La relation entre l'Arabie saoudite et les États-Unis est un «mariage catholique», affirme Anthony Scaramucci

En tant que visiteur régulier de l'Arabie saoudite, M. Scaramucci a félicité les dirigeants du Royaume pour leurs innovations politiques et leurs réformes (Photo, AN).
En tant que visiteur régulier de l'Arabie saoudite, M. Scaramucci a félicité les dirigeants du Royaume pour leurs innovations politiques et leurs réformes (Photo, AN).
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Publié le Lundi 06 mars 2023

La relation entre l'Arabie saoudite et les États-Unis est un «mariage catholique», affirme Anthony Scaramucci

  • «Nous pouvons nous battre l'un contre l'autre, mais nous restons indubitablement mariés», déclare le fondateur de SkyBridge Capital et des conférences SALT
  • Si SALT devient un événement annuel à Abu Dhabi et qu'il est également lancé à Riyad, «ils ne se feront pas concurrence... ce seront deux événements distincts»

DUBAÏ: Le banquier et entrepreneur américain Anthony Scaramucci a qualifié la relation entre les États-Unis et l'Arabie saoudite de «mariage catholique» dans le dernier épisode de Frankly Speaking, une émission hebdomadaire d'Arab News qui donne la parole à des décideurs politiques et des chefs d'entreprise.

Interrogé sur les conseils qu'il donnerait au président Joe Biden pour améliorer les relations américano-saoudiennes aujourd'hui, tout en rappelant qu'il avait considéré «cruciaux» les liens entre les deux pays, dans un entretien accordé à Arab News en 2021, M. Scaramucci explique: «J'ai appelé cela un mariage catholique. Nous pouvons nous disputer, mais nous restons indubitablement mariés. Quelles que soient les frictions d'interrègne entre les souverains, elles sont temporaires. Nous avons besoin l'un de l'autre.»

Lors de cet entretien réalisé depuis Abu Dhabi, où il participe à la deuxième conférence d'Investopia, M. Scaramucci a abordé un large éventail de sujets, a salué les opportunités économiques de la région du Golfe et a confirmé son intention d'organiser le forum de réflexion et de leadership SALT à Riyad.

S'exprimant sur la relation entre l'Arabie saoudite et les États-Unis, il souligne que «nous avons trouvé un moyen, au cours des 80 à 90 dernières années, d'être imbriqués. Nos économies, nos gouvernements, nos services de renseignement, nos départements de la défense sont étroitement liés. Donc, je demanderais simplement aux membres de la Maison-Blanche, mais aussi aux Émirats arabes unis et à Riyad, de considérer ces éléments dans la durée.»

M. Scaramucci, qui a brièvement occupé le poste de directeur de la communication de la Maison-Blanche en juillet 2017 sous la présidence de Donald Trump, ajoute: «Nous avons eu tendance dans le monde ces derniers temps à... retomber dans le tribalisme et à se froisser les uns les autres. Une sorte de "c’est ça ou rien". Nous devons revenir à un esprit de coopération et reconnaître que nous sommes mieux ensemble et que nous pouvons être plus prospères. Telle serait ma recommandation générale (à la Maison Blanche de Biden).»

En tant que visiteur régulier de l'Arabie saoudite, M. Scaramucci a félicité les dirigeants du Royaume pour leurs innovations et leurs réformes politiques.

«À mesure qu'il entreprend ces réformes, qu'il construit davantage d'infrastructures, qu'il adopte une stratégie zéro carbone et qu'il érige ces magnifiques villes comme NEOM, le Royaume s'ouvre au reste du monde. La culture du Royaume est belle et accueillante», confie-t-il.

Selon lui, la priorité accordée par l'Arabie saoudite à son industrie touristique favorise les échanges culturels et la bonne entente avec la communauté mondiale.

«J'applaudis le Royaume pour les réformes (qu'il) entreprend. Et je pense que ses meilleures années sont devant lui», indique-t-il à Katie Jensen, l'animatrice de Frankly Speaking.

Aux yeux de M. Scaramucci, outre la diversification de l'économie en faveur de secteurs tels que le tourisme, en dehors du pétrole et des combustibles fossiles, la stratégie économique du Royaume vise à créer un environnement favorable aux investissements directs étrangers.

Depuis le lancement de sa Vision 2030 en 2016, l'Arabie saoudite a pris de multiples mesures pour encourager les investissements étrangers, notamment en autorisant les entreprises étrangères à être cotées à la Bourse saoudienne et en accordant à des centaines d'entreprises internationales en 2020 une licence d'exploitation dans le Royaume.

Interrogé sur la position de l'Arabie saoudite en tant que destination pour les investissements directs étrangers et sur les conseils qu'il lui donnerait pour atteindre son plein potentiel, M. Scaramucci affirme que «si vous étudiez les meilleurs gouvernements, vous constaterez qu'ils ont une stratégie d'imposition faible, qu'ils ont une stratégie favorable aux entreprises privées et qu'ils respectent l'État de droit.»

En tant que fondateur et président de SALT, un forum mondial consacré à la finance, à la technologie et aux politiques publiques, M. Scaramucci est optimiste quant à la possibilité d'organiser des conférences de ce genre dans la région du Golfe (Photo, AN).

«En fin de compte, les chefs d'entreprise veulent être certains que s'ils concluent des contrats, achètent des biens immobiliers ou investissent des capitaux dans une région du monde, celle-ci est sûre du point de vue de la propriété et du point de vue juridique», note-t-il.

«C'est ce que fait l'Arabie saoudite. C'est pourquoi les capitaux vont affluer dans le pays.»

M. Scaramucci reconnaît que la hausse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed) ainsi que le conflit entre l'Ukraine et la Russie ont freiné l'esprit d'investissement mondial. «Il y a une certaine léthargie en cours, mais elle est davantage liée à la macroéconomie qu'à une industrie ou une région spécifique», explique-t-il.

«Une fois que la Fed aura réglé le problème de l'inflation aux États-Unis, qu'elle aura desserré les freins, pour ainsi dire, de l'économie et que nous commencerons à voir un pivotement des taux d'intérêt... l'argent affluera dans cette région parce que je crois vraiment que (la région du Golfe) est bien positionnée géographiquement», affirme M. Scaramucci.

«Elle est bien positionnée en ce qui concerne la manière dont les gouvernements travaillent avec le secteur privé pour favoriser l'innovation. Les capitaux vont (à nouveau) affluer, mais nous devons traverser cette période macroéconomique dès maintenant.»

Après seulement deux mois écoulés, l’année 2023 s'avère être l'année des conférences dans la région du Golfe. En février, des géants de la tech se sont réunis pour la conférence LEAP à Riyad; l'événement d'investissement Investopia x SALT vient de s’achever dans la capitale des Émirats arabes unis; et une conférence internationale attire en ce moment d'éminents juristes dans la capitale saoudienne pour discuter de la manière dont la justice peut tirer parti de la transformation numérique.

Évoquant son expérience à la conférence Investopia, qui a réuni de grands noms tels que l'ancien secrétaire d'État américain John Kerry, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair et le ministre de l'économie des Émirats arabes unis Abdullah bin Touq, M. Scaramucci confie que «nous jouissons d'un excellent partenariat avec le gouvernement et nos groupes collaborent parfaitement. C'est un hybride intéressant entre... une sorte d'entité publique, une entité gouvernementale et une entreprise privée. Il y a une bonne synergie. Je suis donc confiant dans la pérennité de cette relation.»

En tant que fondateur et président de SALT, un forum mondial consacré à la finance, à la technologie et aux politiques publiques, M. Scaramucci est optimiste quant à la possibilité d'organiser des conférences de ce genre dans la région du Golfe.

S'il a refusé de confirmer si Investopia x SALT Abu Dhabi allait devenir un événement annuel («Il y a une bonne synergie. Je suis donc confiant dans la pérennité de cette relation»), il a assuré que s'il devait organiser sa conférence à Riyad, «elles ne se feraient pas concurrence».

«Il s'agirait de deux événements distincts, bien espacés dans le calendrier, et nous ferons en sorte que la saveur de cet événement corresponde davantage à ce que les Saoudiens souhaitent, une sorte d'accent sur Riyad, de la même manière que nous le faisons aux Émirats arabes unis», révèle-t-il.

«Il est très important pour nous, en tant que partenaires, d'insuffler un caractère local à la conférence. Je ne veux pas être l'Occidental qui arrive et qui, de manière arrogante, met en place un programme sans que les autorités nationales et la génération d'idées locales n'aient leur mot à dire.»

Les pays du Golfe accueillant nombre des événements les plus influents du monde, plusieurs personnalités économiques estiment que la route vers l'avenir du commerce et de l'investissement pourrait passer par le Royaume. M. Scaramucci pense-t-il lui aussi que l'avenir des investissements se déplace vers l'est, vers des pays comme les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite?

«Je pense que c'est le cas, mais cela a été ainsi au cours des trois dernières décennies. Il commence maintenant à croître de manière plus exponentielle, car il y a une plus grande ouverture vers la communauté internationale», observe-t-il.

«Ma première visite aux Émirats arabes unis remonte à 2005. Le pays connaissait alors un développement considérable, mais depuis, il a connu une croissance exponentielle. Les 10 ou 15 prochaines années dans cette région, y compris en Arabie saoudite d'ailleurs, seront donc très bonnes.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Climat : face à la grogne de l'industrie, l'Europe révise son marché du carbone

Un piéton passe devant le bâtiment Berlaymont, siège de la Commission européenne, à Bruxelles, le 9 juin 2026. (AFP)
Un piéton passe devant le bâtiment Berlaymont, siège de la Commission européenne, à Bruxelles, le 9 juin 2026. (AFP)
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  • L'UE veut assouplir son marché carbone en prolongeant les quotas gratuits pour les industriels jusqu'en 2038
  • La réforme oppose les partisans de la compétitivité industrielle aux défenseurs d'objectifs climatiques plus stricts

BRUXELLES: Une trajectoire climatique moins exigeante pour les entreprises : la Commission européenne a proposé vendredi d'assouplir sa tarification du carbone, pilier de la politique environnementale de l'UE, au cœur d'une bataille féroce entre Etats, industriels et ONG.

Face à la grogne de l'industrie chimique allemande, de pays d'Europe centrale et de l'Italie, Bruxelles a mis sur la table une série de concessions, soumises aux Vingt-Sept et aux eurodéputés pour une négociation qui devrait durer plusieurs mois.

Dans l'ensemble, l'industrie européenne devrait être autorisée à émettre plus longtemps du CO2 et à un coût moindre que ce qui était prévu jusqu'à présent.

S'ils s'engagent à se décarboner, les industriels pourront notamment bénéficier plus longtemps de quotas carbone gratuits. Leur suppression totale interviendrait en 2038, contre 2034 dans le système actuel.

Et les entreprises auront la possibilité d'acquérir à partir de 2036 des crédits carbone internationaux en finançant des projets de décarbonation en dehors de l'UE qui seraient pris en compte dans la baisse de leurs émissions.

Il y a plus de vingt ans, l'Union européenne a mis en place ce marché des quotas d'émissions carbone (ETS), outil pionnier dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Pour couvrir leurs émissions de CO2, les industries les plus énergivores (sidérurgie, ciment, chimie...) et les producteurs d'électricité doivent acheter des "permis de polluer", selon le principe du pollueur-payeur.

Le prix de la tonne de CO2 varie et s'établit autour de 80 euros actuellement dans l'UE.

Le total des quotas carbone disponibles sur le marché baisse au fil du temps pour inciter les industriels à émettre moins. Et pour les accompagner dans leur transformation, des quotas gratuits sont alloués.

Ils devaient disparaître en 2034, mais la Commission propose de les prolonger tout comme elle veut réduire moins vite que prévu l'ensemble des quotas disponibles sur le marché.

Pour montrer que ses ambitions climatiques demeurent, l'UE a néanmoins présenté vendredi un objectif "indicatif" d'électrification de son énergie. Elle souhaite que l'électricité représente 46% de sa consommation finale d'énergie en 2040, soit deux fois plus qu'actuellement.

- Scandinavie vs Europe centrale -

Depuis plusieurs années, cette part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie de l'Union stagne autour de 23%, car elle coûte nettement plus cher que le gaz et parce que l'Europe peine à se priver des fossiles dans le chauffage des bâtiments et les transports.

Entre la crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient et la canicule historique qui s'est abattue sur l'Europe, les défenseurs de l'environnement poussent pour que l'UE maintienne des ambitions climatiques élevées.

Mais depuis deux ans à Bruxelles, la tendance est plutôt de répondre aux préoccupations des industriels, en souffrance face à la concurrence de la Chine et aux droits de douane des Etats-Unis.

La réforme du carbone était prévue dans les textes, mais elle est devenue un enjeu politique, voire idéologique, entre les partisans d'ETS, comme l'Espagne, la Suède, la Finlande et le Danemark, et ses détracteurs, comme la Pologne, la République tchèque ou l'Italie aux économies plus carbonées.

Entre ces deux camps, la France va être "un Etat pivot dans les négociations", estime Phuc-Vinh Nguyen, expert de l'énergie de l'Institut Jacques-Delors, qui considère que Paris a intérêt à "sauvegarder un ETS fort" pour mettre en avant son électricité nucléaire décarbonée auprès des investisseurs.

Vendredi, la Commission a également poussé  pour que les revenus que perçoivent les Etats membres grâce au marché du carbone soient davantage fléchés vers la décarbonation de l'industrie, ce qui est loin d'être le cas actuellement.

Bruxelles avance par ailleurs prudemment sur l'extension de son marché du carbone à de nouveaux secteurs.

L'exécutif propose d'intégrer "graduellement" le secteur des incinérateurs de déchets à ETS. Avec une possibilité de dérogation jusqu'en 2035 pour les Etats, s'ils remplissent des objectifs de recyclage ou disposent déjà d'une taxe nationale équivalente.

Concernant l'aviation, face à la forte pression des compagnies aériennes et aux réticences de certains Etats, dont la France, la Commission a renoncé à directement intégrer les vols internationaux à son marché du carbone.

A la place, elle plaide pour une solution intermédiaire régionale à partir de 2029, avec l'intégration à ETS de vols internationaux dont le point d'atterrissage se situe à 5.000 kilomètres maximum du décollage en Europe. Un vol depuis Francfort vers Dubaï ou Istanbul serait couvert par ETS, mais Francfort-Tokyo ne le serait pas.

Au milieu de ces négociations, une victime collatérale de ce bras de fer pourrait être "l'ETS 2", c'est-à-dire l'extension prévue du marché du carbone au transport routier et au chauffage des bâtiments.

Très sensible politiquement, la mesure a déjà été repoussée de 2027 à 2028 et risque encore d'être reportée. Voire enterrée.


Andy Burnham, de "roi du Nord" à Premier ministre du Royaume-Uni

Le nouveau député travailliste de Makerfield, Andy Burnham, s'adresse à ses partisans et aux médias au lendemain de sa victoire lors de l'élection partielle, au stade d'Ashton Town FC, à Ashton-in-Makerfield, dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 19 juin 2026. (AFP)
Le nouveau député travailliste de Makerfield, Andy Burnham, s'adresse à ses partisans et aux médias au lendemain de sa victoire lors de l'élection partielle, au stade d'Ashton Town FC, à Ashton-in-Makerfield, dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 19 juin 2026. (AFP)
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  • Andy Burnham devient chef du Labour et futur Premier ministre britannique, succédant à Keir Starmer avec la promesse de réduire les inégalités régionales et le coût de la vie
  • Ancien maire populaire du Grand Manchester, il mise sur un style accessible et une politique de décentralisation, tout en restant prudent sur son programme économique.

LONDRES: Le futur Premier ministre britannique Andy Burnham, devenu populaire en tant que maire de l'agglomération de Manchester, est un habile politicien travailliste dont le style décontracté et accessible contraste avec celui de son prédécesseur Keir Starmer.

Cet homme de 56 ans qui se décrit comme partisan d'un "socialisme pro-entreprises", amateur de football et de rock, prend officiellement vendredi la tête du Labour, parti de centre-gauche majoritaire au Parlement. Il succède au démissionnaire Keir Starmer, et fera son entrée lundi à Downing Street.

Celui qui a fait toute sa carrière dans la politique contrairement à l'ex-avocat Keir Starmer, plus à l'aise que ce dernier dans la communication, accède ainsi au sommet. Il avait tenté deux fois sans succès de briguer la direction du Parti travailliste - en 2010, face à Ed Miliband, puis en 2015, face au très à gauche Jeremy Corbyn.

Il est revenu au Parlement de Westminster après avoir remporté haut la main, devant le parti anti-immigration Reform UK, une législative partielle le 18 juin à Makerfield, près de Manchester.

"C'est la dernière chance pour changer" le Labour, avait-il proclamé à l'annonce de sa victoire. Devant ses soutiens rassemblés sur un terrain de foot, ce supporter d'Everton, club de Liverpool, s'est engagé à "tracer une nouvelle voie" pour le pays, promettant "l'équité pour les régions" que le pouvoir central à Londres a "négligées".

Andy Burnham, qui revendique fièrement ses racines nordistes et populaires, a conquis en 2017 la mairie du Grand Manchester, agglomération de près de 3 millions d'habitants où il s'est fait réélire deux fois.

- Tee-shirt noir -

Lui-même est un enfant de cette région au passé industriel: il a grandi dans une petite ville à mi-chemin entre Liverpool, où il est né, et Manchester.

Dans cette cité qui connaît un renouveau économique, sa principale réussite est d'avoir amélioré les transports, en reprenant sous contrôle public le système de bus pour l'intégrer dans un réseau avec trams et trains, à des tarifs abordables.

C'est pendant la pandémie de Covid-19 qu'il gagne son surnom de "roi du Nord", pour son combat face au Premier ministre conservateur Boris Johnson à propos du soutien financier à apporter aux entreprises et employés de cette région.

Cet homme brun à lunettes et au style vestimentaire volontiers informel, qui s'est fait tatouer sur le bras une abeille ouvrière -symbole de la ville de Manchester-, a déjà fait l'objet de railleries de la cheffe des Tories Kemi Badenoch, qui ne voit en lui qu'"une paire de cils et un tee-shirt noir".

"C'est bleu foncé, en fait", a répondu l'intéressé dans un battement de paupières, dans une vidéo publiée fin juin sur les réseaux sociaux, dont il est un grand utilisateur.

Pour le journaliste Joshi Herrmann, fondateur du média en ligne Mill Media, basé à Manchester, Andy Burnham "parvient à se présenter comme un type normal à une époque où beaucoup d'hommes politiques donnent l'impression d'être très bizarres ou très ennuyeux".

- "Madchester" -

Né le 7 janvier 1970, Andy Burnham est le fils d'un technicien des télécommunications et d'une réceptionniste médicale.

Il entre au Labour adolescent et étudie la littérature anglaise à Cambridge, où il dit avoir souffert du "syndrôme de l'imposteur" en raison de ses origines sociales.

Pendant sa jeunesse, il apprécie la bouillonnante scène musicale et culturelle de Manchester des années 1980-90, "Madchester", et classe aujourd'hui encore Oasis parmi ses groupes préférés.

Elu député en 2001, il devient secrétaire en chef au Trésor dans le gouvernement de Gordon Brown, puis ministre de la Culture et des Sports (2008-2009), et ministre de la Santé (2009-2010).

Il est marié depuis 2000 avec Marie-France van Heel, femme d'affaires d'origine néerlandaise rencontrée à l'université et avec qui il a eu trois enfants.

S'il a annoncé vouloir mener une politique de décentralisation et promis d'oeuvrer pour réduire le coût de la vie, il est pour l'instant resté vague sur son programme. Ses détracteurs l'accusent d'être un caméléon politique s'adaptant à l'air du temps.

En janvier, il énonçait "les quatre cavaliers de l'apocalypse britannique: dérégulation, privatisation, austérité et Brexit". Face à des marchés inquiets, il s'est toutefois engagé à tenir les objectifs d'équilibre budgétaire fixés par l'actuel gouvernement.


Nouvelle nuit de bombardements en Iran, les alliés des Etats-Unis encore visés

Les dernières frappes marquent la sixième nuit consécutive d'attaques américaines. (PHOTO D'ARCHIVES/AFP)
Les dernières frappes marquent la sixième nuit consécutive d'attaques américaines. (PHOTO D'ARCHIVES/AFP)
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  • Les États-Unis poursuivent leurs frappes en Iran ; Téhéran dénonce des pertes civiles et menace de riposter contre les intérêts américains dans la région
  • Les tensions s'étendent au Moyen-Orient malgré les appels internationaux à reprendre les négociations

TEHERAN: Les Etats-Unis ont bombardé l'Iran pour la sixième nuit consécutive vendredi, Téhéran les accusant d'avoir visé des cibles civiles, tandis que plusieurs pays alliés de Washington au Moyen-Orient ont fait état d'attaques les ciblant.

L'armée américaine a affirmé, sur X, avoir attaqué dans la nuit de jeudi à vendredi "des dizaines de cibles militaires iraniennes comme des sites de surveillance côtière et de défense aérienne, des infrastructures logistiques militaires et des installations maritimes". L'Iran, de son côté, a rapporté des bombardements sur des ponts, un port, un aéroport et une gare.

Téhéran a affirmé vendredi matin que les frappes américaines sur son territoire depuis le 22 juin avaient fait 38 morts et plus de 400 blessés, selon un bilan du ministère de la Santé.

"Si les Américains frappent les infrastructures de la République islamique, alors toutes les infrastructures de la région deviendront des cibles légitimes pour l'Iran", a menacé un porte-parole de l'armée iranienne, cité par la télévision d'Etat.

Les forces armées de Jordanie, du Koweït et du Qatar ont annoncé avoir fait face vendredi à l'aube à des attaques aériennes, et les sirènes d'alerte ont été déclenchées à deux reprises à Bahreïn.

Un porte-parole de l'armée iranienne, cité par la télévision d'Etat, a affirmé que la République islamique avait visé des sites militaires américains au Koweït à l'aide de drones explosifs.

De leur côté, les Gardiens de la Révolution iraniens ont assuré avoir attaqué en Syrie un "centre de commandement des opérations spéciales de l'ennemi" dans la région d'Al-Tanf, frontalière de l'Irak, ainsi que des radars américains à Oman. Ces deux pays n'ont pas confirmé de telles frappes dans l'immédiat.

Les médias d'Etat iraniens ont fait état dans la nuit de nombreuses explosions dans différents secteurs du sud du pays.

"Les attaques se poursuivent et elles sont si violentes que j'en ai les mains qui tremblent", a raconté à l'AFP Hani, un professeur iranien de 34 ans habitant la ville d'Ahvaz (sud-ouest).

Selon la télévision d'Etat iranienne, les forces américaines ont bombardé deux ponts dans la région de Bandar Khamir, faisant sept morts, ainsi qu'une gare à Bandar Abbas et l'aéroport d'Iranshahr. La tour de contrôle du port de Chabahar a été "complètement détruite" selon l'agence Irna.

- Bouchehr frappée -

Bouchehr, ville portuaire située sur la côte sud-ouest où se trouve la seule centrale nucléaire du pays, a été frappée pour la deuxième fois en quelques heures, selon le gouverneur de la ville, cité par Irna.

Le président Donald Trump avait menacé dans la semaine de frapper les ponts et les centrales électriques du pays si les Iraniens ne revenaient pas à la table des négociations.

Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril, minant les efforts diplomatiques pour mettre un terme durable au conflit.

Déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains, il a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et n'en finit pas d'ébranler l'économie mondiale.

Les ministres des Affaires étrangères de la Chine et du Pakistan, ce dernier pays étant médiateur des discussions, ont appelé vendredi les belligérants à reprendre les négociations dans le cadre du protocole d'accord signé mi-juin, qui a volé en éclats.

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait auparavant prévenu qu'un accord "n'a de sens que lorsque ses clauses sont valides et appliquées".

Islamabad a aussi appelé à un "retour à la normale dans le détroit d'Ormuz", de nouveau verrouillé par l'Iran le week-end dernier. En réponse, les Etats-Unis ont rétabli leur blocus des ports iraniens.

Donald Trump "reste toujours ouvert à la diplomatie dans le même temps", a déclaré jeudi la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt. Selon elle, les Iraniens "ont fait savoir au président qu'ils veulent toujours conclure un accord. Nous leur parlons, mais, encore une fois, le président ne va pas les laisser tirer sur des navires dans le détroit sans conséquences".

Dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié (GNL) mondiaux, le trafic s'est raréfié.

Les cours du pétrole restent relativement stables malgré la situation, avec un baril de Brent autour de 85 dollars vendredi.