La mort du chef de Daech renforce le rôle de la Turquie dans la sécurité régionale

Dans cette maison, située au nord de la ville d’Alep, en Syrie, le chef de Daech, Abou Hussein al-Qourachi, a été tué par des agents des services de renseignement turcs (MIT). Lundi 1er mai 2023. (Photo AP)
Dans cette maison, située au nord de la ville d’Alep, en Syrie, le chef de Daech, Abou Hussein al-Qourachi, a été tué par des agents des services de renseignement turcs (MIT). Lundi 1er mai 2023. (Photo AP)
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, déclare que les services de renseignements turcs surveillaient le chef du groupe Daech, Abou Hussein al-Qourachi, «depuis longtemps». (Reuters)
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, déclare que les services de renseignements turcs surveillaient le chef du groupe Daech, Abou Hussein al-Qourachi, «depuis longtemps». (Reuters)
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Publié le Mardi 02 mai 2023

La mort du chef de Daech renforce le rôle de la Turquie dans la sécurité régionale

  • Le président turc a déclaré le 30 avril que des agents des services de renseignement turcs avaient tué Abou Hussein al-Qourachi en Syrie la veille, sans donner aucun autre détail
  • Les forces de sécurité turques ont mené une répression intense contre le groupe dans les mois qui ont précédé les élections du 14 mai dans le pays

ANKARA: L’annonce par Recep Tayyip Erdogan de la mort du chef de Daech la semaine dernière met en évidence le rôle de premier plan que joue la Turquie concernant la sécurité régionale et elle renforce les affirmations du président à faire preuve de sévérité vis-à-vis des terroristes dans les jours précédant les élections, déclarent des analystes. 

Le président turc a déclaré le 30 avril que des agents des services de renseignement turcs (MIT) avaient tué Abou Hussein al-Qourachi en Syrie la veille, sans donner aucun autre détail. Reuters rapporte que, selon des sources locales et de sécurité, il serait mort lors d’un raid dans la ville de Jandaris, dans le nord du pays, qui est contrôlé par des groupes rebelles soutenus par la Turquie. 

M. Erdogan s’engage à «poursuivre notre lutte contre les organisations terroristes». 

L’ancien chef de Daech, Abu Ibrahim al-Qourachi, est mort en février de l’année dernière lors d’un raid américain contre son repaire dans le nord de la Syrie. Son prédécesseur, Abu Bakr al-Baghdadi, a été tué près d’Idlib en octobre 2019 lors d’un autre raid américain. 

Abu Hussein al- Qourachi a été nommé chef de Daech en novembre 2022. 

«Le rythme opérationnel des frappes américaines contre les dirigeants de Daech signifie que nous connaissons à peine l’identité de ces individus. En réalité, nous ne connaissons que leur nom de guerre», déclare Colin P. Clarke, directeur de recherche au groupe Soufan, dans un entretien accordé à Arab News. 

«Les derniers califes de l’État islamique (Daech) n’ont presque laissé aucune trace sur les réseaux sociaux, car ils étaient trop occupés à essayer de rester en vie.» 

De même, les Turcs sont «désormais en mesure de suivre de près ces dirigeants de Daech et d’agir. Ainsi, Daech en Syrie est sous le choc des éliminations ciblées répétées contre ses cadres supérieurs», soutient-il. 

M. Clarke s’attend à ce que ces opérations soient programmées de manière à ce que M. Erdogan puisse en tirer un profit électoral maximal. 

«Il s’est toujours imposé comme figure forte et il s’efforce de créer ce contraste lors de cette élection avec le chef de l’opposition, Kemal Kilicdaroglu», indique-t-il. 

«Le président Erdogan a nourri cette image d’homme fort au cours de son mandat. Vanter les mérites des opérations antiterroristes de haut niveau lui permettra de défendre cette cause.» 

Le MIT a déjà arrêté un collecteur de fonds de Daech, Kasim Guler, également connu sous le nom d’«Abu Usama al-Turki», alors qu’il tentait d’entrer en Turquie en juin 2021 avec des armes et des explosifs. 

Il aurait planifié l'assassinat d'hommes politiques, dont Kemal Kilicdaroglu. 

Les services en question ont également détenu des personnalités de premier plan de Daech qui avaient dirigé plusieurs attentats-suicides en Turquie. 

La Turquie a désigné Daech comme groupe terroriste en 2013. Ce dernier a programmé une série d’opérations depuis, dont un attentat-suicide en octobre 2015 lors d’une marche pour la paix à Ankara qui a tué cent neuf personnes. 

Les forces de sécurité turques ont mené une répression intense contre le groupe dans les mois qui ont précédé les élections du 14 mai dans le pays. Neuf ressortissants étrangers ont été arrêtés lors d’une opération anti-Daech à Ankara la semaine dernière, portant à trente-cinq le nombre total d’arrestations en Turquie depuis le début de l'année. 

Nihat Ali Ozcan, analyste de sécurité au sein du groupe de réflexion Tepav basé à Ankara, affirme que l’opération contre le chef de Daech le mois dernier en Syrie était également un message pour l’Occident. 

«Cela prouve que la Turquie a joué un rôle actif dans la lutte contre tous les groupes terroristes radicaux», précise-t-il à Arab News. 

«La Turquie participe toujours activement à cet effort régional de lutte contre le terrorisme et elle cherche à montrer qu’elle ne cible pas seulement le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), mais aussi Daech», explique M. Ozcan. 

Dans le même temps, les forces turques poursuivent leur opération contre le PKK dans le nord de l’Irak en menant des frappes aériennes contre des repaires. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L’Arabie saoudite accueille une réunion d’urgence de ministres arabes et islamiques sur la sécurité régionale

(Getty Images)
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  • L’Arabie saoudite réunit en urgence à Riyad des ministres arabes et islamiques pour renforcer la coordination en faveur de la sécurité et de la stabilité régionales
  • Cette initiative intervient sur fond d’escalade majeure au Moyen-Orient après des frappes contre l’Iran et des attaques de représailles perturbant la région

RIYAD : L’Arabie saoudite accueille mercredi à Riyad une réunion d’urgence des ministres arabes et islamiques des Affaires étrangères afin d’examiner les moyens de renforcer la sécurité et la stabilité régionales, a annoncé le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Le ministère a indiqué que cette rencontre vise à approfondir la concertation et la coordination entre les États membres pour soutenir au mieux la paix et la stabilité dans la région.

Ces discussions interviennent dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient. À la suite d’une frappe conjointe américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, Téhéran a lancé des vagues successives d’attaques de missiles et de drones visant les États du Golfe, Israël et des intérêts américains dans la région, plongeant le Moyen-Orient dans l’une de ses plus graves crises sécuritaires depuis des années. Des aéroports du Golfe, dont d’importants hubs à Dubaï et Doha, ont été contraints de fermer à plusieurs reprises en raison de ces attaques, perturbant le commerce, les voyages et l’acheminement de fournitures médicales essentielles.

L’annonce fait suite à une série d’appels diplomatiques mardi, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, ayant contacté ses homologues en Syrie, en Algérie, en Irak, en Bosnie-Herzégovine, en Égypte et aux Émirats arabes unis.

La réunion de mercredi constitue un effort collectif arabe et islamique pour contenir les répercussions de la crise et tracer une voie vers une désescalade avant qu’elle ne s’aggrave davantage. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au moins six tués dans des frappes israéliennes au centre de Beyrouth

Des pompiers sur le site d’une frappe aérienne israélienne dans le quartier de Bachoura, au centre de Beyrouth, le 18 mars 2026. Le Liban affirme qu’Israël a frappé sans avertissement, faisant au moins six morts, tandis que l’armée israélienne annonce viser également le sud du pays, après un ordre d’évacuation. (AFP)
Des pompiers sur le site d’une frappe aérienne israélienne dans le quartier de Bachoura, au centre de Beyrouth, le 18 mars 2026. Le Liban affirme qu’Israël a frappé sans avertissement, faisant au moins six morts, tandis que l’armée israélienne annonce viser également le sud du pays, après un ordre d’évacuation. (AFP)
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  • Au moins six tués et 24 blessés dans des frappes israéliennes à Beyrouth, qui ont visé des quartiers centraux densément peuplés, tandis que d’autres bombardements ont touché Tyr après des ordres d’évacuation
  • Les attaques ont provoqué panique et déplacements massifs sur fond d’escalade militaire au Liban

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans le centre de Beyrouth ont fait au moins six morts et 24 blessés mercredi, selon un bilan provisoire des autorités, et Israël a aussi commencé à bombarder la région de Tyr, dans le sud du Liban, après avoir lancé un ordre d'évacuation qui a semé la panique.

Selon des médias libanais, une frappe a visé sans avertissement un appartement situé dans le quartier central de Zoukak el-Blat à Beyrouth, où l'armée israélienne avait déjà attaqué la semaine dernière une succursale de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au groupe chiite pro-iranien Hezbollah.

Toujours selon des médias locaux, une autre frappe a touché le quartier central de Basta, autre zone densément peuplée qu'Israël avait déjà bombardée lors de la guerre qui l'avait opposé au Hezbollah en 2024.

Un correspondant de l'AFP a entendu le bruit de plusieurs explosions dans la nuit. Le ministère libanais de la Santé a fait état d'au moins six morts et 24 blessés. "Des restes humains ont aussi été retrouvés sur les lieux et leur identité sera déterminée après des tests ADN", a-t-il écrit dans un communiqué.

Plus tard, des journalistes de l'AFP ont entendu une explosion et des images de l'AFPTV ont montré de la fumée provenant d'un autre quartier du centre de Beyrouth, Bachoura, visé par un ordre d'évacuation de l'armée israélienne.

L'armée israélienne a également annoncé mercredi avoir "commencé à frapper des cibles terroristes du Hezbollah" dans la région de Tyr, "en riposte à des tirs de roquettes vers l'Etat d'Israël".

Les médias officiels libanais ont rapporté des bombardements contre une maison et un complexe résidentiel vide de la ville.

- Panique à Tyr -

La veille au soir, l'armée d'Israël avait semé la panique dans ce port du sud du Liban inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, en annonçant qu'elle allait "agir avec force" et en ordonnant à la quasi-totalité de la population de la ville d'évacuer.

Des habitants ont alors commencé à fuir précipitamment, au milieu d'embouteillages monstres, a affirmé à l'AFP Bilal Kashmar, coordinateur médias de l'unité de gestion des catastrophes du district de Tyr.

Mercredi, Israël a lancé un avertissement similaire aux habitants de plusieurs villages des environs de Tyr, en prévision d'actions militaires imminentes.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos habitations immédiatement et vous rendre au nord de la rivière Zahrani", a écrit sur Telegram le porte-parole de l'armée israélienne pour le public de langue arabe, Avichay Adraee, en désignant quatre villages près de la ville de Tyr.

De nombreuses familles sont restées dans la région, y compris dans plusieurs camps de réfugiés palestiniens, malgré les précédentes consignes israéliennes d'évacuation de vastes portions de territoires du sud du Liban, a affirmé M. Kashmar.

Environ 11.000 personnes déplacées d'autres parties du sud du pays se sont aussi réfugiées à Tyr et dans les zones alentour menacées, a-t-il ajouté, depuis le début le 2 mars de la guerre entre Israël et le Hezbollah, déclenchée par des tirs du mouvement chiite sur le sol israélien.

Trois soldats de l'armée libanaise, restée à l'écart de la guerre, ont été tués mardi par des frappes israéliennes et quatre autres ont été blessés dans le sud du pays, selon une source militaire.

Condamnant ces attaques, le président libanais, Joseph Aoun, a estimé qu'elles allaient à l'encontre des efforts du pays pour que l'armée, chargée par les autorités de désarmer le Hezbollah, "étende l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire".


La Turquie met en garde contre «une crise migratoire durable» au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
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  • "Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan
  • M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre"

ISTANBUL: La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.

"Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse à Ankara avec son homologue canadienne Anita Anand.

M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre".

"La situation humanitaire au Liban est extrêmement préoccupante et risque de s'aggraver en cas d'offensive terrestre (israélienne)", a abondé à ses côtés la cheffe de la diplomatie canadienne, Anita Anand.