L'UE craint une propagation du conflit au Soudan vers les pays voisins

Annette Weber discute de l'évolution de la situation dans la Corne de l'Afrique avec le secrétaire général du CCG, Jasem Albudaiwi, à Riyad (Photo fournie).
Annette Weber discute de l'évolution de la situation dans la Corne de l'Afrique avec le secrétaire général du CCG, Jasem Albudaiwi, à Riyad (Photo fournie).
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Publié le Mercredi 31 mai 2023

L'UE craint une propagation du conflit au Soudan vers les pays voisins

  • Le risque d'avoir un arc d'instabilité entre le Sahel et la mer Rouge est sérieux, déclare Annette Weber
  • «Il est nécessaire pour nous tous, l'UE, l'Arabie saoudite, les Nations unies et tout le monde, de coopérer et de coordonner les efforts de secours et les efforts humanitaires», a-t-elle soutenu

RIYAD: L'envoyée de l'UE dans la Corne de l'Afrique a salué les efforts déployés par l'Arabie saoudite et les États-Unis pour mettre fin à la violence au Soudan, mais a averti que les combats en cours continuaient de menacer la stabilité régionale.

Dans une interview accordée à Arab News lundi, Annette Weber, la représentante spéciale de l'UE, a déclaré que le risque de «propagation» de la violence était évident.

Weber est arrivée à Riyad samedi pour discuter de la crise soudanaise avec des responsables du ministère des Affaires étrangères et des représentants du Conseil de coopération du Golfe.

«L’attention a été portée sur le Soudan et sur l'engagement actuel de l'Arabie saoudite et des États-Unis à Djeddah avec les deux généraux», a indiqué Weber en référence aux discussions préliminaires entre les deux parties belligérantes, les forces armées soudanaises et les forces paramilitaires de soutien rapide.

Elle a déclaré qu'une solution serait impossible sans les efforts de l'Arabie saoudite et des États-Unis pour que les deux forces discutent entre elles.

L'accent a été mis sur la question suivante : «Comment pouvons-nous parvenir à un accord global ? Un accord de paix. Les États membres de l'UE soutiennent clairement cet engagement et ces négociations.»

Bien qu'elle reconnaisse que l'obtention d'un cessez-le-feu permanent puisse être considérée comme «improbable» à ce stade, elle espère au moins une cessation des combats afin de permettre l'acheminement de l'aide vers Khartoum et les autres régions du Soudan.

«Nous avons tous été très clairs sur le fait que le Royaume d'Arabie Saoudite et les États-Unis font ce premier pas. La "négociation préalable", comme ils l’appellent, pour un cessez-le-feu et l'accès pour acheminer l'aide humanitaire», a-t-elle signalé.

Toutefois, elle a prévenu que la violence pourrait facilement se propager dans la Corne de l'Afrique en l'absence d'un accord plus ferme.

«Nous devons contenir le conflit au Soudan. Je pense que c'est très clair que plus ils se mettront d'accord rapidement à Djeddah pour avoir au moins un cessez-le-feu ou une cessation de combats, moins il y aura de risques de propagation», a-t-elle expliqué.

«Le risque de propagation reste cependant évident. Nous avons vu des gens traverser. Nous avons vu le risque de voir le conflit atteindre le Tchad et le Sud-Soudan.

«Nous voyons beaucoup de réfugiés traverser la frontière de l’Égypte et des pays voisins. La région est très instable. Le risque d'avoir un arc d'instabilité entre le Sahel et la mer Rouge est sérieux.

«Pour nous, en tant qu'UE, c'est bien sûr notre voisin. C'est notre voisinage. Il est donc impératif de contenir le conflit et d'y mettre fin», a-t-elle affirmé.

«Une solution serait impossible sans les efforts de l'Arabie saoudite et des États-Unis pour que les deux forces discutent entre elles.»

Annette Weber

Selon les Nations unies, près de 1,4 million de Soudanais ont fui leur foyer depuis le début des combats le 15 avril. Parmi eux, 330 000 sont passés dans un pays voisin. À ce jour, l'Arabie saoudite a aidé plus de 8 200 personnes de plus de 100 nationalités différentes à quitter le Soudan, à bord de vols d'évacuation.

L'Arabie saoudite et les États-Unis ont exhorté les parties belligérantes à œuvrer en faveur d'un cessez-le-feu et se sont félicités du lancement de négociations préalables à Djeddah, le 6 mai.

Les deux parties sont convenues d'un cessez-le-feu temporaire le 20 mai. Toutefois, l'accord s'est effondré presque immédiatement et les combats se poursuivent à Khartoum et au-delà. L'Arabie saoudite et les États-Unis ont prévenu que les deux parties avaient contribué à sa rupture.

La représentante de l'UE a révélé que les efforts visant à soutenir les pays voisins du Soudan sont «en cours».

«Nous sommes très impliqués au Tchad et au Sud-Soudan. Il s'agit d'un effort continu. L'UE est l'un des plus grands donateurs et l'un des principaux acteurs de l'aide humanitaire au Soudan, aujourd'hui comme avant la guerre», a-t-elle précisé. «Nous continuerons donc sur cette voie. C'est très clair.»

Au cours de sa visite dans le Royaume, Weber a également rencontré le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, Jasem Albudaiwi, afin de discuter de la coopération et de la sécurité régionales.

«Il est nécessaire pour nous tous, l'UE, l'Arabie saoudite, les Nations unies et tout le monde, de coopérer et de coordonner les efforts de secours et les efforts humanitaires», a-t-elle soutenu, ajoutant que le CCG est un «partenaire important» dans la région

«Je suis convaincue que nous sommes d'accord sur la situation au Soudan», a-t-elle conclu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ministère saoudien des AE: La décision d'Israël sur la Cisjordanie sape les efforts déployés pour la paix et la stabilité

Le Palestinien Ameed Dusouki, membre du conseil du village de Burqa, se tient devant une clôture installée par des colons juifs après qu'ils ont annoncé leur contrôle sur la gare historique Al-Masoudiya de l'époque ottomane, qui fonctionnait entre les villes palestiniennes de Naplouse et de Tulkarem dans les années 1920, juste au nord de la ville de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée par Israël, le 15 février 2026. (FILE/AFP)
Le Palestinien Ameed Dusouki, membre du conseil du village de Burqa, se tient devant une clôture installée par des colons juifs après qu'ils ont annoncé leur contrôle sur la gare historique Al-Masoudiya de l'époque ottomane, qui fonctionnait entre les villes palestiniennes de Naplouse et de Tulkarem dans les années 1920, juste au nord de la ville de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée par Israël, le 15 février 2026. (FILE/AFP)
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  • Le ministère a déclaré qu'Israël n'avait aucun droit sur les territoires palestiniens et qu'il compromettait la solution des deux États, réaffirmant le soutien du royaume à un État palestinien indépendant
  • Le cabinet israélien a approuvé dimanche de nouvelles mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie occupée et à faciliter l'achat de terres par les colons, ce que les Palestiniens ont qualifié d'"annexion de facto"

RIYAD: L'Arabie saoudite a condamné la décision d'Israël de prendre le contrôle de certaines parties de la Cisjordanie, avertissant que cette décision saperait les efforts pour parvenir à la paix et à la stabilité, dans une déclaration du ministère des Affaires étrangères le X.

"Le ministère des Affaires étrangères exprime la condamnation du Royaume d'Arabie saoudite de la décision des autorités d'occupation israéliennes de renommer la Cisjordanie "terres d'État", affiliées aux autorités d'occupation, dans le cadre de plans visant à imposer une nouvelle réalité juridique et administrative en Cisjordanie occupée, et à saper les efforts en cours pour parvenir à la paix et à la stabilité dans la région", a déclaré le ministère des Affaires étrangères lundi.

Le ministère a déclaré qu'Israël n'avait aucun droit sur les territoires palestiniens et qu'il compromettait la solution des deux États, réaffirmant le soutien du royaume à un État palestinien indépendant.

Le cabinet israélien a approuvé dimanche de nouvelles mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie occupée et à faciliter l'achat de terres par les colons, ce que les Palestiniens ont qualifié d'"annexion de facto". Cette mesure a été largement critiquée par les pays arabes, notamment le Qatar, l'Égypte et la Jordanie.


Nucléaire: le chef de la diplomatie iranienne à Genève pour négocier avec Washington

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est arrivé à Genève où doit s'ouvrir un nouveau cycle de négociations avec les Etats-Unis sur le programme nucléaire iranien, a indiqué lundi la télévision d'Etat iranienne. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est arrivé à Genève où doit s'ouvrir un nouveau cycle de négociations avec les Etats-Unis sur le programme nucléaire iranien, a indiqué lundi la télévision d'Etat iranienne. (AFP)
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  • "Le ministre des Affaires étrangères est arrivé à Genève à la tête d'une délégation diplomatique et d'experts pour participer au deuxième cycle de négociations sur le nucléaire", a annoncé lundi sur Telegram la télévision d'Etat iranienne
  • "Ce qui n'est pas sur la table: la soumission face aux menaces", a insisté le chef de la diplomatie iranienne sur X lundi, affirmant être à Genève "avec de vraies idées pour parvenir à un accord juste et équitable"

GENEVE: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est arrivé à Genève où doit s'ouvrir un nouveau cycle de négociations avec les Etats-Unis sur le programme nucléaire iranien, a indiqué lundi la télévision d'Etat iranienne.

Ce nouveau volet de discussions "indirectes" doit débuter mardi, selon Téhéran, après que l'Iran et les Etats-Unis ont renoué le dialogue début février à Oman dans un contexte de menace d'intervention militaire américaine.

"Le ministre des Affaires étrangères est arrivé à Genève à la tête d'une délégation diplomatique et d'experts pour participer au deuxième cycle de négociations sur le nucléaire", a annoncé lundi sur Telegram la télévision d'Etat iranienne.

"Ce qui n'est pas sur la table: la soumission face aux menaces", a insisté le chef de la diplomatie iranienne sur X lundi, affirmant être à Genève "avec de vraies idées pour parvenir à un accord juste et équitable".

M. Araghchi a également annoncé qu'il rencontrera lundi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, "pour une discussion technique approfondie", puis son homologue omanais mardi.

De son côté, la Maison Blanche a confirmé dimanche que son émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, se rendraient à Genève cette semaine pour ces pourparlers.

Ils doivent également y participer à des discussions avec la Russie et l'Ukraine.

Après la répression meurtrière d'un important mouvement de contestation en janvier par les autorités iraniennes, le président Donald Trump a multiplié les menaces d'une intervention militaire, tout en laissant la porte ouverte à un règlement diplomatique, portant notamment sur le programme nucléaire iranien.

Une première session de négociation s'est ouverte le 6 février à Mascate, la capitale d'Oman, plusieurs mois après l'échec de précédentes discussions.

Ces dernières avaient été interrompues en juin en raison de la guerre de 12 jours entre l'Iran et Israël, déclenchée par des frappes israéliennes contre des sites nucléaires et militaires.

Les Etats-Unis avaient alors également bombardé des sites nucléaires iraniens.

Soupçons 

Les pays occidentaux et Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire.

Téhéran dément nourrir de telles ambitions, mais insiste sur son droit à développer une filière nucléaire civile.

Faute d'accord, Donald Trump a menacé Téhéran de conséquences "traumatisantes" et a même évoqué ouvertement vendredi l'hypothèse d'un renversement du pouvoir.

Des habitants de la capitale iranienne ont scandé dimanche des slogans anti-gouvernement depuis leurs fenêtres et leurs toits, au lendemain de vastes rassemblements contre la République islamique d'Iraniens vivant à l'étranger.

Washington a déployé d'importants moyens militaires dans la zone. Après l'envoi en janvier dans la région du Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln, un deuxième porte-avions, le Gerald Ford, doit les rejoindre, à une date qui reste incertaine.

Etats-Unis et Iran divergent sur la teneur de leurs nouvelles discussions.

L'Iran ne veut discuter que de son programme nucléaire. Washington, comme Israël, exige également qu'il limite son programme de missiles balistiques et cesse de soutenir des groupes armés régionaux.

Sur l'aspect nucléaire, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué que "la première condition" pour qu'un accord soit conclu entre les Etats-Unis et l'Iran, "est que tout le matériel enrichi doit quitter l'Iran".

Plusieurs pays, dont la Russie, ont proposé à Téhéran de prendre en charge ce stock.

"La seconde condition est qu'il ne doit y avoir aucune capacité d'enrichissement, il ne s'agit pas simplement d'arrêter le processus d'enrichissement, mais de démanteler les équipements et les infrastructures qui permettent d'enrichir l'uranium", a ajouté Benjamin Netanyahu.

Dans une interview à la BBC publiée dimanche, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a indiqué que son pays était prêt à un compromis concernant son stock d'uranium hautement enrichi si Washington levait les sanctions qui pénalisent l'économie iranienne.

Avant les frappes israélo-américaines sur ses sites nucléaires en juin 2025, l'Iran enrichissait l'uranium à 60%, soit bien au-delà de la limite de 3,67% autorisée par l'accord nucléaire de 2015, désormais caduc, conclu avec les grandes puissances.

L'uranium enrichi à un taux très élevé (90%) peut servir à fabriquer la bombe A, communément appelée bombe atomique.


La Syrie annonce avoir pris le contrôle d'une autre base américaine

 Le ministère syrien de la Défense a annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la base d'al-Chaddadi, dans le nord-est du pays, en coordination avec les forces américaines, quelques jours après la reprise par Damas d'une autre installation près des frontières jordanienne et irakienne. (AFP)
Le ministère syrien de la Défense a annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la base d'al-Chaddadi, dans le nord-est du pays, en coordination avec les forces américaines, quelques jours après la reprise par Damas d'une autre installation près des frontières jordanienne et irakienne. (AFP)
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  • Des forces américaines déployées dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI) étaient stationnées sur cette base, située à la périphérie de la ville du même nom
  • Elle abrite une prison où les forces kurdes détenaient des membres de l'organisation jihadiste, avant l'avancée des forces gouvernementales dans la région le mois dernier

DAMAS: Le ministère syrien de la Défense a annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la base d'al-Chaddadi, dans le nord-est du pays, en coordination avec les forces américaines, quelques jours après la reprise par Damas d'une autre installation près des frontières jordanienne et irakienne.

"Les forces de l'armée arabe syrienne ont pris le contrôle de la base militaire d'al-Chaddadi dans la campagne de Hassaké après coordination avec la partie américaine", indique un communiqué du ministère.

Des forces américaines déployées dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI) étaient stationnées sur cette base, située à la périphérie de la ville du même nom.

Elle abrite une prison où les forces kurdes détenaient des membres de l'organisation jihadiste, avant l'avancée des forces gouvernementales dans la région le mois dernier.

Cette annonce intervient après la confirmation par Washington, jeudi, du retrait de ses forces de la base d'al-Tanf, près des frontières syriennes avec la Jordanie et l'Irak, qui constituait un point d'appui stratégique pour les Etats-Unis.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont été un partenaire majeur de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis contre l'EI et ont joué un rôle central dans la défaite du groupe en Syrie en 2019.

Mais après la chute fin 2024 du président Bachar al-Assad, les Etats-Unis se sont rapprochés du nouveau pouvoir de Damas, estimant récemment que la nécessité de leur alliance avec les forces kurdes s'était largement estompée.

Malgré sa défaite territoriale, l'EI demeure actif en Syrie.

Samedi, le Commandement central américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué avoir frappé plus de 30 cibles de l'organisation en Syrie depuis le début du mois.

Les frappes aériennes menées entre le 3 et le 12 février ont visé des infrastructures et des dépôts d'armes du groupe, selon un communiqué du Centcom.