Des yeux électroniques pour scruter le ciel ukrainien

Des employés assemblent un radar Ground Master 200 (GM200) de moyenne portée, fabriqué par la société française Thales, qui doit être livré à l'Ukraine, à l'usine de radars de Thales à Limours, le 3 février 2023. (AFP).
Des employés assemblent un radar Ground Master 200 (GM200) de moyenne portée, fabriqué par la société française Thales, qui doit être livré à l'Ukraine, à l'usine de radars de Thales à Limours, le 3 février 2023. (AFP).
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Publié le Samedi 04 février 2023

Des yeux électroniques pour scruter le ciel ukrainien

  • Le ministre ukrainien de la Défense Oleksiï Reznikov s'est rendu sur ce site de Limours pour se faire présenter ce bijou de technologie qui viendra renforcer la défense sol-air de l'Ukraine
  • «Le système proposé par Thales nous permet d’améliorer encore plus la capacité d’observation. Ce sont des yeux électroniques très efficaces»

LIMOURS : Le radar est encore en phase finale d'assemblage dans une usine de Thales en région parisienne. Dans quelques semaines, ces yeux électroniques scruteront le ciel ukrainien pour détecter et espérer détruire les drones et missiles russes.

La grosse antenne est posée au bout de son mât déployable arrimé à un conteneur vert olive. A l'intérieur, deux consoles de contrôle doivent encore être installées, pour ses futurs opérateurs au drapeau bleu et jaune.

Un peu plus loin, des techniciens descendent une autre antenne de Ground Master 200 (GM 200) à l'aide d'un palan pour la fixer à un autre conteneur, témoignage d'une activité "en forte croissance", selon le groupe de défense français.

Le ministre ukrainien de la Défense Oleksiï Reznikov s'est rendu mercredi sur ce site de Limours, planté dans la campagne de l'Essonne, pour se faire présenter ce bijou de technologie qui viendra renforcer la défense sol-air de l'Ukraine face aux frappes russes.

"Le système proposé par Thales nous permet d’améliorer encore plus la capacité d’observation. Ce sont des yeux électroniques très efficaces", a-t-il salué. "Aujourd'hui, nous utilisons environ 300 types de radars différents, celui-ci sera vraiment la cerise sur le gâteau".

Avec sa portée de 250 kilomètres, suffisante pour couvrir "l'intégralité de la région de Kiev" selon son homologue français Sébastien Lecornu, le radar peut détecter tant des drones volant à faible vitesse que des avions de combat bien plus rapides en haute altitude.

Pour cela, son antenne émet une onde qui renvoie un écho indiquant position et hauteur. Au passage suivant de l'antenne tournoyante, le déplacement de l’écho indique la vitesse et la direction de l’objet detecté, explique Eric Marceau, responsable de la stratégie Radars chez Thales.

"Le problème essentiel, c'est de séparer les vraies cibles des sites parasites" notamment les nuages ou les montagnes, explique-t-il à l'AFP.

C'est là qu'interviennent les calculateurs situés à l'arrière de l'antenne pour "traiter" le signal et faire apparaître les éléments d'intérêt au milieu d'une forêt de données.

«Horlogerie suisse»

L'antenne est, elle, constituée d'un millefeuilles de plaques contenant des centaines de petites lamelles métalliques, chacune positionnée à "quelques dizaines de microns près".

"C'est de l'horlogerie suisse", sourit Eric Marceau. L'assemblage de ces "plaques rayonnantes" prend à lui seul cinq semaines sur les trois mois nécessaires à l'assemblage d'un GM 200.

Mais il y a "toujours quelques petites imperfections", explique-t-il. Dans une chambre anéchoïque, vaste pièce hérissée de cônes bleus destinés à absorber les ondes, chaque antenne est donc ensuite calibrée pour que chacun des éléments rayonnants émette à la nanoseconde près.

Les performances du radar tiennent à sa puissance d'émission, à la taille de l'antenne et sa vitesse de rotation mais aussi à sa résistance aux contre-mesures comme au brouillage électromagnétique, très utilisé par les Russes en Ukraine.

Pour empêcher qu'il ne soit visé par des tirs adverses, des solutions existent toutefois: diminuer la puissance d'émission, placer à distance des leurres émettant un rayonnement électromagnétique similaire pour tromper le missile mais surtout déplacer le radar.

"S'il faut une heure pour partir, c'est pas bon. La mobilité est primordiale face à la menace SEAD (Suppression des défenses sol-air ennemies)", souligne Marie Gayrel, directrice de l'activité Ground Masters.

Le GM 200, monté sur camion, peut lui se déployer en 10 minutes, s'enorgueillit-t-elle.

Ce radar, entré en service au début des années 2010, coûte 30 millions d'euros selon Sébastien Lecornu - montant que Thales ne souhaite pas confirmer- et 80 exemplaires ont été vendus dans le monde. La France, qui en a déployé un en Roumanie, a annoncé jeudi l'acquisition de quatre radars supplémentaires pour surveiller son propre espace aérien.

En Ukraine, il "viendra renforcer l’efficacité du système sol-air SAMP/T Mamba, que Paris et Rome livreront conjointement", a annoncé vendredi soir le ministère des Armées.


Téhéran veut garder le contrôle d'Ormuz, fin du round de négociations

Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
  • Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures
  • En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna

BURGENSTOCK: Téhéran a répété mardi vouloir garder le contrôle sur le détroit d'Ormuz, tandis que s'est achevé le round de négociations avec les Américains débuté ce week-end en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Ces discussions ont permis de poser des "bases très solides pour aboutir à un accord final réussi", s'est félicité lundi le vice-président américain JD Vance, les Etats-Unis annonçant dans la foulée une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien.

Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d'un marathon de 18 heures, laissant à des diplomates le soin de poursuivre des discussions "techniques" sur place.

Celles-ci se sont également achevées et les pourparlers se poursuivront ultérieurement au sein de groupes de travail, a indiqué mardi la diplomatie iranienne à l'agence officielle Irna.

En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre et que la voie resterait "administrée" par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna.

Le passage par Ormuz, où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les Etats-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l'Iran.

Mais "l'administration du détroit d'Ormuz ne redeviendra jamais ce qu'elle était avant la guerre", a assuré M. Ghalibaf, martelant que "l'Iran administrera" celui-ci.

L'Iran a par ailleurs indiqué mardi avoir conclu en Suisse avec les Américains un accord pour le déblocage "immédiat" de 12 milliards d'avoirs iraniens gelés.

Ceux-ci seront libérés "en deux tranches de 6 milliards", a détaillé auprès d'Irna le chef de la délégation iranienne chargé des discussions techniques, le vice-ministre de Affaires étrangères Kazem Gharibabadi.

M. Vance avait souligné que son pays s'assurerait qu'un éventuel déblocage d'avoirs iraniens "ne servirait pas à financer le terrorisme".

Ghalibaf à Oman 

Le cycle de négociations entamé ce week-end en Suisse nourrit les espoirs d'un règlement durable du conflit et a fait retomber le cours du baril de Brent de la mer du Nord sous la barre des 78 dollars, loin des plus de 126 dollars atteints au paroxysme de la guerre.

Les négociations, où le Pakistan et le Qatar jouent un rôle de médiation, doivent aboutir à un document final sous un délai de 60 jours renouvelables.

Dans ce cadre, le président iranien, Massoud Pezeshkian, doit effectuer une visite d'Etat à Islamabad mardi, selon la diplomatie pakistanaise.

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio est pour sa part attendu de mardi à jeudi aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït, selon son ministère.

Et l'équipe de négociateurs iraniens, emmenée par M. Ghalibaf, s'est rendue de son côté à Oman pour parler précisément de la gestion du détroit d'Ormuz, selon Irna.

Pressé de mettre un terme à un conflit qui pèse sur le pouvoir d'achat de ses citoyens, Washington a multiplié les gestes envers Téhéran.

Concernant le pétrole, principale ressource de la République islamique, "toutes les transactions" concernant la production, la vente et le transport d'hydrocarbures d'origine iranienne "sont autorisées jusqu'au 21 août", a détaillé le ministère américain des Finances.

Selon M. Vance, Téhéran a accepté d'inviter à nouveau des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ce que l'Iran n'a pas confirmé.

"Premier test réel" 

Mises en place par l'accord de 2015 déchiré par M. Trump en 2018, ces inspections avaient été suspendues par l'Iran après les bombardements israélo-américains de ses installations en juin 2025.

Les inspecteurs de l'AIEA n'ont depuis pas pu visiter les sites touchés, laissant planer le doute sur l'état des stocks d'uranium hautement enrichi de la République islamique, un point de contentieux majeur avec Washington.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de l'arme nucléaire, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

Sur le front libanais, que Téhéran a insisté pour associer aux discussions, une "cellule de gestion des conflits" va être mise en place pour faire cesser les combats entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre début mars.

Lundi, le président libanais Joseph Aoun a ainsi fait savoir avoir reçu un appel de M. Vance au sujet de "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard".

L'offensive au Liban, destinée selon Israël à empêcher les attaques du Hezbollah, a fait plus de 4.100 morts selon les autorités et plus d'un million de déplacés.

Pour le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le respect de ce cessez-le-feu sera "le premier test réel" de la solidité du protocole d'accord américano-iranien.


Pourparlers Iran-Etats-Unis : «des bases très solides» en vue d'un accord final, selon JD Vance

Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
  • "Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis
  • Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna

BURGENSTOCK: Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi. L'accord final, c'est la maison. Nous en avons posé les fondations. Nous n'avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des bases solides pour atteindre une issue favorable pour le peuple américain", a-t-il déclaré aux journalistes.

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations, lancées dimanche dans le complexe hôtelier du Burgenstock, dans les Alpes suisses, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.

"Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis.

Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.

Des négociations vont toutefois se poursuivre au niveau technique.

"Nos équipes, en collaboration avec les Iraniens, les Qataris et les Pakistanais, ont réalisé d'importants progrès hier. Elles continueront à travailler au niveau technique avec les équipes présentes ici au Burgenstock", a indiqué JD Vance.

"Ces négociations techniques se poursuivront ensuite au cours des semaines et des jours à venir. Nous voulions mettre en place une structure pour garantir une supervision politique adéquate", a-t-il ajouté.


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.