A Amman, un club de comédie veut réapprendre à rire aux Jordaniens

Abdullah Sobeih, 25 ans, diplômé de l'Amman Comedy Club (ACC), se produit sur scène au théâtre Al-Shams à Amman, le 11 mars 2023. (AFP)
Abdullah Sobeih, 25 ans, diplômé de l'Amman Comedy Club (ACC), se produit sur scène au théâtre Al-Shams à Amman, le 11 mars 2023. (AFP)
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Publié le Dimanche 26 mars 2023

A Amman, un club de comédie veut réapprendre à rire aux Jordaniens

  • Âgés de 18 à 40 ans, des avocats, des docteurs mais aussi des étudiants ont ainsi appris à faire de l'impro, du stand-up, des sketchs de comédie ou encore à écrire des satires
  • «Nous avons de grandes ambitions (...) nous voulons faire une tournée dans le monde arabe et au-delà avec des comédiens jordaniens», raconte le comédien

AMMAN: Monter sur scène et raconter des blagues: deux Jordaniens à Amman se sont lancés le défi de réapprendre à rire à leurs compatriotes, englués dans les difficultés économiques quotidiennes.

Depuis qu'ils ont créé l'Amman Comedy Club (ACC) en 2019, Moeen Masoud et Yazan Abou al-Rous ont permis à 140 personnes d'être "formées" au rire lors d'ateliers gratuits durant trois à quatre mois.

Âgés de 18 à 40 ans, des avocats, des docteurs mais aussi des étudiants ont ainsi appris à faire de l'impro, du stand-up, des sketchs de comédie ou encore à écrire des satires.

"La comédie est un message et notre message est de faire rire les gens", assure M. Masoud.

"Si vous venez ici et passez deux heures à rire, en oubliant tous vos problèmes et soucis, cela signifie que j'ai accompli ma mission."

La Jordanie traverse de profondes difficultés économiques, exacerbées par la pandémie de Covid-19. Selon les dernières statistiques officielles, datant de 2021, près de 25% de la population est au chômage, un chiffre qui monte jusqu'à 50% auprès des jeunes.

La dette publique est de 43,1 milliards d'euros, soit 106% du Produit intérieur brut, et le taux de pauvreté s'affiche à 24%, un record.

«Préjugés»

La comédie permet de parler de ces "soucis" d'une autre manière, et sous couvert de blague les critiques sous-jacentes peuvent aider "à grandir et à résoudre les problèmes", souligne M. Abou al-Rous.

Les ateliers se déroulent avec le soutien du gouvernement jordanien et des aides de fondations internationales, comme la Fondation Konrad Adenauer, mais aussi des clubs de comédie étrangers, à l'instar du célèbre The Second City, à Chicago.

"Nous avons de grandes ambitions (...) nous voulons faire une tournée dans le monde arabe et au-delà avec des comédiens jordaniens", raconte M. Masoud.

"Selon les préjugés, les Jordaniens ne rient pas", dit M. Abou al-Rous. "Au ACC, nous voulons contester cette idée et prouver le contraire au monde entier, que nous aimons les blagues et rire."

Parmi les "diplômés" de l'ACC, certains se produisent désormais à travers le pays pour susciter des fous rires, jusque dans les camps de réfugiés syriens, où le club organise des modules de soutien psychologique.

«Energie positive»

Le plus connu d'entre eux s'appelle Abdallah Sobeih. A 25 ans, il réunit des centaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux et a un spectacle hebdomadaire à Amman.

Les ateliers de l'ACC lui ont appris "à choisir des sujets qui touchent la vie des gens, et la manière dont sont construites les histoires drôles."

Sur Instagram, ses blagues "font oublier leurs soucis" à ses 340.000 abonnés, espère-t-il.

"Nous savons que des personnes souffrent (...) Nous essayons de leur apporter un peu de soulagement", dit l'humoriste.

Avec deux autres anciens des ateliers de l'ACC, Kamal Sailos et Youssef Bataineh, il enchaîne les blagues au théâtre d'Al-Shams, devant un parterre de 350 personnes, principalement des jeunes femmes et hommes.

"Notre pays est le seul au monde dont, lorsqu'on tape son nom sur Google, les résultats montrent Michael Jordan", légendaire joueur de basket-ball, lance Youssef Bataineh devant une audience hilare.

A la fin du spectacle, l'étudiant Ahmed a le sourire aux lèvres. "Les gens oublient vraiment l'importance du rire", confie-t-il.

"Ce qu'ils font, c'est donner aux gens l'énergie positive dont ils ont désespérément besoin."


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.