Un chef militaire yéménite meurt dans un attentat à la bombe perpétré par Al-Qaïda en bord de route

Al-Sayed est né dans la région de Khanfar à Abyan en 1972 et était membre d'Al-Qaïda jusqu'à sa désertion en 2012. Grâce à ses connaissances du groupe terroriste, il a fondé des groupes armés à Abyan pour aider l'armée dans sa lutte (Photo fournie).
Al-Sayed est né dans la région de Khanfar à Abyan en 1972 et était membre d'Al-Qaïda jusqu'à sa désertion en 2012. Grâce à ses connaissances du groupe terroriste, il a fondé des groupes armés à Abyan pour aider l'armée dans sa lutte (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 11 août 2023

Un chef militaire yéménite meurt dans un attentat à la bombe perpétré par Al-Qaïda en bord de route

  • Al-Sayed et trois de ses soldats ont été tués lorsque leur véhicule a été détruit par un engin piégé placé par Al-Qaïda dans la vallée de l'Omaran
  • L'importance d’Al-Sayed «allait bien au-delà de son rôle de responsable de la sécurité, et sa disparition aura donc un effet majeur», a indiqué Lazerq

AL-MUKALLÂ, Yémen : Un commandant militaire yéménite à l'avant-garde de la lutte contre les groupes terroristes au Yémen depuis plus de dix ans a été tué jeudi dans l'explosion d'un engin explosif placé par Al-Qaïda dans le sud du Yémen.

Le brigadier Abdel Latif al-Sayed, commandant des forces de la ceinture de sécurité dans la province d'Abyan, est le plus haut responsable à mourir dans la campagne contre Al-Qaïda depuis plus d'un an.

Al-Sayed et trois de ses soldats ont été tués lorsque leur véhicule a été détruit par un engin piégé placé par Al-Qaïda dans la vallée de l'Omaran.

Le commandant yéménite inspectait les forces envoyées en terrain montagneux dans le district de Moudia, à Abyan, pour chasser les combattants d'Al-Qaïda de leurs bastions.

La ceinture de sécurité indépendantiste, soutenue par diverses unités militaires et sécuritaires loyales au Conseil de transition du Sud, a lancé une offensive dans les provinces méridionales d'Abyan et de Chabwa il y a un an, ciblant les combattants d'Al-Qaïda, qui utilisent les zones rurales et montagneuses reculées de ces deux provinces comme refuges.

Al-Qaïda a utilisé des tactiques de guérilla meurtrières contre les troupes en progression, en posant des mines terrestres et des bombes en bord de route, et en menant des attaques éclair.

Plus de 100 soldats, dont certains commandants sur le terrain, ont trouvé la mort dans ces attaques.

Mohammed al-Naqeeb, porte-parole des forces sudistes indépendantistes, a déclaré à Arab News que la mort d'Al-Sayed ne dissuaderait pas les troupes de poursuivre leurs opérations contre Al-Qaïda.

«Nous ne reculerons pas dans notre guerre contre le terrorisme, malgré son coût élevé. Chaque fois qu'un commandant reçoit l'honneur du martyre, nos forces terrestres font des progrès significatifs», a-t-il signalé.

Al-Naqeeb a révélé que les forces du Sud ont progressé dans les régions montagneuses d'Abyan au cours des trois derniers jours, prenant le contrôle d'une base d'Al-Qaïda dans la vallée d'Al-Janan.

Al-Sayed est né dans la région de Khanfar à Abyan en 1972 et était membre d'Al-Qaïda jusqu'à sa désertion en 2012. Grâce à ses connaissances du groupe terroriste, il a fondé des groupes armés à Abyan pour aider l'armée dans sa lutte.

Au début de 2015, lorsque les Houthis ont avancé dans la province méridionale, Al-Sayed a transféré ses combattants d'Abyan à Aden pour repousser la milice houthie.

Al-Qaïda a essayé de tuer Al-Sayed plus de dix fois et a exécuté certains de ses proches pour le forcer à se rendre.

Les experts locaux et internationaux du terrorisme estiment que la mort d'Al-Sayed affectera gravement les opérations militaires contre Al-Qaïda, bien que les responsables de la sécurité et de l'armée aient assuré qu'ils poursuivraient la lutte.

«Son décès est un revers dévastateur pour les efforts de lutte contre le terrorisme, en particulier à Aden et Abyan», a déclaré à Arab News Fatehi ben Lazerq, rédacteur en chef du journal Aden Al-Ghad.

L'importance d’Al-Sayed «allait bien au-delà de son rôle de responsable de la sécurité, et sa disparition aura donc un effet majeur», a indiqué Lazerq.

Après la libération d'Aden des Houthis en juillet 2015, Al-Sayed a participé à des opérations militaires à travers Aden et la province voisine d'Abyan pour chasser les combattants d'Al-Qaïda et de Daech qui ont profité du chaos afin de prendre le contrôle de zones dans les deux provinces.

Elisabeth Kendall, spécialiste du terrorisme et professeure au Girton College de l'université de Cambridge, au Royaume-Uni, a déclaré à Arab News qu'en plus de constituer un sérieux revers pour les troupes anti-Al-Qaïda, l'assassinat d'Al-Sayed représente un triomphe important pour Al-Qaïda dans la péninsule arabique, basée au Yémen et souvent connue sous le nom d'AQPA, qui le pourchassait depuis des années.

«Sur le plan pratique, Al-Sayed a été l'un des plus féroces opposants à l'AQPA. Sur le plan symbolique, l'AQPA essaye de l'assassiner depuis une dizaine d'années, de sorte que cette réussite constitue enfin un coup de pouce important, en particulier pour l'AQPA à Abyan», a-t-elle jugé.

«Son assassinat élimine l'un des adversaires les plus compétents et les plus motivés de l'AQPA de l'arène du sud et remontera le moral de l'AQPA.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Liban: premières funérailles collectives de combattants du Hezbollah dans le sud

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
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  • Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah
  • Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles

BEYROUTH: Le Hezbollah pro-iranien organise mardi des funérailles collectives de 44 combattants, les premières dans le sud du Liban depuis le début de sa guerre avec Israël le 2 mars, après l'entrée en vigueur d'une trêve vendredi.

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud.

Un cortège funèbre doit traverser plusieurs villages avant l'inhumation, qui permettra, selon le Hezbollah, "le retour d'âmes bénies vers le sol du sud".

Dans la banlieue sud de Beyrouth, quatre combattants du Hezbollah avaient déjà été enterrés lundi, selon un photographe de l'AFP, en présence de dizaines de proches et partisans, y compris des femmes et des enfants, portant les portraits des défunts.

Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah.

Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles.

Les frappes israéliennes et les combats ont fait 2.387 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars, d'après un bilan officiel, qui ne précise pas s'il s'agit de civils ou de combattants.

Ce bilan inclut au moins 274 femmes et 177 enfants, selon le ministère de la Santé libanais.

Un cessez-le-feu de 10 jours émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah, et de nouvelles discussions "directes" entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a indiqué lundi à l'AFP un responsable de la diplomatie américaine.

Israël avait annoncé mi-avril avoir tué "plus de 1.700" combattants du Hezbollah, des chiffres que l'AFP n'a pas pu vérifier.

 


A Gaza, rats, puces et parasites prolifèrent dans les camps de déplacés

Dans la promiscuité des camps de déplacés de Gaza, où des milliers de personnes s'entassent sans assez d'eau ni de sanitaires, les rats, puces et autres parasites prolifèrent, aggravant la misère d'une population éprouvée par plus de deux ans de guerre. (AFP)
Dans la promiscuité des camps de déplacés de Gaza, où des milliers de personnes s'entassent sans assez d'eau ni de sanitaires, les rats, puces et autres parasites prolifèrent, aggravant la misère d'une population éprouvée par plus de deux ans de guerre. (AFP)
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  • Les Palestiniens contraints de vivre dans des abris de fortune témoignent d'une invasion de nuisibles, qui, selon les organisations humanitaires, constitue une menace croissante pour la santé publique
  • "J'ai beaucoup souffert des belettes et des souris. Mes enfants ont été mordus. L'un de mes fils a même été mordu au nez", raconte Mohammed al-Raqab

KHAN YOUNES: Dans la promiscuité des camps de déplacés de Gaza, où des milliers de personnes s'entassent sans assez d'eau ni de sanitaires, les rats, puces et autres parasites prolifèrent, aggravant la misère d'une population éprouvée par plus de deux ans de guerre.

Les Palestiniens contraints de vivre dans des abris de fortune témoignent d'une invasion de nuisibles, qui, selon les organisations humanitaires, constitue une menace croissante pour la santé publique, alors que les températures montent.

"J'ai beaucoup souffert des belettes et des souris. Mes enfants ont été mordus. L'un de mes fils a même été mordu au nez", raconte Mohammed al-Raqab, un déplacé gazaoui vivant sous une tente près de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.

"Je ne peux pas dormir de la nuit car je dois constamment veiller sur les enfants", explique à l'AFP cet ouvrier du bâtiment de 32 ans, originaire de Bani Suheila.

Dans les campements dressés en bord de mer, les rongeurs peuvent facilement creuser des galeries dans le sable, sous les parois des tentes et s'introduire dans les cuisines et les garde-manger construits avec les moyens du bord.

Infestation de gale 

La quasi-totalité de la population de Gaza a été déplacée par les ordres d'évacuation israéliens et les frappes aériennes menées durant la guerre contre le Hamas, déclenchée par l'attaque sans précédent du groupe islamiste palestinien en Israël en octobre 2023.

Selon les Nations Unies, 1,7 million d'habitants du territoire palestinien - sur un total de plus de deux millions - vivent toujours dans des camps, dans l'impossibilité de rentrer chez eux, ou dans les zones restées sous contrôle militaire israélien, malgré le fragile cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025.

Dans ces installations, "les conditions de vie se caractérisent par des infestations de vermine et de parasites", a déclaré le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations Unies après des visites de terrain en mars.

A l'hôpital Al-Aqsa, dans le centre de Gaza, Hani al-Flait, chef du service de pédiatrie, explique que son équipe est quotidiennement confrontée à des cas d'infections cutanées, notamment de gale.

Elles sont d'autant plus graves "que ces enfants et leurs familles vivent dans des conditions déplorables, sans installations sanitaires de base ni accès à l'eau potable", dit-il à l'AFP. "A cela s'ajoute la pénurie de traitements adaptés".

Eaux usées 

"Nous vivons dans des tentes et des écoles inondées d'eaux usées", déplore auprès de l'AFP Sabreen Abou Taybeh, dont le fils souffre d'une infection ressemblant à la varicelle.

"Je l'ai emmené chez des médecins et à l'hôpital, mais ils ne font rien. Comme vous le voyez, l'éruption persiste" dit-elle en montrant les taches rouges qui recouvrent le torse et le dos du garçonnet.

Ghalia Abou Selmi raconte lutter tous les jours contre les souris. Elles ont rongé la parure qu’elle avait préparée pour le mariage de sa fille, "une véritable catastrophe".

Quant aux puces, "elles provoquent des allergies cutanées, non seulement chez les enfants, mais aussi chez les adultes", poursuit cette femme de 53 ans, en triant des vêtements troués dans la tente qui lui sert désormais de maison.

Sa famille, explique-t-elle, a été déplacée 20 fois depuis octobre 2023 et n’est toujours pas retournée chez elle, dans la ville d’Abasan al-Kabira, près de la frontière avec Israël.

Malgré le cessez-le-feu, Israël continue de contrôler tous les accès à Gaza, avec des inspections strictes et des refus fréquents de livraisons d’aide, selon les ONG et les Nations Unies.

Cette situation provoque des pénuries de multiples produits de base, des médicaments au carburant en passant par les vêtements et la nourriture.

Des frappes aériennes et des échanges de tirs entre l’armée israélienne et ce qu’elle présente comme des combattants du Hamas ont encore lieu presque quotidiennement.

Selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du Hamas, au moins 777 personnes ont été tuées par l'armée israélienne depuis le début du cessez-le-feu.

Israël recense de son côté cinq soldats tués à Gaza durant la même période.


Liban: les négociations visent à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud affirme Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que les négociations directes avec Israël visaient à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud du Liban. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que les négociations directes avec Israël visaient à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud du Liban. (AFP)
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  • "Le choix des négociations a pour objectif de mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans des régions du sud du Liban, et de déployer l'armée jusqu'aux frontières internationales"
  • Selon un communiqué de la présidence, il a également précisé que l'ancien ambassadeur du Liban à Washington, Simon Karam, présidera la délégation libanaise

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que les négociations directes avec Israël visaient à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud du Liban.

"Le choix des négociations a pour objectif de mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans des régions du sud du Liban, et de déployer l'armée jusqu'aux frontières internationales", a-t-il indiqué.

Selon un communiqué de la présidence, il a également précisé que l'ancien ambassadeur du Liban à Washington, Simon Karam, présidera la délégation libanaise "dans les négociations bilatérales", qui seront "séparées" d'autres discussions en cours, en référence aux pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis.