que son pays ferait "payer un prix très lourd" au mouvement islamiste Hezbollah, après l'annonce de la mort de quatre soldats en opération.

L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué. "Israël n'acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire", ajoute-t-il.

Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran.

 

 

 


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".