Israël a rendu légale l'annexion des territoires palestiniens, selon des experts

Des véhicules de l'armée israélienne circulent sur une route lors d'un raid de l'armée dans le camp d'Al-Ain pour les réfugiés palestiniens, à l'ouest de Naplouse, le 26 juillet 2023 (Photo, AFP).
Des véhicules de l'armée israélienne circulent sur une route lors d'un raid de l'armée dans le camp d'Al-Ain pour les réfugiés palestiniens, à l'ouest de Naplouse, le 26 juillet 2023 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 27 juillet 2023

Israël a rendu légale l'annexion des territoires palestiniens, selon des experts

  • Lors d'un événement organisé par le Middle East Institute à Washington, les intervenants ont déclaré que la nature de l'occupation avait effectivement changé
  • De nombreux dirigeants israéliens soutiennent que l'occupation militaire est un «différend territorial», dans le but de brouiller les débats

WASHINGTON : Depuis son arrivée au pouvoir en décembre, le dernier gouvernement israélien dirigé par le Premier ministre, Benjamin Netanyahou, a accéléré ses efforts, pratiques et juridiques, pour annexer la Cisjordanie occupée, malgré les protestations des Palestiniens et de la communauté internationale, selon les experts.

S'exprimant lors d'une table ronde au Middle East Institute à Washington mercredi, les intervenants ont soutenu que le gouvernement actuel avait transféré le contrôle de la Cisjordanie du ministère de la Défense aux autorités civiles. Cela a de facto changé la nature de l'occupation israélienne, passant au cadre de l’action légale, ont-ils ajouté.

De nombreux dirigeants israéliens affirment que l'occupation militaire est en réalité un «différend territorial», dans le but de brouiller les discussions sur les politiques et les actions du gouvernement israélien dans les territoires occupés.

Michael Sfard, avocat israélien et militant des droits de l'homme, a précisé que l'expression «territoire contesté», souvent utilisée par les politiciens israéliens et leurs défenseurs, est une expression politique qui ne décrit pas correctement la situation sur le terrain.

Le terme «occupation», qui reflète la réalité, est un terme juridique défini par le droit international qui exprime avec précision certains concepts, droits et statuts pour les territoires occupés et leurs résidents, a-t-il ajouté.

Les juristes et institutions internationales en grande majorité, y compris la Cour suprême israélienne, qualifient de «territoires occupés» les terres palestiniennes dont Israël a pris le contrôle en 1967.

«Chaque unité de logement dans une colonie de Cisjordanie et de Jérusalem-Est est illégale au regard du droit international, et pas seulement de n'importe quel droit international, mais du droit le plus fondamental», a ajouté Sfard. 

Innovation dans l’occupation

Pour Aaron David Miller, chercheur à la Fondation Carnegie et ancien diplomate américain, les gouvernements américaines successifs ont «répondu aux besoins et aux exigences d'Israël» et se sont concentrées sur les négociations directes et les principes plutôt que sur les réalités du terrain. Cette approche de négociation directe favorise en fin de compte la partie israélienne étant donné le rapport de force asymétrique entre les deux parties, a-t-il ajouté.

Wissam Ahmed, du Centre Al-Haq basé à Ramallah, a décrit l'occupation israélienne de «projet colonialiste» qui a commencé comme un «projet sioniste». Les Palestiniens sont privés de l'accès à leurs terres, car les colons en prennent de plus en plus et font usage de la violence à leur encontre, a-t-il ajouté.

«Cela sert à poursuivre la construction illégale de colonies dans les territoires occupés», a jugé Ahmed. Israël a ainsi d’après lui trouvé une «approche innovante» pour annexer les terres occupées tout en reléguant les Palestiniens à un statut inférieur, avec une autonomie limitée.

Dahlia Scheindlin, chargée de mission à la Century Foundation, basée à Tel-Aviv, a estimé que le récent changement de contrôle des Territoires occupés était seulement partiellement administratif.

Cela ne se serait pas produit, a-t-elle jugé, sans une modification des lois fondamentales du gouvernement israélien, quelque chose de similaire à un amendement constitutionnel, mais la plupart des citoyens israéliens choisissent de ne pas prêter attention à ces changements parce que beaucoup d'entre eux ne sont pas liés à la situation palestinienne.

Scheindlin a déclaré que ces changements signifient que l'occupation illégale est désormais «inscrite dans les lois fondamentales d'Israël et dans ses lois constitutionnelles», mais elle a fait remarquer que de nombreux citoyens juifs israéliens choisissent de ne pas voir les choses de cette manière, pour de nombreuses raisons.

Elle a qualifié le politicien israélien de droite Bezalel Smotrich, responsable des politiques d'occupation du gouvernement et ministre des Finances, de «ministre de l'Annexion.»

La plupart des Israéliens ne considèrent pas l'occupation ou les relations avec les Palestiniens comme une priorité ou comme ayant un lien étroit avec leur vie quotidienne, a-t-elle soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée saoudienne intercepte des drones provenant d'Irak

Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
Short Url
  • Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak
  • Ceux-ci visaient des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense

RIYAD: Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense.

"Des attaques terroristes ont été lancées depuis le territoire irakien par des milices terroristes soutenues par l'Iran", a affirmé le ministère dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Riyad appelle l'Irak à empêcher les attaques 

L'Arabie saoudite a exhorté lundi le gouvernement de Bagdad à empêcher les attaques de drones lancées depuis son territoire, après avoir accusé des groupes armés pro-Iran basés en Irak, d'avoir ciblé le royaume.

Le royaume "réaffirme la nécessité pour le gouvernement irakien de prendre toutes les mesures nécessaires afin d'empêcher que son territoire ne serve de point de départ à une agression", peut-on lire dans un communiqué des autorités publié par une chaîne de télévision officielle saoudienne.

 

 

 


Le Liban renforce le contrôle de ses ports, asséchant ainsi les sources de financement du Hezbollah

Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
Short Url
  • Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations
  • Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne

BEYROUTH : La confrontation entre le Liban et le Hezbollah ne se limite plus à la question des armes du groupe et à la mise en œuvre des engagements internationaux dans le Sud. Elle s’est étendue à une campagne plus large visant à renforcer le contrôle de l’État sur les ports maritimes, l’aéroport et les postes-frontières, afin de limiter l’influence du Hezbollah et de couper ses sources de financement illicites.

Depuis l’élection du président Joseph Aoun et la formation du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, les autorités ont mis en œuvre une stratégie sécuritaire et administrative visant à réaffirmer le contrôle souverain sur les points d’entrée terrestres, maritimes et aériens du pays.

Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations. Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne, l’aéroport de Beyrouth et le port de Beyrouth.

L’influence du Hezbollah recule

Alors que les mesures de lutte contre la contrebande et de contrôle des frontières continuent d’être renforcées, leurs effets sont déjà visibles, le Hezbollah perdant de son influence au sein d’institutions où il exerçait autrefois une emprise considérable.

Une source impliquée dans la surveillance des points de passage terrestres, maritimes et aériens du Liban a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein de ces installations avait diminué à un niveau sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle administration.

Selon cette source, ce changement a directement affecté les capacités financières et logistiques du groupe, qui, avant la dernière guerre, bénéficiait d’un environnement sécuritaire et administratif différent permettant la circulation des marchandises et des liquidités avec relativement peu de contraintes.

Ces derniers mois, l’État libanais a également renforcé la surveillance technique en déployant des scanners modernes au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth et au poste-frontière de Masnaa. Ces équipements ont permis de freiner la contrebande de marchandises, de matières interdites et d’argent liquide via ces installations.

La source a ajouté que les passages illégaux, qui constituaient depuis des années l’épine dorsale du réseau logistique du Hezbollah, « ne jouent plus le rôle qu’ils jouaient autrefois », les autorités syriennes ayant renforcé les contrôles de leur côté de la frontière, parallèlement au renforcement des mesures de contrôle libanaises. En conséquence, le trafic transfrontalier illégal a chuté à des niveaux que la source a qualifiés de quasi négligeables.

Un changement fondamental

La source a noté que la situation aux points de passage non officiels avec la Syrie a radicalement changé par rapport aux années précédentes, lorsque des camions liés au Hezbollah auraient traversé régulièrement la frontière, profitant de la faiblesse de l’État et de la marginalisation des institutions officielles au profit du groupe et des réseaux de contrebande opérant dans son orbite.

Ces changements se sont étendus au-delà de la circulation des marchandises pour toucher les réseaux de financement du groupe. Une source officielle a fait état d’une baisse marquée des tentatives d’introduction au Liban, via l’aéroport, de sacs contenant de l’argent liquide et de l’or, ainsi que de la contrebande de pilules de Captagon et de haschisch, activités que la source a décrites comme figurant parmi les opérations illicites les plus importantes liées au trafic transfrontalier.

La source a également souligné l’importance de la décision du gouvernement d’interdire aux avions iraniens d’atterrir à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, affirmant que cela avait renforcé la pression sur les canaux d’approvisionnement du Hezbollah en fermant l’une des voies qui aurait été utilisée pour acheminer des liquidités et d’autres formes de soutien matériel au groupe.

Des responsables ont également qualifié la chute du régime de Bachar al-Assad de tournant le plus important — et de coup le plus dur — auquel le Hezbollah ait été confronté depuis sa création. La Syrie n’offrant plus ce qu’ils ont décrit comme un environnement logistique sûr, le Hezbollah et l’Iran ont perdu l’un de leurs principaux couloirs pour acheminer des armes et des fonds au Liban.

Une source sécuritaire a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein des institutions chargées de superviser les ports et les postes-frontières était devenue « quasi inexistante » à la suite d’une série de mesures sécuritaires et administratives visant à reconstruire les systèmes de contrôle au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri et au poste-frontière de Masnaa.

Selon cette source, ces mesures ont notamment consisté à réaffecter de nombreux agents de sécurité et du personnel administratif soupçonnés d’avoir été sous l’influence du Hezbollah et qui auraient facilité le passage de marchandises de manière quasi quotidienne. Cette restructuration, a précisé la source, a comblé des failles qui constituaient depuis longtemps des points faibles au sein des agences chargées de surveiller ces installations.

La source a ajouté que les autorités ne se sont pas limitées à des remaniements administratifs. Elles ont également ouvert des enquêtes et engagé des poursuites judiciaires à l’encontre de personnes soupçonnées d’avoir facilité le passage de marchandises, de sacs d’argent liquide et de bijoux pour le compte du Hezbollah au cours des derniers mois, dans le cadre d’une politique plus large visant à démanteler les réseaux d’influence du groupe au sein des institutions publiques.


Iran: les Gardiens de la Révolution stoppent six navires dans le détroit d'Ormuz

La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
Short Url
  • "La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour"
  • Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions

TEHERAN: La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat.

"La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour", a indiqué un correspondant de la télévision d'Etat depuis le Golfe.

Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions.

Samedi, les Gardiens, armée idéologique iranienne, avaient annoncé avoir stoppé quatre navires qui tentaient de traverser la partie sud du détroit après avoir tiré des coups de semonce.

Les forces armées iraniennes ont à plusieurs reprises empêché des navires de franchir ce passage maritime stratégique en effectuant ces tirs.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.