Comment la région autonome du nord-est de la Syrie entend traduire en justice les combattants étrangers de Daech capturés

Des hommes, accusés d'être affiliés à Daech, sont assis par terre dans une prison de la ville de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 26 octobre 2019. (Photo, AFP)
Des hommes, accusés d'être affiliés à Daech, sont assis par terre dans une prison de la ville de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 26 octobre 2019. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 01 juillet 2023

Comment la région autonome du nord-est de la Syrie entend traduire en justice les combattants étrangers de Daech capturés

  • Alors que les gouvernements traînent les pieds en matière de rapatriement, les autorités affirment qu'elles poursuivront les extrémistes capturés devant leurs propres tribunaux
  • En raison des menaces qui pèsent sur la sécurité, la date et le lieu des procès ne sont pas annoncés

QAMISHLI: Le monde a poussé un soupir de soulagement collectif en mars 2019 lorsque Daech, le groupe extrémiste qui avait semé la terreur dans des zones étendues de la région depuis 2014, a finalement été vaincu dans son dernier bastion territorial de Baghouz, dans l'est de la Syrie.

La bataille pour la dernière enclave de Daech a marqué la fin du soi-disant califat du groupe, qui, à son apogée, occupait une zone couvrant la Syrie et l'Irak de la taille de la Grande-Bretagne.

Toutefois, ceux qui ont mené la coûteuse opération terrestre contre Daech — les Forces démocratiques syriennes — ont rapidement compris que le combat était loin d'être terminé.

Des milliers de combattants étrangers de Daech et leurs familles ont été capturés lors de la dernière bataille de Baghouz et transportés dans des prisons situées dans les territoires gérés par l'Administration autonome du nord et de l'est de la Syrie, qui échappent au contrôle du gouvernement syrien.

Pendant des années, ces combattants de Daech sont restés dans un état de flou juridique. Leur statut d'étranger et le fait que l'administration autonome du nord et de l'est de la Syrie (AANES) soit elle-même considérée comme un acteur non étatique, ont rendu difficile la détermination précise de ce qu'il convenait de faire d'eux.

Le 10 juin, les responsables de l'AANES ont annoncé qu'ils poursuivraient leurs propres voies judiciaires en établissant un tribunal pour juger devant une cour de justice jusqu'à 3 000 personnes étrangères liées à Daech et détenues par l'AANES.

«À cause du danger croissant et de la progression de Daech dans la région, la présence de ces détenus pendant de longues périodes sans procès constitue un fardeau et un danger pour la région et le monde entier», a déclaré Khaled Ibrahim, avocat et membre de l'organe administratif du département des relations étrangères d'AANES, à Arab News.

Pendant des années, la politique officielle de l'AANES a été de poursuivre le rapatriement des individus liés à Daech vers leurs pays d'origine. Toutefois, plusieurs de ces pays se sont montrés réticents à reprendre leurs citoyens, invoquant des problèmes de sécurité nationale.

1
Les forces de sécurité kurdes syriennes Asayish se déploient lors d'un raid contre des combattants présumés de Daech à Raqqa, l'ancienne capitale de facto du groupe djihadiste en Syrie, le 28 janvier 2023. (Photo, AFP)

En fait, le nombre de rapatriements est en baisse. L'année dernière, 13 pays ont rapatrié 515 ressortissants étrangers du nord-est de la Syrie. Au cours des six premiers mois de 2023, environ 105 femmes et enfants ont été rapatriés.

Selon le centre d'information du Rojava, un organisme local de surveillance des conflits, quelque 2 774 étrangers suspectés d'appartenir à Daech ont été rapatriés depuis 2019 — une goutte d'eau dans l'océan compte tenu des quelque 13 000 hommes, femmes et enfants étrangers qui se trouvent encore dans les prisons et les camps du nord-est de la Syrie.

Malgré des années d'avertissements de l'AANES concernant la menace de Daech, le groupe terroriste a démontré l'ampleur de la menace qu'il représente toujours en organisant un soulèvement massif dans la prison de Gweiran, dans le nord-est de la Syrie, dans la région de Hasakah.

En janvier 2022, une série de voitures piégées ont explosé aux portes de la prison, tandis que des agents dormants de Daech à l'extérieur des murs de la prison ont ouvert le feu sur les gardiens.

Après plus d'une semaine des combats les plus intenses que la ville ait connus depuis sa libération de Daech en 2015, quelque 159 membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), quatre civils et au moins 345 prisonniers ont été tués. Des dizaines de détenus se sont échappés.

«Dans nos prisons, nous détenons des milliers de combattants de Daech parmi les plus brutaux. Nous ne pouvons plus les garder. Cela crée un problème de sécurité pour notre région», a déclaré Bedran Chiya Kurd, coprésident du département des relations extérieures de l’AANES, lors d'une conférence de presse le 15 juin.

Pour la seule année 2022, Kurd a indiqué que les FDS et la Coalition mondiale avaient mené 113 opérations antiterroristes, qui ont abouti à l'arrestation de 260 individus en relation avec Daech dans le nord-est de la Syrie.

Selon le centre de presse des FDS, en mai de cette année, les FDS ont mené 12 opérations unilatérales contre Daech, quatre opérations en partenariat avec la Coalition mondiale et le groupe antiterroriste basé au Kurdistan irakien, qui ont abouti à la mort d'un terroriste présumé et à la capture de 21 personnes.

«C'est la preuve que Daech tente de se relancer, de se renforcer et de reprendre ses activités. Si nous ne l'empêchons pas, ce ne sera qu'une question de temps avant qu'il ne redevienne actif et ne menace toute la région», a prévenu Kurd.

Les tribunaux prévus ne visent pas seulement à condamner les combattants de Daech, ni à réduire leurs chances de s'échapper et de rejoindre le champ de bataille.

«C'est important pour les droits des victimes, pour les droits de notre peuple qui a souffert et pour les droits de ceux qui ont payé un lourd tribut», a précisé Kurd.

«Nous avons offert plus de 13 000 martyrs dans ce combat et des milliers de vétérans ont été blessés et handicapés. Il est important de rendre justice à ces personnes », a-t-il insisté.

Toutefois, les poursuites judiciaires n'interfèrent pas avec le désir de l'AANES d'adhérer aux normes internationales, a-t-il ajouté.

«Cela fait presque cinq ans que ces personnes sont détenues. La détention de personnes sans procès n'est pas légale et n'est pas conforme aux normes internationales », a expliqué Kurd.

Bien que les procès soient «très transparents et équitables», Kurd a signalé que de nombreux détails restent à déterminer. Aucune date n'a été fixée pour le début du processus et, pour des raisons de sécurité, les lieux des procès ne seront pas publiés.

Les avocats représentant les détenus seront autorisés à se rendre dans le nord-est de la Syrie pour défendre leurs clients, mais la logistique de ce processus n'a pas encore été expliquée. On ne sait pas non plus si les détenus qui n'ont pas d'avocat seront assistés par l'AANES.

En outre, on ne sait pas si les femmes étrangères qui n'ont pas servi au combat seront jugées. Étant donné que les femmes et les enfants représentent les deux tiers des détenus étrangers de Daech, leur exclusion du processus réduirait considérablement le nombre de personnes jugées.

Dans un communiqué publié peu après l'annonce du 10 juin, l'AANES n'a pas déclaré catégoriquement qu'elle poursuivrait les femmes, les considérant plutôt comme des «victimes».

Toutefois, lors de la conférence de presse du 15 juin, Kurd a déclaré que certaines femmes pourraient être jugées s'il existait des preuves suffisantes qui indiquent qu'elles avaient commis des crimes.

Il a toutefois été précisé que la peine de mort ne serait pas envisagée, car elle est illégale en vertu du contrat social de l'AANES, qui fait office de constitution.

L'AANES dispose déjà d'un système judiciaire antiterroriste, qui a jugé environ 8 000 ressortissants syriens, a déclaré Sipan Ahmed (dont le nom a été modifié pour des raisons de sécurité), procureur du tribunal de défense populaire de Qamishli, au Centre d'information du Rojava lors d'une interview réalisée en 2021.

Bien qu'il n'y ait actuellement aucune précision sur les peines susceptibles d'être prononcées au cours des prochains procès, Ahmed a indiqué que la loi 20-2014 de l'AANES prévoyait des peines pour des crimes particuliers — de 15 à 20 ans pour le viol, de 10 à 20 ans pour la traite des êtres humains et de 15 ans à la perpétuité pour l'assassinat.

Les peines pour appartenance à Daech varient actuellement d'un an pour des rôles de bas niveau dans les activités du groupe à des peines de prison à vie pour les membres de la direction ou ceux qui donnent des ordres d'exécution. 

Le statut des détenus et de l'AANES lui-même a donc posé une série de problèmes juridiques, a déclaré Themis Tzimas, avocat et expert en droit international, à Arab News.

«L'administration autonome n'est ni un État, ni reconnue internationalement. Elle constitue une partie de facto, illégale et semi-séparée d'un État souverain. Elle ne possède aucune autorité légale justifiant la conduite d'un procès sur son territoire contrôlé de facto et par son autorité», a indiqué Tzimas.

Toutefois, en raison de l'absence de relations diplomatiques formelles entre l'AANES et le gouvernement syrien, Kurd a déclaré qu'il n'existe actuellement aucun mécanisme permettant de remettre les détenus étrangers à Damas.

Bien que Tzimas estime qu'un tribunal international spécial pourrait être une solution aux divers dilemmes juridiques soulevés par un tel procès, Kurd a affirmé que l'AANES n'avait reçu aucune offre d'assistance de la part d'États étrangers ou d'organismes juridiques internationaux.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le fait qu'un acteur non étatique juge des ressortissants étrangers de manière indépendante n'est pas sans précédent dans l'histoire du droit international. Les procès menés par les républiques non reconnues de Donetsk et de Louhansk, soutenues par la Russie, en sont un exemple.

Katerina Asimakopoulou, experte juridique d'une maîtrise en droit international public, a déclaré à Arab News que d'autres affaires de ce type pourraient constituer un précédent pour les tribunaux de l'AANES, et que son statut non officiel pourrait ne pas être l'obstacle qu'il semblait être à première vue.

Asimakopoulou a fait référence à une affaire de 2017 dans laquelle un tribunal suédois a condamné un ancien combattant rebelle syrien pour violation du droit international après la diffusion d'une vidéo le montrant en train de participer à l'exécution de soldats du régime syrien.

L'accusé, Omar Haisan Sakhanh, a tenté de faire valoir que ces soldats syriens avaient été jugés et condamnés par un tribunal mis en place par l'Armée syrienne libre, un parti d'opposition.

Si le tribunal a finalement condamné Sakhanh, il a également accepté que l’Armée syrienne libre, un acteur non étatique, soit autorisée à établir ses propres tribunaux.

D'autres groupes armés non étatiques, notamment les Tigres de libération de l'Eelam Tamoul au Sri Lanka, le Mouvement de libération du Congo en République démocratique du Congo et le Front Farabundo Marti de libération nationale au Salvador, ont tous mené des procès dans le cadre de leur propre système judiciaire, selon Asimakopoulou.

Elle a ajouté qu'en 2018, le gouvernement français a déclaré qu'il n'avait aucun intérêt à juger les membres français de Daech devant ses propres tribunaux, préférant qu'ils soient jugés par l'AANES.

«C'est une question très ambiguë, en fait», a-t-elle déclaré à Arab News. «Selon une vision centrée sur l'État, les groupes armés non étatiques n’ont pas le droit d’établir des tribunaux.»

«Toutefois, la pratique et la jurisprudence internationales ont montré que, lorsqu'un tel tribunal sera effectivement établi, ses décisions seront jugées en fonction de leur conformité avec les garanties fondamentales d'un procès équitable», a soutenu Asimakopoulou.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un député israélien tente de détruire un mémorial palestinien en Cisjordanie

Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique. (AFP)
Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique. (AFP)
Short Url
  • L'armée israélienne qui accompagnait le député lors de cette visite dans des villages palestiniens du nord de la Cisjordanie a dénoncé "la manière trompeuse et manipulatrice" dont elle a été utilisée par M. Soukot
  • "Des soldats de Tsahal affectés à des missions opérationnelles dans le secteur ont été détournés de ces missions pour cette tâche et exposés à des risques inutiles, alors que Tsahal opère dans un contexte de forte pression"

RAMALLAH: Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique.

"Il y a quelques jours, j'ai demandé à l'armée d'agir pour retirer les monuments commémorant des terroristes responsables d'attaques contre des Israéliens dans les villages de Madama et de Burin. Malheureusement, ils sont restés en place. Je m'y suis donc rendu moi-même et j'ai pris des mesures pour les retirer", a affirmé M. Soukot dans une vidéo le montrant avec un marteau tentant de détruire le mémorial.

L'armée israélienne qui accompagnait le député lors de cette visite dans des villages palestiniens du nord de la Cisjordanie a dénoncé "la manière trompeuse et manipulatrice" dont elle a été utilisée par M. Soukot.

"Des soldats de Tsahal affectés à des missions opérationnelles dans le secteur ont été détournés de ces missions pour cette tâche et exposés à des risques inutiles, alors que Tsahal opère dans un contexte de forte pression", a dit l'armée dans un communiqué.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que l'armée est "l'autorité souveraine en Judée-Samarie (nom israélien de la Cisjordanie)".

"Se faire justice soi-même, en particulier lorsqu'il s’agit de personnalités publiques, est une pratique répréhensible qui empêche Tsahal de se concentrer sur ses missions de lutte contre le terrorisme et l'incitation à la violence", a dit M. Netanyahu selon un communiqué de son bureau.

Le principal rival de M. Netanyahu pour les prochaines élections, Gadi Eizenkot, a réagi sur X en accusant le Premier ministre "qui permet à des anarchistes comme Zvi Soukot et ses semblables de faire tout ce qui leur plaît, mettant en danger la sécurité des localités israéliennes et portant atteinte à la position d'Israël dans le monde".

Rami Nassar, chef du conseil du village de Madama, a déclaré à l'AFP que "le monument porte les noms des martyrs du village tombés lors de la bataille de Karameh (en 1968, NDLR), des première et deuxième Intifada (soulèvement palestinien), ainsi que jusqu'à aujourd'hui", qualifiant l'acte du député israélien de "terrorisme".

M. Nassar a affirmé que le nom d'"un agriculteur du village tué alors qu'il travaillait sa terre, sans qu'aucun affrontement n'ait eu lieu" était notamment inscrit sur le mémorial.

Dans sa vidéo, M. Soukot a affirmé que parmi les noms mentionnés sur le mémorial figurait celui de Yamen Faredj, membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), recherché pour sa participation à des attentats en Israël pendant la seconde Intifada et qui avait été tué en 2004 à Naplouse par l'armée israélienne.

Les violences ont explosé dans le territoire palestinien, occupé depuis 1967, depuis l'attaque du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.


Les Etats-Unis retirent la Syrie de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme

Les États-Unis retirent la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué que cette mesure « contribuera à favoriser de nouveaux investissements en Syrie afin de promouvoir la stabilité politique et économique ». (AFP)
Les États-Unis retirent la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué que cette mesure « contribuera à favoriser de nouveaux investissements en Syrie afin de promouvoir la stabilité politique et économique ». (AFP)
Short Url
  • Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a affirmé que cette décision américaine offrait aux Syriens "une voie vers la prospérité".
  • Cette mesure "élimine les derniers obstacles majeurs à l'investissement du secteur privé en Syrie et favorise la reprise économique du pays ainsi que sa réintégration dans l'économie mondiale", a-t-il indiqué dans un communiqué

WAHSINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir retiré la Syrie de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme, sur laquelle le pays figurait depuis 47 ans, une nouvelle étape de la levée progressive des sanctions américaines.

Le gouvernement Trump avait indiqué début juillet son intention de supprimer la Syrie de cette liste, qui limitait jusqu'ici les investissements dans ce pays, un peu moins de deux ans après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024.

Les Etats-Unis ont également sorti Hayat Tahrir al-Sham (HTS), anciennement Front al-Nosra, ancien groupe islamiste qu'a dirigé le président syrien Ahmad al-Chareh, de leur liste des principaux groupements et individus "terroristes" (Specially Designated Global Terrorist).

Un temps branche d'Al-Qaïda en Syrie, le Front al-Nosra avait annoncé rompre ses liens avec l'organisation en 2016 et s'était rebaptisé HTS.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a affirmé que cette décision américaine offrait aux Syriens "une voie vers la prospérité".

Cette mesure "élimine les derniers obstacles majeurs à l'investissement du secteur privé en Syrie et favorise la reprise économique du pays ainsi que sa réintégration dans l'économie mondiale", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Tom Barrack, l'envoyé spécial américain en Syrie, a lui salué sur X, "une nouvelle étape décisive dans le remarquable parcours de la Syrie, de l'isolement au partenariat, et d'un pourvoyeur de terrorisme à un partenaire engagé dans la lutte mondiale contre lui".

"Moderne et durable"

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani a qualifié la décision américaine d'"étape historique", affirmant qu'elle reflétait "l'engagement du nouvel Etat syrien en faveur de la paix et de la sécurité internationale".

Le ministre syrien des Finances, Mohammed Barnieh, y voit un "succès majeur et historique de la diplomatie syrienne", dans un commentaire cité par l'agence de presse officielle Sana.

Cette mesure ouvre également selon lui une "voie majeure et attendue de longue date pour renforcer l'intégration de la Syrie dans le système économique et financier mondial, attirer les investissements et les technologies modernes, et soutenir les perspectives de développement".

De son côté, le gouverneur de la Banque centrale syrienne s'est félicité que le retrait du pays de cette liste lui permette "de retrouver sa place naturelle au sein du système économique mondial" et de "bâtir un système financier moderne et fiable".

Après sa prise de pouvoir, en décembre 2024, Ahmad al-Chareh avait annoncé la dissolution de tous les groupes armés ayant renversé Bachar al-Assad, dont HTS, sa propre formation.

Lundi toujours, le Trésor américain a ôté HTS de sa liste des personnes et entités sous sanctions (SDN List), selon un communiqué.

"Le Trésor se conforme à la promesse du président Trump de donner au peuple syrien une ouverture sur de grandes choses", a déclaré le ministre des Finances, Scott Bessent, cité dans le communiqué.

"Les décisions prises aujourd'hui vont favoriser des investissements supplémentaires en Syrie pour promouvoir la stabilité politique et économique" du pays, a-t-il poursuivi.

Depuis 2025, de nombreux pays occidentaux ont progressivement annulé les sanctions imposées à la Syrie, notamment le Canada ou le Royaume-Uni. L'Union européenne les avait levées dès mai 2025.

Lors de sa visite à Damas fin juillet, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait appelé les Etats à lever "immédiatement" les dernières sanctions visant encore la Syrie, afin de soutenir la reconstruction et la relance de l'économie locale.


Le ministre des Affaires étrangères d'Oman en Iran pour discuter d'Ormuz

Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Short Url
  • M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région"
  • Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux"

TEHERAN: Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz.

M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région", a déclaré lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, dans un communiqué.

Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux".

En riposte aux frappes israélo-américaines sur son sol le 28 février, qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient, l'Iran a verrouillé le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel circulait, avant le conflit, un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Téhéran a indiqué qu'il entendait imposer des frais de navigation pour des services aux navires y transitant, ce que refusent fermement les Etats-Unis et certains pays de la région. L'Iran a pris pour cible des navires qui tentent de traverser le détroit sans demander d'autorisation.

De son côté, le président américain Donald Trump martèle avoir le "contrôle total" du détroit et a affirmé qu'il en ferait, après la guerre un "territoire américain".

Il a également menacé de bombarder Oman si le pays se mettait "en travers" du chemin des Etats-Unis.

L'Iran et Oman discutent depuis plusieurs semaines pour établir une nouvelle route de navigation dans le détroit.

Mardi, le Qatar, un des pays médiateurs dans le conflit, les a appelés à conclure leurs négociations, pour permettre de "reprendre" les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran.

Téhéran affirme que la voie maritime restera fermée tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, dont la levée du blocus imposé par les Etats-Unis aux  ports iraniens.