Séisme: Un village syrien d'Idlib emporté par une inondation après l'effondrement d'un barrage

Les habitants d'Al-Taloul, dans la province d'Idlib, au nord-ouest de la Syrie, se sont retrouvés sans abri et exposés à des conditions hivernales glaciales après que le tremblement de terre de lundi a détruit un barrage et inondé leur village (Photo, Fournie).
Les habitants d'Al-Taloul, dans la province d'Idlib, au nord-ouest de la Syrie, se sont retrouvés sans abri et exposés à des conditions hivernales glaciales après que le tremblement de terre de lundi a détruit un barrage et inondé leur village (Photo, Fournie).
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Publié le Samedi 11 février 2023

Séisme: Un village syrien d'Idlib emporté par une inondation après l'effondrement d'un barrage

  • Les habitants d'Al-Taloul se sont retrouvés sans abri pendant les températures hivernales glaciales qui ont suivi le tremblement de terre de lundi
  • Peu d'aide est arrivée dans le nord-ouest de la Syrie, où vivent environ 4,5 millions de personnes déjà dépendantes de l'aide

AL-TALOUL, Syrie: Un village de la région syrienne d'Idlib a été emporté par les eaux après que le barrage local, endommagé par les violents tremblements de terre de lundi, a soudainement cédé jeudi. En quelques heures, les eaux de crue ont englouti les maisons et déplacé toute la population.

À la suite des tremblements de terre qui ont frappé successivement le sud-est de la Turquie et le nord de la Syrie en début de semaine, les habitants du village de Salqin ont été contraints de s'abriter dans une oliveraie locale après que le fleuve Oronte a inondé leurs maisons.

Najmeddine ben Abdel Rabiei, un habitant de 26 ans, a déclaré à Arab News que son village avait subi d'importants dégâts causés par le tremblement de terre. Il a indiqué que les villageois avaient désespérément besoin d'aide humanitaire, notamment de tentes pour les protéger des intempéries.

«Toutes nos maisons sont noyées dans l'eau», a affirmé Abdel Rabiei à Arab News. «Où les gens peuvent-ils aller? Ils n'ont pas d'abri.»

Craignant de subir le même sort que les habitants d'Al-Taloul, les résidents d'autres villages situés le long de la rivière Oronte ont fui vers les hauteurs de Jisr al-Choghour et de Darkouch.

Le tremblement de terre de magnitude 7,8 a frappé certaines parties du sud-est de la Turquie, du nord-ouest de la Syrie et des régions voisines aux premières heures de lundi, suivi d'un séisme de magnitude 7,5 quelques heures plus tard.

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Avant même le tremblement de terre, deux millions de personnes n'avaient déjà pas de logement adéquat pendant le rude hiver syrien  (Photo, Fournie).

Selon le président turc, Recep Tayyip Erdogan, la mort d'au moins 19 388 personnes a été confirmée vendredi en Turquie, dépassant ainsi le bilan du tremblement de terre dévastateur de 1999. Au moins 3 377 personnes sont mortes en Syrie.

Dans le nord-ouest de la Syrie, tenu par les rebelles, les secouristes ont déclaré que plus de 2 037 personnes sont mortes et 2 950 ont été blessées, selon le Washington Post. Dans la Syrie contrôlée par le gouvernement, les médias d'État ont fait état de 1 347 morts et de 2 295 blessés.

Bien que des secouristes et des travailleurs humanitaires soient arrivés en Turquie voisine pour participer aux efforts de secours, le nord de la Syrie, où vivent environ 4,5 millions de personnes, dont 90% dépendaient déjà de l'aide humanitaire, a reçu très peu d'aide.

«La communauté internationale a promis une aide considérable à la Turquie, à juste titre, mais, comme d'habitude, les Syriens ne sont pas pris en compte», a écrit Charles Lister, chercheur principal et directeur des programmes sur la Syrie et la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme à l'Institut du Moyen-Orient, dans le magazine Foreign Policy cette semaine.

Pour des communautés comme d’Al-Taloul, cela signifie que de nombreuses personnes ont été contraintes de dormir dehors dans des températures glaciales.

Certaines zones du nord-ouest de la Syrie ont récemment connu des températures allant jusqu'à — 4 degrés. En raison du gel hivernal, des milliers de personnes passent la nuit dans leur voiture ou se blottissent autour de feux devenus omniprésents dans la région touchée par le séisme.

La défense civile syrienne, également connue sous le nom de «Casques blancs», a été déployée à Al-Taloul pour aider à évacuer les civils piégés dans les véhicules et les bâtiments et pour nettoyer le réseau d'égouts local afin d'évacuer les eaux de crue.

Ce vendredi, les Casques blancs ont accusé l'ONU de bâcler son intervention dans le nord-ouest de la Syrie.

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Le tremblement de terre de magnitude 7,8 a frappé certaines parties du sud-est de la Turquie, du nord-ouest de la Syrie et des régions voisines aux premières heures de lundi, suivi d'un séisme de magnitude 7,5 quelques heures plus tard  (Photo, Fournie).

«L'ONU a commis un crime contre le peuple syrien dans le nord-ouest du pays», a déclaré Raed Saleh, chef des Casques blancs, à l'Agence France-Presse, affirmant que les agences de l'ONU n'avaient fourni aucune aide spécifique aux survivants depuis la catastrophe survenue lundi avant l'aube.

«L'ONU doit présenter ses excuses au peuple syrien», a ajouté Saleh.

Les habitants d'Al-Taloul étaient déjà appauvris avant le tremblement de terre, ayant vécu en état de siège dans la région tenue par l'opposition au cours des douze dernières années de guerre civile en Syrie.

Hatem al-Ali, un résident de 62 ans, a déclaré à Arab News que le tremblement de terre est la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour la communauté.

«Al-Taloul est un village extrêmement pauvre où les gens n'ont rien», a-t-il affirmé. «L'argent a disparu et tout ce que les gens possédaient est parti en fumée. Et croyez-moi, certaines personnes ne peuvent même pas acheter un paquet de pain.»

Le besoin le plus urgent à l'heure actuelle, affirme-il, est de disposer d'abris convenables, de nourriture et d'eau potable pour éviter l'hypothermie, la faim et la propagation des maladies. «Nous demandons aux responsables d'aider ces pauvres gens», a ajouté Al-Ali.

Plus de dix ans de guerre civile et de bombardements aériens avaient déjà détruit les hôpitaux et provoqué des pénuries d'électricité et d'eau dans le nord-ouest de la Syrie, laissant les communautés totalement démunies face à une catastrophe naturelle de cette ampleur.

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Les habitants du village proche de Salqin ont été contraints de se réfugier dans une oliveraie locale après que le fleuve Oronte a inondé leurs maisons (Photo, Fournie).

«Après 12 ans d'un conflit brutal au cours duquel le régime syrien a utilisé presque toutes les armes disponibles contre sa propre population, le niveau de destruction infligé par le tremblement de terre au nord-ouest de la Syrie est sans commune mesure», a écrit Lister dans son article du magazine Foreign Policy.

«S'agissant spécifiquement du nord-ouest de la Syrie contrôlé par l'opposition, une catastrophe naturelle comme celle-ci n'aurait pas pu toucher une population plus vulnérable. Avant le tremblement de terre, la région représentait l'une des crises humanitaires les plus graves au monde.»

«Plus de 4,5 millions de civils vivent dans une petite zone qui ne représente pas plus de 4% de la Syrie — et près de 3 millions d'entre eux sont déplacés. Au moins 65% des infrastructures de base sont détruites ou fortement endommagées.»

Avant même le tremblement de terre, 2 millions de personnes n'avaient déjà pas de logement adéquat pendant le rude hiver syrien. Parmi elles, 800 000 personnes, dont la plupart sont des enfants, vivent dans des abris de fortune sans accès fiable au chauffage, à l'électricité, à l'eau potable ou aux installations sanitaires.

«C'est vraiment un scénario de cauchemar», a dévoilé Lister. «Une catastrophe naturelle désastreuse frappe l'une des populations les plus vulnérables du monde, laissant des milliers de bâtiments rasés et des milliers de victimes dans un climat hivernal glacial et pas une seule route n'est ouverte pour acheminer l'aide.»

Le Programme alimentaire mondial des Nations unies a lancé un appel de 77 millions de dollars américains (1 dollar américain = 0,94 euro) pour fournir des rations alimentaires et des repas chauds à 874 000 personnes touchées par le séisme meurtrier.

Le bilan des besoins d'aide «comprend 284 000 personnes nouvellement déplacées en Syrie et 590 000 personnes en Turquie, dont 45 000 réfugiés et 545 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays», a précisé le rapport.

Mike Ryan, directeur exécutif du programme d'urgences sanitaires de l'Organisation mondiale de la santé, a déploré vendredi la «crise oubliée» de la Syrie.

«Les Syriens semblent être une réflexion après coup», a déclaré Charles Lister, directeur des programmes sur la Syrie et la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme à l'Institut du Moyen-Orient.

Alors que l'OMS se prépare à acheminer des fournitures médicales vers la Syrie depuis Dubaï, Ryan a signalé qu'un énorme retard dans l'acheminement de l'aide attendait d'atteindre le nord-ouest de la Syrie, tenu par les rebelles.

«Le monde a oublié la Syrie», a déclaré Ryan aux journalistes à Dubaï, lors des préparatifs du vol d'aide. «Franchement, le tremblement de terre a ramené l'attention. Mais ces millions de personnes en Syrie luttent maintenant depuis des années. Cela est devenu une crise oubliée.»

La Syrie est maintenant confrontée à un «désastre secondaire» de vies perdues à cause d'un manque d’équipements médicales, a insisté Ryan.

«Nous devons reconnaître que l'ampleur de cette catastrophe est si grande qu'elle dépasse les capacités de chacun. S'ils n'ont pas d'équipement, ils ne peuvent pas faire leur travail — c'est comme demander à un pompier de se précipiter sur un incendie sans lance à eau.» 

Bab al-Hawa, en Turquie, le seul poste frontalier par lequel l'aide humanitaire des Nations unies est autorisée à entrer dans le nord de la Syrie, a été initialement fermé en raison des dommages subis lors du tremblement de terre.

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Dans le nord-ouest de la Syrie tenu par les rebelles, les secouristes ont déclaré que plus de 2 037 personnes sont mortes et 2 950 ont été blessées, selon le Washington Post   (Photo, Fournie).

Comme la majeure partie de l'aide entrant en Syrie doit passer par Damas, qui contrôle strictement sa distribution aux gouvernorats, la fermeture de Bab al-Hawa a rendu encore plus difficile l'acheminement d'une aide adéquate et rapide dans les zones les plus durement touchées.

Les premières livraisons d'aide internationale dans le nord-ouest de la Syrie, tenu par les rebelles, suite au séisme, sont arrivées jeudi. Le gouvernement syrien a déclaré qu'il avait également approuvé l'acheminement de l'aide humanitaire dans les zones touchées par le séisme qui ne sont pas sous son contrôle.

Un deuxième convoi d'aide de l'ONU a traversé la Syrie tenue par les rebelles depuis la Turquie vendredi. Le convoi de 14 camions transportait des articles non alimentaires tels que «des kits de secours, des lampes solaires, des couvertures et d'autres aides», a révélé Paul Dillon, porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations, dans un communiqué.

L'aide «sera suffisante pour environ 1 100 familles dans les zones touchées par le séisme à Idlib», a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a exhorté le Conseil de sécurité à autoriser l'ouverture de nouveaux points d'aide humanitaire transfrontaliers entre la Turquie et la Syrie. La Turquie a déclaré qu'elle travaillait à l'ouverture de deux nouveaux itinéraires vers les régions de la Syrie tenues par les rebelles.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: sept morts dans des frappes israéliennes sur Tyr, selon la défense civile

Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
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  • Des frappes israéliennes nocturnes à Tyr, dans le sud du Liban, ont fait au moins sept morts et plusieurs blessés, touchant notamment des zones proches d’un hôpital et des quartiers résidentiels
  • Israël annonce de nouvelles attaques contre le Hezbollah au nord du fleuve Litani et ordonne des évacuations, tandis que le conflit continue de provoquer de lourdes pertes civiles et des déplacements massifs

BEYROUTH: Des frappes nocturnes israéliennes sur la ville millénaire de Tyr, dans le sud du Liban, dont l'une près d'un hôpital, ont tué sept personnes, a indiqué vendredi à l'AFP une source au sein de la défense civile.

L'armée israélienne a annoncé de son côté qu'elle allait attaquer le Hezbollah dans trois localités au nord du fleuve Litani, à une quarantaine de km de la frontière, ordonnant à leur population d'évacuer.

Le mouvement pro-iranien avait rejeté jeudi un accord de cessez-le-feu annoncé la veille à Washington après des négociations entre le Liban et Israël, réclamant un retrait total des forces israéliennes qui occupent une partie du sud du pays.

A Tyr, une frappe tard jeudi soir a fait quatre morts et sept blessés, selon la Défense civile. Elle a dévasté le siège d'une banque et endommagé légèrement l'hôpital Jabal Amel, l'un des trois que compte la ville, a constaté le correspondant de l'AFP.

Une autre frappe sur un quartier résidentiel de la ville a tué trois personnes et en a blessé cinq autres dont deux enfants, selon la Défense civile.

Lundi, une frappe près de l'hôpital Jabal Amel avait tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel, selon le ministère de la Santé.

La ville côtière, qu'une partie de ses habitants refuse d'évacuer malgré les avertissements israéliens, est régulièrement pilonnée.

Des habitants s'étaient réfugiés dans le quartier chrétien exigu de la Vieille ville, épargné par les avertissements isaréliens, dormant dans leurs voitures ou sous des tentes.

Mais ils l'ont fui après qu'Israël a menacé mardi le quartier, accusant des membres du Hezbollah de s'y cacher, selon le correspondant de l'AFP.

Une frappe avait également visé mercredi soir les abords d'un parc où campent des dizaines de réfugiés syriens, selon le correspondant de l'AFP qui n'a pas fait état de victime.

Dans ce contexte, une pétition, appelant à exclure toute présence armée à Tyr - où le Hezbollah est fortement implanté - autre que celle de l'armée libanaise, a recueilli près de 250 signatures selon les organisateurs.

Une pétition similaire concernant Nabatiyé - autre grande ville du sud à majorité chiite - pratiquement désertée du fait des bombardements israéliens, a recueilli plus de 500 signatures.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.526 morts depuis le début du conflit le 2 mars, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.


Le Hezbollah rejette le dernier exutoire négocié par les Etats-Unis, Aoun exige l'application du cessez-le-feu

Une photo prise depuis la zone sud de Nabatieh montre de la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne dans le village de kfar Tibnit, le 4 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la zone sud de Nabatieh montre de la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne dans le village de kfar Tibnit, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Une déclaration conjointe libano-israélienne, publiée à l'aube du jeudi, heure de Beyrouth, indique qu'"Israël et le Liban ont, sous l'égide des États-Unis, accepté de mettre en œuvre un cessez-le-feu"
  • Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré que "le résultat des négociations directes absurdes, humiliantes et honteuses est reflété dans l'annonce de Washington"

BEYROUTH : Le président libanais Joseph Aoun a déclaré jeudi que la déclaration commune issue du quatrième cycle de négociations israélo-libanaises sous l'égide des États-Unis comportait "des points très importants en faveur du Liban et représentait la dernière occasion de passer à un cessez-le-feu définitif et global, étant entendu que chaque partie assumerait la responsabilité si elle ne répondait pas".

Un responsable libanais a confirmé à Arab News que le président attendait la réponse du Hezbollah, qui devrait arriver par l'intermédiaire du président du Parlement, Nabih Berri.

"Toutes les parties ont été informées du résultat de la session de négociation", a déclaré le fonctionnaire. "Ce qui a été publié n'est pas un accord de cessez-le-feu. Il s'agit d'une déclaration dont Israël a accepté intégralement le contenu et les conditions. Ce qui reste, c'est la réponse du Hezbollah".

Une fois cette réponse donnée, a ajouté le fonctionnaire, Washington sera informé et les prochaines étapes seront déterminées.

S'adressant de manière informelle aux journalistes au palais de Baabda, M. Aoun a déclaré que Washington "déterminerait le calendrier et le mécanisme de mise en œuvre du cessez-le-feu, qui pourrait commencer 24 heures après la notification de l'approbation et une fois que les garanties nécessaires auront été fournies." Le président américain Donald Trump serait le garant direct de la mise en œuvre.

Le président a déclaré que "la délégation libanaise de négociation, dirigée par l'ambassadeur Simon Karam, a tenu bon tout au long des deux sessions convoquées au cours des deux derniers jours".

La session de mercredi a été difficile : M. Karam a été poussé à suspendre le cycle de négociations et a insisté pour refuser d'aborder toute autre question tant qu'un cessez-le-feu global n'aurait pas été mis en place. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a été invité à relancer les pourparlers, qui se sont conclus par l'acceptation de la demande libanaise d'un cessez-le-feu global.

M. Aoun a déclaré que "de mercredi matin jusqu'aux petites heures de jeudi, nous sommes restés en contact avec les acteurs internationaux et nationaux pour verrouiller le cessez-le-feu global, et un certain nombre d'États frères et amis ont également joué un rôle en exerçant des pressions au nom du Liban".

La déclaration conjointe israélo-libanaise, publiée jeudi à l'aube, heure de Beyrouth, précise que "tant Israël que le Liban ont accepté, sous l'égide des États-Unis, de mettre en œuvre un cessez-le-feu. Son entrée en vigueur est subordonnée à une cessation totale des tirs du Hezbollah et au retrait de tout son personnel de la zone située au sud du Litani. Le Hezbollah doit également permettre l'établissement rapide de zones pilotes où les forces armées libanaises - et uniquement les forces armées libanaises - exercent un contrôle exclusif sur le territoire, tout acteur armé non étatique étant écarté du tableau."

Israël a déclaré que "sa sécurité et le respect de son intégrité territoriale ne peuvent être assurés que par le désarmement du Hezbollah et le démantèlement de son infrastructure sur l'ensemble du territoire libanais".

De son côté, le Liban a souligné "la nécessité d'un respect mutuel des frontières internationalement reconnues et le besoin urgent d'une mise en œuvre complète de la cessation des hostilités, en mettant l'accent sur les principes de l'intégrité territoriale et de la pleine souveraineté de l'État". Le Liban s'est engagé à renforcer les capacités de l'armée libanaise, avec le soutien des États-Unis, afin d'exercer un contrôle effectif sur l'ensemble du pays.

Toutes les parties ont déclaré que "l'avenir des relations entre Israël et le Liban doit être exclusivement décidé par les deux gouvernements souverains". Elles ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban.

Selon la déclaration, "Israël et le Liban ont réaffirmé qu'ils n'avaient aucune intention hostile l'un envers l'autre et se sont engagés à poursuivre les négociations directes afin de renforcer la confiance, de résoudre toutes les questions en suspens et d'œuvrer à la conclusion d'un accord global entre les deux pays".

De leur côté, les États-Unis ont réitéré leur "soutien constant aux deux gouvernements dans l'exercice de leur souveraineté". Ils ont ajouté que "tout accord de cessation des hostilités doit être conclu directement entre les deux gouvernements, sous l'égide des États-Unis, et non par le biais d'une voie distincte".

Les États-Unis ont également souligné leur intention de "soutenir les forces armées libanaises, dans le but d'améliorer leur capacité et de permettre l'exercice effectif de la souveraineté sur l'ensemble du territoire libanais".

S'adressant aux journalistes jeudi, le président Aoun a déclaré que "le Liban a suggéré de commencer la mise en œuvre de "zones pilotes" dans les villes de Zawtar Al-Sharqiya, Zawtar Al-Gharbiya, Yahmar et la zone entourant le château de Beaufort (Qalaat Al-Shaqif), occupé la semaine dernière par Israël, en raison de leur importance symbolique et de leur proximité avec la ville de Nabatieh".

M. Aoun a souligné "la grande importance de l'accord conclu à Washington dans l'intérêt du Liban et de la région. Il représente une véritable occasion de passer de l'escalade à la stabilité. Le succès de ce processus dépend de l'engagement clair de toutes les parties concernées et de la mise en œuvre intégrale des mesures convenues. L'État libanais a entamé ces négociations avec un fort sentiment de responsabilité nationale. L'objectif principal était de protéger le Liban, de garantir la sécurité de ses citoyens et de maintenir la stabilité. Chacun doit aborder les récents développements avec un sens de la responsabilité nationale et saisir cette opportunité pour renforcer la sécurité et la stabilité dans tout le pays".

M. Aoun a également déclaré que les États-Unis avaient joué un rôle de médiateur et de pivot dans ces négociations, contribuant à rapprocher les parties "d'un accord grâce à une approche ferme et à des efforts soutenus pour aplanir les divergences".

Le président libanais a ajouté que "cet accord diffère de celui conclu le 27 novembre 2024, non seulement par sa substance mais aussi par le contexte politique qui l'entoure, ce qui renforce ses perspectives de durabilité et de succès". Cela dépend maintenant du rôle du président américain Donald Trump et de son administration dans l'obtention des garanties nécessaires pour solidifier l'accord et assurer son respect par toutes les parties."

Pendant ce temps, les forces israéliennes se sont retirées de la ville de Dibbin dans le district de Marjayoun, au sud du fleuve Litani, au cours de la matinée, tandis que l'armée libanaise a annoncé son déploiement à la jonction de la ville plus tard dans l'après-midi.

Une source militaire libanaise a déclaré à Arab News que "suite au retrait israélien de Dibbin, l'armée libanaise a levé les barrages routiers, rouvert l'accès à la ville et commencé à dégager les obstructions militaires de la zone".

Quant à savoir si l'entrée dans la ville était basée sur un calendrier de retrait israélien clair, la source militaire a déclaré : "Il n'y a pas de calendrier de retrait.

La source militaire a confirmé que l'armée libanaise restait déployée au sud du fleuve Litani partout où il n'y avait pas de présence de l'armée israélienne, que ce soit à Hasbaya, Marjayoun ou même dans la ville de Tyr.

En ce qui concerne la possibilité de mettre en place des zones pilotes et le calendrier d'une telle initiative, la source a déclaré : "Le commandement de l'armée n'a pas été informé de la mise en place de zones pilotes : "Le commandement de l'armée n'a pas été informé de quoi que ce soit à ce sujet jusqu'à présent.

Le terme "zone pilote" est apparu comme un mécanisme de mise en œuvre progressive visant à démanteler les impasses sécuritaires qui sont géographiquement et politiquement enracinées. Toutefois, son application au Liban pourrait se heurter aux réalités des conditions complexes du terrain au Liban.

Une source militaire libanaise a estimé que l'adoption de ce terme "réduit la probabilité d'un échec global, car il se concentre sur l'essai d'une zone géographique spécifique et limitée dans le secteur au sud du fleuve Litani, servant de laboratoire pour évaluer l'étendue de l'engagement des parties et le sérieux des garanties".

La source a expliqué que les arrangements supposaient que "l'armée israélienne se retirerait complètement, tandis que des unités des forces armées libanaises s'installeraient et assumeraient le contrôle militaire, sécuritaire et administratif exclusif. Aucune autorité parallèle ou arme en dehors du cadre de la légitimité officielle de l'État ne serait autorisée. Cela signifie le retrait de tous les éléments du Hezbollah de la région, le démantèlement de l'infrastructure du parti et l'interdiction de son rétablissement, de sorte que la région soit entièrement démilitarisée de toute présence militaire non affiliée au gouvernement souverain".

Dans un discours prononcé jeudi après-midi, le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré que "le résultat des négociations directes absurdes, humiliantes et honteuses est reflété dans l'annonce de Washington, qui expose les principes fondamentaux par lesquels les États-Unis et Israël envisagent la soumission du Liban au projet du Grand Israël".

Qassem a déclaré que "le résultat des négociations est rejeté dans son intégralité par de larges segments du peuple libanais".

Mahmoud Qamati, chef adjoint du conseil politique du Hezbollah, a annoncé que le Hezbollah rejetait "tout accord partiel ou toute formule de compromis en matière de sécurité".

Qamati a déclaré que "les zones pilotes et le projet de désarmement constituent un recul stratégique".

Alors que le Hezbollah insiste sur la condition d'un retrait israélien complet du Sud-Liban, le négociateur libanais, selon la source officielle, estime que "le Liban considère les zones pilotes comme une occasion de garantir des retraits israéliens progressifs et de restaurer la souveraineté sur certains secteurs".

Entre-temps, jeudi, l'armée israélienne a demandé aux citoyens libanais de ne pas se rendre au sud de la rivière Zahrani "pour leur propre sécurité". Elle a également continué à cibler des véhicules et des individus dans le sud du Liban.

Les parties libanaise et israélienne doivent tenir un nouveau cycle de négociations le 22 juin, "en vue de parvenir à un accord global". Les États-Unis ont accepté de continuer à faciliter la communication entre les parties dans l'intervalle", selon la déclaration commune.


Libye: des centaines de manifestants contre la présence de migrants dans leurs quartiers

Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays. (AFP)
Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays. (AFP)
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  • "Non à l'installation des migrants et des réfugiés", "La Libye appartient aux Libyens"
  • De son côté, la Mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul) a réaffirmé "qu'aucune de ses agences, y compris le HCR, ne met en œuvre de programme de réinstallation" dans le pays

TRIPOLI: Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays.

Après une campagne sur les réseaux sociaux, des centaines de Libyens, cartons rouges à la main symbolisant une demande "d'expulsion", s'étaient donné rendez-vous devant le siège du HCR.

"Non à l'installation des migrants et des réfugiés", "La Libye appartient aux Libyens", ont-ils scandé, appelant aussi à la fermeture des bureaux du HCR qu'ils considèrent responsable de leur présence sur le territoire.

Des pancartes dénonçaient la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni accusée de vouloir obliger la Libye à garder les candidats à l'émigration illégale sur son territoire. "Non à la signature de conventions pour l'installation (de migrants) avec l'Italie", était-il écrit en arabe à côté d'un portrait de Mme Meloni barré d'une croix rouge.

De son côté, la Mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul) a réaffirmé "qu'aucune de ses agences, y compris le HCR, ne met en œuvre de programme de réinstallation" dans le pays. "Les allégations contraires sont catégoriquement fausses", a-t-elle souligné dans un communiqué jeudi soir, se disant "préoccupée par la propagation de fausses informations, de désinformation et de discours haineux concernant le travail de l'ONU" dans le pays.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver sa stabilité. Elle est gérée par deux gouvernements rivaux: celui reconnu par l'ONU basé à Tripoli (ouest) et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et un exécutif à Benghazi (est) contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et ses fils.

"Désinformation" 

Dans ce contexte, passeurs et trafiquants ont profité du climat d'instabilité qui y règne pour développer des réseaux clandestins pour des migrants d'Afrique subsaharienne et de pays asiatiques souhaitant émigrer en Europe par la mer.

A la mi-2024, le Portail sur les données migratoires géré par l'OIM (Organisation internationale pour les migrations, ONU) recensait environ 900.000 migrants et réfugiés en Libye.

La question migratoire provoque souvent des remous dans le pays, alimentés par un discours xénophobe sur les réseaux sociaux.

"L'amour de la patrie n'est pas du racisme!" ou encore "la Libye n'est pas la poubelle du monde", lisait-on sur des pancartes lors du rassemblement jeudi.

Des manifestants faisaient au passage l'amalgame entre les migrants et les réfugiés dont une majorité de Soudanais dont le pays est en proie à une guerre civile.

Les autorités libyennes avaient indiqué en décembre avoir prévu un traitement différencié pour les Soudanais. Le ministre de l'Intérieur, Imad Trabelsi, avait assuré qu'ils bénéficieraient d'un "accès aux soins et aux écoles".

Lundi, le bureau de l'ONU en Libye avait déjà dit noter "avec inquiétude la nouvelle propagation de la désinformation et de discours incendiaires sur les réseaux sociaux", dans un communiqué sur Facebook.

"De tels récits risquent d'alimenter les tensions, la méfiance, la discrimination et la violence, portant ainsi atteinte à la dignité, à la sécurité et au bien-être de la population libyenne", a-t-il ajouté.