Le candidat à la présidence libanaise Sleiman Frangié s’entretient avec l'ambassadeur saoudien

La rencontre de jeudi était la première depuis que le leader maronite est devenu candidat à la présidence avec le soutien du Hezbollah (Photo, @sleimanfrangieh).
La rencontre de jeudi était la première depuis que le leader maronite est devenu candidat à la présidence avec le soutien du Hezbollah (Photo, @sleimanfrangieh).
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Publié le Vendredi 12 mai 2023

Le candidat à la présidence libanaise Sleiman Frangié s’entretient avec l'ambassadeur saoudien

  • L'ambassadeur saoudien, Walid Boukhari, exhorte les Libanais à «s'aider eux-mêmes» et à regagner la confiance de la communauté internationale
  • Le représentant de l'UE souligne la nécessité de faire avancer le programme de relance économique alors que les divisions politiques internes retardent la recherche d'une solution

BEYROUTH: Le chef du Mouvement Marada et candidat à la présidence soutenu par le Hezbollah, Sleiman Frangié, a déclaré avoir eu une réunion «amicale et tout à fait excellente» avec l'ambassadeur saoudien, Walid Boukhari, à Beyrouth.

La réunion de jeudi était la première depuis que le leader maronite est devenu candidat à la présidence avec le soutien du Hezbollah.

La dernière rencontre entre les deux hommes remonte à novembre 2022, lors de la commémoration du 33e anniversaire de l'accord de Taëf par l'ambassade saoudienne à Beyrouth.

La semaine dernière, Boukhari a rendu visite à des responsables libanais et a rencontré des groupes parlementaires.

«L'Arabie saoudite n'oppose son veto à aucun candidat à la présidence et se félicite de l'accord conclu entre les Libanais pour élire un nouveau président. La chose la plus importante est le programme du président et son mécanisme de travail», a-t-il indiqué.

Après avoir rencontré Boukhari jeudi, le député du groupe islamique Imad al-Hout a déclaré que l'ambassadeur saoudien agissait en tant que médiateur afin de rapprocher les points de vue et ne suggérait aucun nom.

Riyad ne pose aucune condition au Liban, mais essaye de l'aider à mener des réformes, a-t-il précisé.

Selon Al-Hout, l'ambassadeur saoudien a déclaré que «personne n'aidera le Liban et les Libanais s'ils ne s'aident pas eux-mêmes et n'essaient pas de gagner la confiance d’autrui», ajoutant: «En prenant des mesures de réforme, ils pourront alors gagner la confiance de la communauté arabe et internationale. C'est tout ce que veut le Royaume, rien d'autre.»

Boukhari a également rencontré jeudi le bloc parlementaire de la Modération nationale, qui comprend d'anciens membres du bloc du Courant du futur.

Le bloc se présente comme étant à l'écart des «alliances politiques».

Le président du Parlement, Nabih Berri avait cessé de convoquer le Parlement pour élire un président, à cause d'une forte division entre les députés sur les candidats.

Bien que l'ambassadeur saoudien et d'autres envoyés étrangers considèrent que les Libanais sont les seuls responsables de l'organisation des élections présidentielles, la division interne reste la même.

Le représentant de l'UE au Liban, Ralph Tarraf, a souligné la nécessité pour «le Liban de rétablir rapidement sa capacité à prendre des décisions politiques et administratives et à les mettre en œuvre, à savoir élire un nouveau président, former un nouveau gouvernement, parvenir à des accords concernant la nomination d'autres hauts responsables et trouver une solution à la crise économique».

«Les réformes monétaires et fiscales permettraient de mettre à flot les liquidités dont l'économie a tant besoin, d'arrêter le glissement vers une économie informelle et de reconstruire le système bancaire en difficulté», a-t-il ajouté.

Tarraf a signalé : «La mise en œuvre des mesures convenues avec le Fonds monétaire international (FMI) il y a plus d'un an ouvrirait la voie à un programme de relance économique avec l'aide du FMI et de la communauté internationale, notamment l'Europe.»

Il a mentionné que l'UE «est prête à entamer un dialogue constructif sur toutes ces questions, en tenant compte des limites imposées par notre respect de la souveraineté du Liban, et c'est aux Libanais de décider de leur sort ; nous ne pouvons pas imposer de solutions».

Plusieurs députés de l'opposition ont tenu des réunions au Parlement jeudi pour trouver un candidat à la présidence après que le député Michel Moawad a été rejeté par le Hezbollah et ses alliés comme étant un candidat provocateur.

Cependant, les députés de l'opposition et ceux des principaux blocs chrétiens au Parlement estiment que la candidature de Frangié est également provocatrice.

Malgré la tenue de 11 session électorale, dont la plus récente en janvier, le Parlement libanais n'a pas réussi à élire un successeur à l'ancien président Michel Aoun, dont le mandat s'est achevé le 31 octobre 2022.

Selon la Constitution libanaise, le candidat à la présidence doit obtenir les votes de 86 députés sur 128 au premier tour, et celui qui obtient une majorité de seulement 65 voix gagne au second tour lors de la même session. Mais le Parlement n'a pas réussi à atteindre le quorum pour la deuxième session, qui est de 86 députés.

Depuis la dernière session de vote du 11 janvier, Berri s'est abstenu de fixer une nouvelle date pour une session électorale en raison de la division verticale au sein du Parlement, qui, selon lui, nécessite un «dialogue en vue d'un consensus».

Cette proposition a été rejetée par les blocs parlementaires opposés au Hezbollah et à ses alliés, de peur d'imposer le candidat du parti.

Berri a insisté mercredi sur le fait que les élections présidentielles devaient être achevées avant le 15 juin.

«Personne ne peut prédire la direction que prendra le pays dans le cadre de ce vide présidentiel», a-t-il alerté.

Le bureau de presse de Berri l'a cité comme ayant déclaré : «Il est inadmissible que la région arabe parvienne à l'entente et à l'harmonie alors que nous nous chamaillons en interne et que nous perdons notre unité et nos droits.»

Il a souligné que l'accord de Taëf, s'il est mis en œuvre, ouvre la voie à la transition progressive du Liban vers un État civil.

Berri a souligné : «Nous ne pouvons pas nommer un gouverneur pour la Banque du Liban ou la banque centrale sans que le président ait son mot à dire. Il en va de même pour le poste de commandement de l'armée.»

Le mandat du gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, prend fin en juillet.

Le Premier ministre intérimaire, Najib Mikati, a déclaré lundi qu'il n'accepterait pas de prolonger le mandat de Salamé et a rejeté l'idée que le Conseil des ministres puisse nommer un successeur dans le cadre d’un vide présidentiel.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Syrie: deux explosions près de l'hôtel de Damas où Macron a passé la nuit

  • Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste
  • Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas

DAMAS: Une explosion a secoué mardi matin Damas, selon des journalistes de l'AFP, dans un secteur proche de l'hôtel du centre de la capitale syrienne où le président français Emmanuel Macron a passé la nuit.

Des témoins ont vu de la fumée s'élevant du quartier, alors que le dirigeant avait quitté l'hôtel Four Seasons et était arrivé au palais présidentiel pour un entretien avec son homologue Ahmad al-Chareh.

Des ambulances, sirènes hurlantes, se sont dirigées vers les lieux alors que les forces de sécurité ont bloqué plusieurs issues menant au secteur.

Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste.

Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas.

Lundi soir, Emmanuel Macron avait dîné avec le président syrien dans un restaurant du centre de Damas avant de se rendre avec lui à la célèbre mosquée des Omeyyades au cœur de la ville.


Israël: le Parlement adopte en première lecture la création d'une commission d'enquête sur le 7-Octobre défendue par Netanyahu

Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
  • "Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi
  • Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention

JERUSALEM: Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Le vote a été boycotté par l'opposition qui estime que la commission proposée sera à la botte du gouvernement.

"Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi.

Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention.

Telle que définie par cette loi, les six membres de la commission seraient nommés par la Knesset, à la majorité des deux tiers. En l'absence d'un consensus, trois membres seraient désignés par la coalition au pouvoir et trois par l'opposition.

D'anciens otages, enlevés par le Hamas lors du 7-Octobre, ou des membres de familles endeuillées auraient un rôle d'observateurs, tandis que les délibérations de la commission seraient diffusées et accessibles au grand public.

Ariel Kallner, parlementaire à l'initiative de la loi, a défendu la composition bipartisane de la commission.

"Seule une commission formée de façon égalitaire nous permettra de découvrir la vérité et de préserver la confiance de l'opinion publique. Cette commission pourra enquêter sur n'importe quelle entité qui a profondément influencé la politique sécuritaire d'Israël", a-t-il déclaré dans un communiqué publié par la Knesset.

Le 7 octobre 2023, des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas ont lancé une attaque surprise en Israël qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes, en majorité des civils, selon des données officielles.

En riposte, Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.000 morts en deux ans, d'après les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, jugés fiables par l'ONU. Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis octobre.

Des personnalités d'opposition ont fait savoir qu'elles boycotteraient toute commission nommée par des hommes politiques.

Dans ce cas, le pouvoir de désigner des membres échoirait en dernière instance au président du Parlement, ce qui reviendrait à confier le contrôle du processus à la coalition au pouvoir.

L'opposition appelle depuis longtemps de ses voeux l'établissement d'une commission d'enquête nationale indépendante, mécanisme fréquemment mis en place par le passé lors de fiascos majeurs.

Les sondages indiquent qu'une majorité d'Israéliens, quelle que soit leur sensibilité politique, soutiennent un tel mécanisme pour conduire l'enquête.

Les membres de la commission seraient alors nommés par le président de la Cour suprême, actuellement en désaccord avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur plusieurs sujets.

"L'opposition ne prendra pas part à une comédie dont le seul but est de blanchir et d'empêcher une réelle enquête sur le plus grand désastre qu'a connu le peuple juif depuis l'Holocauste", a expliqué le  chef de l'opposition Yaïr Lapid sur X.

La proposition de loi doit maintenant être examinée par la commission de la Constitution de la Knesset pour de plus amples débats, avant les lectures finales, qui devraient se tenir la semaine prochaine.

Mardi, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Tel-Aviv et ailleurs dans le pays pour commémorer les 1.000 jours depuis l'attaque du 7-Octobre, exigeant la création d'une commission nationale d'enquête.

glp/cgc/vl

 


Un tanker touché par un projectile non-identifié dans la région du détroit d'Ormuz

Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
  • L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman
  • Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché

LONDRES: Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO.

"Un tanker a indiqué avoir été touché par un projectile inconnu sur le côté bâbord, provoquant un incendie, alors qu'il naviguait vers le sud", a écrit l'UKMTO dans un communiqué, ajoutant que l'incident n'avait pas fait de blessé ni causé de dommage à l'environnement.

L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman.

Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants.

L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante.

Les navires marchands ont été fortement affectés par le conflit au Moyen-Orient depuis le 1er mars, lorsque l'Iran a fermé ce passage vital en représailles à des frappes américaines et israéliennes, les Etats-Unis imposant pour leur part un blocus des ports iraniens.

Le trafic maritime a repris après la signature d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin pour mettre fin au conflit. Mais l'Iran répète, en dépit de l'opposition des Etats-Unis, qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu'il a autorisé, le long de ses côtes.

Fin juin, accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires, les Etats-Unis avaient bombardé le pays en retour, et l'Iran avait ciblé en représailles ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn. Iran et Etats-Unis s'étaient ensuite mis d'accord sur une pause des hostilités.

Le détroit d'Ormuz constitue la principale voie maritime connectant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde, en particulier aux marchés asiatiques.

En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement, l'équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l'Agence américaine de l'Energie (EIA).