Nucléaire: Un EPR chinois à l'arrêt, et des questions sur le programme français

La centrale nucléaire conjointe sino-française de Taishan à l'extérieur de la ville de Taishan dans la province du Guangdong (Photo, AFP).
La centrale nucléaire conjointe sino-française de Taishan à l'extérieur de la ville de Taishan dans la province du Guangdong (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 06 juillet 2023

Nucléaire: Un EPR chinois à l'arrêt, et des questions sur le programme français

  • La pause de l'EPR 1 Taishan en Chine est liée en partie à de la corrosion sur des gaines de combustibles
  • EDF et Framatome n'ont en tout cas à ce jour pas démenti l'existence de ces problèmes de corrosion à Taishan

PARIS: Le réacteur nucléaire EPR 1 de Taishan en Chine accusera bientôt six mois d'arrêt, une pause liée en partie à de la corrosion sur des gaines de combustibles qui soulève des interrogations pour Flamanville 3, seul réacteur de même conception en construction en France.

L'affaire - un phénomène de corrosion relevée sur des gaines de crayons combustibles - a été révélée fin juin par le Canard Enchaîné, qui mercredi encore titrait sur cette "ombre chinoise" sur les ambitions nucléaires françaises.

Depuis, peu d'informations ont filtré sur l'avarie chinoise, alimentant les interrogations sur le sort de l'EPR en construction à Flamanville (Manche), de même conception française. Ce dernier, "Fla3" dans le jargon de l'atome, est très attendu: il doit en effet entrer en service au premier trimestre 2024 avec 12 ans de retard sur le calendrier et des dérapages financiers colossaux.

EDF, associée à 30% dans la paire d'EPR de la centrale de Taishan, s'est bornée mercredi à indiquer qu'il n'y avait pas de "risque sûreté" pour son réacteur normand, sans évoquer la question des délais.

"Les études réalisées par EDF avec l’appui de Framatome (fabricant des gaines, NDLR), concluent pour l’exploitation du premier cœur de Flamanville 3 à l’absence de tout risque sûreté lié à un tel phénomène de corrosion de la gaine des crayons combustibles", a expliqué le groupe dans une déclaration à l'AFP mercredi, sans mentionner non plus le problème chinois.

Ces gaines sont des pièces maîtresses de l'édifice nucléaire puisqu'elles hébergent les pastilles d'uranium compressées, nécessaires à la production électrique.

Le groupe précise cependant que "la corrosion de la gaine de crayons combustibles est un phénomène connu, rencontré notamment sur le parc nucléaire français".

"Il est en cours d’éradication via des évolutions des caractéristiques métallurgiques de la gaine des crayons combustibles (augmentation de la teneur en fer)", ajoute EDF, sans préciser quels réacteurs sont concernés en France. Le phénomène sera le cas échéant "intégré dans les études de sûreté", dit-il.

Il appartient désormais à EDF de faire le retour d'expérience de cette découverte, et de transmettre à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) "un dossier qui sera instruit dans le cadre de la mise en service de Flamanville 3", a expliqué de son côté l'ASN à l'AFP.

Questions sur 2024
EDF et Framatome n'ont en tout cas à ce jour pas démenti l'existence de ces problèmes de corrosion à Taishan, et renvoient à un communiqué de presse de l'exploitant chinois, remontant au 9 juin.

Dans ce communiqué, l'exploitant chinois CGN évoque l'arrêt du réacteur, et ce depuis le 31 janvier pour une opération programmée de rechargement de combustible. Pendant cet arrêt, il a été procédé à "quelques inspections et des tests", ajoute le groupe, sans jamais faire référence à ces problèmes de corrosion.

Pour le Canard enchaîné, s'appuyant sur des "informations recoupées", le réacteur a au contraire été "secrètement stoppé" du fait d'une "panne": "une oxydation excessive des gaines d'éléments combustibles".

L'exposition des gaines au "risque d’oxydation accélérée dépend des teneurs en fer des coulées utilisées et des conditions d’exploitation", explique l'IRSN, l'organe d'expertise scientifique de la sûreté nucléaire en France.

"La direction a été complètement rassurante sur le sujet", selon une source interne à EDF, indiquant que c’est "encore une histoire de combustible et c’est maîtrisé par Framatome". De ce fait, elle dit ne pas craindre pas de nouveaux retards pour Flamanville.

Mais la situation impose "a minima de regarder", estime Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting. "Il n'y aura pas forcément de retard pour l'EPR de Flamanville, mais cela va ajouter une pièce sur l'échiquier qui est de nature à décaler la mise en service", selon lui.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.