Alger serre à nouveau la vis contre les médias en ligne

Une centaine de journalistes, d'avocats, de militants, d'ex-détenus et de proches du journaliste algérien indépendant Khaled Drareni manifestent devant la Maison de la Presse à Alger pour réclamer sa libération, pour le 4e lundi consécutif (Photo, AFP)
Une centaine de journalistes, d'avocats, de militants, d'ex-détenus et de proches du journaliste algérien indépendant Khaled Drareni manifestent devant la Maison de la Presse à Alger pour réclamer sa libération, pour le 4e lundi consécutif (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 03 décembre 2020

Alger serre à nouveau la vis contre les médias en ligne

  • «C'est une atteinte à la liberté de la presse et à la liberté d'informer»
  • Internet fait l'objet d'un contrôle croissant en Algérie, touchant à la fois les activités des médias en ligne et des internautes critiques à l'égard du pouvoir

TUNIS : Les autorités en Algérie ont bloqué mercredi plusieurs sites d'information, confirmant le verrouillage du paysage médiatique indépendant, en ligne notamment, et l'offensive contre la liberté de la presse et d'expression.

« Nous dénonçons vigoureusement cette censure arbitraire (...) dont nous ignorons le prétexte. Le journal n'en a jamais été informé », a réagi dans un communiqué l'équipe de Twala, nouveau-né du paysage médiatique algérien.

« C'est une atteinte à la liberté de la presse et à la liberté d'informer », a-t-elle déploré. « Twala.info reste accessible grâce à la technologie VPN ».

La même mesure a été prise à l'encontre du site Casbah Tribune, qui l'a annoncée via sa page Facebook.

De nombreux sites d'information ont été censurés par les autorités en 2020, à l'instar de Radio M, Maghreb Emergent, Interlignes, L'Avant-Garde et TSA (Tout sur l'Algérie). 

Maghreb Emergent et Radio M ont annoncé mercredi être de nouveau complètement inaccessibles, après avoir été partiellement débloqués début octobre.

Sans explication

D'autres médias font l'objet de la même censure, tels les sites arabophones Tariq News et Ultra Sawt, a précisé Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme. « Encore une attaque contre la liberté de la presse ».

Reporters sans frontières (RSF), qui dénonce régulièrement les menaces contre la liberté de la presse en Algérie, a condamné « vigoureusement la censure de médias libres et indépendants ».

Le ministère de la Communication n'a donné aucune explication.

Ces blocages surviennent au moment où les Algériens s'interrogent sur la longue absence de leur président, Abdelmadjid Tebboune, censé revenir « dans les tout prochains jours » après avoir été soigné du coronavirus en Allemagne.   

Lancé le 15 octobre, Twala est un média bilingue (français et arabe) proposant un suivi de l'actualité nationale en bref et du long format avec reportages, enquêtes, analyses et podcasts.

Casbah Tribune, publiant également dans les deux langues, est un site d'actualités nationales fondé en 2017 par le journaliste Khaled Drareni, actuellement derrière les barreaux. Ce dernier a été condamné en septembre à deux ans de prison ferme pour « incitation à attroupement non armé » et « atteinte à l'unité nationale ».

Mainmise

Internet fait l'objet d'un contrôle croissant en Algérie, touchant à la fois les activités des médias en ligne et des internautes critiques à l'égard du pouvoir, et mobilisant tout un arsenal juridique. 

Ainsi, une réforme du Code pénal adoptée en avril 2020 visant à criminaliser la diffusion de fausses nouvelles a été dénoncée comme une grave menace à la liberté d'expression et de presse par plusieurs organisations de défense des droits humains. 

En octobre, le gouvernement a adopté un projet de décret destiné à mieux « encadrer les activités des médias en ligne ». Il y est notamment prévu que les sites électroniques soient « exclusivement » hébergés en Algérie.

« Toutes les ressources (matérielles, logicielles, humaines, création, exploitation) nécessaires à l'hébergement d'un site devront être également en Algérie », d'après l'agence officielle APS.

Ce décret exécutif n'a toutefois pas encore été publié au Journal officiel. 

Selon le ministre de la Communication Ammar Belhimer, un ancien journaliste et docteur en droit, « le fait de contraindre les sites électroniques à la domiciliation sous le domaine (.dz) en tant que condition pour l'accès à la publicité est un facteur permettant de les protéger des piratages et des attaques étrangères ».

Mais ce tour de vis sur internet s'inscrit dans un contexte de répression ciblant quotidiennement des militants des droits humains, des opposants, des journalistes et des blogueurs critiques à l'égard du régime.

Près de 90 personnes sont actuellement emprisonnées en Algérie pour des faits liés aux libertés individuelles. Des charges basées pour beaucoup sur leurs publications sur Facebook, d'après le Comité national de libération des détenus.

L'Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF, un recul de cinq places par rapport à 2019 et de 27 places par rapport à 2015.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.