Les pays arabes et l'OCI condamnent les violences en Cisjordanie

Un jeune Palestinien tenant un drapeau devant des pneus enflammés lors d'une manifestation près de la barrière frontalière avec Israël, à l'est de la ville de Gaza, le 3 juillet 2023 (Photo, AFP).
Un jeune Palestinien tenant un drapeau devant des pneus enflammés lors d'une manifestation près de la barrière frontalière avec Israël, à l'est de la ville de Gaza, le 3 juillet 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 04 juillet 2023

Les pays arabes et l'OCI condamnent les violences en Cisjordanie

  • Environ 3000 Palestiniens quittent le camp de Jénine après l'opération israélienne selon un responsable palestinien
  • Les autorités sanitaires palestiniennes affirment qu'au moins huit Palestiniens ont été tués et 50 blessés, dont certains grièvement

LONDRES: Israël a attaqué des cibles par drones dans un bastion militant de Cisjordanie occupée lundi et a déployé des centaines de soldats lors d’une incursion qui rappellent les attaques de grande envergure menées lors du second soulèvement palestinien il y a vingt ans. Cette opération lui a valu de nombreuses critiques.

Les troupes sont restées à l'intérieur du camp de réfugiés de Jénine lundi, poursuivant la plus grande opération menée dans la région depuis plus d'un an de combats. Cette opération s'inscrit dans un contexte de pression intérieure en faveur d'une réponse ferme à des attaques contre des colons israéliens, dont une fusillade qui a tué quatre Israéliens le mois dernier.

Les autorités sanitaires palestiniennes ont déclaré qu'au moins huit Palestiniens avaient été tués et 50 blessés, dont certains dans un état critique.

Selon un responsable palestinien s'exprimant en fin de journée lundi, environ 3 000 Palestiniens ont quitté le camp de réfugiés de Jénine après l'opération israélienne.

Les autorités palestiniennes, la Jordanie et l'Égypte voisines, ainsi que l'Organisation de la coopération islamique (OCI), qui compte 57 pays membres, ont condamné les violences.

«Notre peuple palestinien ne s'agenouillera pas, ne se rendra pas, ne hissera pas le drapeau blanc et restera fermement ancré sur ses terres face à cette agression brutale», a déclaré le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abu Rudeineh.

La Maison Blanche a indiqué qu'elle suivait de près la situation en Cisjordanie, selon un porte-parole lundi.

«Nous avons pris connaissance des événements et suivons la situation de près», a déclaré un porte-parole de la Maison-Blanche. «Nous soutenons la sécurité d'Israël et son droit à défendre son peuple contre le Hamas, le Djihad islamique palestinien et d'autres groupes terroristes.»

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est profondément préoccupé par l'évolution de la situation à Jénine, a déclaré un porte-parole après que les forces israéliennes ont frappé la ville de Cisjordanie avec des drones au cours de l'une des plus vastes opérations menées dans la région depuis vingt ans.

M. Guterres «affirme que toutes les opérations militaires doivent être menées dans le plein respect du droit international humanitaire», a indiqué le porte-parole adjoint de l'ONU, Farhan Haq, dans un communiqué.

Lynn Hastings, coordinatrice humanitaire de l'ONU dans les zones palestiniennes, a déclaré sur Twitter qu'elle était «alarmée par l'ampleur de l'opération des forces israéliennes», signalant des frappes aériennes dans un camp de réfugiés densément peuplé. Elle a ajouté que les Nations unies avaient mobilisé de l'aide humanitaire.

L’Iran mis en cause

Lundi après-midi, l'armée israélienne a indiqué avoir découvert trois usines de fabrication d'armes, confisqué des centaines d'explosifs et abattu deux tireurs palestiniens lors d'échanges de tirs.

L'armée a également fait état d'échanges de tirs entre les forces de sécurité israéliennes et des tireurs palestiniens dans une mosquée où les soldats ont trouvé des engins explosifs, des armes et du matériel militaire.

Le camp de Jénine et la ville de Jénine voisine constituent une zone de tension depuis l'escalade de la violence israélo-palestinienne au printemps 2022.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Eli Cohen, a accusé l'Iran d'être à l'origine des violences en finançant des groupes militants palestiniens, des propos rejetés par la partie palestinienne.

«Grâce aux fonds qu'ils reçoivent de l'Iran, le camp de Jénine est devenu un centre d'activités terroristes», a déclaré M. Cohen à des journalistes étrangers, ajoutant que l'opération serait menée de manière «ciblée» afin d'éviter les pertes civiles.

Le Djihad islamique, un groupe militant présent en grand nombre à Jénine, a menacé de lancer des attaques depuis son bastion de la bande de Gaza si les combats se prolongeaient.

«Si l'agression israélienne contre Jénine ne cesse pas, la résistance palestinienne fera ce qu'elle a à faire dans un court délai», a déclaré Dawood Shehab, porte-parole du groupe.

Le Hezbollah, groupe militant libanais, a également condamné les attaques, affirmant dans un communiqué que les Palestiniens avaient «de nombreuses alternatives et de nombreux moyens qui feront regretter à l'ennemi ses actes». Le Hezbollah a mené une guerre d'un mois contre Israël en 2006.

*Avec AP

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.