Turquie: Vers un référendum pour ou contre Erdogan le 14 mai

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (Photo, AFP).
Le président turc Recep Tayyip Erdogan (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 30 avril 2023

Turquie: Vers un référendum pour ou contre Erdogan le 14 mai

  • A 69 ans, Recep Tayyip Erdogan, empêché trois jours cette semaine par un virus intestinal, est revenu combatif samedi
  • Face à lui, trois prétendants dont son principal adversaire, Kemal Kiliçdaroglu, 74 ans

ISTANBUL: Pour ou contre Erdogan? L'élection présidentielle du 14 mai a l'allure d'un référendum autour du dirigeant turc, qui affronte pour la première fois une opposition unie après 20 ans de pouvoir.

A 69 ans, Recep Tayyip Erdogan, empêché trois jours cette semaine par un virus intestinal, est revenu combatif samedi, décidé à se maintenir cinq ans de plus à la tête de son pays de 85 millions d'habitants, qu'il a transformé profondément.

Face à lui, trois prétendants dont son principal adversaire, Kemal Kiliçdaroglu, 74 ans, candidat d'une alliance de six partis d'opposition allant de la droite nationaliste à la gauche démocrate, dominée par le CHP (social-démocrate) fondé par le père de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk.

"Kemal", comme il se présente sur ses affiches, a reçu vendredi le soutien inédit du parti prokurde HDP, troisième force politique du pays, qui a appelé à voter pour lui.

Entre l'AKP islamo-conservateur de M. Erdogan et le CHP, laïque par essence, de M. Kiliçdaroglu, les 64 millions d'électeurs turcs choisiront entre une pratique de plus en plus autocratique du pouvoir, teintée de religiosité, et la promesse d'un virage démocratique. Ils vont aussi renouveler leur parlement.

Les sondages prédisent une présidentielle serrée, que les deux camps affirment pouvoir remporter au premier tour - faute de quoi un deuxième tour sera organisé le 28 mai.

Dérive autocratique 

M. Kiliçdaroglu a tenté d'éviter deux écueils: l'hostilité des femmes conservatrices, autorisées sous M. Erdogan à porter le foulard à l'université et dans la fonction publique, en proposant de le graver dans la loi. Et son appartenance à l'alévisme, une branche hétérodoxe de l'islam, qu'il a évoquée dans une vidéo devenue virale sur Twitter, déminant les attaques dans une Turquie majoritairement sunnite.

Face à lui, dans un pays dominé depuis deux décennies par le "Reis" et son parti, en proie à une grave crise économique et de confiance - l'inflation a dépassé 85% l'automne dernier -, l'omniprésent Recep Tayyip Erdogan aura fort à faire pour séduire l'électorat, bien qu'il puisse compter sur quelque 30% d'irréductibles partisans.

Les 3,4 millions de Turcs de l'étranger ont commencé à voter jeudi, et 5,2 millions de jeunes s'exprimeront dans les urnes pour la première fois. Eux n'ont connu que M. Erdogan et sa dérive autocratique depuis les grandes manifestations de 2013 dites de Gezi et, surtout, le coup d'Etat raté de 2016.

"C'est par vous que le printemps arrivera", leur a lancé M. Kiliçdaroglu, qui a fait du "coeur avec les doigts" la signature de ses meetings.

Autre inconnue, l'impact du puissant séisme du 6 février, qui a fait plus de 50.000 morts et un nombre inconnu de disparus dans le sud du pays: le gouvernement a été accusé d'avoir tardé à déclencher les secours dans les régions dévastées, dont les habitants sont aujourd'hui dispersés ailleurs ou réfugiés sous des tentes et dans des conteneurs.

Défaite possible 

Cette situation ajoute aux inquiétudes sur la régularité des opérations électorales et "l'état de la démocratie" en Turquie, a prévenu le Conseil de l'Europe, qui y dépêchera 350 observateurs, en plus de ceux désignés par les partis dans les 50.000 bureaux de vote.

L'opposition a pris les devants en mobilisant 300.000 scrutateurs et en doublant le nombre d'avocats formés à surveiller le scrutin, selon le vice-président du CHP chargé de la sécurité des élections, Oguz Kaan Salici.

Malgré l'ampleur du défi, le responsable est confiant: "Nous ne vivons pas dans une république bananière. Le pouvoir va changer de mains comme il a changé de mains en 2002" quand l'AKP est arrivé au pouvoir, assure-t-il.

Un connaisseur de la vie politique locale rappelle que la Turquie est attachée à la démocratie: "Même du temps où les militaires menaient un coup d'Etat tous les 10 ans, ils remettaient leur pouvoir en jeu dans les urnes". Il observe aussi que "pour la première fois, les députés AKP évoquent ouvertement la possibilité d'une défaite".

D'ici là, Recep Tayyip Erdogan, infatigable bretteur, multiplie les meetings et les promesses - hausses des retraites, constructions de logements, factures d'énergie allégées - en ciblant les femmes et les jeunes. Seul un ennui de santé a pu jusqu'à présent ralentir sa course.


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
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  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
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  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.