En Egypte, une équipe féminine de hockey sur gazon explose tous les records

Des joueuses égyptiennes de hockey sur gazon assistent à une séance d'entraînement dans la ville de Zagazig, dans le gouvernorat de Sharqiya, au nord-est du Caire, le 6 mars 2023.  (Photo de Khaled DESOUKI / AFP)
Des joueuses égyptiennes de hockey sur gazon assistent à une séance d'entraînement dans la ville de Zagazig, dans le gouvernorat de Sharqiya, au nord-est du Caire, le 6 mars 2023. (Photo de Khaled DESOUKI / AFP)
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Publié le Mardi 21 mars 2023

En Egypte, une équipe féminine de hockey sur gazon explose tous les records

  • En Egypte, «quand on parle hockey, on pense à Charqiya», à une centaine de kilomètres du Caire au coeur du delta du Nil, affirme fièrement l'attaquante de 24 ans
  • Forte de son sacre continental en 2019, l'équipe féminine du Charqiya Club attire désormais les regards

ZAGAZIG: Donia Shaarawy et son équipe dominent le championnat national de hockey sur gazon depuis Charqiya, un gouvernorat rural du nord de l'Egypte qui s'est pris de passion pour ce sport il y a des décennies. La jeune femme rêve désormais d'endosser le maillot d'un club européen.

En Egypte, "quand on parle hockey, on pense à Charqiya", à une centaine de kilomètres du Caire au coeur du delta du Nil, affirme fièrement à l'AFP l'attaquante de 24 ans.

Le Charqiya Club de hockey a été créé dans les années 1960, d'abord réservé aux hommes. Mais pour Ibrahim al-Bagouri, membre du conseil d'administration du club, le jeu est bien plus vieux et date de l'époque pharaonique: ce sport était selon lui "joué à Tell Basta et Tell al-Amarna et connu des anciens Égyptiens sous le nom d'al-hawksha".

Plus de 7.000 ans plus tard, en 1995, le Charqiya Club créait son équipe féminine de hockey. En 28 ans d'existence, elle a remporté 25 fois le championnat national et même décroché en 2019 le titre de championne de la Coupe d'Afrique des clubs.

"Mais aucune fille n'est passée professionnelle jusqu'ici", regrette Donia Shaarawy, tenue de sport assortie à un foulard noir, à la sortie de son entraînement.

Elle qui admire l'excellence des clubs belges et italiens espère devenir "la première Egyptienne" à rejoindre un club européen.

Le hockey ou la famille?

Forte de son sacre continental en 2019, l'équipe féminine du Charqiya Club attire désormais les regards.

Son entraîneur, Moustafa Khalil, dit à l'AFP avoir reçu des offres de clubs français et italiens pour quatre de ses joueuses.

Mais l'une d'elles a refusé d'arrêter ses études et les trois autres, poursuit-il, ont rejeté ces offres parce que, mariées avec enfants, elles ont dit ne pas pouvoir s'installer à l'étranger.

La société égyptienne, conservatrice et patriarcale, se dresse entre les sportives et leurs rêves d'Europe, confie l'entraîneur, qui concède qu'il est encore tabou de "laisser les femmes voyager seules".

Soumaya Abdel Aziz, directrice de la division féminine du club de Charqiya, veut croire que les mentalités ont changé dans un pays où les femmes se disent toujours lourdement discriminées.

"De nos jours, ce n'est plus un problème pour une femme de voyager seule ou de dormir en dehors du domicile familial", veut-elle croire.

Donia Shaarawy, elle aussi, se dit prête: "Si on me demande de choisir entre le mariage et le hockey, ça sera le hockey."

Nahla Ahmed, 28 ans et capitaine de l'équipe, "mère d'une petite fille et mariée à un joueur de hockey", estime de son côté que le mariage et la maternité n'empêchent pas de mener une carrière sportive.

"Je veux être la meilleure d'Afrique", ambitionne même celle qui a déjà été sacrée meilleure joueuse de première ligue et qui manie la crosse depuis l'enfance.

«Ce sport coûte cher»

Pendant l'entraînement sur pelouse synthétique, les cris des joueuses se mêlent aux entrechoquements des crosses en bois qu'elles utilisent pour se passer la balle vers les buts adverses.

Devant la cage, Nada Mostafa, étudiante, pare les attaques si efficacement qu'elle a rejoint la sélection nationale.

"J'ai choisi d'être gardienne car tu as l'impression d'être le roi du monde, on dit même que la gardienne est la moitié de l'équipe", dit-elle à l'AFP, casque de protection sous le bras.

L'équipement de gardien - un plastron, des jambières rembourrés de mousse et un casque renforcé d'une grille en métal - coûte 65.000 livres égyptiennes, soit un peu moins de 2.000 euros, auxquels s'ajoutent 110 euros pour la crosse, explique leur coach, Moustafa Khalil.

"Ce sport coûte cher et le manque de couverture médiatique retarde l'arrivée de sponsors", se lamente celui qui n'a obtenu des fonds qu'une seule fois.

C'était en 2019, une entreprise égyptienne avait financé son équipe pendant la Coupe d'Afrique des clubs champions, qui se tenait cette année-là en Egypte. Malgré leur sacre, le sponsor s'est retiré aussitôt après.

"Nous dépensons entre 150.000 et 180.000 euros par an", affirme à l'AFP Hamdi Marzouk, le patron du Charqiya Club, qui, souligne-t-il, a remporté "plus de 150 championnats" toutes catégories confondues.

Normal à Charqiya. Car ici, souligne Ibrahim al-Bagouri, "tout le monde possède une crosse de hockey, c'est comme le football pour les Brésiliens".


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
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  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.


L'Égypte condamne les attaques iraniennes contre la Jordanie, Bahreïn et le Koweït

La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
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  • L'Egypte met en garde contre les attaques qui menacent la stabilité régionale et réaffirme son soutien aux Etats arabes du Golfe
  • Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe

DUBAI : L'Egypte a condamné mercredi les attaques iraniennes visant la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, les décrivant comme une escalade dangereuse et une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des trois pays.

Le Koweït, Bahreïn et la Jordanie ont signalé des interceptions de drones, des sirènes de raids aériens et des tirs de missiles dans le cadre des attaques iraniennes contre des cibles liées aux États-Unis dans la région.

Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe et a affirmé son soutien aux mesures visant à protéger leur sécurité, leur stabilité et leurs biens nationaux.

Le ministère a déclaré que les attentats menaçaient la sécurité et la stabilité de l'ensemble de la région, soulignant que la sécurité des États arabes faisait "partie intégrante" de la sécurité nationale égyptienne et arabe.

L'Égypte a également réitéré son rejet de toute action qui porte atteinte à la souveraineté des États ou menace l'intégrité territoriale, tout en appelant à la désescalade et au respect du droit international afin de préserver la stabilité régionale.


Gaza: les discussions du Caire butent sur la question clef du désarmement

Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
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  • Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs"
  • Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté

LE CAIRE: Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes.

"Les consultations se poursuivent [...] dans un contexte de divergences nettes de vision [...] la question des armes restant le seul point de discorde", a déclaré à l'AFP une source politique palestinienne au fait des pourparlers.

Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs", soit l'Egypte, le Qatar et la Turquie.

Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté.

Validé par l'ONU, le plan de paix par étapes du président américain Donald Trump en vue de mettre fin à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas sur Israël, n'entrevoit au contraire qu'à très long terme la possibilité d'un retrait total des troupes israéliennes, qui contrôlent aujourd'hui environ 60% de ce territoire.

Et Israël continue d'exiger un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route fixée par M. Trump.

Plus tôt mardi, plusieurs sources palestiniennes impliquées dans les discussions avaient fait état d'un accord entre les différents mouvements pour que les groupes militarisés de la bande de Gaza remettent une partie de leurs armes à une instance palestinienne ad hoc, restant à créer.

Une telle proposition n'ayant a priori aucune chance d'être acceptée par Israël, "l'Egypte et les médiateurs travaillent à élaborer une nouvelle formule acceptable tenant compte de ce consensus", avait indiqué un des participants.

Parmi les mouvements présents au Caire figurent le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) parmi les plus importants, mais pas le Fatah, la formation du président palestinien Mahmoud Abbas.

Les discussions du Caire se tiennent alors que les frappes israéliennes - visant, selon Israël, des membres de groupes armés - se poursuivent à un rythme quasi-quotidien en dépit du cessez-le-feu annoncé en octobre 2025.

Les parties se renvoient mutuellement la responsabilité de la situation, le Hamas accusant Israël de ne pas respecter ses engagements, notamment humanitaires.

Les pourparlers entre le Hamas et les médiateurs doivent reprendre mercredi, selon un dirigeant du mouvement islamiste.

Le Hamas a déjà plusieurs fois déclaré ne pas être opposé à rendre une partie de son arsenal, mais uniquement dans le cadre d'un processus politique palestinien.

Son ancien numéro un, Khaled Mechaal, a aussi évoqué un "gel" ou un "stockage" des armes, ce qui avait été immédiatement rejeté par Israël.