Les jeunes Palestiniens sans emploi, proies des passeurs et victimes des «bateaux de la mort»

Des hommes transfèrent les sacs mortuaires des migrants décédés après le chavirement de leur bateau en pleine mer au large de la Grèce, à bord d'un navire des gardes-côtes helléniques dans le port de Kalamata, le 15 juin 2023 (Photo, Reuters).
Des hommes transfèrent les sacs mortuaires des migrants décédés après le chavirement de leur bateau en pleine mer au large de la Grèce, à bord d'un navire des gardes-côtes helléniques dans le port de Kalamata, le 15 juin 2023 (Photo, Reuters).
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Publié le Vendredi 16 juin 2023

Les jeunes Palestiniens sans emploi, proies des passeurs et victimes des «bateaux de la mort»

  • Ces dernières semaines ont été marquées par une augmentation significative du nombre de noyades impliquant des Palestiniens
  • Presque chaque semaine, des bateaux transportant des immigrants palestiniens en provenance de Libye, de Tunisie, du Maroc ou de Turquie ont fait naufrage, causant la mort de plusieurs personnes

RAMALLAH: Des Palestiniens faisaient partie des migrants dont le bateau a coulé en eaux profondes à une cinquantaine de kilomètres de la ville côtière grecque de Pylos, mercredi.

Au moins 80 migrants ont perdu la vie dans le naufrage. Les sauveteurs ont parcouru les mers au large de la Grèce jeudi, alors que les espoirs de retrouver des survivants s'amenuisaient et que l'on craignait que des centaines d'autres, dont des enfants, ne se soient noyés dans la cale du bateau de pêche surpeuplé.

Selon certaines sources, entre 400 et 750 personnes auraient embarqué sur le bateau de pêche, qui avait quitté le port libyen de Tobrouk et qui a chaviré et coulé tôt dans la matinée.

Les autorités grecques ont déclaré que 104 survivants avaient été ramenés sur le rivage.

Ces dernières semaines, le nombre de noyades impliquant des Palestiniens a considérablement augmenté, ce qui a conduit à des demandes d’explications de la part de l’Autorité palestinienne, au pouvoir en Cisjordanie, et le Hamas, dans la bande de Gaza.

L'AP et le Hamas sont tous deux chargés de suivre ces incidents et de communiquer avec les familles des victimes et les autorités compétentes dans les pays où ces tragédies se produisent.

Presque chaque semaine, des bateaux transportant des immigrants palestiniens en provenance de Libye, de Tunisie, du Maroc ou de Turquie font naufrage, entrainant la mort de plusieurs personnes.

Les Palestiniens les appellent les «bateaux de la mort» et ils transportent souvent des enfants dans des voyages sans garantie de sécurité.

Des sources palestiniennes qui ont parlé à Arab News ont rapporté les témoignages de survivants qui affirment que les passeurs, cherchant à maximiser le nombre de passagers sur les canots pneumatiques, autorisent le double du nombre recommandé de personnes à bord.

Les bateaux sont censés être propulsés par deux moteurs, mais les contrebandiers n'en gardent qu'un en état de marche afin d'économiser du carburant. L'un des passagers, qui n'a aucune expérience des vents violents et autres dangers, reçoit une brève formation sur la conduite du bateau et la détermination de la direction.

L'ambassadeur Ahmad al-Deek, conseiller politique au ministère palestinien des Affaires étrangères, a déclaré à Arab News qu'il était difficile de connaître le nombre exact de Palestiniens qui ont perdu la vie dans la tragédie de mercredi, car certains ont disparu et d'autres ont été arrêtés par les garde-côtes grecs ou italiens qui n'ont pas coopéré avec les ambassades palestiniennes.

Al-Deek a déclaré que les migrants palestiniens, dont certains viennent de la bande de Gaza et d'autres de Syrie et du Liban, entreprennent un voyage dangereux pour atteindre les côtes grecques, en payant les passeurs entre 7 000 et 10 000 dollars (1 dollar américain = 0,91 euro). Les passeurs les transportent dans de vieux bateaux branlants d'une capacité de 10 personnes, mais chargés de 40 à 50 passagers. Tous ces facteurs contribuent à leur naufrage.

Si les bandes de passeurs se disputent avec les passagers, ils font couler le bateau délibérément. La plupart de ces bateaux partent de Turquie ou de Libye, a-t-il ajouté.

Al-Deek a signalé : «Des bandes organisées de trafiquants d'êtres humains sont à l'origine de cette tragédie humanitaire. Nous nous efforçons d'en faire une question d'opinion publique palestinienne, où les familles palestiniennes devraient empêcher leurs enfants de s'embarquer dans de tels voyages de la mort.»

Malgré les appels lancés aux familles palestiniennes pour qu'elles mettent en garde leurs enfants contre le risque d'être victimes des bandes de passeurs, le phénomène se poursuit, a avisé Al-Deek.

Selon les témoignages des survivants, les passeurs évitent de divulguer les incidents de naufrage pendant plusieurs jours, et les passagers sont parfois sévèrement battus et maltraités. Ils sont également victimes de cruauté lorsqu'ils sont interceptés par les patrouilles de sécurité grecques qui les accueillent sur les îles qu'ils atteignent.

«Nous travaillons jour et nuit pour limiter ce désastre permanent, et nous avons demandé aux ambassades palestiniennes dans les pays d'où partent les Palestiniens de décourager les jeunes de le faire», a indiqué Al-Deek.

Influence du Hamas

Il a mentionné qu'un département spécial avait été créé au sein de son ministère, chargé de recueillir des informations sur les personnes disparues et de communiquer avec leurs familles ainsi qu'avec les autorités, les ambassades palestiniennes et les garde-côtes des pays où les incidents se sont produits.

«Sa tâche consiste à coopérer avec les services de renseignement palestiniens pour recueillir des informations sur les victimes et les gangs responsables des tragédies, à communiquer avec les personnes arrêtées dans les centres d'enquête et d'hébergement, à rassurer leurs familles sur leur situation et à aider les familles qui souhaitent ramener les corps de leurs enfants à la maison», a expliqué Al-Deek.

«Les jeunes Palestiniens, contraints de gagner leur vie, décident de monter à bord de ces bateaux. Il est donc nécessaire de lever le siège de Gaza et d'améliorer les conditions de vie des jeunes», a-t-il estimé.

Le Hamas prétend éduquer les citoyens de Gaza par le biais des sermons du vendredi dans les mosquées et des émissions de radio et de télévision, en les exhortant à ne pas prendre part à ces voyages périlleux et en demandant à de nombreux pays arabes et non arabes d'absorber les diplômés des universités de Gaza sur leur marché du travail.

Mukhaimer Abou Saada, professeur de sciences politiques à l'université Al-Azhar de Gaza, a déclaré à Arab News que des raisons économiques poussaient les jeunes hommes d'une vingtaine d'années à émigrer par bateau, soulignant le taux élevé de chômage et le manque d'opportunités d'emploi parmi les diplômés de l'université dans la bande de Gaza.

«Le taux de chômage des jeunes dans la bande de Gaza a atteint 45% et celui des diplômés de l'université 65%», a alerté Abou Saada.

«La plupart des emplois gouvernementaux à Gaza sont occupés par des membres du mouvement Hamas», a-t-il déclaré, évoquant que l'agence des Nations unies Unrwa, considérée comme le deuxième employeur après le Hamas, a réduit le nombre de ses postes vacants et emploie désormais des travailleurs journaliers ou des personnes sous contrat annuel.

L'Autorité palestinienne a cessé d'embaucher des diplômés universitaires de Gaza en 2007, et l'obtention d'un permis de travail en Israël est compliquée.

Environ 2 millions de personnes vivent dans la bande de Gaza, qui est soumise à un blocus israélien total depuis 2006.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: les frappes israéliennes ont fait plus de 3.000 morts depuis le 2 mars 

Les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban depuis le début des hostilités entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars, selon un nouveau bilan officiel lundi, alors que les violences se poursuivent malgré la trêve. (AFP)
Les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban depuis le début des hostilités entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars, selon un nouveau bilan officiel lundi, alors que les violences se poursuivent malgré la trêve. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban depuis le début des hostilités entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars
  • Dans un communiqué, le ministère libanais de la Santé a recensé 3.020 morts, dont 116 membres du personnel médical et 211 enfants ou mineurs

BEYROUTH: Les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban depuis le début des hostilités entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars, selon un nouveau bilan officiel lundi, alors que les violences se poursuivent malgré la trêve.

Dans un communiqué, le ministère libanais de la Santé a recensé 3.020 morts, dont 116 membres du personnel médical et 211 enfants ou mineurs, ainsi que 9.273 blessés.

 

 


L'ONU exige qu'Israël empêche un «génocide» à Gaza

Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie. (AFP)
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  • Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza
  • Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites"

GENEVE: Les Nations unies ont exigé lundi qu'Israël prenne toutes les mesures possibles pour empêcher des actes de "génocide" à Gaza, dénonçant des signes de "nettoyage ethnique" observés dans ce territoire palestinien ainsi qu'en Cisjordanie.

Dans un nouveau rapport, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré que les actions menées par Israël à Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023 constituaient des "violations flagrantes" du droit international, s'apparentant souvent à des "crimes de guerre et autres atrocités".

Dans la conclusion de ce rapport, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé Israël à veiller au respect d’une ordonnance de la Cour internationale de justice de 2024 lui enjoignant de prendre des mesures pour prévenir les actes de génocide à Gaza.

Selon lui, Israël doit veiller "avec effet immédiat à ce que son armée ne se livre pas à des actes de génocide, (et prendre) toutes les mesures nécessaires pour prévenir et punir l’incitation au génocide".

Une commission mandatée par l’ONU et plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International et Human Rights Watch ont accusé Israël d'avoir perpétré un génocide à Gaza. Israël rejette ces allégations comme "mensongères" et "antisémites".

Ce rapport, qui concerne la période allant du 7 octobre 2023, date à laquelle une attaque sans précédent du Hamas en Israël a déclenché une offensive israélienne à Gaza, jusqu'en mai 2025, condamne aussi les "violations graves" commises par des groupes armés palestiniens.

L'attaque du Hamas a causé la mort de 1.221 personnes du côté israélien, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles.

Le rapport met aussi en lumière les sévices subis par les otages capturés par les groupes armés palestiniens, dont beaucoup ont fait état de tortures et agressions sexuelles alors qu'ils étaient détenus "dans des conditions inhumaines" pendant des mois.

Meurtres "illégaux" 

Le rapport consacre également une large part aux actions d’Israël à Gaza, où sa campagne militaire de représailles a fait plus de 72.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire dirigé par le Hamas, dont les statistiques sont considérées comme fiables par l’ONU.

Une grande partie de ces meurtres "semblent illégaux", indique le rapport, qui souligne aussi comment Israël a "mené des attaques contre des cibles civiles ou protégées".

Parmi celles-ci figurent "des établissements de santé et des installations médicales", ainsi que des civils, dont des journalistes, des professionnels de santé, des acteurs humanitaires et des policiers, et ce "de manière systématique et répétée".

Cette campagne d’Israël à Gaza a rendu les conditions de vie dans une grande partie du territoire "incompatibles avec la survie des Palestiniens en tant que groupe", a alerté le Haut-Commissariat.

Il a également déclaré que "le recours à une force inutile et disproportionnée en Cisjordanie a(vait) conduit à des centaines de meurtres illégaux".

"En Cisjordanie, le taux de déplacements forcés de Palestiniens n'a pas été aussi élevé depuis des décennies et l'expansion des colonies israéliennes est sans précédent", a déclaré lundi devant la presse à Genève Ajith Sunghay, qui dirige le bureau du Haut-Commissariat dans les territoires palestiniens.

Sur les deux territoires, "l’armée israélienne et d’autres forces de sécurité ont provoqué des déplacements de population à grande échelle", ajoute le Haut-Commissariat.

Le rapport relève que les violations commises par Israël dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés révélaient une pratique visant à infliger un "déplacement forcé, un dépeuplement et un nettoyage ethnique de vastes parties du territoire palestinien occupé".

Depuis, le fragile cessez-le feu d'octobre dernier "a permis de réduire l'ampleur considérable des violences observées jusqu’alors et a ouvert une marge de manœuvre humanitaire modeste", a déclaré Ajith Sunghay.

"Cependant, les meurtres et la destruction des infrastructures se sont poursuivis presque quotidiennement, et la situation humanitaire générale reste désastreuse", a-t-il ajouté.

Le Haut-Commissariat a jugé "essentiel que toutes les violations énumérées dans le rapport fassent l’objet d’un examen en bonne et due forme" par des "instances judiciaires crédibles et impartiales".

 


Le président libanais promet de faire «l'impossible» pour arrêter la guerre avec Israël

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  • Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.
  • Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

BEYROUTH: Le président libanais a promis lundi de faire "l'impossible" pour arrêter la guerre avec Israël qui poursuit ses frappes, faisant plus de 3.000 morts depuis mars, malgré une trêve et de nouvelles négociations bilatérales en vue.

"Il est de mon devoir et de ma responsabilité de faire l'impossible (...) pour arrêter la guerre contre le Liban et son peuple", a déclaré Joseph Aoun dans un communiqué.

Il a rappelé que les négociations entre le Liban et Israël à Washington avaient notamment pour objectif un retrait des forces israéliennes du sud du Liban et un retour des déplacés.

Les Etats-Unis avaient annoncé vendredi, à l'issue de négociations entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, la prolongation de 45 jours d'un cessez-le-feu qui devait expirer dimanche.

Et le département d'État américain a indiqué qu'il organiserait un nouveau cycle de discussions les 2 et 3 juin.

Malgré la trêve, Israël a poursuivi lundi ses frappes contre plusieurs localités dans le sud du Liban, a rapporté l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

L'armée israélienne a appelé à l'évacuation de trois localités dans les régions de Tyr et de Nabatiyé en prévision de bombardements, et réitéré plus tard son appel pour l'une de ces localités.

Dimanche, des frappes israéliennes près de Baalbeck, dans l'est du pays, ont tué sept personnes dont un chef du Jihad islamique palestinien, allié du Hezbollah.

La formation, qui rejette les négociations directes entre le Liban et son ennemi juré, a revendiqué lundi deux attaques contre des objectifs militaires en Israël.

"En riposte à la violation du cessez-le-feu" par Israël, le Hezbollah a visé "une plateforme du Dôme de fer", le système de défense aérienne israélienne, dans un camp militaire, "au moyen d'un drone d'attaque", a déclaré le mouvement dans un communiqué, ajoutant par ailleurs avoir visé un véhicule militaire dans le nord d'Israël.

Le Hezbollah a aussi revendiqué lundi des attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban.

Ces dernières semaines, le Hezbollah a utilisé à plusieurs reprises des drones FPV à fibre optique, à bas coût. "Aujourd'hui, nous faisons face au défi de neutraliser les drones FPV", avait déclaré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Les négociations parrainées par Washington portent notamment sur l'épineuse question du désarmement du Hezbollah, que le groupe refuse.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes ont fait 3.020 morts au Liban, dont 211 enfants ou mineurs et 116 membres du personnel médical, selon un nouveau bilan officiel lundi.

Le bilan des frappes israéliennes au Liban dépasse les 400 morts depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.