Ukraine: Bakhmout sous les assauts des Russes

Bakhmout, qui comptait 70 000 habitants avant la guerre, a été en grande partie détruite par les combats qui ont provoqué de lourdes pertes dans les deux camps (Photo, AFP).
Bakhmout, qui comptait 70 000 habitants avant la guerre, a été en grande partie détruite par les combats qui ont provoqué de lourdes pertes dans les deux camps (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 01 mars 2023

Ukraine: Bakhmout sous les assauts des Russes

  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lors de son allocution quotidienne, a déclaré que «les plus grandes difficultés, comme auparavant, sont à Bakhmout»
  • En Russie, l'armée a rapporté avoir abattu plusieurs drones ukrainiens qui visaient des infrastructures civiles, sans faire de dégâts

KIEV:La bataille fait rage pour le contrôle de Bakhmout, dans l'est de l'Ukraine, le président ukrainien Volodymyr Zelensky accusant la Russie d'envoyer massivement ses hommes à une mort certaine dans le seul but de s'emparer de cette localité symbolique.

En Russie, l'armée a de son côté rapporté avoir abattu plusieurs drones ukrainiens qui visaient des infrastructures civiles, sans faire de dégâts. Pour la première fois, l'un d'entre eux s'est écrasé dans la région de Moscou.

Dans la soirée de mardi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lors de son allocution quotidienne, a déclaré que "les plus grandes difficultés, comme auparavant, sont à Bakhmout (...) La Russie ne compte pas du tout ses hommes, les envoyant constamment à l'assaut de nos positions. L'intensité des combats ne fait qu'augmenter".

Malgré une importance stratégique contestée par les experts, Bakhmout est devenue un symbole de la lutte pour le contrôle de la région industrielle du Donbass. M. Zelensky, qui s'était rendu sur place en décembre, avait juré de défendre cette ville-forteresse "aussi longtemps que possible".

"La situation aux alentours de Bakhmout est extrêmement tendue", avait constaté plus tôt dans la journée le commandant des forces terrestres ukrainiennes, Oleksandre Syrsky, cité par le centre de presse officiel de l'armée.

Selon lui, le groupe paramilitaire russe Wagner, en première ligne dans cette bataille, tente de "percer la défense de nos troupes et d'encercler la ville".

Le patron de Wagner, Evguéni Prigojine, a revendiqué tour à tour ces dernières semaines la prise de localités autour de Bakhmout. Soledar est tombée en janvier, puis Krasna Gora en février, et samedi Iaguidné, située aux portes de la ville.

Conséquence de cette lente poussée russe, trois des quatre routes permettant aux Ukrainiens d'approvisionner Bakhmout ont été coupées, ne laissant plus comme voie de sortie que celle menant à l'ouest vers Tchassiv Iar, au sud de laquelle les Russes essaient également de progresser.

«Aucun élément» indiquant un détournement de l'aide américaine par Kiev, selon le Pentagone

Des membres de la commission sur les forces armées de la Chambre des représentants ont interrogé Colin Kahl, sous-secrétaire à la Défense pour la stratégie, et deux autres responsables pendant près de deux heures et demie.

"Il n'y a aucun élément indiquant que les Ukrainiens ont détourné (l'aide) vers le marché noir", a indiqué M. Kahl aux élus.

"Ce n'est pas étonnant, étant donné l'intensité des combats et le fait qu'ils utilisent clairement ce que nous leur fournissons et ce que nos alliés et partenaires fournissent pour une efficacité maximale", a poursuivi le numéro trois du Pentagone.

"Nous pensons que si une partie de ces systèmes (militaires) ont été détournés, ce serait par les Russes qui auraient capturé des choses sur le champ de bataille."

L'inspecteur général du ministère de la Défense Robert Storch a indiqué aux membres de la commission qu'il y avait un "nombre important" de personnes dans la région qui surveillaient les livraisons vers l'Ukraine ainsi que les missions d'entraînement, et que des informations étaient aussi obtenues auprès du personnel militaire américain à l'ambassade de Kiev.

"Nous n'avons pas prouvé l'existence de tels cas" de détournement illicite d'armes sensibles telles que les missiles Stinger, a déclaré M. Storch.

«Bakhmout va tomber»

Bakhmout, qui comptait 70 000 habitants avant la guerre, a été en grande partie détruite par les combats qui ont provoqué de lourdes pertes dans les deux camps. Quelque 4 000 civils y demeurent malgré le danger, se réfugiant dans des sous-sols et des abris, selon Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l'ONU.

"Très peu d'organisations humanitaires et de volontaires sont (actuellement) dans la région, et la plupart des habitants de la ville dépendent donc principalement des provisions issues des distributions humanitaires précédentes", a-t-il alerté.

M. Zelensky avait reconnu lundi soir que la situation aux alentours de Bakhmout devenait "de plus en plus compliquée" pour les soldats ukrainiens, qui ont décrit des scènes rappelant celles de la Première Guerre mondiale.

Les militaires ukrainiens interrogés par l'AFP à Bakhmout lundi ont affirmé garder le moral. "Nous ne pouvons pas connaître toute la situation opérationnelle mais nous sommes ici, nous ne nous sommes pas enfuis", a déclaré un soldat de 44 ans dont le nom de guerre est "Kaï".

"Non seulement Bakhmout mais la Crimée et tout le reste: nous allons tout récupérer", a renchéri "Died", 45 ans, en tirant sur une cigarette.

"Fox", 40 ans, est plus pessimiste : "Je comprends contre quel pays nous nous battons (...) Ils ont des gens intelligents là-bas, des gens qui savent comment se battre. Ils pensent, ils apprennent, de la même façon que nous".

"Je pense que Bakhmout va probablement tomber", a-t-il lâché, évoquant un manque de munitions et d'effectifs côté ukrainien.

La Russie a de son côté affirmé qu'un drone ukrainien s'était écrasé mardi à une centaine de kilomètres de Moscou, non loin d'une station de compression de gaz. Trois autres ont été abattus ailleurs dans le pays, sans faire de dégâts.

Plusieurs incidents ayant impliqué des drones se sont produits ces derniers mois sur le territoire russe, parfois très loin du front en Ukraine, mais c'est la première fois qu'un drone est signalé près de la capitale.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.


Trump dit qu'il va appeler Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles iraniens 

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  • "Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)"
  • "Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement"

WASHINGTON: Le président américain Donald Trump dit qu'il va appeler le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles tirés dimanche par l'Iran vers Israël, rapporte dimanche le média Axios.

"Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)", a déclaré le président américain selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il ajouté selon la même source qui a publié le message sur son compte X.

Dans une autre interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump affirme que les frappes iraniennes "ne vont pas aider les négociations".

"On est très proches. Je dirais qu'un accord peut être signé lundi, mardi ou mercredi de cette semaine. Et voilà qu'il se passe ceci", a-t-il dit selon le journaliste Trey Yingst, qui dit également l'avoir eu au téléphone.

Selon elle, M. Trump lui a dit être "pas très content" de la frappe israélienne ayant visé Beyrouth dimanche.

"Revenez à la table des négociations et concluez un accord", a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, selon Fox News.