Le Parlement libanais approuve un financement pour couvrir les salaires du secteur public

Il y a plus de 250 000 employés dans le secteur public, parmi lesquels on trouve les forces militaires et de sécurité. (AFP)
Il y a plus de 250 000 employés dans le secteur public, parmi lesquels on trouve les forces militaires et de sécurité. (AFP)
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Publié le Mardi 20 juin 2023

Le Parlement libanais approuve un financement pour couvrir les salaires du secteur public

  • Cette décision intervient au moment où le gouvernement intérimaire dirigé par le Premier ministre, Najib Mikati, n’a toujours pas approuvé le budget de 2023
  • Le Fonds monétaire international demande au Liban de réduire le nombre des employés du secteur public sur une période qui va de cinq à dix ans

BEYROUTH: Le Parlement libanais a adopté lundi un projet de loi de crédits pour couvrir les salaires et les indemnités de transport des employés du secteur public.

Cette décision intervient au moment où le gouvernement intérimaire dirigé par le Premier ministre, Najib Mikati, n’a toujours pas approuvé le budget de 2023 ni actualisé les chiffres du budget de 2022.

Lors d’une session controversée, le Parlement, qui comprend cent vingt-huit députés, a également adopté une proposition de loi qui prévoit des incitations financières et des indemnités de transport pour les professeurs de l’université libanaise au cours de l’année universitaire en cours.

La session a été boycottée par vingt-neuf députés représentant des partis chrétiens d’opposition et des députés réformistes.

Le quorum a été atteint grâce à la présence des députés du Courant patriotique libre, dirigé par le député Gebran Bassil.

Ce bloc parlementaire estime que sa position est conforme «au principe qu’il a adopté et qui limite sa participation à la législation sur les sujets essentiels liés aux intérêts supérieurs de l’État».

Les députés qui ont boycotté la session rapportent dans un communiqué conjoint que la réunion de lundi est intervenue mercredi dernier après que le duo Hezbollah-Amal a interrompu la 12e session de vote.

Selon la Constitution, le Parlement ne peut pas légiférer si le poste de président reste vacant. C’est un organe exclusivement électoral jusqu’à l’élection du président.

Par conséquent, les députés ont déclaré que la session est inconstitutionnelle et que des crédits supplémentaires ne peuvent être approuvés en l’absence du budget de 2023. Ce dernier n’a pas été adopté par le gouvernement intérimaire, qui ne jouit pas de la confiance du Parlement.

Les députés boycotteurs des blocs des Forces libanaises, de Kataeb et de Tajadod ont déclaré que «les augmentations arbitraires et non financées conduisent à l’inflation, qui entraînait auparavant une réduction de moitié du pouvoir d’achat des salaires».

Cette approche «manque de sérieux, de vision et de plan global. Par ailleurs, elle ne résout pas les problèmes», ajoutent-ils.

Le président de la Chambre des députés, Nabih Berri, a répondu aux députés boycotteurs dès l’ouverture de la session. «Certains partis pensent que le gouvernement ne devrait pas se réunir et que le Parlement ne devrait pas légiférer. Si nous voulons faire ce qu’ils veulent, nous ne travaillerons jamais», estime-t-il.

M. Mikati, quant à lui, souligne lors de la session: «Le budget de 2023 est prêt et le ministère des Finances enverra le projet de budget final au gouvernement avant la fin du mois de juin pour entamer les discussions. Nous convoquerons des sessions consécutives du gouvernement pour l’approuver.»

Un observateur politique soutient que Nabih Berri et le Hezbollah ont réussi à convaincre Gebran Bassil de se joindre à la session de lundi, puisque cela concernait les salaires des gens.

Leur décision intervient après la fusion des positions de Gebran Bassil avec les forces chrétiennes de l’opposition, il y a une semaine, au sujet du vote pour un seul candidat à la présidentielle contre le candidat soutenu par le Hezbollah et le mouvement Amal, ajoute l’observateur.

Samir Geagea, le chef des Forces libanaises, a également commenté la session de lundi, affirmant qu’elle avait été créée par ceux qui ont entravé l’élection d’un nouveau président pour le pays. «La véritable solution à nos problèmes consiste à combler le vide présidentiel et non à altérer la Constitution et les lois pour adopter des décisions irréfléchies qui aggravent encore plus la situation au Liban», affirme-t-il.

Le gouvernement intérimaire a publié un décret le mois dernier pour payer l’intégralité des salaires des employés du secteur public au taux de Sayrafa de la Banque centrale, soit 86 300 livres libanaises pour un dollar (1 dollar = 0,92 euro).

La décision comprend les salaires des juges, du personnel militaire, des employés du ministère, des administrations publiques, des institutions publiques comme Ogero et Électricité du Liban, des hôpitaux publics et de la Coopérative des fonctionnaires, ainsi que la pension des retraités du secteur public.

L’approbation des crédits, décidée lundi, permet le versement d’une indemnité supplémentaire équivalente à quatre mois pour les administrations générales, à trois mois pour les militaires et les retraités ainsi qu’à une nouvelle indemnité journalière de transport de 450 000 livres libanaises.

Ces versements seront entièrement déboursés pour le mois de mai et versés rétroactivement à tous les employés durant le présent mois de juin.

Il y a plus de 250 000 employés dans le secteur public, parmi lesquels on trouve les forces militaires et de sécurité.

Selon une étude statistique d’Information International, une société de conseil en recherche basée à Beyrouth, il y a 120 000 membres parmi le personnel militaire et de sécurité, 40 000 employés dans le secteur de l’éducation, 25 000 dans les ministères et les administrations publiques et 115 000 dans les institutions publiques et les municipalités.

En outre, on dénombre 70 000 retraités, dont la plupart sont des militaires.

L’augmentation du nombre d’employés de l’État est attribuée au favoritisme politique et sectaire au Liban.

Le Fonds monétaire international demande au Liban de réduire le nombre de ces employés sur une période qui va de cinq à dix ans afin de limiter l’épuisement des fonds publics.

Actuellement, le coût des salaires du secteur public s’élève à 12 000 milliards de livres libanaises par an, ce qui équivaut à 8 milliards de dollars selon l’ancien taux de change officiel de 1 500 livres libanaises pour un dollar, ou à 800 millions de dollars selon le nouveau taux de change officiel de 15 000 livres libanaises pour un dollar.

La livre libanaise a perdu plus de 90% de sa valeur par rapport aux devises étrangères en raison de l’effondrement économique auquel le Liban se trouve confronté depuis 2019. Le salaire d’un employé du secteur public ne dépasse plus cent dollars, au mieux.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Syrie: deux civils tués dans une région druze 

Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales. (AFP)
Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales. (AFP)
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  • Une des sources de sécurité druze a déclaré qu'un obus tiré depuis un secteur contrôlé par le gouvernement avait "visé la périphérie de la ville de Soueïda"
  • L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a également fait état de deux morts et de combats

SOUEIDA: Deux civils ont été tués dimanche dans une région à majorité druze du sud de la Syrie, ont indiqué à l'AFP deux sources locales de sécurité, sur fond d'affrontements entre groupes armés druzes et forces gouvernementales.

La situation est tendue dans la province de Soueïda, où vivent de nombreux membres de cette minorité issue du chiisme, depuis des affrontements meurtriers il y a un an, les pires depuis la chute du président Bachar al-Assad fin 2024.

Une des sources de sécurité druze a déclaré qu'un obus tiré depuis un secteur contrôlé par le gouvernement avait "visé la périphérie de la ville de Soueïda, touchant un tracteur et tuant les deux personnes qui se trouvaient à bord: le conducteur et une femme".

Cette source, qui a requis l'anonymat, a également indiqué que "des affrontements intermittents ont lieu entre la Garde nationale et les forces gouvernementales depuis samedi soir", faisant référence au groupe armé de l'influent chef druze Hikmat al-Hijri.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a également fait état de deux morts et de combats.

La deuxième source de sécurité, qui s'est rendue sur le site de la frappe, a dit avoir vu le tracteur "entièrement brûlé", ajoutant que les deux victimes étaient des agriculteurs.

Le gouvernement syrien n'a pas immédiatement réagi à ces informations.

Des factions druzes contrôlent la ville de Soueïda et d'autres secteurs de la province du même nom malgré des tentatives de Damas d'y rétablir son autorité.

Il s'agit de l'une des dernières zones échappant au gouvernement islamiste qui cherche, depuis fin 2024, à unifier le pays, morcelé par plus de 13 ans de guerre.

Samedi, des groupes armés druzes avaient empêché des élèves de se rendre à leurs examens dans un secteur de la province contrôlé par le gouvernement.

La province de Soueïda avait été le théâtre en juillet 2025 d'affrontements entre combattants druzes et bédouins, qui avaient dégénéré après l'intervention de forces gouvernementales, puis de combattants tribaux en appui aux Bédouins.

Ces violences, les pires depuis fin 2024, avaient fait plus de 2.000 morts, selon l'OSDH. D'après des survivants et des ONG, elles avaient été marquées par de nombreuses exactions visant les druzes.

Damas a récemment annoncé avoir renvoyé plusieurs personnes devant la justice dans le cadre de l'enquête sur ces affrontements.

En 2025, l'armée israélienne avait bombardé des positions gouvernementales, affirmant vouloir protéger la communauté druze, présente aussi en Israël.

Hikmat al-Hijri a déclaré cette semaine que "les druzes étaient partie intégrante de l'Etat d'Israël".


A Tripoli, la Syrie et la Libye officialisent leur rapprochement diplomatique

 Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.  (AFP)
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne. (AFP)
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  • "Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne"
  • Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi

TRIPOLI: Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.

"Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne", a déclaré le ministre syrien, qui a tenu des discussions avec son homologue libyen par intérim Taher El-Baour et a été reçu par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, chef du gouvernement libyen reconnu par l'ONU.

Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi.

"Cette ambassade assurera le suivi administratif des Syriens qui se sont réfugiés en Libye pendant les années de guerre, à une époque où il n'y avait plus de représentation diplomatique, Tripoli ayant rompu ses relations avec l'ancien régime", a ajouté M. Chaibani.

Selon l'agence officielle syrienne Sana, la communauté syrienne en Libye est estimée à environ 200.000 personnes.

"Nous avons également convenu de renforcer la coordination sécuritaire pour lutter contre l'immigration clandestine, ainsi que contre les stupéfiants et les organisations terroristes", a-t-il poursuivi.

Durant les dernières années du conflit en Syrie (2011-2024), la Libye est devenue un terrain d'affrontement entre des forces loyales à Bachar al-Assad et des factions de l'opposition et islamistes syriennes.

Des mercenaires issus des deux camps y ont combattu pour le compte de leurs parrains russes et turcs respectifs, qui soutenaient des camps opposés dans le conflit libyen.

A la mi-août 2025, une délégation dépêchée par Damas avait rouvert l'ambassade de Syrie à Tripoli, fermée depuis 2012, sans toutefois reprendre immédiatement la fourniture de services consulaires.


Les Emirats arabes unis disent avoir fait face à un drone venant d'Iran

Une vue de Dubaï. (AFP)
Une vue de Dubaï. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales
  • Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales, après que Téhéran a dit avoir attaqué une base américaine dans le pays du Golfe.

Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X.