Yémen: Le riyal atteint un plus bas historique, des manifestations éclatent

Le riyal a chuté à 1 500 riyals pour un dollar à Aden et dans d'autres villes, s'effondrant par rapport au chiffre de 1 300 enregistré en mai et mettant fin à des mois de stabilité (Photo, Reuters).
Le riyal a chuté à 1 500 riyals pour un dollar à Aden et dans d'autres villes, s'effondrant par rapport au chiffre de 1 300 enregistré en mai et mettant fin à des mois de stabilité (Photo, Reuters).
Publié le Jeudi 13 juillet 2023

Yémen: Le riyal atteint un plus bas historique, des manifestations éclatent

  • Les commerçants locaux ont déclaré à Arab News mercredi qu'ils cesseraient d'acheter et de vendre des produits jusqu'à ce que le riyal yéménite se stabilise
  • Rachad al-Alimi, président du Conseil présidentiel, s'est engagé mercredi à stopper la chute du riyal et à réguler les marchés de change du Yémen

AL-MUKALLÂ: Des manifestations ont éclaté dans de nombreuses villes yéménites contrôlées par le gouvernement reconnu par la communauté internationale mercredi, alors que le riyal yéménite est tombé à son niveau le plus bas.

Le riyal a chuté à 1 500 pour un dollar à Aden et dans d'autres villes, s'effondrant par rapport au chiffre de 1 300 enregistré en mai et mettant fin à des mois de stabilité.

Des manifestants en colère ont bloqué des routes principales et mis le feu à des pneus à Aden et Al-Mukallâ, tandis que des entreprises, des bureaux de change et des magasins ont fermé leurs portes pour protester contre la dépréciation de la monnaie.

Les syndicats locaux et les utilisateurs des réseaux sociaux ont appelé à des manifestations généralisées et à la désobéissance civile dans les zones contrôlées par le gouvernement jusqu'à ce que le gouvernement yéménite intervienne pour mettre un terme à la chute du riyal.

Plusieurs personnes ont été tuées lors de précédentes manifestations à Al-Mukallâ et à Aden, après que les manifestants se soient heurtés aux forces de sécurité locales en raison de la détérioration de la situation économique et de la chute du riyal.

Depuis le début de 2022, lorsque le Conseil présidentiel a été formé et que le gouvernement est retourné à Aden, le riyal yéménite s'échangeait à 1 200 pour un dollar.

La monnaie a reçu un nouveau coup de pouce après que l'Arabie saoudite a annoncé un dépôt d'un milliard de dollars (1 dollar américain = 0,90 euro) auprès de la banque yéménite d'État.

Toutefois, en mai, le riyal a commencé à perdre de sa valeur, atteignant un niveau plancher de 1 300 pour un dollar après que les efforts de paix au Yémen ont été enlisés et que le Conseil présidentiel n'a pas pu rester à Aden.

Rachad al-Alimi, président du Conseil présidentiel, s'est engagé mercredi à stopper la chute du riyal et à réguler les marchés de change.

Sans préciser les plans de son gouvernement, Al-Alimi a déclaré lors d'une réunion avec l'ambassadeur de France au Yémen, Jean-Marie Safa, à Riyad, que le gouvernement agirait «de toute urgence» pour mettre un terme à la dépréciation du riyal.

Drones houthis

Lors des précédentes phases de dépréciation de la monnaie, la banque centrale d'Aden a fermé des bureaux de change non agréés, menacé de suspendre les entreprises qui ne respectaient pas les lois de la banque et offert des dollars aux commerçants locaux pour qu'ils importent des produits et du carburant.

Ces commerçants ont déclaré à Arab News mercredi qu'ils cesseraient d'acheter et de vendre des produits jusqu'à ce que le riyal yéménite se stabilise, ajoutant que seuls les grands détaillants acceptent le riyal saoudien.

Les prix des produits de première nécessité, notamment la farine, le sucre et l'huile de cuisson, ont augmenté de 20%.

«Si j'achète des marchandises maintenant, je serais perdant et je ne ferais aucun profit. Je devrais attendre un peu», a indiqué à Arab News Abdallah, propriétaire d'une petite épicerie à Al-Mukallâ.

Selon les experts, les attaques de drones houthis contre les installations pétrolières et l'arrêt des exportations de pétrole ont conduit le gouvernement au bord de la faillite, et il ne dispose que d'options limitées pour faire face à la crise monétaire, notamment en demandant une nouvelle enveloppe financière à l'Arabie saoudite et aux bailleurs de fonds internationaux.

Les Houthis ont récemment privé le gouvernement du gaz de Marib et de l'argent des taxes portuaires après avoir forcé les commerçants locaux à importer des produits via Al-Hodeïda. La milice a également interdit aux camions-citernes d'entrer sur son territoire à partir de Marib, contrôlée par le gouvernement.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.