Poutine met en garde contre une «guerre civile» en Russie après la «trahison» du chef de Wagner

Des combattants du groupe de mercenaires privés Wagner montent la garde dans une rue près du quartier général du district militaire sud de la ville de Rostov-on-Don, en Russie, le 24 juin 2023. (Reuters)
Des combattants du groupe de mercenaires privés Wagner montent la garde dans une rue près du quartier général du district militaire sud de la ville de Rostov-on-Don, en Russie, le 24 juin 2023. (Reuters)
Des combattants du groupe de mercenaires privés Wagner montent la garde dans une rue près du quartier général du district militaire sud de la ville de Rostov-on-Don, en Russie, le 24 juin 2023. (Reuters)
Des combattants du groupe de mercenaires privés Wagner montent la garde dans une rue près du quartier général du district militaire sud de la ville de Rostov-on-Don, en Russie, le 24 juin 2023. (Reuters)
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Publié le Samedi 24 juin 2023

Poutine met en garde contre une «guerre civile» en Russie après la «trahison» du chef de Wagner

  • «Ce à quoi nous faisons face, ce n'est rien d'autre qu'une trahison. Une trahison provoquée par les ambitions démesurées et les intérêts personnels» de M. Prigojine, a affirmé Vladimir Poutine
  • Plus tôt, le chef de Wagner avait affirmé tenir le quartier général de l'armée russe à Rostov, centre névralgique des opérations en Ukraine, et contrôler plusieurs sites militaires

MOSCOU: Le président russe Vladimir Poutine s'est vigoureusement dressé samedi contre la "trahison" du chef du groupe paramilitaire Wagner Evguéni Prigojine, en pointant le risque de "guerre civile".

L'armée russe a commencé à mener "des actions opérationnelles et de combat nécessaires" dans la région de Voronej, frontalière de l'Ukraine, à quelque 600 km au sud de Moscou, a déclaré sur Telegram le gouverneur régional, Alexandre Goussev.

En complet noir, l'air grave et le ton martial, Valdimir Poutine, qui fait face à un défi sans précédent depuis son arrivée au pouvoir fin 1999, s'est adressé à 07H00 GMT sans le nommer à l'homme qui ose le défier, accusant "les traitres" et promettant de les "punir".

"C'est un coup de poignard dans le dos de notre pays et de notre peuple", a déclaré M. Poutine dans une adresse à la nation. "Ce à quoi nous faisons face, ce n'est rien d'autre qu'une trahison. Une trahison provoquée par les ambitions démesurées et les intérêts personnels" de M. Prigojine, a-t-il affirmé.

Vladimir Poutine "se trompe profondément" et que ses combattants ne se "rendront pas", a rétorqué le chef de Wagner .

"Nous sommes des patriotes. Personne ne va se rendre à la demande du président, des services de sécurité ou de qui que ce soit", a-t-il ajouté en s'en prenant pour la première fois directement au président russe.

Rumeurs

Et alors que des rumeurs sur les réseaux sociaux affirmaient que M. Poutine avait quitté Moscou après la mutinerie, son porte-parole Dmitri Peskov cité par l'agence Ria Novosti, a assuré que "le président travaille au Kremlin".

Plus tôt, Prigojine avait affirmé tenir le quartier général de l'armée russe à Rostov, centre névralgique des opérations en Ukraine, et contrôler plusieurs sites militaires dont l'aérodrome.

Pour contrebalancer cette rébellion contre Moscou, les dirigeants des deux chambres du Parlement ont appelé à soutenir "la consolidation des forces" ainsi que le "président Vladimir Poutine, le commandant-en-chef", a déclaré sur Telegram le président de la chambre basse, Viatcheslav Volodine.

"La force" de la Russie réside dans "l'unité (...) et notre intolérance historique pour les trahisons et les provocations", a renchéri la présidente de la chambre haute, Valentina Matvienko.

Les dirigeants installés par la Russie dans les régions de Donetsk et de Lougansk (est), ainsi que Zaporijjia et Kherson (sud) ont fait de même, en se déclarant "avec le Président!".

Le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov a annoncé samedi envoyer ses hommes dans les "zones de tension". "Nous ferons tout pour préserver l'unité de la Russie et protéger son statut d'Etat", a-t-il déclaré sur Telegram.

Les autorités ont renforcé les mesures de sécurité à Moscou où le "régime d'opération antiterroriste" vient d'être instauré, après la menace de Prigojine qui avait lancé sur Telegram: "On continue, on ira jusqu'au bout" et "nous détruirons tout ce qui sera mis sur notre route".

L'armée russe a affirmé samedi avoir repoussé au cours des dernières 24 heures neuf attaques ukraniennes contre ses positions dans le sud et l'est de l'Ukraine. Ces affirmations n'étaient pas vérifiables de source indépendante.

Côté ukrainien, le président Volodymyr Zelensky a insisté sur l'"évidente" faiblesse de la Russie, soutenant que son pays protège l'Europe "du mal et du chaos" russe.

Les temps forts de la présidence de Poutine

De son arrivée au Kremlin à la rébellion du chef du groupe paramilitaire Wagner contre l'état-major russe, retour sur les moments-clés de Vladimir Poutine, au pouvoir en Russie depuis plus de deux décennies.

 

Avènement de Poutine

En août 1999, Boris Eltsine, premier président de la Russie après la chute de l'Union soviétique, propulse au poste de Premier ministre un quasi-inconnu, Vladimir Poutine. Cet ancien chef du FSB (ex-KGB) acquiert rapidement une image d'homme fort dans un pays traumatisé par une vague d'attentats attribués aux indépendantistes tchétchènes (près de 300 morts).

Boris Eltsine, miné par l'alcool et la maladie, démissionne le 31 décembre 1999. Son dauphin lui succède définitivement lors de la présidentielle de mars 2000.

 

Guerre en Tchétchénie

De 2000 à 2009, le conflit contre les rebelles tchétchènes et islamistes, marqué par des exactions et le bombardement aveugle de Grozny, fait des dizaines de milliers de victimes.

Parallèlement, des prises d'otages revendiquées par la rébellion se soldent par des assauts sanglants des forces russes, notamment dans un théâtre de Moscou (850 otages et 130 morts) et à Beslan, en Ossétie du nord (plus de 1.000 otages et 330 morts dont 186 enfants).

 

Premier tour de vis

Durant ses deux premiers mandats, Vladimir Poutine renforce son emprise sur le Parlement, place les gouverneurs régionaux sous la coupe de Moscou, renforce le FSB et met au pas les médias, tout comme les puissants et richissimes oligarques. Mikhaïl Khodorkovski, patron déchu du groupe pétrolier Ioukos résiste et sert d'exemple, en restant dix ans derrière les barreaux.

En 2006, le meurtre de la journaliste critique du pouvoir Anna Politkovskaïa, et l'empoisonnement au polonium-210 de l'ex-espion russe Alexandre Litvinenko, provoquent des ondes de choc mondiales.

 

L'intermède Medvedev

La Constitution lui interdisant un troisième mandat consécutif, Vladimir Poutine choisit comme dauphin son subordonné Dmitri Medvedev, élu le 2 mars 2008 sans concurrence réelle. Sans rien perdre de son influence, il devient Premier ministre.

 

Guerre en Géorgie

En août 2008, l'armée russe intervient en Géorgie, ex-république soviétique candidate à l'Otan, après que Tbilissi a voulu reprendre le contrôle d'un territoire séparatiste pro-russe. Moscou écrase l'armée géorgienne.

 

Le retour

Fin 2011, une contestation éclate après des législatives entachées de fraudes selon l'opposition. Des dizaines de milliers de personnes manifestent chaque semaine à Moscou.

Réélu président en mars 2012, Poutine réprime brutalement les manifestations.

 

"Grande Russie"

Vladimir Poutine endosse les habits de restaurateur de la "grande Russie" en annexant en 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée, réagissant à une révolution à Kiev fomentée selon lui par l'Occident.

Cette opération est suivie d'une guerre dans l'Est de l'Ukraine avec des séparatistes prorusses. Poutine reste impassible aux sanctions occidentales.

 

Syrie

En 2015, l'armée russe vient au secours du Syrien Bachar al-Assad, dont les forces sont en déroute face aux rebelles et jihadistes.

L'intervention sauve le régime et Poutine installe la puissance russe au Moyen-Orient, au prix de bombardements aveugles et meurtriers, notamment à à Alep.

 

Eradiquer l'opposition

Depuis 2020, le Kremlin est engagé dans une politique de répression systématique. Sa cible principale: Alexeï Navalny, détracteur le plus célèbre de Vladimir Poutine, qui, après avoir survécu de justesse à un empoisonnement qu'il impute au pouvoir, purge une peine de neuf ans de prison et risque 30 années de réclusion dans un nouveau procès en cours.

Parallèlement, médias, ONG, sites internet et réseaux sociaux sont bloqués.

 

Invasion de l'Ukraine

Le 24 février 2022, Vladimir Poutine lance ses forces armées en Ukraine, prétextant  sauver la minorité russe chez ce voisin qu'il dit vouloir "dénazifier" et présente comme un pion de l'Otan, la menace existentielle pour la Russie.

 

Face à une rébellion armée

Dans une allocution télévisée le 24 juin 2023, il dénonce la "menace mortelle" et le risque de "guerre civile" après une rébellion armée menée par le chef du groupe paramilitaire Wagner, Evguéni Prigojine, contre le commandement russe qu'il accuse d'avoir bombardé ses troupes.

Plus tôt, le chef de Wagner avait affirmé tenir le quartier général de l'armée russe à Rostov, centre névralgique des opérations en Ukraine, et contrôler plusieurs sites militaires.

«Sécurité renforcée»

"Nous sommes tous prêts à mourir, tous les 25.000. Et après il y en aura encore 25.000", avait martelé Prigojine.

Dans la nuit, il avait annoncé être entré à Rostov. Il a aussi assuré que ses troupes avaient abattu un hélicoptère russe qui avait "ouvert le feu sur une colonne civile". Mais il n'a pas apporté de preuves de ces affirmations, dont l'AFP n'a pas pu vérifier la véracité.

Le gouverneur de la région de Rostov a appelé la population à "rester à la maison", et celui de Lipetsk, à 420 km au sud de Moscou, a annoncé "des mesures de sécurité renforcées".

M. Poutine a été forcé d'admettre que la situation à Rostov est "difficile".

Une "enquête pénale" liée à une "tentative d'organiser une mutinerie armée" a été annoncée, selon le porte-parole du Kremlin.

Dans plusieurs messages audio tout au long de la journée, le patron de Wagner avait auparavant affirmé que des frappes russes avaient fait un "très grand nombre de victimes" dans ses rangs. "Un très grand nombre de nos combattants ont été tués", a-t-il dit, accusant le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou d'avoir ordonné ces attaques.

Ces accusations "ne correspondent pas à la réalité et sont une provocation", a rétorqué le ministère de la Défense dans un communiqué.

Le FSB (forces de sécurité) a appelé les combattants de Wagner à arrêter leur chef. Et un influent général, Sergueï Sourovikine, les a exhorté à renoncer à leur révolte.

"Ceux qui ont la responsabilité militaire du pays doivent être stoppés", a aussi dit le patron de Wagner, appelant les Russes à se joindre à ses troupes ou à ne pas leur opposer de résistance.

Evguéni Prigojine, impétueux et imprévisible patron du groupe Wagner

Le conflit en Ukraine a permis à l'imprévisible patron du groupe paramilitaire Wagner de s'imposer comme un acteur de premier plan en Russie. Mais en appelant au soulèvement de l'armée et de la population russes contre l'état-major, Evguéni Prigojine a franchi le Rubicon.

Le président russe Vladimir Poutine a vigoureusement dénoncé samedi la  "trahison" d'Evguéni Prigojine, "provoquée par les ambitions démesurées et les intérêts personnels", en pointant le risque de "guerre civile".

L'impétueux milliardaire au crâne rasé et aux traits durs a affirmé s'être emparé "sans un coup de feu" du quartier général de l'armée russe à Rostov, centre névralgique des opérations en Ukraine, après avoir accusé la veille l'armée russe d'avoir bombardé des camps de son groupe.

Affirmant disposer de "25.000" combattants "prêts à mourir", le chef mercenaire de 62 ans a appelé l'armée et la population russes à se joindre à lui, tout en se défendant de tout "coup d'Etat militaire".

En réaction, les puissants services de sécurité russes ont ouvert une enquête contre lui pour "appel à la mutinerie armée", une grave accusation qui pourrait en théorie l'envoyer derrière les barreaux pour longtemps.

Mais rien n'est certain lorsqu'il s'agit de M. Prigojine, passé maître dans l'art de la provocation et des revirements.

"Il reste encore à comprendre ce qui est en train de se passer", note l'analyste russe indépendante Tatiana Stanovaïa, pour qui les autorités cherchent "peut-être à mettre Prigojine hors-jeu, avec la participation active de ce dernier".

"Pour le FSB et l'état-major, c'est clairement du pain bénit. Au bas mot, Prigojine va se prendre un coup sur la tête", ajoute-t-elle.

Maître de la provocation 

Le conflit en Ukraine semblait pourtant avoir fourni une occasion en or à l'homme d'affaires de sortir de l'ombre d'où il opérait depuis des années, pour enfin s'affirmer comme un acteur de premier plan en Russie.

En mai 2023, après des mois de durs et sanglants combats, M. Prigojine atteint la consécration en revendiquant la prise par Wagner de Bakhmout (est de l'Ukraine), célébrant une rare victoire sur le champ de bataille pour les forces russes.

Mais c'est aussi à l'occasion de cette bataille que les tensions avec l'état-major s'accentuent: M. Prigojine l'accuse de priver Wagner de munitions et multiplie les vidéos dans lesquelles il insulte les commandants russes.

Impensable pour n'importe qui d'autre en Russie, dans un contexte de répression totale.

Son passage de l'ombre à la lumière a débuté en septembre, au moment où l'armée russe subissait revers sur revers en Ukraine, une humiliation pour les va-t-en-guerre dont il fait partie.

Il sort alors du bois en admettant, pour la première fois, qu'il est bien le fondateur en 2014 du groupe paramilitaire Wagner, actif en Ukraine comme en Syrie, mais aussi en Afrique. Et s'impose comme un meneur.

"Ces gars, des héros, ont défendu le peuple syrien, d'autres peuples de pays arabes, les démunis africains et latino-américains, ils sont devenus un pilier de notre patrie", revendique-t-il.

En octobre, il pousse cette logique de réclame plus loin encore, installant en grande pompe dans un immeuble de verre de Saint-Pétersbourg (nord-ouest) le siège de la "compagnie militaire privée Wagner".

Maître de la provocation, il publie en février une vidéo le montrant à bord d'un avion de guerre où il propose au président ukrainien Volodymyr Zelensky de décider le sort de Bakhmout au cours d'un duel aérien.

Milliardaire 

Pour se doter d'une armée à la hauteur de ses ambitions, M. Prigojine, natif comme M. Poutine de Saint-Pétersbourg, recrute des milliers de détenus pour combattre en Ukraine, en échange d'une amnistie.

L'univers de la prison, Evguéni Prigojine le connaît bien, ayant lui-même passé neuf ans en détention à l'époque soviétique pour des délits de droit commun.

Il sort en 1990, alors que l'URSS est en train de s'effondrer, et monte une affaire à succès de vente de hot-dogs.

Il monte ensuite en gamme, jusqu'à ouvrir un restaurant de luxe qui devient l'un des plus courus de Saint-Pétersbourg, où Vladimir Poutine connaît en parallèle sa propre ascension politique.

Après l'accession en 2000 de Vladimir Poutine à la présidence, son groupe de restauration officie au Kremlin, ce qui lui vaut le surnom de "cuisinier de Poutine" et la réputation d'être devenu milliardaire grâce aux contrats publics.

C'est cet argent qu'il aurait donc utilisé pour fonder Wagner, armée privée d'abord composée de vétérans endurcis de l'armée et des services spéciaux russes.

En 2018, alors que ce groupe, déjà remarqué en Ukraine, Syrie et Libye, est soupçonné de prendre pied en Afrique, trois journalistes russes enquêtant sur les affaires de la société paramilitaire sont tués en Centrafrique.

«Cadeau»

La Maison Blanche et l'Union européenne ont dit suivre de près la situation et les chefs de la diplomatie du G7 se sont entretenus pour un "échange de vues".

Rishi Sunak, le Premier ministre britannique a appelé toutes les parties à être "responsables" et à "protéger les civils"

L'opposant russe en exil à Londres et homme d'affaires Mikhaïl Khodorkovski a appelé sur Telegram à soutenir Evguéni Prigojine face à Vladimir Poutine: "Oui, même le diable il faudrait l'aider s'il décidait d'aller contre ce régime!".

"Il n'y a pas de succès militaires" russes, avait déploré vendredi Prigojine, suggérant que l'armée russe subit de lourdes pertes en Ukraine.

Invérifiables de source indépendante, ces propos contredisent ceux de Poutine, selon qui l'armée russe "repousse" tous les assauts ukrainiens.

Le Kremlin a assuré que le président Poutine a reçu le "plein soutien" de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

Et la diplomatie bélarusse, a affirmé que la rébellion de Wagner était un "cadeau" fait à l'Occident.


Des frappes en Iran sont toujours une option pour Trump, selon la Maison Blanche

Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte. (AFP)
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  • La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG
  • "Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef"

WASHNIGTON: Donald Trump envisage des frappes aériennes en Iran pour mettre fin à la répression des manifestations qui secouent la République islamique depuis le 28 décembre, a affirmé lundi la Maison Blanche, ajoutant toutefois qu'une voie diplomatique restait ouverte.

La répression des manifestations en Iran a fait plus de 600 morts depuis le début de la contestation selon une ONG, la République islamique faisant face à l'un de ses plus importants mouvements de contestation depuis sa proclamation en 1979.

"Une chose dans laquelle le président Trump excelle est de garder toutes les options sur la table. Et les frappes aériennes sont l'une des très nombreuses options qui s'offrent au commandant en chef", a affirmé à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

Toutefois, elle a assuré que "la diplomatie (était) toujours la première option pour le président".

Selon elle, une voie diplomatique reste ouverte avec l'Iran, le pouvoir adoptant un "ton très différent" lors de discussions privées avec l'émissaire américain, Steve Witkoff.

"Ce que vous entendez de la part du régime iranien est très différent des messages que l'administration (américaine) reçoit en privé, et je pense que le président veut examiner ces messages", a-t-elle ajouté.

Donald Trump "ne souhaite pas voir des gens se faire tuer dans les rues de Téhéran, et malheureusement, c'est ce à quoi nous assistons actuellement", a également assuré Karoline Leavitt.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a lui déclaré lundi qu'un canal de communication était "ouvert" entre l'Iran et Steve Witkoff, malgré l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis.

Le pouvoir cherche à présent à reprendre la main en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans, après avoir imposé une coupure totale d'internet depuis le 8 janvier.

Le président américain avait annoncé dimanche qu'une réunion avec des responsables iraniens était "en cours de préparation", sans toutefois écarter l'option militaire. "Nous pourrions devoir agir avant une rencontre", avait-il avancé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des "options très fortes".

 


Partez maintenant! le message des États-Unis à leurs ressortissants en Iran

Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
Cette image, prise le 6 janvier 2026 à partir d'images UGC publiées le même jour sur les réseaux sociaux, montre les forces de sécurité iraniennes utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants au bazar de Téhéran. (Fichier/AFP)
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  • L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention
  • Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité

DUBAI: L'aide à l'alerte qui montre des liens avec les États-Unis peut conduire à la détention.
Les États-Unis ont demandé à leurs ressortissants en Iran de quitter le pays immédiatement, dans un contexte d'escalade des troubles.

"Quittez l'Iran maintenant", a déclaré l'ambassade virtuelle de Téhéran, gérée par le département d'État, dans une alerte de sécurité diffusée lundi, invitant les Américains à planifier leur départ sans l'aide du gouvernement américain.

L'alerte fait état d'une escalade des manifestations, d'un risque de violence, d'arrestations, de perturbations de l'Internet et d'un renforcement des mesures de sécurité.

L'Iran ne reconnaissant pas la double nationalité et traitant les citoyens américains et iraniens ayant une double nationalité uniquement comme des ressortissants iraniens, le fait de montrer des liens avec les États-Unis pourrait conduire à la détention.

Il a été conseillé aux citoyens américains de quitter le pays par voie terrestre, notamment via l'Arménie ou la Turquie, s'ils peuvent le faire en toute sécurité. Ceux qui ne sont pas en mesure de partir ont été invités à rester dans des lieux sûrs, à éviter les manifestations, à faire profil bas et à s'assurer un accès à la nourriture, à l'eau et aux médicaments.

Les États-Unis n'ont pas de relations diplomatiques ou consulaires avec l'Iran. L'ambassade de Suisse à Téhéran joue le rôle de puissance protectrice des États-Unis en cas d'urgence.


Léon XIV a reçu l'opposante vénézuélienne Maria Corina Machado

Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican. (AFP)
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  • Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète
  • En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine

CITE DU VATICAN: Le pape Léon XIV a reçu lundi en audience privée la cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, indique un bref communiqué du Vatican.

Cette audience - qui n'avait pas été annoncée - intervient peu avant le déplacement de l'opposante vénézuélienne à Washington cette semaine, où elle doit rencontrer le président américain Donald Trump.

Ce dernier avait estimé après la capture de Nicolas Maduro par les Américains que Maria Corina Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre, n'était pas qualifiée pour prendre les commandes du pays.

Sollicité par l'AFP, le Vatican n'a fourni aucun détail sur la rencontre, le nom de l'opposante vénézuélienne se trouvant simplement sur la liste des personnes reçues par le pape dans la matinée.

Le Saint-Siège a maintenu un délicat équilibre diplomatique avec le Venezuela ces deniers mois, soutenant la protection des droits humains tout en privilégiant une approche prudente et discrète.

En décembre, les autorités vénézuéliennes avaient confisqué le passeport du cardinal Baltazar Porras Cardozo, archevêque émérite de Caracas, illustrant la pression croissante sur l'Eglise dans le pays d'Amérique latine.

Cette rencontre intervient moins d'une semaine après un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, lors duquel ils ont évoqué la situation au Venezuela selon la Maison Blanche.

Vendredi, lors d'un discours devant le corps diplomatique, le pape américain avait de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun".

Il a également fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique".