Liban: La tension monte au Parlement, où les députés s’invectivent

Le poste de président est vacant depuis que le mandat de Michel Aoun s'est achevé à la fin du mois d'octobre de l'année dernière (Photo, AFP).
Le poste de président est vacant depuis que le mandat de Michel Aoun s'est achevé à la fin du mois d'octobre de l'année dernière (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 29 mars 2023

Liban: La tension monte au Parlement, où les députés s’invectivent

  • «Si je dévoilais ce qui s'est passé, je contribuerais à créer les troubles dans lesquels certains veulent entraîner le pays, et nous ne voulons pas de cela», a déclaré Gemayel
  • Le Trésor américain a imposé des sanctions à deux citoyens libanais accusés d'être des barons de la drogue

BEYROUTH: Les politiciens libanais ont crié et se sont insultés lors d'une réunion d'une commission parlementaire mixte mardi. Les tensions sont encore montées en raison de l'incapacité à choisir un nouveau président et des inquiétudes croissantes quant à l'impossibilité d'organiser les élections municipales prévues pour le mois de mai.

Le député du mouvement Amal, Ghazi Zeaiter, accusé d'être impliqué dans les événements qui ont conduit à l'explosion massive du port de Beyrouth en août 2020, s'est opposé au député indépendant Melhem Khalaf. Celui-ci organise un sit-in au Parlement depuis plus de deux mois pour protester contre l'incapacité des députés à élire un nouveau président. Zeaiter a été accusé d'avoir publiquement insulté Khalaf lors d’un échange virulent.

Un autre différend concernant les élections municipales, a éclaté entre Sami Gemayel, chef du parti Kataeb, et Ali Hassan Khalil, du mouvement Amal, qui est également accusé d'être impliqué dans l'explosion du port. Le premier a accusé le second d'utiliser des insultes «immorales».

La réunion s’achevant, les disputes se sont poursuivies en marge de celle-ci. La veille, le Premier ministre intérimaire, Najib Mikati, est revenu sur sa décision impopulaire, annoncée la semaine dernière, de retarder d'un mois le début de l'heure d'été «afin de permettre à ceux qui jeûnent pendant le Ramadan de se reposer une heure».

«Ce qui s'est passé durant la session est choquant», a déclaré le député Hadi Abou al-Hassan, membre du bloc du Rassemblement démocratique. «La situation du pays deviendra intenable si nous continuons ainsi.»

Les hommes politiques doivent entendre la voix de la raison et considérer attentivement les meilleurs intérêts du pays et de ses habitants, a-t-il souligné.

D’après Abou al-Hassan, il s’agit maintenant d’«élire un président, former un gouvernement et commencer à mettre en œuvre des réformes, plutôt que de poursuivre ce mélodrame.»

Le poste du président est vacant depuis que le mandat de Michel Aoun s'est achevé à la fin du mois d'octobre de l'année dernière.

Abou al-Hassan a signalé que Walid Joumblat, chef du Parti socialiste progressiste, s'est entretenu avec des membres de plusieurs partis afin de s'assurer que la situation politique volatile reste sous contrôle, mais les tensions sous-jacentes restent élevées.

À l'issue de la réunion parlementaire houleuse, Gemayel a refusé d'entrer dans les détails du différend, mais a indiqué qu'il considérait ce qui s'était passé comme «une dangereuse offense aux valeurs sacrées et que nous ne pouvions pas l'accepter».

Il a averti que si certains responsables persistent dans leur approche actuelle de la gestion des affaires du pays, des problèmes plus graves encore se profilent à l'horizon.

«Si je dévoilais ce qui s'est passé, je contribuerais à créer les troubles dans lesquels certains veulent entraîner le pays, et nous ne voulons pas de cela», a ajouté Gemayel.

Il a appelé le président du Parlement, Nabih Berri, à «s'occuper de ce qui s'est passé» en ajoutant que «s'il ne veut pas s'en occuper, il peut prendre en compte le message reçu et nous discuterons avec nos alliés de la façon dont nous allons procéder à partir d'ici».

Mettant en garde contre les dangers potentiels d'un échec des élections municipales, Gemayel a souligné «la nécessité pour l'État de couvrir le coût» des élections «car le montant requis est de 8 millions de dollars (1 dollar américain = 0,92 euro)».

Le gouvernement libanais a affirmé qu'il n'était pas en mesure de couvrir le coût des élections, selon une source du ministère de l'Intérieur, car «il n'y a pas d'argent ni de personnel pour les organiser».

Le ministère a fixé le coût des élections à 12 millions de dollars. Les donateurs internationaux, dont l'UE, l'Agence américaine pour le développement international et le Programme des Nations unies pour le développement, se sont engagés à verser 3 millions de dollars, ce qui couvrirait les frais de première nécessité tels que l'impression, la papeterie et la logistique. L'État libanais devrait fournir le reste de l'argent pour le personnel électoral, les juges, la sécurité, le transport des urnes et l'électricité, entre autres.

Toute décision de report des élections nécessiterait la convocation d'une session législative. Les blocs parlementaires chrétiens refusent de telles sessions au motif que «le Parlement est actuellement un corps électoral dont le seul but est d'élire un président. Par ailleurs, d'autres forces politiques ne veulent pas être responsables de l'adoption d'une loi qui prolonge le mandat des conseils municipaux actuels».

D’autre part, le Trésor américain a imposé des sanctions aux deux citoyens libanais Hassan Daqqou et Nouh Zeaiter, accusés d'être des barons de la drogue.

Daqqou est un binational libano-syrien de Tufail, une ville située près de la frontière syrienne. Il a été arrêté au Liban en 2021 et reste encore en détention. L'année dernière, le tribunal pénal de Beyrouth l'a condamné à sept ans de travaux forcés pour avoir fabriqué du Captagon et en avoir fait le trafic vers plusieurs autres pays. Le Trésor américain l'accuse, lui et son opération, d'avoir des liens directs avec le Hezbollah.

Zeaiter est quant à lui recherché par l'État libanais pour trafic de stupéfiants. Il s'entourerait de pas moins de 14 gardes armés et se déplacerait dans des véhicules à quatre roues motrices aux vitres teintées. Le Trésor américain l'associe également au Hezbollah.

Il y a quelques jours, l'armée a tendu une embuscade à un convoi à la périphérie de la ville de Harbta, dans lequel se trouvaient des membres de la famille Zeaiter qui étaient recherchés. Au cours de la bataille armée qui a suivi, le fils de Zeaiter, Mahdi, a été blessé et arrêté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: des frappes israéliennes tuent deux personnes dans le sud du Liban

Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
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  • Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël
  • Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie

SAIDA: Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024.

La première frappe a visé une voiture près de Saïda, principale ville de la zone, tuant un homme, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël.

Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie.

Une deuxième frappe a également visé une voiture à Bazourieh près de la ville de Tyr, faisant un mort, selon le ministère.

Dans deux communiqués séparés, l'armée israélienne a affirmé avoir "visé des terroristes du Hezbollah".

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre avec le Hezbollah, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, affirmant viser la formation pro-iranienne qu'Israël accuse de se réarmer.

L'aviation israélienne avait visé lundi "des structures militaires du Hezbollah", dont des tunnels, dans une série de raids sur le sud du pays.

Ces frappes interviennent alors que l'armée libanaise a indiqué début janvier avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la partie du sud située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Zahrani se situe au nord du Litani et Bazourieh au sud du fleuve.

Israël a jugé que les efforts de l'armée libanaise pour désarmer le Hezbollah constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".


Le président syrien « ne participera finalement pas » au Forum de Davos, selon des sources

La participation du président syrien Ahmed Al-Chareh à des réunions diplomatiques et économiques de haut niveau aurait constitué une étape importante, marquant la première participation d'un chef d'État syrien au Forum économique mondial. (AFP)
La participation du président syrien Ahmed Al-Chareh à des réunions diplomatiques et économiques de haut niveau aurait constitué une étape importante, marquant la première participation d'un chef d'État syrien au Forum économique mondial. (AFP)
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  • Les participants souhaitaient entendre Ahmed Al-Chareh, mais comprennent les défis internes auxquels le pays est confronté

DAVOS : Le président syrien Ahmed Al-Chareh a annulé sa participation à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos cette semaine, selon un haut responsable de l’organisation.

Arab News s’est entretenu avec de nombreux participants au Centre des congrès, qui ont exprimé leur déception face à cette décision. La présence du président dans des sessions de haut niveau consacrées à la diplomatie et à l’économie aurait marqué la première participation d’un chef d’État syrien au forum.

Beaucoup espéraient entendre Al-Chareh s’exprimer sur les réformes jugées impressionnantes et sur les opportunités d’investissement en Syrie, tout en comprenant les défis internes auxquels Damas est actuellement confrontée.

« Avec tout ce qui s’est passé ces dernières semaines au Moyen-Orient, on s’attendait à ce qu’Al-Chareh ne puisse probablement pas venir », a confié un participant à Arab News.

Les forces gouvernementales syriennes ont intensifié leurs opérations contre les Forces démocratiques syriennes dans plusieurs gouvernorats — notamment Alep, Raqqa et Hassaké — avec des échanges de tirs fréquents signalés, même lorsque des trêves temporaires sont négociées.

L’an dernier, le ministre syrien des Affaires étrangères récemment nommé, Asaad Al-Shibani, s’était rendu à Davos dans le cadre des efforts du forum visant à réintégrer la Syrie dans les discussions politiques et économiques mondiales après des années d’isolement sous le régime d’Assad.

L’annulation du déplacement d’Al-Chareh à Davos intervient après plusieurs semaines de pressions diplomatiques et militaires. Son gouvernement de transition, arrivé au pouvoir après le renversement de l’ancien dirigeant Bashar al-Assad fin 2024, cherche activement une reconnaissance internationale, obtenant un allègement progressif des sanctions et renforçant son dialogue avec les partenaires occidentaux.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre saoudien des Affaires étrangères et le Premier ministre palestinien évoquent Gaza à Davos

(Photo: SPA)
(Photo: SPA)
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  • Le prince Faisal ben Farhane et Mohammed Mustafa se sont entretenus en marge du Forum économique mondial

LONDRES: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, et le Premier ministre palestinien, Mohammed Mustafa, ont discuté mardi des derniers développements de la situation à Gaza.

La rencontre s’est tenue en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos, en Suisse. Les deux responsables ont également passé en revue les relations bilatérales ainsi que les perspectives de coopération, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Plusieurs responsables saoudiens ont assisté à cet entretien, parmi lesquels l’ambassadeur du Royaume en Suisse, Abdulrahman Al-Dawood, le directeur général du bureau du ministre des Affaires étrangères, Waleed Al-Ismail, ainsi que Mohammed Alyahya, conseiller du ministre des Affaires étrangères.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com