La visite en France du roi Charles III reportée in extremis en raison des violences

Charles III devait honorer en France sa première visite à l'étranger depuis son accession au trône. (AFP).
Charles III devait honorer en France sa première visite à l'étranger depuis son accession au trône. (AFP).
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Publié le Vendredi 24 mars 2023

La visite en France du roi Charles III reportée in extremis en raison des violences

  • Le roi Charles III aurait dû se rendre en France de dimanche à mercredi, mais l'Elysée a annoncé son report dans la matinée
  • « Nous ne serions pas sérieux (...) à proposer à sa majesté le roi et à la reine consort de venir faire une visite d'Etat au milieu des manifestations», a expliqué le président français Emmanuel Macron depuis Bruxelles

PARIS: La visite en grande pompe du couple royal britannique en France a été reportée in extremis, victime collatérale des manifestations et violences qui secouent le pays après l'adoption d'une réforme controversée sur le recul de l'âge de la retraite.

Le roi Charles III aurait dû se rendre en France de dimanche à mercredi, mais l'Elysée a annoncé son report dans la matinée.

"Nous ne serions pas sérieux (...) à proposer à sa majesté le roi et à la reine consort de venir faire une visite d'Etat au milieu des manifestations", a expliqué le président français Emmanuel Macron depuis Bruxelles.

"Nous avons proposé qu'au début de l'été, en fonction de nos agendas respectifs, nous puissions ensemble caler une nouvelle visite d'Etat" du monarque britannique, a-t-il expliqué.

"Leurs majestés se réjouissent de l'opportunité de se rendre en France dès que des dates pourront être trouvées", a précisé Buckingham Palace.

Alors que la journée de mobilisation de jeudi contre la réforme, qui prévoit notamment le recul de l'âge de la retraite de 62 à 64 ans, a été émaillée de nombreux heurts, M. Macron a affirmé, toujours à Bruxelles, que l'exécutif "ne cèderait rien à la violence".

"Face aux violences, que je distingue des manifestations, nous continuerons à avoir la plus grande fermeté", a-t-il souligné.

"Pour le reste, nous continuons d'avancer, le pays le mérite", a-t-il dit, ajoutant: la France "ne peut pas être à l'arrêt. Nous avons des tas de défis".

'Calmer le jeu'

M. Macron s'est montré inflexible quant à la réforme des retraites, soulignant qu'elle devait poursuivre son parcours jusqu'à une décision du Conseil constitutionnel.

Il s'est dit en revanche "à disposition" de l'intersyndicale pour avancer sur les conditions de travail ou de rémunération des salariés.

Le secrétaire général du syndicat modéré CFDT Laurent Berger avait proposé quelques heures plus tôt vendredi que le gouvernement mette "sur pause" la réforme et ouvre une négociation plus globale avec les syndicats.

"Tout le monde est inquiet ce matin parce qu'il y a eu des violences qui sont inacceptables (...), il faut calmer le jeu maintenant, avant qu'il y ait un drame", avait plaidé le dirigeant syndical.

Au total, 3,5 millions de personnes ont manifesté dans plus de 300 villes de France jeudi, selon le syndicat CGT, et 1,08 million selon le ministère de l'Intérieur, pour la 9e journée de mobilisation nationale.

Au cours de cette journée marquée par les violences les plus graves depuis le début du mouvement en janvier, plus de 450 personnes ont été interpellées et "441 policiers et gendarmes" blessés, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Il a dénoncé la violence de "casseurs souvent venus de l'extrême gauche".

Porte de la mairie de Bordeaux (sud-ouest) incendiée, "scènes de chaos" dénoncées par la maire de Rennes (ouest), canons à eau à Lille (nord) et Toulouse (sud-ouest), manifestante avec un pouce arraché à Rouen (nord-ouest), commissariat pris pour cible à Lorient (ouest): les violences sont montées d'un cran presque partout.

Nouvelle mobilisation mardi

A Paris, des heurts ont éclaté en tête de la manifestation avec leur lot de vitrines brisées et de mobilier urbain détruit, et des incidents se sont poursuivis en soirée dans le sillage de cortèges dits "sauvages". A rebours d'un défilé où la grande majorité des manifestants a marché pacifiquement.

Feux de poubelle, sirènes et gyrophares ont strié une nuit où des grappes de manifestants ont joué au chat et à la souris avec les forces de l'ordre.

Le recours au 49.3, article de la Constitution française dégainé par le gouvernement pour faire passer en force à l'Assemblée sa réforme des retraites, et l'intervention mercredi du président Emmanuel Macron ont attisé les ardeurs des opposants, selon les détracteurs de la réforme.

Forte de la mobilisation, l'intersyndicale a d'ores et déjà annoncé une nouvelle journée de mobilisation mardi, soulignant la "détermination du monde du travail et de la jeunesse à obtenir le retrait de la réforme".

Les manifestations, grèves et débrayages "sont une réponse" à l'"entêtement incompréhensible" du président, ont affirmé les syndicats, en estimant que "la responsabilité de la situation explosive", avec la multiplication des incidents, incombait au gouvernement.

Le secrétaire national du Parti communiste français Fabien Roussel a appelé à "mettre le pays à l'arrêt", et le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon à "jeter toutes les forces dans la bataille".

Pour la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen, "Emmanuel Macron ne peut plus gouverner seul, il doit désormais en revenir au peuple".

Ironie de la situation, l'Iran, dont le gouvernement use d'une répression terrible, a appelé vendredi la France à éviter la violence et à "écouter" les manifestants.


Rima Hassan convoquée ce vendredi matin à la police judiciaire de Paris

L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
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  • Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP)
  • L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X

PARIS: L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.

Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a ajouté cette source confirmant partiellement une information de TF1.

Les faits pour lesquels l'eurodéputée est convoquée à la BRDP n'ont rien à voir avec ce qu'il s'est passé jeudi, a-t-on insisté.

L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X.

Lors de la fouille de ses effets, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, ndlr), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, en ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a assuré vendredi sur Sud Radio que Rima Hassan n'avait "aucune drogue sur elle", dénonçant des "informations mensongères" utilisées pour la "salir".

Invité de BFMTV, Laurent Nuñez a justifié le signalement à la justice par ses services du post de Rima Hassan qui faisait référence à Kōzō Okamoto, un des auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv (26 morts).

"C'était normal de faire un signalement (...) le tweet de Mme Hassan est grave (...), il n'y a pas d'acharnement", a fait valoir le ministre de l'Intérieur, en affirmant qu'il ne "fallait rien laisser passer".

"L'action politique doit rester dans les limites de l'Etat de droit", a-t-il ajouté.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.

 

 


Hommage de l'IMA à Leïla Shahid

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  • La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026
  • L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct

PARIS: La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026. L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct.

Famille, amis, artistes et compagnons de route s’étaient réunis pour saluer la mémoire de cette figure majeure de la cause palestinienne. Tous avaient évoqué son parcours, son engagement constant en faveur de la Palestine, ainsi que sa curiosité intellectuelle et son attachement profond à la culture.

Plusieurs personnalités avaient pris part à cet hommage, parmi lesquelles Mohamed Berrada, Elias Sanbar, Karim Kattan, Wissam Joubran, Dominique Eddé, Farouk Mardam Bey, Brigitte Curmi et Majed Bamya.