Soudan: imbroglio sur le retrait de la mission de l'ONU au Darfour

Au-delà des 6 mois, il faudra encore entre 9 et 12 mois pour la liquidation des avoirs, ont aussi averti les responsables de ces départements, en évoquant le risque de pillages et l'existence, déjà, de problèmes avec des autorités étatiques et locales réticentes à voir des équipements quitter les sites occupés par l'ONU.(AFP)
Au-delà des 6 mois, il faudra encore entre 9 et 12 mois pour la liquidation des avoirs, ont aussi averti les responsables de ces départements, en évoquant le risque de pillages et l'existence, déjà, de problèmes avec des autorités étatiques et locales réticentes à voir des équipements quitter les sites occupés par l'ONU.(AFP)
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Publié le Mardi 08 décembre 2020

Soudan: imbroglio sur le retrait de la mission de l'ONU au Darfour

  • Ces divergences sont telles que le Conseil, sous présidence de l'Afrique du Sud en décembre, n'a pu se mettre d'accord sur une date de réunion ce mois-ci pour décider de la suite à donner à la mission Minuad, qui compte encore près de 8.000 militaires
  • Les départements des Opérations de paix et Logistique de l'ONU considèrent qu'il faut six mois pour procéder à une fin de mission. Si le processus est compressé, il s'agira d'un «travail titanesque» dans une région sans accès à la mer

NATIONS-UNIES : Le retrait de la mission de paix conjointe de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour (Minuad), envisagé sur six mois alors que Khartoum veut le voir achevé au 31 décembre, suscite des divisions au Conseil de sécurité des Nations unies, étalées mardi lors d'une visioconférence sur le Soudan.

Ces divergences sont telles que le Conseil, sous présidence de l'Afrique du Sud en décembre, n'a pu se mettre d'accord sur une date de réunion ce mois-ci pour décider de la suite à donner à la mission Minuad, qui compte encore près de 8000 militaires, policiers et civils dans l'ouest du Soudan.

D'un côté, la demande de Khartoum est soutenue par la Russie, la Chine et les membres africains du Conseil. «Il faut tenir compte de la demande des autorités soudanaises», a souligné Moscou en disant ne pas voir dans les affrontements qui continuent au Darfour »un changement de dynamique». La Chine a plaidé pour la non-ingérence et le Niger, au nom des Africains, pour que la Minuad «passe le témoin le 31 décembre» à Khartoum. 

De l'autre, les Occidentaux mettent en avant la protection des civils et appellent à un processus graduel. Le retrait doit être «responsable» et sans hâte, ont souligné l'Estonie et les Etats-Unis, tandis que la Belgique demandait de «la prudence» pour «éviter de perdre les acquis». 

Les départements des Opérations de paix et Logistique de l'ONU considèrent qu'il faut six mois pour procéder à une fin de mission. Si le processus est compressé, il s'agira d'un «travail titanesque» dans une région sans accès à la mer et ne disposant que d'une piste d'atterrissage de taille moyenne, ont-ils fait valoir.

Au-delà des 6 mois, il faudra encore entre 9 et 12 mois pour la liquidation des avoirs, ont aussi averti les responsables de ces départements, en évoquant le risque de pillages et l'existence, déjà, de problèmes avec des autorités étatiques et locales réticentes à voir des équipements quitter les sites occupés par l'ONU.

«Dans le cas où le Conseil de sécurité décide la fin du mandat de la Minuad au 31 décembre 2020, nos troupes et policiers cesseront leurs opérations au 1er janvier 2021», a averti le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix.

«Lorsque le retrait commencera, nos contingents restants seront focalisés sur la protection du personnel et des sites et équipements de la Minuad. En cas d'incidents de sécurité majeur ou de menace sur les civils au Darfour pendant cette période, il reviendra aux autorités soudanaises d'en prendre le fardeau», a-t-il indiqué.

Son homologue pour les Affaires politiques, Rosemary DiCarlo, a rappelé que les autorités soudanaises s'étaient engagées «à déployer au Darfour une force de protection de 12 000 membres».

Après la Minuad, déployée depuis 2007 et qui a compté jusqu'à 16 000 hommes, l'ONU restera au Soudan via une mission politique sans Casques bleus (Minuats), en cours de création à Khartoum et qui conservera un bureau au Darfour.

 


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".

 


Le Liban exige le retrait d'Israël de deux «zones pilotes» pour participer à des négociations à Rome 

  • Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies
  • Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah

BEYROUTH: Le Liban exige qu'Israël se retire de deux "zones pilotes" dans le sud du pays avant de participer à un nouveau cycle de pourparlers prévu à Rome, a indiqué mercredi à l'AFP une source diplomatique au courant des négociations.

L'Italie et Israël ont annoncé que ces négociations se tiendraient les 15 et 16 juillet à Rome, mais les autorités libanaises n'ont pas confirmé leur participation dans l'immédiat.

Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies.

Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

"Le Liban pose comme condition le retrait d'Israël de deux zones pilotes pour participer aux négociations", a affirmé la source diplomatique ayant requis l'anonymat.

Le Hezbollah est opposé à ces négociations et refuse d'être désarmé.

La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué près de 4.300 personnes, selon Beyrouth.

Discussions "cruciales" 

Selon la source diplomatique, le département d'Etat américain a informé les deux délégations qu'il ne pouvait pas accueillir les négociations "de façon permanente", d'où le choix de Rome.

Elle a expliqué que des discussions "cruciales" étaient attendues et que les négociateurs auraient besoin de se concerter avec leurs autorités, ce qui ne serait "pas possible" à Washington du fait de la distance avec Israël et le Liban.

La source diplomatique a ajouté qu'Israël avait rapidement accepté la tenue des négociations à Rome, dans l'idée de "réduire la pression exercée directement" sur la partie israélienne pendant les précédentes discussions par le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

La partie libanaise a cependant reçu la garantie de Washington qu'il maintiendrait le "même niveau d'engagement et la même ligne de conduite dans la gestion des pourparlers" de Rome, selon cette source diplomatique.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix km de sa frontière.

L'armée israélienne poursuit ponctuellement des frappes meurtrières, malgré une trêve entrée en vigueur le 21 juin, à la suite de la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

L'Iran a exigé que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans cet accord, mais Beyrouth "veut négocier par lui-même" et rejette toute ingérence, a souligné la source diplomatique.

Les négociations à Rome seront suivies par une visite courant juillet du président libanais, Joseph Aoun, à Washington, à l'invitation de son homologue américain.

M. Aoun a estimé mercredi que cette invitation traduisait "le soutien des Etats-Unis à un processus visant à trouver une solution durable à la série de guerres et d'agressions israéliennes contre notre pays".