Avancées européennes «significatives» à Washington sur les subventions au «Made in USA» vert

Le ministre allemand des Finances Robert Habeck et le ministre français des Finances Bruno Le Maire avant les réunions au complexe de la Maison Blanche à Washington, le 7 février 2023 (Photo, AFP).
Le ministre allemand des Finances Robert Habeck et le ministre français des Finances Bruno Le Maire avant les réunions au complexe de la Maison Blanche à Washington, le 7 février 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 08 février 2023

Avancées européennes «significatives» à Washington sur les subventions au «Made in USA» vert

  • «J'estime que nous avons fait des avancées significatives», a déclaré le ministre français, Bruno Le Maire
  • Les Etats-Unis ont ainsi accédé à l'une des principales demandes des Européens, en acceptant un principe de «transparence totale»

WASHINGTON: Les ministres français et allemand de l'Economie ont salué mardi des "avancées significatives" réalisées avec l'administration Biden, lors de leur venue à Washington pour demander des garanties afin que l'industrie européenne ne soit pas pénalisée par le grand plan climat américain.

"J'estime que nous avons fait des avancées significatives", a déclaré le ministre français, Bruno Le Maire, lors d'une conférence de presse commune avec son homologue allemand Robert Habeck.

Les Européens s'inquiètent des subventions que les Etats-Unis veulent accorder aux entreprises vertes dont les produits sont "Made in America", dans le cadre de l'"Inflation Reduction Act" (IRA). Les Européens craignent que ces subventions ne provoquent une fuite des investissements industriels, de l'Union européenne vers les Etats-Unis.

Le grand plan climat du président américain prévoit 370 milliards de dollars d'investissements en faveur de la lutte contre le changement climatique, notamment pour les entreprises fabriquant aux Etats-Unis les batteries de voitures électriques ou les panneaux solaires.

Les Etats-Unis ont ainsi accédé à l'une des principales demandes des Européens, en acceptant un principe de "transparence totale" concernant le montant des subventions qu'ils accorderont à leurs industriels.

Cela permettra à l'UE d'accorder "le même niveau d'aides publiques" à ses propres industriels, a souligné le ministre français.

Ce principe dit de "matching clauses" a été proposé par la Commission européenne, qui négocie avec les Etats-Unis et qui préparera sa réponse à l'occasion d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement les 9 et 10 février.

«Même objectif»

MM. Le Maire et Habeck, venus plaider à Washington pour une "compétition équitable" entre les Etats-Unis et l'Europe, ont rencontré plusieurs responsables de l'administration Biden, dont leur homologue, la secrétaire au Trésor Janet Yellen.

La ministre de Joe Biden a "mis en avant la nécessité de stimuler l'innovation et le développement technologique des deux côtés de l'Atlantique pour accélérer la transition vers une énergie verte et réaliser nos objectifs communs en matière climatique", selon un communiqué du département au Trésor.

Les ministres européens ont affiché leur unité avec les Etats-Unis. "Nous partageons le même objectif: être plus indépendants sur les chaînes de valeur stratégiques pour l'industrie verte", a indiqué M. Le Maire.

"Nous estimons (...) qu'il y a de la place pour une industrie forte européenne et une industrie forte américaine dans le domaine des technologies vertes", a-t-il ajouté.

Il a cependant alerté sur la "nécessité pour tous les Etats européens d'être lucides: l'Europe doit accélérer son virage stratégique vers l'industrie verte, l'Europe doit accélérer son virage stratégique vers l'indépendance industrielle".

Les deux ministres européens ont rencontré, outre Mme Yellen, des conseillers de M. Biden, ainsi que la secrétaire au Commerce Gina Raimondo.

Avant de rentrer en Europe, ils doivent encore discuter avec le sénateur démocrate Joe Manchin, qui a joué un rôle décisif dans le renforcement des conditions d'attribution des subventions en échange de son vote en faveur de l'IRA.

Mme Yellen, qui s'est entretenue lundi avec la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager, "a souligné le besoin de stimuler le développement et le déploiement technologiques des deux côtés de l'Atlantique pour accélérer la transition vers l'énergie verte et accomplir nos objectifs climatiques collectifs", selon le communiqué du département au Trésor.

 


Le secteur privé, moteur du rapprochement économique entre la France et l’Arabie saoudite

En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a multiplié les rencontres avec le MEDEF, les chambres de commerce et plusieurs représentants du secteur privé français. (Fournie)
  • Dans un entretien accordé à Arab News en français, Sultan Almusallam souligne la dynamique des relations économiques franco-saoudiennes, avec 12 milliards de dollars d’échanges en 2025
  • À Vision Golfe, la Fédération des chambres saoudiennes veut accélérer les partenariats avec les entreprises françaises en facilitant les investissements et le commerce, dans le cadre des objectifs de Vision 2030

PARIS: À l’occasion de sa première participation à Vision Golfe, le secrétaire général de la Fédération des chambres saoudiennes, Sultan Almusallam, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Arab News en français, la volonté du Royaume de renforcer ses liens économiques avec la France. Selon lui, les priorités françaises en matière d’expertise, d’innovation et de développement « s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la Vision 2030 du Royaume et au-delà », créant des opportunités de coopération dans des secteurs stratégiques.

Cette dynamique se traduit déjà par des résultats concrets. « La croissance soutenue des échanges commerciaux entre les deux pays au cours des cinq dernières années est un indicateur positif. Sur un an, les échanges ont progressé de 7,8 %, atteignant 12 milliards de dollars en 2025 », souligne Sultan Almusallam. Dans le même temps, les investissements français en Arabie saoudite ont presque triplé en cinq ans, passant de 7 à 19 milliards de riyals saoudiens.

Aujourd’hui, 500 entreprises françaises sont implantées en Arabie saoudite, dont 30 ont choisi Riyad comme siège régional, un chiffre appelé à progresser.

Pour le secrétaire général, cette croissance repose sur la complémentarité des savoir-faire. « L’expertise française est en phase avec les ambitions saoudiennes », explique-t-il, citant notamment les secteurs du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions), de la culture, du tourisme et de l’économie créative.

Les prochains grands événements internationaux organisés en Arabie saoudite, notamment l’Expo 2030 et la Coupe du monde de football, ouvrent selon lui de nouvelles perspectives de coopération. Il cite le groupe hôtelier Accor, fortement implanté dans le Royaume et engagé dans le recrutement de talents saoudiens, comme « un modèle à reproduire dans d’autres secteurs ».

Dans son entretien avec Arab News en français, Sultan Almusallam insiste également sur le rôle de la coopération culturelle dans le développement des relations économiques. Les initiatives telles qu’Afalula, ainsi que l’inscription de huit sites saoudiens au patrimoine mondial de l’UNESCO au cours des dix dernières années, contribuent selon lui à renforcer les liens entre les deux pays.

« Les relations d’affaires ne peuvent se construire que sur la confiance, et la confiance se construit à travers les relations entre les peuples », affirme-t-il. Il souligne également la présence d’environ 16 000 expatriés français en Arabie saoudite, qui contribue à renforcer cet écosystème de coopération.

Le responsable saoudien estime par ailleurs que l’image du Royaume évolue rapidement. « Nous avons encore des efforts à faire pour faire connaître au public français la beauté de l’Arabie saoudite », confie-t-il, ajoutant que « la majorité des personnes qui découvrent le Royaume sont surprises par l’accueil qui leur est réservé ». Selon lui, le développement du tourisme, de la culture et des grands événements favorise les échanges humains, lesquels stimulent ensuite les relations d’affaires.

Au-delà des chiffres, Sultan Almusallam affirme que la mission de la Fédération est d’accompagner davantage les entreprises françaises. En marge de Vision Golfe, la délégation saoudienne a rencontré le MEDEF, les chambres de commerce ainsi que plusieurs représentants du secteur privé français afin d’identifier les obstacles au commerce et à l’investissement.

« Nous sommes ici pour écouter. Aucun environnement d’investissement n’est parfait. Nous voulons comprendre les barrières auxquelles les entreprises françaises sont confrontées et trouver des solutions », explique-t-il.

Cette ambition s’inscrit dans la stratégie 2026-2030 récemment lancée par la Fédération des chambres saoudiennes, en cohérence avec la troisième phase de Vision 2030. « Le secteur privé doit conduire cette nouvelle étape de la transformation économique », souligne Sultan Almusallam.

Aujourd’hui, celui-ci représente 52 % du PIB saoudien, une part qui devrait atteindre 65 % d’ici 2030. « Nous sommes sur la bonne voie. La question est désormais de savoir comment accélérer le rythme », conclut-il.


La compagnie aérienne SAS va acheter jusqu’à 40 Airbus A330 pour plus de 10 milliards de dollars

Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
Guillaume Faury, PDG d'Airbus, prononce un discours devant les employés de la nouvelle chaîne d'assemblage de l'Airbus A320 lors de son inauguration sur le site d'Airbus à Cornebarrieu, dans le sud-ouest de la France, le 15 juin 2026. (Photo : Lionel BONAVENTURE / AFP)
  • La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330
  • "Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme"

COPENHAGUE: La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé mardi qu'elle allait acquérir jusqu'à 40 nouveaux Airbus A330, la plus importante commande d'avions de son histoire, pour un montant total de plus de 10 milliards de dollars.

"Cet investissement porte sur un maximum de 40 avions gros-porteurs Airbus, combinant de nouveaux Airbus A330-900neo et des Airbus A330-300 commandés pour soutenir la croissance à court terme" en attendant les A330-900neo, a indiqué dans un communiqué SAS, dont Air France-KLM doit devenir le principal actionnaire d'ici la fin de l'année.


EDF remporte un contrat de 3 milliards de dollars à Oman

Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
Le géant français EDF a signé un contrat de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) pour développer une centrale hydroélectrique de pompage-turbinage à Wadi Dayqah à Oman, dans le cadre d’une visite d’État en France du sultan d’Oman, a annoncé la présidence française le 29 juin 2026. (AFP)
  • EDF a signé un contrat d’environ 3 milliards de dollars avec Oman pour développer une station de transfert d’énergie par pompage
  • Le projet, situé au barrage de Wadi Dayqah (près de Mascate), sera la première installation de ce type dans le pays et pourra stocker jusqu’à 2 GW d’énergie

PARIS: Le géant français de l'électricité EDF a signé lundi un contrat de 3 milliards de dollars pour une station de transfert d'énergie par pompage à Oman, à l'occasion de la visite d'État en France du sultan d'Oman Haitham ben Tarik, a annoncé l'Elysée.

Ce contrat porte sur le développement et l'exploitation de la première de station de transfert d'énergie par pompage au niveau du barrage de Wadi Daysat (90 kilomètres au sud de Mascate) qui doit permettre de stocker jusqu'à 2GW d'énergie.