Liban: Un audit d'un cabinet international accable la Banque centrale et son ex-gouverneur

Le mandat de Riad Salamé s'est achevé le 31 juillet sans qu'un successeur ne lui soit trouvé, dans le pays en pleine crise politique (Photo, AFP).
Le mandat de Riad Salamé s'est achevé le 31 juillet sans qu'un successeur ne lui soit trouvé, dans le pays en pleine crise politique (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 12 août 2023

Liban: Un audit d'un cabinet international accable la Banque centrale et son ex-gouverneur

  • L'audit des comptes de la BDL est l'une des conditions mises en avant par le Fonds monétaire international (FMI) avant le déblocage de toute aide internationale au Liban, pays en plein effondrement économique
  • L'audit juricomptable, encore au stade préliminaire, a été mené par le cabinet Alvarez & Marsal

BEYROUTH: Un audit conduit par un cabinet international accable la Banque du Liban (BDL) et son ex-gouverneur Riad Salamé, poursuivi par la justice au Liban et en Europe, selon une copie obtenue vendredi par l'AFP.

L'audit juricomptable, encore au stade préliminaire, a été mené par le cabinet Alvarez & Marsal.

L'audit des comptes de la BDL est l'une des conditions mises en avant par le Fonds monétaire international (FMI) avant le déblocage de toute aide internationale au Liban, pays en plein effondrement économique.

La position financière de la BDL "s'est rapidement détériorée" entre 2015 et 2020, selon le document.

"Toutefois, cette détérioration n'a pas été signalée dans le bilan de la BDL présenté dans ses comptes annuels qui ont été préparés à l'aide de pratiques comptables non conventionnelles", ajoute le texte.

Ces pratiques ont notamment permis à la banque centrale "de surestimer les actifs, les capitaux propres et les bénéfices tout en sous-estimant les passifs et de clôturer chaque fin d'année avec les montants fixés par le gouverneur sans explication des montants retenus", selon le rapport préliminaire.

Dès 2016, M. Salamé, qui se défend de toutes malversations, s'est lancé dans des montages financiers comparés à une "pyramide de Ponzi".

Le rapport critique "la concentration de l'autorité" exercée par l'ex-gouverneur, estimant que la "politique comptable de la BDL en matière de montages financiers était exceptionnelle par l'étendue du pouvoir discrétionnaire personnel et non vérifié accordé au gouverneur".

«Défis»

Alvarez & Marsal avait repris en octobre 2021 l'audit de la BDL, près d'un an après sa suspension faute d'avoir pu obtenir tous les documents requis.

Le cabinet a souligné que la conduite de l'audit a dû faire face à "de nombreux défis", affirmant ne pas avoir été autorisé à se rendre sur le site de la BDL, ni à mener des entretiens avec le personnel ou les dirigeants de l'institution.

Le mandat de Riad Salamé s'est achevé le 31 juillet sans qu'un successeur ne lui soit trouvé, dans le pays en pleine crise politique.

Les Etats-Unis, avec le Canada et le Royaume-Uni, ont imposé jeudi des sanctions économiques pour corruption à son encontre, Washington estimant que ses "actions corrompues et illégales ont contribué à l'effondrement de l'Etat de droit au Liban".

Selon le ministère des Affaires étrangères britannique, 300 millions de dollars américains (272 millions d'euros) auraient été détournés de la BDL.

Riad Salamé, ancien banquier d'affaires franco-libanais, fait également l'objet de deux mandats d'arrêt émis par la France et l'Allemagne, mais le Liban n'extrade pas ses ressortissants.

Les enquêteurs européens se penchent sur les comptes de de la société Forry Associates Ltd, enregistrée aux Iles Vierges, dont le frère de l'ex-gouverneur, Raja Salamé, serait le bénéficiaire économique.

Cette société aurait été autorisée par la BDL à négocier des bons du Trésor libanais et des euro-obligations moyennant une commission, ce que nie le gouverneur.

Cette commission aurait ensuite été virée sur des comptes bancaires suisses appartenant à Raja Salamé.

Le rapport d'audit indique "qu'il existe des preuves de paiement de commissions illégitimes (..) pour un montant total de 111 millions de dollars".


Israël annonce des frappes sur "plusieurs zones" du Liban contre le Hezbollah

De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé les sommets de la montagne Al-Rihane, dans le sud du Liban, le 9 janvier 2026. (AFP)
De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé les sommets de la montagne Al-Rihane, dans le sud du Liban, le 9 janvier 2026. (AFP)
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  • Israël a mené de nouvelles frappes contre des cibles du Hezbollah au Liban, jugeant insuffants les efforts de désarmement annoncés par Beyrouth malgré l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024.
  • Le Liban, sous pression internationale, a lancé une première phase de désarmement au sud, saluée prudemment par Israël et la France, tandis que le Hezbollah refuse de rendre ses armes au nord du Litani

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé vendredi effectuer des frappes sur le Hezbollah dans "plusieurs zones" du Liban, au lendemain de l'annonce par Beyrouth du désarmement du mouvement islamiste pro-iranien dans le sud du pays, jugé "insuffisant" par Israël.

Les frappes ont "visé des dépôts d'armes et un site de production d'armement, utilisés pour la remise en état et le renforcement militaire de l'organisation terroriste Hezbollah", a affirmé l'armée, sans préciser leur localisation.

"Plusieurs sites de lancement et lance-roquettes, ainsi que des structures militaires", ont également été touchés, précise le communiqué, ajoutant que ces sites étaient "utilisés par le Hezbollah pour mener des attaques" en territoire israélien.

De telles activités "constituent une violation des arrangements entre Israël et le Liban", dénonce l'armée.

L'agence nationale d'information libanaise (Ani) a rapporté pour sa part des frappes sur le sud du pays dans des zones éloignées de la frontière, ainsi que dans la plaine de la Békaa (est), où le Hezbollah est fortement implanté.

Elle n'a fait état d'aucune victime vendredi mais une personne avait été tuée jeudi dans un bombardement près de la ville de Saïda, selon les médias officiels libanais. L'armée israélienne affirme avoir visé un membre du Hezbollah.

Le Liban est soumis à une forte pression des Etats-Unis pour désarmer le Hezbollah, sorti affaibli en novembre 2024 d'une guerre meurtrière avec Israël.

Jeudi, l'armée libanaise a affirmé avoir atteint "les objectifs de la première phase" de son plan, consistant à désarmer le mouvement chiite entre la frontière avec Israël et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

- "Annonces encourageantes" pour Macron -

Comme prévu par l'accord de cessez-le-feu de novembre 2024, Beyrouth doit ensuite appliquer progressivement ce plan de désarmement au reste du territoire, à commencer par toute la région sud du pays. Mais le Hezbollah a annoncé refuser de remettre ses armes au nord du fleuve.

En principe tenu de se retirer de chez son voisin, Israël continue de son côté d'occuper cinq points stratégiques près de la frontière et mène des frappes régulières au Liban.

Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a jugé jeudi que les efforts de désarmement du Hezbollah constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants", justifiant la poursuite de frappes.

Vendredi, Emmanuel Macron a "salué" à son tour les "annonces encourageantes des autorités libanaises", appelant à poursuivre "résolument" ce processus.

"La seconde phase du plan sera une étape décisive. L'accord de cessation des hostilités doit être strictement respecté par toutes les parties", a déclaré le président français sur le réseau X.

"La souveraineté du Liban doit être pleinement restaurée", a-t-il ajouté, annonçant qu'une "conférence internationale se tiendrait prochainement à Paris" pour donner au Liban et à ses forces armées "les moyens concrets de garantir cette souveraineté".


Désarmement du Hezbollah: le Liban demande à l'Iran "une nouvelle approche"

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, serre la main de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à Beyrouth, le 9 janvier 2026. (AP)
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Rajji, serre la main de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à Beyrouth, le 9 janvier 2026. (AP)
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  • Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, a appelé l’Iran à adopter une nouvelle approche pour le désarmement du Hezbollah et a insisté sur le monopole des armes par l’État libanais
  • L’armée libanaise a achevé le désarmement dans le Sud du pays, mais Israël juge les efforts insuffisants, tandis que Beyrouth renforce sa vigilance face aux pressions et ingérences iraniennes

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie libanaise a appelé vendredi son homologue iranien, en visite au Liban, à trouver "une nouvelle approche" pour régler l'épineux problème du désarmement du Hezbollah financé par Téhéran.

Beyrouth est soumis à une intense pression des Etats-Unis pour désarmer le Hezbollah, affaibli par une guerre avec Israël, alors que l'Iran, comme la formation islamiste, ont affiché leur opposition à cette mesure.

"La défense du Liban est de la responsabilité de l'Etat libanais (...) qui doit avoir le monopole des armes", a déclaré le ministre Youssef Raggi à son homologue iranien Abbas Araghchi, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Il a demandé à son interlocuteur "si Téhéran accepterait l'existence d'une formation armée illégale sur son territoire".

Dans ces conditions, le ministre a exhorté l'Iran à "discuter avec le Liban afin de trouver une nouvelle approche concernant les armes du Hezbollah, en s'appuyant sur sa relation avec le parti, afin que ces armes ne soient pas un prétexte pour affaiblir le Liban".

En décembre, M. Raggi avait décliné une invitation de son homologue à se rendre en Iran, et proposé une rencontre dans un pays tiers.

L'armée libanaise a annoncé jeudi avoir mené à terme le désarmement du Hezbollah dans la partie sud du pays proche d'Israël, qui a cependant jugé les efforts du Liban "loin d'être suffisants" et de nouveau frappé son voisin vendredi.

Le ministre iranien, arrivé jeudi au Liban, a également été reçu par le président Joseph Aoun vendredi matin et devait rencontrer plusieurs autres hauts dirigeants libanais.

Il s'était rendu jeudi après-midi au mausolée de Hassan Nasrallah, l'ancien chef du Hezbollah tué dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth en septembre 2024.

Depuis la guerre entre le Hezbollah et Israël, les responsables libanais se sont montrés plus critiques envers l'Iran.

En août, le Liban avait signifié à un haut responsable iranien, Ali Larijani, en visite à Beyrouth, son refus catégorique de "toute ingérence" dans ses affaires internes, après des critiques par Téhéran de la décision du gouvernement de désarmer le Hezbollah.


Le ministre saoudien de la Défense : Riyad engagé pour une solution juste pour le Sud, la dissolution du STC est une décision courageuse

« Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence qui seront présentés lors des discussions sur une solution politique globale au Yémen », a-t-il déclaré. (AFP)
« Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence qui seront présentés lors des discussions sur une solution politique globale au Yémen », a-t-il déclaré. (AFP)
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  • Riyad affirme son engagement en faveur d’une solution juste pour le Sud, soutenue par la communauté internationale à travers la Conférence de Riyad
  • Le ministre saoudien de la Défense salue la dissolution du STC comme une décision courageuse favorisant une participation plus inclusive des acteurs du Sud.

RIYAD : Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, a déclaré que l’annonce de la dissolution du Conseil de transition du Sud (STC) allait dans le sens de l’intérêt général. Dans son premier commentaire depuis cette annonce, il a affirmé que « la question du Sud dispose désormais d’une véritable voie, parrainée par le Royaume et soutenue par la communauté internationale à travers la Conférence de Riyad, visant à rassembler nos frères du Sud afin d’élaborer une vision globale de solutions justes répondant à leur volonté et à leurs aspirations ».

Dans un message publié sur la plateforme X, le ministre de la Défense a ajouté : « Le Royaume constituera un comité préparatoire, en concertation avec des personnalités du Sud, afin d’organiser la conférence, laquelle réunira des participants de tous les gouvernorats du Sud, sans exclusion ni discrimination. Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence afin qu’ils puissent être présentés dans le cadre du dialogue sur une solution politique globale au Yémen. »

Il a conclu en déclarant : « La décision prise par des figures et des dirigeants du Sud de dissoudre le Conseil de transition est une décision courageuse, motivée par la préoccupation pour l’avenir de la cause du Sud et visant à encourager une participation plus large des forces du Sud à la Conférence de Riyad, au service de leur cause. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com