En Somalie, le chef de l'ONU «sonne l'alarme» et demande un soutien international «massif»

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres et le président somalien Hassan Sheikh Mohamud arrivent pour une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Mogadiscio, en Somalie, le 11 avril 2023 (Photo, Reuters).
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres et le président somalien Hassan Sheikh Mohamud arrivent pour une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Mogadiscio, en Somalie, le 11 avril 2023 (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 12 avril 2023

En Somalie, le chef de l'ONU «sonne l'alarme» et demande un soutien international «massif»

  • Antonio Guterres est arrivé mardi matin pour une rapide «visite de solidarité» à l'occasion du mois de ramadan
  • La venue de M. Guterres, qui s'était déjà rendu en Somalie en mars 2017, intervient alors que le pays fait face à une sécheresse désastreuse, la pire en quatre décennies

MOGADISCIO : Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a "sonné l'alarme" et appelé à une mobilisation internationale "massive" en faveur de la Somalie mardi lors d'une visite dans ce pays de la Corne de l'Afrique qui combat la double menace d'une sécheresse historique et d'une insurrection islamiste.

"La combinaison du terrorisme et de la sécheresse, causée en grande partie par le changement climatique, crée les conditions parfaites (d'une crise) et nécessite un soutien massif de la communauté internationale", a-t-il affirmé mardi après-midi depuis la ville de Baidoa (sud-ouest).

Le chef de l'ONU s'est rendu dans un camp de déplacés qui accueille les victimes de la sécheresse dans cette régions parmi les plus durement touchées par la faim, qui est également un bastion des islamistes shebab.

A son arrivée mardi matin dans la capitale Mogadiscio pour cette "visite de solidarité", il a expliqué être venu "sonner l'alarme" sur la situation du pays auprès de la communauté internationale.

Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud a salué cette visite, qui selon lui "témoigne que les Nations unies sont pleinement engagées à soutenir nos plans de construction de l'État et de stabilisation du pays".

La venue de M. Guterres, qui s'était déjà rendu en Somalie en mars 2017, intervient alors que le pays fait face à une sécheresse désastreuse, la pire depuis au moins quatre décennies.

Cinq saisons des pluies avortées consécutives dans certaines parties de la Somalie, ainsi qu'au Kenya et en Ethiopie, ont anéanti bétail et cultures et forcé au moins 1,7 million de personnes à quitter leur foyer en quête d'eau et de nourriture.

Environ la moitié de la population somalienne aura besoin d'aide humanitaire cette année, avec 8,3 millions de personnes touchées par la sécheresse, estime l'ONU.

«Communauté internationale distraite»

Selon une étude publiée en mars par le ministère somalien de la Santé, l'Organisation mondiale de la Santé et l'Unicef, entre 18.100 et 34.200 personnes pourraient mourir des conséquences de la sécheresse durant les six premiers mois de cette année.

L'ONU a lancé un appel pour une aide humanitaire de 2,6 milliards de dollars pour la Somalie, qui n'est financé qu'à hauteur de 15%. "La communauté internationale a été distraite par rapport au drame du peuple somalien", a-t-il déploré.

La Somalie a été frappée en 2011 par une famine qui a causé la mort de 260.000 personnes, dont plus de la moitié d'enfants de moins de six ans. En 2017, une nouvelle catastrophe avait été évitée grâce à la mobilisation rapide de la communauté internationale.

"Bien que les Somaliens ne contribuent pratiquement pas au changement climatique (...) ils sont parmi les plus grandes victimes", a souligné M. Guterres.

Le chef de l'ONU et le président somalien ont également "discuté des efforts précieux du gouvernement pour lutter contre le terrorisme et faire progresser la paix et la sécurité pour tous", a-t-il souligné.

Opérations militaires 

Revenu au pouvoir en mai 2022, Hassan Cheikh Mohamoud a déclaré une "guerre totale" aux shebab, groupe affilié à Al-Qaïda qui mène depuis 2007 une insurrection sanglante contre le gouvernement soutenu par la communauté internationale.

Le président somalien a envoyé en septembre des troupes pour soutenir des milices claniques locales qui s'étaient soulevées contre eux dans le centre du pays.

Ces derniers mois, l'armée et ces milices connues sous le nom de "macawisley" ont repris aux shebab de larges pans de territoire, dans une opération appuyée par la force de l'Union africaine en Somalie (Atmis) et des frappes aériennes américaines.

Le gouvernement a affirmé fin mars que plus de 3.000 combattants shebab avaient été tués depuis le début de l'offensive. Et selon le ministère de l'Information, 70 villes et villages ont été "libérés".

Ces informations sont impossible à vérifier de manière indépendante.

Malgré ces revers, les shebab ont régulièrement mené des attentats meurtriers, soulignant leur capacité à frapper au coeur des villes et des installations militaires somaliennes des cibles civiles, politiques et militaires malgré les avancées du gouvernement.

Dans un rapport au Conseil de sécurité de l'ONU en février, Antonio Guterres avait affirmé que 2022 avait été l'année la plus meurtrière pour les civils en Somalie depuis 2017, en grande partie à cause des attaques des shebab.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.