Libération d'un Danois et de deux Irano-autrichiens détenus par l'Iran

Des lits superposés vides dans la prison d'Evin, au nord-ouest de la capitale iranienne Téhéran (Photo, AFP).
Des lits superposés vides dans la prison d'Evin, au nord-ouest de la capitale iranienne Téhéran (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 03 juin 2023

Libération d'un Danois et de deux Irano-autrichiens détenus par l'Iran

  • Le Premier ministre belge a annoncé la libération de trois Européens qui étaient détenus en Iran
  • Il s'agit d'un Danois qui avait été arrêté en novembre 2022 et de deux Irano-autrichiens arrêtés l'un en janvier 2016 et l'autre en janvier 2019

BRUXELLES: Une semaine après la libération d'un humanitaire belge, la Belgique a accueilli dans la nuit de vendredi à samedi trois autres ressortissants européens qui étaient détenus en Iran, un Danois et deux Irano-Autrichiens, libérés à l'issue d'âpres négociations.

Cette triple libération via le sultanat d'Oman a été obtenue --comme celle d'Olivier Vandecasteele le 26 mai-- après que la Belgique a accepté de livrer à Téhéran un diplomate iranien condamné pour terrorisme.

Le petit avion médicalisé qui transportait les trois ex prisonniers depuis Mascate a atterri peu avant 02H45 (00H45 GMT) à l'aéroport militaire de Melsbroek près de Bruxelles, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les trois hommes, dont l'un a passé sept ans en détention en Iran, ont été accueillis par la ministre belge des Affaires étrangères Hadja Lahbib, accompagnée de diplomates danois et autrichiens.

Dans un tweet Mme Lahbib a dit avoir échangé avec son homologue iranien Hossein Amir-Abdollahian pour lui faire part de la "satisfaction" de la Belgique après "la mise en œuvre de l'accord conclu".

C'est le Premier ministre belge Alexander De Croo qui avait annoncé dans l'après-midi l'évacuation "via Oman vers la Belgique" de trois Européens "injustement détenus" en Iran. Une opération préparée dans la plus grande discrétion depuis plusieurs jours.

Le sultanat d'Oman, unanimement remercié par Bruxelles, Copenhague et Vienne, avait déjà fait office de facilitateur et de pays de transit le 26 mai lors de l'échange entre l'humanitaire Vandecasteele et Assadollah Assadi, un diplomate iranien condamné en Belgique pour terrorisme rendu à son pays.

Le chef de la diplomatie danoise Lars Lokke Rasmussen a salué cette opération, vantant notamment "les immenses efforts" de la Belgique. Mais il a préféré taire l'identité de son ressortissant. Selon la Belgique, ce dernier avait été arrêté en novembre 2022 "en marge des rassemblement pour les droits des femmes".

«Marathon diplomatique»

L'Autriche en revanche a identifié ses prisonniers libérés: Kamran Ghaderi, un homme d'affaires irano-autrichien arrêté en janvier 2016, et Massud Mossaheb, qui a passé près de quatre ans en détention avant d'être relâché en novembre 2022 pour raisons médicales. Il lui était toutefois interdit jusque là de quitter l'Iran.

Souffrant ce septuagénaire est sorti de l'avion à Melsbroek en s'appuyant sur des béquilles.

MM. Ghaderi et M. Mossaheb ont passé respectivement "2.709 et 1.586 jours de détention en Iran", a commenté depuis Vienne le chef de la diplomatie autrichienne Alexander Schallenberg, saluant "un marathon diplomatique qui a finalement porté ses fruits".

Le 26 mai, Téhéran avait libéré l'humanitaire belge Olivier Vandecasteele après 455 jours de détention, à l'issue d'un bras de fer avec Bruxelles qui a mis à l'épreuve l'exécutif belge.

Le retour de M. Vandecasteele a été obtenu en échange de la libération du diplomate Assadi emprisonné en Belgique depuis près de cinq ans dans un dossier de terrorisme.

Assadollah Assadi, alors en poste à Vienne, avait été arrêté à le 1er juillet 2018 en Allemagne, soupçonné d'avoir orchestré un projet d'attentat qui devait viser la veille un rassemblement du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI, coalition d'opposants) en France.

Il a ensuite été condamné à 20 ans de prison pour "tentative d'assassinats terroristes" en 2021 à Anvers en Belgique.

«L'opération Blackstone»

Le CNRI voit en Assadi l'incarnation du "terrorisme d'Etat" pratiqué par Téhéran, et a fustigé sa libération considérant qu'elle bafoue l'Etat de droit.

Vendredi dernier, Assadollah Assadi, que la justice belge a considéré comme un agent du renseignement iranien, a été accueilli à sa descente d'avion à Téhéran avec des cadeaux et un collier de fleurs par deux hauts responsables du gouvernement.

Décryptant le retour de autres trois ressortissants européens, après celui de M. Vandecasteele, des hauts responsables belges l'ont présenté comme "la seconde phase" de l'opération négociée avec l'Iran pour livrer M. Assadi.

Cette opération a été baptisée "Blackstone" du nom d'un juriste anglais du 18e siècle auteur de la formule "Mieux vaut dix coupables en liberté qu'un innocent qui souffre".

Les Occidentaux emprisonnés en Iran sont généralement décrits par leurs soutiens comme des innocents utilisés par Téhéran comme moyen de pression et monnaie d'échange.

Après la libération le mois dernier du Français Benjamin Brière et du Franco-Irlandais Bernard Phelan, il reste encore quatre Français détenus en Iran.

Et au total entre une vingtaine et une trentaine de ressortissants de pays membres de l'UE, selon les sources, sont dans la même situation. Il en reste 22 après les quatre libérations de l'opération Blackstone, selon les autorités belges.


Le Canada en deuil après une rare tuerie qui a fait neuf morts

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  • L'attaque s'est déroulée à Tumbler Ridge, petite ville isolée de 2.300 habitants au pied des Montagnes Rocheuses, dans la province de Colombie-Britannique, à plusieurs heures de route de tout centre urbain
  • D'après la première "alerte" envoyée mardi par la police aux habitants, le suspect a été décrit "comme étant une femme brune portant une robe". Mais les autorités n'ont pas confirmé

MONTREAL: Le Canada est "en deuil", a déclaré mercredi le Premier ministre Mark Carney au lendemain d'une tuerie qui a fait neuf morts et une trentaine de blessés dans une petite ville isolée de l'ouest du pays, où une personne a ouvert le feu dans un collège-lycée.

"Nous surmonterons cette épreuve. Nous en tirerons des leçons", a également promis le Premier ministre, appelant les Canadiens au "rassemblement" dans un pays sous le choc, peu habitué aux tueries de ce type contrairement au voisin américain.

Les drapeaux des édifices gouvernementaux seront mis en berne pendant une semaine.

L'attaque s'est déroulée à Tumbler Ridge, petite ville isolée de 2.300 habitants au pied des Montagnes Rocheuses, dans la province de Colombie-Britannique, à plusieurs heures de route de tout centre urbain.

D'après la première "alerte" envoyée mardi par la police aux habitants, le suspect a été décrit "comme étant une femme brune portant une robe". Mais les autorités n'ont pas confirmé.

Le suspect, dont le genre fait l'objet de spéculations, serait mort après "une blessure qu'il se serait infligée", selon la police.

Ken Floyd, un responsable de la police canadienne, est resté prudent mais a indiqué que le tireur était bien la personne mentionnée dans l'alerte.

Vingt-sept personnes ont également été blessées, dont deux grièvement, a indiqué la Gendarmerie royale du Canada dans un communiqué.

"Horreur" 

Nina Krieger, ministre de le Sécurité publique de la province, a évoqué "l'une des pires tueries de masse de l'histoire" du Canada.

"Nous allons nous rassembler et faire en sorte d'être à l'écoute de ceux qui veulent parler" après cette "grande tragédie", a déclaré Darryl Krakowka, le maire de Tumbler Ridge, auprès de la chaîne publique CBC.

Mark Carney n'a pas prévu d'aller sur place mais le ministre canadien de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, et le Premier ministre de la province David Eby se rendent mercredi au chevet de la ville.

La famille royale britannique s'est dite "profondément choquée et attristée" par ce drame, dans un communiqué du roi Charles III, également chef d'Etat du Canada.

"L'horreur a frappé (...). Pensées aux familles des victimes, aux blessés et à toute la communauté éducative. La France se tient aux côtés des Canadiens", a affirmé le président français Emmanuel Macron sur X.

C'est la seconde tuerie en Colombie-Britannique en moins d'un an. En avril 2025, un homme avait tué 11 personnes à Vancouver, en fonçant avec son camion sur une foule qui célébrait un festival culturel philippin.

Ce type d'attaque est exceptionnel dans les écoles canadiennes. Elle frappe une ville connue pour son tourisme de plein air, avec la proximité des montagnes et un parc géologique.

"Mon plus jeune enfant vient tout juste de sortir du lycée (...). Ma fille aînée travaille à 300 mètres de l'école. Il s'en est fallu de peu", a raconté mardi soir à l'AFP Trent Ernst, journaliste local et ancien enseignant suppléant au lycée de Tumbler Ridge.

"Des fusillades dans des écoles au Canada, c'était une toutes les quelques années (...). Mais quand ça se produit dans votre ville, les choses déraillent complètement", a-t-il ajouté.

"Scène épouvantable" 

Darian Quist, élève dans l'établissement, a expliqué à CBC qu'il se trouvait en cours de mécanique quand on leur a annoncé le confinement de l'école.

"Nous avons pris des tables et barricadé les portes pendant plus de deux heures" jusqu'à l'arrivée de la police, a-t-il raconté.

La première alerte en début d'après-midi concernait un tireur dans l'école. Arrivées sur place, les forces de l'ordre ont d'abord découvert six corps, sans compter le suspect.

Une septième personne blessée par balle est décédée durant son transport à l'hôpital.

Par la suite, la police "a identifié un second lieu (...) lié à l'assaut, où deux autres victimes ont été retrouvées mortes dans une résidence", selon un communiqué.

Ken Floyd a décrit une "scène épouvantable" à l'arrivée des forces de l'ordre.

Si les tueries sont moins fréquentes au Canada qu'aux États-Unis, les statistiques sur la dernière décennie témoignent d'une augmentation constante des crimes commis avec des armes à feu.

En 2020, le Canada avait interdit 1.500 modèles d'armes d'assaut en réaction à la tuerie la plus meurtrière de son histoire, qui avait fait 22 morts dans la province de Nouvelle-Écosse (est).


Israël avance «vers une annexion de facto» de la Cisjordanie, dénonce Berlin

L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto", a dénoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères. (AFP)
L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto", a dénoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères. (AFP)
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  • L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto"
  • "Israël demeure puissance occupante en Cisjordanie, et en tant que puissance occupante, il est contraire au droit international d'y construire des colonies"

BERLIN: L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto", a dénoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères.

"Israël demeure puissance occupante en Cisjordanie, et en tant que puissance occupante, il est contraire au droit international d'y construire des colonies", a déclaré lors d'un point presse régulier un porte-parole du ministère, alors que les nouvelles mesures rendent plus faciles les achats de terres pour les colons israéliens.


L'UE doit éliminer les entraves qui l'empêchent d'être un "géant mondial", dit von der Leyen

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, assiste à un débat sur les mesures urgentes nécessaires pour renforcer la compétitivité de l’UE, approfondir le marché unique et réduire le coût de la vie, au Parlement européen à Strasbourg, dans l’est de la France, le 11 février 2026. (AFP)
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, assiste à un débat sur les mesures urgentes nécessaires pour renforcer la compétitivité de l’UE, approfondir le marché unique et réduire le coût de la vie, au Parlement européen à Strasbourg, dans l’est de la France, le 11 février 2026. (AFP)
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  • Ursula von der Leyen appelle l’UE à éliminer les obstacles internes au marché unique, notamment la fragmentation du secteur financier, afin de renforcer la compétitivité, faciliter l’accès aux capitaux et faire de l’Europe un « vrai géant mondial »
  • Elle défend la simplification réglementaire, la poursuite des accords de libre-échange et propose un nouveau statut paneuropéen pour les entreprises (« EU Inc »), tout en ouvrant la voie à des coopérations renforcées et en relançant le débat sur une « pré

STRASBOURG: L'Europe doit "éliminer les entraves" internes à sa compétitivité, si elle veut devenir "un vrai géant mondial", a plaidé mercredi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen devant le Parlement européen, à la veille d'un sommet de l'UE.

Citant l'exemple de la fragmentation "sous stéroïdes" du secteur financier européen, la dirigeante a appelé à parachever au plus vite l'intégration du marché unique, en éliminant "un par un" les obstacles qui nuisent à l'activité économique au sein de l'UE.

"Nos entreprises ont besoin de capitaux dès maintenant. Nous devons le faire cette année", a-t-elle lancé aux eurodéputés réunis à Strasbourg, appelant également à poursuivre la conclusion d'accords de libre-échange et la "simplification" réglementaire pour libérer le potentiel de croissance de l'économie.

Les dirigeants des 27 se réunissent jeudi au château d'Alden Biesen en Belgique pour un sommet consacré à la compétitivité de l'économie européenne.

Plusieurs d'entre eux, dont Ursula von der Leyen, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz participeront en outre à un sommet mercredi à Anvers avec des responsables de l'industrie européenne.

Parmi les sujets qui seront au menu de de ces réunions figure l'instauration d'une "préférence européenne", une mesure de soutien au "Made in Europe" qui consiste à obliger les entreprises bénéficiant de fonds publics à se fournir majoritairement en composants fabriqués en Europe.

La présidente de la Commission, qui avait défendu lundi cette mesure chère à la France, mais critiquée par d'autres pays, a assuré qu'il n'était pas question d'imposer une solution "toute faite" à l'ensemble de l'UE.

La responsable a par ailleurs ouvert la porte à des "coopérations renforcées" en matière de compétitivité, c'est-à-dire des réformes qui seraient menées dans certains pays volontaires, plutôt qu'à l'échelle des 27, comme le permettent les traités européens dans certains domaines.

Enfin, elle a confirmé que la Commission présenterait en mars un projet de création d'un nouveau statut juridique paneuropéen pour les entreprises, baptisé "EU Inc".

Ce statut, également appelé le "28e régime", leur permettrait d'exercer leurs activités dans l'ensemble de l'UE sans formalités supplémentaires ni surcoûts administratifs.