Yémen: Avancée majeure dans les efforts de l'ONU pour sauver le pétrolier Safer

Selon l'ONU, le Safer contient quatre fois la quantité de pétrole de l'Exxon Valdez, le pétrolier qui a provoqué en 1989 l'une des plus grandes catastrophes environnementales de l'histoire des Etats-Unis (Photo, AFP).
Selon l'ONU, le Safer contient quatre fois la quantité de pétrole de l'Exxon Valdez, le pétrolier qui a provoqué en 1989 l'une des plus grandes catastrophes environnementales de l'histoire des Etats-Unis (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 10 mars 2023

Yémen: Avancée majeure dans les efforts de l'ONU pour sauver le pétrolier Safer

  • Vieux d'environ 45 ans, le pétrolier, qui sert de terminal flottant de stockage et de déchargement, n'a pas été entretenu depuis 2015
  • Le nouveau superpétrolier pourrait commencer les opérations de pompage dès mai

NEW YORK: L'ONU a annoncé jeudi qu'elle avait signé un accord avec la compagnie maritime belge Euronav pour l'achat d'un superpétrolier qu'elle utilisera dans son opération de sauvetage pour retirer plus d'un million de barils de pétrole du Safer, un pétrolier de stockage abandonné et amarré dans la mer Rouge au large des côtes yéménites, afin d’éviter une catastrophe environnementale de grande ampleur.

Âgé de 47 ans, le Safer a été peu ou pas entretenu depuis le début de la guerre au Yémen en 2015 et s'est détérioré au point que les experts estiment qu'il risque de provoquer une fuite, d'exploser ou de prendre feu.

Il contient environ 48 millions de gallons de pétrole, et les Nations unies ont averti qu'une marée noire pourrait être quatre fois plus importante que la catastrophe de l'Exxon Valdez en 1989 au large des côtes de l'Alaska, la pire catastrophe environnementale causée par une marée noire, à ce jour.

Achim Steiner, administrateur du Programme des Nations unies pour le développement, a déclaré à Arab News que le navire acheté par l'ONU avait coûté «la somme significative de 55 millions de dollars» (1 dollar américain = 0,95 euro), après que l'agence a cherché en vain un navire qui peut être donné ou loué.

«Le marché est manifestement si dynamique qu'en fin de compte, nous avons dû conclure que la seule façon d'avancer plutôt que d'attendre la générosité de quelqu'un était de prendre la décision de ne pas simplement affréter le navire, mais de l'acheter», a-t-il affirmé.

Les experts estiment qu'une fuite importante du Safer pourrait gravement endommager les écosystèmes de la mer Rouge, desquels dépendent environ 30 millions de personnes, dont 1,6 million de Yéménites, selon les Nations unies. Cette fuite de pétrole dévasterait, par exemple, les pêcheries le long de la côte ouest du Yémen et détruirait les moyens de subsistance des communautés locales, dont beaucoup dépendent déjà de l'aide humanitaire pour survivre en raison de la guerre. En cas d'incendie, plus de 8,4 millions de personnes pourraient être exposées à des polluants toxiques.

Un déversement pourrait également perturber la navigation commerciale sur la mer Rouge, l'une des voies navigables les plus fréquentées au monde, qui représente 10% de l'ensemble du commerce mondial. Il pourrait par ailleurs avoir des répercussions négatives sur les pays riverains tels que l'Arabie saoudite, Djibouti et l'Érythrée.

Steiner a indiqué que le navire acheté par les Nations unies, vieux de 15 ans, est en cale sèche pour un entretien régulier et qu'il naviguera le mois prochain vers le Yémen. Le pompage de pétrole de navire à navire pourrait commencer dès le mois de mai.

Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), qui organise l'opération dans le cadre d'une initiative coordonnée par les Nations unies, a signé un contrat avec la société de sauvetage maritime Smit pour retirer le pétrole en toute sécurité et préparer le Safer en vue de son remorquage vers un chantier de récupération écologique.

L'opération de sauvetage a été divisée en deux phases : le pétrole sera transféré sur le nouveau navire, puis déplacé vers une installation de stockage permanente jusqu'à ce que la situation politique au Yémen permette de le vendre ou de le déplacer ailleurs.

David Gressly, coordinateur résident des Nations unies pour le Yémen, a expliqué à Arab News que le projet initial était de louer un navire de sauvetage, mais qu'aucun fournisseur n'était disposé à s'aventurer dans une région «toujours en proie à la guerre civile, même si la situation s'est considérablement améliorée au cours de l'année dernière. C'est la raison principale. Nous n'avions franchement pas d'autre choix que d'acheter un navire».

Le coût de l'opération de sauvetage est estimé à 129 millions de dollars, dont 75 millions ont été levés à ce jour.

Gressly a lancé un appel urgent aux donateurs pour qu'ils fournissent les fonds restants.

«Nous avons presque tous les éléments en main», a-t-il soutenu. «Aidez-nous à lever le dernier financement et à sauver des centaines de milliers de communautés des dommages que ce navire pourrait finalement nous causer.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.