Gabriel Attal, première gâchette en macronie

Le ministre français des Comptes publics Gabriel Attal pose au ministère de l'Économie à Paris le 13 décembre 2022. (AFP).
Le ministre français des Comptes publics Gabriel Attal pose au ministère de l'Économie à Paris le 13 décembre 2022. (AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 08 février 2023

Gabriel Attal, première gâchette en macronie

  • Le temps n'est plus -juillet 2020, une éternité- où le Premier ministre Jean Castex se demandait quel «os à ronger supplémentaire» refiler au «jeune Gabriel», tout juste promu porte-parole du gouvernement
  • Désormais, le «jeune Gabriel», 33 ans, est sur tous les fronts

PARIS : Omniprésent dans les médias, en première ligne sur les retraites, jamais à court d'une pique contre les oppositions, Gabriel Attal poursuit sa précoce ascension au sein de la majorité, qui commence à lui imaginer un avenir au delà du ministère du Budget.

Le temps n'est plus -juillet 2020, une éternité- où le Premier ministre Jean Castex se demandait quel "os à ronger supplémentaire" refiler au "jeune Gabriel", tout juste promu porte-parole du gouvernement. Désormais, le "jeune Gabriel", 33 ans, est sur tous les fronts.

Lundi, le ministre délégué aux Comptes publics épaulait Olivier Dussopt pour l'examen de la réforme des retraites à l'Assemblée. Et si le ministre du Travail peaufine ce dossier depuis des mois, c'est son jeune collègue qui a déclenché le buzzomètre avec sa formule: "une réforme ou la faillite".

Une assertion contestée par des spécialistes (l'homme d'affaires Pierre Ferracci, l'économiste Michaël Zemmour). "On a compris que vous aviez décidé de mettre de très gros sabots", a rétorqué le socialiste Jérôme Guedj. Qu'importe: "c'est plus facile d'écouter un slogan qu'une réponse technique", observe un cadre de la majorité.

Le débat parlementaire promet. En octobre, le patron des députés communistes André Chassaigne avait déjà traité d'"insolent" cet impétrant qui dénonçait une "coalition de l'irresponsabilité" des oppositions.

Gabriel Attal tient la ligne. Et l'incarne en grande partie. C'est lui qui est envoyé au 20h00 de TF1 au soir de la deuxième journée de mobilisation. Lui encore qui est dépêché sur France 2 après Élisabeth Borne pour contrer les oppositions.

Depuis son passage au porte-parolat (2020-2022), chacune de ses sorties a le don de rasséréner la macronie. "Attal, il est formidable. Il parle, on l'écoute. C'est une voix. Il a du talent", s'émerveille un conseiller de l’Élysée.

"Le président s'appuie beaucoup sur Gabriel parce qu'il a cette qualité, authenticité, simplicité, proximité", poursuit cette source.

Porte-parole du gouvernement est pourtant un métier délicat. Tous ceux qui l'ont précédé dans l'ère Macron -Christophe Castaner, Benjamin Griveaux, Sibeth Ndiaye- ont disparu du champ politique. Sa remplaçante Olivia Grégoire a tenu un mois et demi avant de retourner à Bercy, remplacée par Olivier Véran, rompu à l'exercice au ministère de la Santé pendant deux ans.

Incarner l'espace central

C'est en avril 2018 que Gabriel Attal, ex-militant PS, marcheur de la première heure devenu député, a percé le mur du son en dénonçant la "gréviculture" à la SNCF.

Sa biographie mentionne une expérience professionnelle d'un an à la Villa Medicis à Rome et une activité de quatre mois de consultant en auto-entrepreneur en 2017. Entre temps, ce diplômé de Sciences Po Paris fut cinq ans durant conseiller de Marisol Touraine, ministre de François Hollande.

Ses ambitions politiques furent nettes dès 2018 lorsque Gabriel Attal annonça sa candidature à la présidence du groupe à l'Assemblée, avant de la retirer. Quelques jours plus tard, il entrait au gouvernement, dépossédant François Baroin du record de précocité de la Ve République.

En le voyant promu à Bercy en 2022, nombre de voix dans la majorité l'imaginaient déjà tenter de "manger son ministre de tutelle, comme il l'a fait à l'Education avec (Jean-Michel) Blanquer", selon les mots d'une conseillère. Mais pour l'heure, point de friction apparente avec Bruno le Maire.

"Il y a un enjeu pour lui de passer d'un homme médiatique à un homme de dossiers. C'est une étape de sa construction politique", juge une source proche du ministre de l'Economie. Mais "ça se passe bien, d'autant que souvent, tu te demandes qui de Bruno ou de Gabriel est le plus à droite."

"Attal n'a mis qu'un mois à vraiment devenir ministre du Budget", salue un député Renaissance qui l'imagine encore monter en grade. "Il commence à se renseigner sur son avenir", affirme un des premiers compagnons de route du président.

Avec un axe politique: incarner l'espace central. "Trop souvent, chez Renaissance, on se positionne par rapport à l'aile gauche ou l'aile droite", lançait l'intéressé lors des université d'été du MoDem. Là où certains de ses collègues envisagent un retour du clivage droite-gauche pour l'après Macron.


Décès de Lionel Jospin à l'âge de 88 ans

L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.(AFP)
L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.(AFP)
Short Url
  • Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu'au bout, il avait créé le principe de la "gauche plurielle", réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes
  • Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile: le Pacs

PARIS: L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé lundi sa famille à l'AFP.

M. Jospin avait indiqué en janvier avoir subi "une opération sérieuse", sans divulguer de détails.

Chef du gouvernement de 1997 à 2002, premier secrétaire du PS de 1981 à 1988 puis de 1995 à 1997, M. Jospin s'était aussi présenté sans succès aux élections présidentielles de 1995 et 2002.

Figure reconnue et rassembleuse de la gauche jusqu'au bout, il avait créé le principe de la "gauche plurielle", réunissant dans ses gouvernements des ministres socialistes mais aussi écologistes et communistes.

Porté par une conjoncture économique favorable, il avait alors mis en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle et un contrat d'union civile: le Pacs.

La surprise avait été totale lorsqu'en 2002, il n'était pas parvenu à se qualifier pour le second tour de la présidentielle, laissant Jean-Marie Le Pen en duel avec Jacques Chirac.

Dispersion de la gauche, campagne ratée, montée de l'extrême droite, Lionel Jospin s'était alors retiré de la vie politique, n'intervenant plus pendant des années dans le débat public.

Pendant le quinquennat de François Hollande, il avait présidé une commission sur la moralisation de la politique puis était au Conseil constitutionnel en 2014.

Le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui fut ministre de M. Jospin de 2000 à 2002, a rendu hommage à "un modèle d'exigence et de travail" et salué la mémoire d'une "présence intellectuelle dans un univers qui partait à la dérive", dans un message publié sur X.


Grégoire gagne Paris haut la main, défaite cuisante pour Dati

Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. (AFP)
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. (AFP)
Short Url
  • Le successeur d'Anne Hidalgo, 48 ans, a totalisé 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre Rachida Dati, qui a échoué une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche
  • L'Insoumise Sophia Chikirou est arrivée troisième, avec 7,96 des voix

PARIS: Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. Enfourchant un Vélib, il s'est rendu à l'Hôtel de Ville où Anne Hidalgo lui a donné une chaleureuse accolade avant de lui remettre la clé de la ville.

Le successeur d'Anne Hidalgo, 48 ans, a totalisé 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre Rachida Dati, qui a échoué une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche, aux commandes depuis 25 ans.

L'Insoumise Sophia Chikirou est arrivée troisième, avec 7,96 des voix.

"Paris a décidé de rester fidèle à son histoire", s'est félicité Emmanuel Grégoire depuis la Rotonde de Stalingrad (nord-est), acclamé par les militants.

Le député PS et ex-premier adjoint de la maire sortante voit dans son succès "une promesse exigeante" et "la victoire d'une certaine idée de Paris, un Paris vivant, progressiste, populaire".

"Ce n'est pas la victoire d'un Paris contre un autre", a ajouté M. Grégoire, dont les sondages prédisaient une victoire sur le fil du rasoir.

Sitôt sa victoire annoncée, le nouvel édile de la capitale, 48 ans, s'est rendu à Vélib à l'Hôtel de ville, où l'attendaient Anne Hidalgo mais aussi l'ex-maire socialiste Bertrand Delanoë, symbole de la "prise" de Paris par la gauche en 2001.

"Je suis très heureuse, c'est un bonheur immense", a déclaré Anne Hidalgo à son arrivée, lui donnant une longue et chaleureuse accolade, avant de lui remettre la clé de la ville.

"Mes premiers mots vont à Anne Hidalgo pour ses mots chaleureux", a répondu Emmanuel Grégoire, passant l'éponge sur leurs dernières années de brouille.

"Je pense à ceux qui dorment ce soir dans les rues, à ceux qui souffrent, à tous les plus vulnérables qui ont besoin de la gauche", a-t-il ajouté, avant de prendre le métro en direction de la Rotonde Stalingrad.

Douche froide chez Dati 

A l'annonce des résultats, plusieurs centaines de sympathisants ont explosé de joie, scandant "Paris reste à gauche !".

"Je suis soulagée! Je m'attendais à un petit écart mais là c'est impressionnant", a réagi Nolween Caruso, 27 ans.

Bière à la main et sourire aux lèves, Léo est allé célébrer la victoire sur le parvis de l'Hôtel de ville. "On eu un peu peur que Rachida Dati puisse être élue avec le soutien de l'extrême droite. Dans une ville comme Paris ça aurait fait mal", confie ce militant PS de 26 ans.

Rachida Dati, déjà battue en 2020 par Anne Hidalgo, a reconnu dans un message lapidaire qu'elle n'avait "pas réussi à convaincre suffisamment" que le changement "était non seulement possible, mais surtout qu'il était nécessaire".

Devant son QG, c'est la douche froide pour les militants. "Je suis extrêmement déçue, j'y croyais fort, Paris méritait l'alternance", se désole Eva Sultan, 57 ans, cadre de banque et militante.

Autre salle, autre ambiance près du QG de campagne de Sophia Chikirou, où une quarantaine de personnes ont explosé de joie à l'annonce de la victoire du député PS.

La candidate insoumise a vu dans cette victoire l'expression du "rejet fort de la droite" et s'est félicitée que des élus LFI entrent pour la première fois au Conseil de Paris.

De son côté, l'ex-candidat Horizons et Renaissance Pierre-Yves Bournazel a dit sur X former "le vœu que Paris réussisse" et "demeure, enfin, la capitale de la lutte contre tous les extrémismes politiques". L'ancien chef de file du centre-droit a fusionné ses listes avec Rachida Dati mais s'est retiré personnellement de la course, un geste perçu comme un désaveu vis-à-vis de l'ex-garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy.

Equilibre inchangé dans les arrondissements 

"Je suis très triste pour les Parisiens", a déclaré Sarah Knafo, l'ex-candidate d'extrême droite, qui s'était désistée pour "faire battre la gauche".

"Paris est une ville définitivement de gauche", analyse Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop. Selon lui, l'électorat de Pierre-Yves Bournazel "s'est très mal reporté sur Rachida Dati, dont le score est une addition de celui du premier tour, et sans doute de 90% à 95% de Sarah Knafo".

Dans les arrondissements, l'équilibre des forces politiques reste inchangé, avec neuf arrondissements restant à gauche et huit demeurant à droite.

Lucie Castets, ex-candidate de la gauche pour Matignon, a été élue maire du XIIe arrondissement, où elle avait remplacé au pied levé la maire écologiste sortante Emmanuelle Pierre-Marie, épinglée pour son management jugé toxique.

Le chef de file des écologistes parisiens David Belliard, ex-adjoint aux transports d'Anne Hidalgo, a remporté le XIe arrondissement. Il avait obtenu la tête de liste aux termes de l'accord d'union négocié avec les socialistes d'Emmanuel Grégoire, qui ont accepté de céder leur bastion, terre d'élection d'Anne Hidalgo.

L'élection du maire aura formellement lieu dimanche prochain.

 


Macron condamne les attaques iraniennes contre l'Arabie saoudite lors d'un appel avec le prince héritier

 Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président français Emmanuel Macron, au cours duquel les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements régionaux et leurs répercussions, a rapporté lundi l'Agence de presse saoudienne. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président français Emmanuel Macron, au cours duquel les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements régionaux et leurs répercussions, a rapporté lundi l'Agence de presse saoudienne. (SPA)
Short Url
  • Le président français réaffirme le soutien de Paris aux mesures prises par Riyad pour "sauvegarder sa souveraineté"
  • Il a réaffirmé le soutien de Paris à toutes les mesures prises par Riyad pour sauvegarder sa souveraineté, sa sécurité et son intégrité territoriale

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président français Emmanuel Macron, au cours duquel les deux dirigeants ont passé en revue les derniers développements régionaux et leurs répercussions, a rapporté lundi l'Agence de presse saoudienne (SPA).

Lors de l'appel, Macron a exprimé la solidarité de la France avec l'Arabie saoudite, condamnant fermement les attaques iraniennes répétées visant le Royaume.

Il a réaffirmé le soutien de Paris à toutes les mesures prises par Riyad pour sauvegarder sa souveraineté, sa sécurité et son intégrité territoriale.

Cet appel est intervenu alors que les tensions régionales continuent de s'intensifier. Un jour plus tôt, M. Macron avait appelé toutes les parties au conflit à imposer un moratoire sur les frappes visant les installations énergétiques et d'autres infrastructures civiles.

Il a également exhorté l'Iran à permettre la libre circulation dans le détroit d'Ormuz, mettant en garde sur le média social X contre le "risque d'une escalade incontrôlable".

La France a vivement critiqué l'Iran ces derniers jours. Lors d'une visite en Israël vendredi, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré que toute résolution durable du conflit au Moyen-Orient devait être étayée par un règlement politique, ce qui suppose que Téhéran change radicalement de cap.

"Quelle que soit l'issue des opérations militaires en cours, elle doit être complétée par une solution politique qui produise des résultats durables", a déclaré M. Barrot aux journalistes à Tel-Aviv, ajoutant que "le régime iranien doit être prêt à faire des concessions majeures - à changer radicalement de position".

M. Barrot s'est également fait l'écho des appels européens en faveur d'un arrêt des frappes sur les infrastructures énergétiques, à la suite d'un bombardement israélien sur le principal champ gazier iranien qui a entraîné une hausse des prix de l'énergie.