Comment la région autonome du nord-est de la Syrie entend traduire en justice les combattants étrangers de Daech capturés

Des hommes, accusés d'être affiliés à Daech, sont assis par terre dans une prison de la ville de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 26 octobre 2019. (Photo, AFP)
Des hommes, accusés d'être affiliés à Daech, sont assis par terre dans une prison de la ville de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 26 octobre 2019. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 01 juillet 2023

Comment la région autonome du nord-est de la Syrie entend traduire en justice les combattants étrangers de Daech capturés

  • Alors que les gouvernements traînent les pieds en matière de rapatriement, les autorités affirment qu'elles poursuivront les extrémistes capturés devant leurs propres tribunaux
  • En raison des menaces qui pèsent sur la sécurité, la date et le lieu des procès ne sont pas annoncés

QAMISHLI: Le monde a poussé un soupir de soulagement collectif en mars 2019 lorsque Daech, le groupe extrémiste qui avait semé la terreur dans des zones étendues de la région depuis 2014, a finalement été vaincu dans son dernier bastion territorial de Baghouz, dans l'est de la Syrie.

La bataille pour la dernière enclave de Daech a marqué la fin du soi-disant califat du groupe, qui, à son apogée, occupait une zone couvrant la Syrie et l'Irak de la taille de la Grande-Bretagne.

Toutefois, ceux qui ont mené la coûteuse opération terrestre contre Daech — les Forces démocratiques syriennes — ont rapidement compris que le combat était loin d'être terminé.

Des milliers de combattants étrangers de Daech et leurs familles ont été capturés lors de la dernière bataille de Baghouz et transportés dans des prisons situées dans les territoires gérés par l'Administration autonome du nord et de l'est de la Syrie, qui échappent au contrôle du gouvernement syrien.

Pendant des années, ces combattants de Daech sont restés dans un état de flou juridique. Leur statut d'étranger et le fait que l'administration autonome du nord et de l'est de la Syrie (AANES) soit elle-même considérée comme un acteur non étatique, ont rendu difficile la détermination précise de ce qu'il convenait de faire d'eux.

Le 10 juin, les responsables de l'AANES ont annoncé qu'ils poursuivraient leurs propres voies judiciaires en établissant un tribunal pour juger devant une cour de justice jusqu'à 3 000 personnes étrangères liées à Daech et détenues par l'AANES.

«À cause du danger croissant et de la progression de Daech dans la région, la présence de ces détenus pendant de longues périodes sans procès constitue un fardeau et un danger pour la région et le monde entier», a déclaré Khaled Ibrahim, avocat et membre de l'organe administratif du département des relations étrangères d'AANES, à Arab News.

Pendant des années, la politique officielle de l'AANES a été de poursuivre le rapatriement des individus liés à Daech vers leurs pays d'origine. Toutefois, plusieurs de ces pays se sont montrés réticents à reprendre leurs citoyens, invoquant des problèmes de sécurité nationale.

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Les forces de sécurité kurdes syriennes Asayish se déploient lors d'un raid contre des combattants présumés de Daech à Raqqa, l'ancienne capitale de facto du groupe djihadiste en Syrie, le 28 janvier 2023. (Photo, AFP)

En fait, le nombre de rapatriements est en baisse. L'année dernière, 13 pays ont rapatrié 515 ressortissants étrangers du nord-est de la Syrie. Au cours des six premiers mois de 2023, environ 105 femmes et enfants ont été rapatriés.

Selon le centre d'information du Rojava, un organisme local de surveillance des conflits, quelque 2 774 étrangers suspectés d'appartenir à Daech ont été rapatriés depuis 2019 — une goutte d'eau dans l'océan compte tenu des quelque 13 000 hommes, femmes et enfants étrangers qui se trouvent encore dans les prisons et les camps du nord-est de la Syrie.

Malgré des années d'avertissements de l'AANES concernant la menace de Daech, le groupe terroriste a démontré l'ampleur de la menace qu'il représente toujours en organisant un soulèvement massif dans la prison de Gweiran, dans le nord-est de la Syrie, dans la région de Hasakah.

En janvier 2022, une série de voitures piégées ont explosé aux portes de la prison, tandis que des agents dormants de Daech à l'extérieur des murs de la prison ont ouvert le feu sur les gardiens.

Après plus d'une semaine des combats les plus intenses que la ville ait connus depuis sa libération de Daech en 2015, quelque 159 membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), quatre civils et au moins 345 prisonniers ont été tués. Des dizaines de détenus se sont échappés.

«Dans nos prisons, nous détenons des milliers de combattants de Daech parmi les plus brutaux. Nous ne pouvons plus les garder. Cela crée un problème de sécurité pour notre région», a déclaré Bedran Chiya Kurd, coprésident du département des relations extérieures de l’AANES, lors d'une conférence de presse le 15 juin.

Pour la seule année 2022, Kurd a indiqué que les FDS et la Coalition mondiale avaient mené 113 opérations antiterroristes, qui ont abouti à l'arrestation de 260 individus en relation avec Daech dans le nord-est de la Syrie.

Selon le centre de presse des FDS, en mai de cette année, les FDS ont mené 12 opérations unilatérales contre Daech, quatre opérations en partenariat avec la Coalition mondiale et le groupe antiterroriste basé au Kurdistan irakien, qui ont abouti à la mort d'un terroriste présumé et à la capture de 21 personnes.

«C'est la preuve que Daech tente de se relancer, de se renforcer et de reprendre ses activités. Si nous ne l'empêchons pas, ce ne sera qu'une question de temps avant qu'il ne redevienne actif et ne menace toute la région», a prévenu Kurd.

Les tribunaux prévus ne visent pas seulement à condamner les combattants de Daech, ni à réduire leurs chances de s'échapper et de rejoindre le champ de bataille.

«C'est important pour les droits des victimes, pour les droits de notre peuple qui a souffert et pour les droits de ceux qui ont payé un lourd tribut», a précisé Kurd.

«Nous avons offert plus de 13 000 martyrs dans ce combat et des milliers de vétérans ont été blessés et handicapés. Il est important de rendre justice à ces personnes », a-t-il insisté.

Toutefois, les poursuites judiciaires n'interfèrent pas avec le désir de l'AANES d'adhérer aux normes internationales, a-t-il ajouté.

«Cela fait presque cinq ans que ces personnes sont détenues. La détention de personnes sans procès n'est pas légale et n'est pas conforme aux normes internationales », a expliqué Kurd.

Bien que les procès soient «très transparents et équitables», Kurd a signalé que de nombreux détails restent à déterminer. Aucune date n'a été fixée pour le début du processus et, pour des raisons de sécurité, les lieux des procès ne seront pas publiés.

Les avocats représentant les détenus seront autorisés à se rendre dans le nord-est de la Syrie pour défendre leurs clients, mais la logistique de ce processus n'a pas encore été expliquée. On ne sait pas non plus si les détenus qui n'ont pas d'avocat seront assistés par l'AANES.

En outre, on ne sait pas si les femmes étrangères qui n'ont pas servi au combat seront jugées. Étant donné que les femmes et les enfants représentent les deux tiers des détenus étrangers de Daech, leur exclusion du processus réduirait considérablement le nombre de personnes jugées.

Dans un communiqué publié peu après l'annonce du 10 juin, l'AANES n'a pas déclaré catégoriquement qu'elle poursuivrait les femmes, les considérant plutôt comme des «victimes».

Toutefois, lors de la conférence de presse du 15 juin, Kurd a déclaré que certaines femmes pourraient être jugées s'il existait des preuves suffisantes qui indiquent qu'elles avaient commis des crimes.

Il a toutefois été précisé que la peine de mort ne serait pas envisagée, car elle est illégale en vertu du contrat social de l'AANES, qui fait office de constitution.

L'AANES dispose déjà d'un système judiciaire antiterroriste, qui a jugé environ 8 000 ressortissants syriens, a déclaré Sipan Ahmed (dont le nom a été modifié pour des raisons de sécurité), procureur du tribunal de défense populaire de Qamishli, au Centre d'information du Rojava lors d'une interview réalisée en 2021.

Bien qu'il n'y ait actuellement aucune précision sur les peines susceptibles d'être prononcées au cours des prochains procès, Ahmed a indiqué que la loi 20-2014 de l'AANES prévoyait des peines pour des crimes particuliers — de 15 à 20 ans pour le viol, de 10 à 20 ans pour la traite des êtres humains et de 15 ans à la perpétuité pour l'assassinat.

Les peines pour appartenance à Daech varient actuellement d'un an pour des rôles de bas niveau dans les activités du groupe à des peines de prison à vie pour les membres de la direction ou ceux qui donnent des ordres d'exécution. 

Le statut des détenus et de l'AANES lui-même a donc posé une série de problèmes juridiques, a déclaré Themis Tzimas, avocat et expert en droit international, à Arab News.

«L'administration autonome n'est ni un État, ni reconnue internationalement. Elle constitue une partie de facto, illégale et semi-séparée d'un État souverain. Elle ne possède aucune autorité légale justifiant la conduite d'un procès sur son territoire contrôlé de facto et par son autorité», a indiqué Tzimas.

Toutefois, en raison de l'absence de relations diplomatiques formelles entre l'AANES et le gouvernement syrien, Kurd a déclaré qu'il n'existe actuellement aucun mécanisme permettant de remettre les détenus étrangers à Damas.

Bien que Tzimas estime qu'un tribunal international spécial pourrait être une solution aux divers dilemmes juridiques soulevés par un tel procès, Kurd a affirmé que l'AANES n'avait reçu aucune offre d'assistance de la part d'États étrangers ou d'organismes juridiques internationaux.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le fait qu'un acteur non étatique juge des ressortissants étrangers de manière indépendante n'est pas sans précédent dans l'histoire du droit international. Les procès menés par les républiques non reconnues de Donetsk et de Louhansk, soutenues par la Russie, en sont un exemple.

Katerina Asimakopoulou, experte juridique d'une maîtrise en droit international public, a déclaré à Arab News que d'autres affaires de ce type pourraient constituer un précédent pour les tribunaux de l'AANES, et que son statut non officiel pourrait ne pas être l'obstacle qu'il semblait être à première vue.

Asimakopoulou a fait référence à une affaire de 2017 dans laquelle un tribunal suédois a condamné un ancien combattant rebelle syrien pour violation du droit international après la diffusion d'une vidéo le montrant en train de participer à l'exécution de soldats du régime syrien.

L'accusé, Omar Haisan Sakhanh, a tenté de faire valoir que ces soldats syriens avaient été jugés et condamnés par un tribunal mis en place par l'Armée syrienne libre, un parti d'opposition.

Si le tribunal a finalement condamné Sakhanh, il a également accepté que l’Armée syrienne libre, un acteur non étatique, soit autorisée à établir ses propres tribunaux.

D'autres groupes armés non étatiques, notamment les Tigres de libération de l'Eelam Tamoul au Sri Lanka, le Mouvement de libération du Congo en République démocratique du Congo et le Front Farabundo Marti de libération nationale au Salvador, ont tous mené des procès dans le cadre de leur propre système judiciaire, selon Asimakopoulou.

Elle a ajouté qu'en 2018, le gouvernement français a déclaré qu'il n'avait aucun intérêt à juger les membres français de Daech devant ses propres tribunaux, préférant qu'ils soient jugés par l'AANES.

«C'est une question très ambiguë, en fait», a-t-elle déclaré à Arab News. «Selon une vision centrée sur l'État, les groupes armés non étatiques n’ont pas le droit d’établir des tribunaux.»

«Toutefois, la pratique et la jurisprudence internationales ont montré que, lorsqu'un tel tribunal sera effectivement établi, ses décisions seront jugées en fonction de leur conformité avec les garanties fondamentales d'un procès équitable», a soutenu Asimakopoulou.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Guterres effectue une visite en Syrie, la première d'un chef de l'ONU depuis 2009

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, prononce le discours d’ouverture du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, à Genève. (AFP)
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  • Antonio Guterres est arrivé en Syrie pour réaffirmer le soutien de l’ONU à la transition politique et rencontrer les autorités syriennes ainsi que des représentants de la société civile
  • Cette visite intervient à un moment clé, alors que la Syrie doit relever les défis de la reconstruction, de la gouvernance inclusive et des tensions sécuritaires persistantes

DAMAS: Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est arrivé samedi en Syrie, selon l'agence de presse officielle Sana, pour témoigner de son soutien à la transition politique du pays, dévasté par plus de treize ans de guerre.

Cette visite est la première d'un secrétaire général de l'ONU en Syrie depuis celle de Ban Ki-moon en 2009. Elle intervient plus d'un an et demi après la chute fin 2024 du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a accueilli à l'aéroport international de Damas M. Guterres qui est accompagné d'une délégation, a rapporté Sana.

"L'opportunité qui se présente aujourd'hui ne se limite pas à se relever du conflit, mais inclut aussi les bases d'un avenir pour la Syrie marqué par plus de stabilité, d'inclusivité et de prospérité pour tous les Syriens", a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Le diplomate réaffirmera que "le rôle des Nations unies est d'accompagner et de soutenir le peuple syrien dans ce cheminement", a-t-il ajouté.

Lors de sa visite prévue jusqu'à lundi, Antonio Guterres doit notamment rencontrer le président Ahmad al-Chareh ainsi que des représentants de la société civile, des organisations représentant les femmes et les diverses communautés du pays.

- "Période clé" -

Depuis son arrivée au pouvoir, Ahmad al-Chareh a rompu avec son passé jihadiste et, en septembre, il a été le premier président syrien depuis Noureddine al-Atassi en 1967 à prononcer un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

La communauté internationale n'a cessé d'inciter les nouvelles autorités islamistes à bâtir des institutions solides et efficaces, et instaurer une gouvernance inclusive et plurielle.

Le pays a été le théâtre en mars 2025 de massacres d'alaouites, minorité dont est issu M. Assad, et d'affrontements sanglants avec des combattants druzes la même année.

L'envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie, Claudio Cordone, avait indiqué mardi que M. Guterres allait "réaffirmer l'engagement des Nations unies à soutenir le gouvernement syrien et le peuple syrien dans cette période clé pour l'histoire de la Syrie".

Le chef de l'ONU doit également aller à la rencontre de la force de maintien de la paix de l'ONU déployée dans une zone tampon sur le plateau du Golan depuis 1974.

Après le renversement de Bachar al-Assad, Israël a envoyé des troupes dans cette zone.

Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.

Les infrastructures de la Syrie ont été très gravement endommagées par la guerre civile, entre 2011 et 2024, et le coût de la reconstruction a été évalué à plus de 216 milliards de dollars par la Banque mondiale.

Plusieurs hauts responsables de l'ONU se sont rendus en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad, notamment le haut-commissaire aux droits de l'homme, Volker Türk.

Une délégation d'ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU avait également effectué une visite en décembre dernier.


La coalition dirigée par l’Arabie saoudite frappe des sites houthis au Yémen alors que le conflit s’intensifie

Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
Un navire est aperçu au large du port d’Aden, où le trafic est resté soutenu après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont affirmé avoir mené des attaques de missiles et de drones contre des pétroliers saoudiens, à Aden, au Yémen, le 23 juillet 2026. (Reuters)
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  • Des frappes aériennes visent des sites de la « milice terroriste houthie » à Hodeïda, selon le porte-parole de la coalition
  • L’envoyé saoudien accuse les Houthis de « transformer le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures »

RIYAD / SANAA : Les forces de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen ont mené vendredi des frappes aériennes contre des sites militaires houthis dans la ville portuaire de Hodeïda, sur la côte ouest, en réponse aux attaques visant des navires liés à l’Arabie saoudite en mer Rouge, a annoncé la coalition.

« Nous avons mené une opération de riposte militaire proportionnée contre des cibles militaires légitimes appartenant à la milice terroriste houthie dans le gouvernorat de Hodeïda », a déclaré sur X le porte-parole de la coalition, le général de division Turki Al-Malki, précisant que l’opération était terminée.

Ces frappes interviennent après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont menacé de viser les navires saoudiens ne respectant pas leur blocus maritime et revendiqué cette semaine des attaques contre deux navires saoudiens. L’Arabie saoudite a confirmé l’une de ces attaques.

Une source sécuritaire yéménite a indiqué à l’AFP qu’une base navale à Hodeïda ainsi qu’un camp militaire sur l’île de Kamaran figuraient parmi les cibles.

Le ministère des Affaires étrangères contrôlé par les Houthis a déclaré vendredi que ces frappes marquaient le début d’une phase « d’escalade pour escalade ».

Des habitants ont rapporté avoir entendu des explosions, notamment à proximité du port.

La chaîne Al-Masirah, contrôlée par les Houthis, a indiqué que deux personnes avaient été blessées : un employé à Hodeïda et une femme sur l’île de Kamaran.

Dans un communiqué publié samedi, Turki Al-Malki a affirmé que le port de Hodeïda n’avait pas été visé et que tous les ports yéménites, notamment Hodeïda, Ras Issa et Salif, demeuraient ouverts à la navigation maritime et continuaient d’accueillir des navires commerciaux.

Il a également indiqué qu’aucun aéroport n’avait été ciblé afin de maintenir le trafic aérien, tout en accusant les Houthis d’empêcher les opérations de vol à l’aéroport international de Sanaa.

La coalition saoudienne a déclaré qu’elle continuerait à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses navires et les intérêts de l’Arabie saoudite, et qu’elle répondrait « sans compromis » si les Houthis poursuivaient ce qu’elle qualifie d’actions hostiles.

Cette escalade constitue le premier échange de tirs signalé entre la coalition et les Houthis depuis plusieurs années, mettant en péril une trêve fragile largement respectée depuis 2022, bien qu’elle ait officiellement expiré.

Vendredi, les médias d’État saoudiens ont cité un responsable de l’autorité des transports indiquant que le navire saoudien NCC MASA avait été pris pour cible alors qu’il naviguait en mer Rouge, subissant de légers dégâts à sa coque. Le navire a ensuite repris sa route, selon l’agence SPA.

Cette nouvelle flambée de tensions intervient alors que les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont renforcé l’importance de la route de la mer Rouge pour l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole.

En avril et en mai, la totalité des exportations maritimes de brut saoudien est partie du port de Yanbu, sur la mer Rouge, selon les données de Kpler. Ce port a représenté 92 % des exportations maritimes de pétrole brut en juin et 78 % depuis le début du mois de juillet.

Les Houthis combattent le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale depuis 2014 dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts.

L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohamed AlJabir, a affirmé que le Royaume continuait de rechercher et de soutenir tous les efforts visant à obtenir une désescalade et « une solution politique globale qui mettrait fin aux souffrances du peuple yéménite ».

Mais, selon lui, la milice houthie persiste dans une logique d’escalade et de violence « au service d’agendas étrangers », dans une allusion apparente à l’Iran.

« Cette milice a transformé le Yémen en monnaie d’échange entre les mains de parties extérieures, qui l’utilisent à leur guise pour servir leurs intérêts au détriment de la sécurité et de la stabilité du Yémen », a écrit AlJabir dans une série de messages publiés sur X.

Il a également souligné que, tandis que l’Arabie saoudite soutient l’arrivée de navires dans les ports de Hodeïda afin de répondre aux besoins du peuple yéménite, « la milice houthie poursuit ses attaques lâches contre des navires commerciaux civils en mer Rouge, menaçant la liberté de la navigation internationale et la sécurité de la région ».

Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, a déclaré samedi que les Houthis « jouent avec les intérêts du peuple yéménite » au profit de l’Iran. Il a estimé que la poursuite de cette escalade constituait « une perte de temps » et un gaspillage des ressources du pays.

« La milice terroriste houthie sacrifie les intérêts du peuple yéménite pour servir les objectifs de l’Iran », a-t-il déclaré dans un communiqué.

• Avec AP, Reuters et AFP 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit se préparer à mener une «vaste opération» en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués. (AFP)
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  • L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad
  • Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi qu'elle se préparait à mener une "vaste opération antiterroriste" en Cisjordanie occupée à la suite de violences qui ont coûté la vie à un Israélien et quatre Palestiniens.

"A la suite de l'attaque terroriste perpétrée plus tôt dans la journée dans la région de Tel, les soldats des FDI (armée israélienne, NDLR) se préparent à mener une vaste opération antiterroriste dans ce secteur", a indiqué l'armée. Elle a ajouté avoir reporté les permissions des soldats sur l'ensemble du territoire et déployé ses forces dans la région.

Netanyahu promet d'agir "avec fermeté" 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis vendredi d'agir "avec fermeté" après la mort d'un Israélien dans de nouvelles violences en Cisjordanie occupée, lors desquelles quatre Palestiniens ont aussi été tués.

L'armée israélienne a déclaré que des soldats avaient été déployés après des informations faisant état d'une attaque contre des civils israéliens qui faisaient selon elle une randonnée près de la colonie israélienne de Havat Gilad.

Selon elle, les assaillants se sont emparés de l'arme d'un membre des forces de sécurité arrivées sur place, avant d'ouvrir le feu sur les randonneurs.

Les secours israéliens du Magen David Adom ont indiqué qu'un homme d'une trentaine d'années avait été déclaré mort près de la colonie.

Deux personnes blessées par balles, âgées d'une vingtaine d'années, ont été évacuées par hélicoptère, l'une dans un état grave, selon la même source.

L'armée a ensuite annoncé avoir tué l'auteur de l'attaque et récupéré l'arme dérobée. Elle a précisé que des opérations étaient toujours en cours pour retrouver d'éventuels autres assaillants.

Un journaliste de l'AFP a constaté que tous les barrages et points de contrôle avaient été fermés dans le nord de la Cisjordanie et que d'importants renforts militaires avaient été déployés dans le secteur.

Le ministère palestinien de la Santé a indiqué de son côté que quatre Palestiniens avaient été tués dans le village de Tel, voisin de la colonie, et que quatre autres avaient été blessés, dont trois grièvement.

Le chef du conseil du village de Tel, Walid Zidan, a rejeté la version israélienne, affirmant à l'AFP qu'une vingtaine de colons étaient entrés dans le village palestinien avant que des affrontements n'éclatent.

Selon lui, des soldats israéliens se sont ensuite joints aux colons pour tirer sur des Palestiniens.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de manière indépendante.

Agir "d'une main de fer"

Après la mort de l'Israélien, M. Netanyahu a dit que son gouvernement agirait "avec fermeté contre les terroristes et leurs commanditaires", selon un communiqué de son bureau.

Il a précisé qu'il allait tenir une réunion avec les responsables sécuritaires pour "discuter des modalités de la riposte à l'attentat meurtrier".

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a appelé l'armée à agir "d'une main de fer" contre "le village des meurtriers et ses environs", sans fournir davantage de précisions.

Les violences en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, se sont fortement intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres officiels israéliens, au moins 47 Israéliens, civils et militaires confondus, y ont été tués depuis octobre 2023 dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.

Selon un décompte de l'AFP, fondé sur les données du ministère de la Santé palestinien, le bilan côté palestinien est d'au moins 1.094 Palestiniens, combattants ou civils tués par des soldats ou des colons israéliens.

Hors Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.

Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.