La Corée du Nord clouée au pilori sur les droits humains au Conseil de sécurité de l'ONU

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Volker Türk (à l'écran) prend la parole lors d'une réunion du Conseil de sécurité pour discuter de la situation en Corée du Nord, au siège de l'ONU à New York le 17 août 2023 (Photo, AFP).
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Volker Türk (à l'écran) prend la parole lors d'une réunion du Conseil de sécurité pour discuter de la situation en Corée du Nord, au siège de l'ONU à New York le 17 août 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 18 août 2023

La Corée du Nord clouée au pilori sur les droits humains au Conseil de sécurité de l'ONU

  • Une réunion publique de deux heures a été exclusivement consacrée aux «violations» des droits fondamentaux par le régime de Pyongyang
  • La Russie, qui comme la Chine était opposée à cette réunion du Conseil, a dénoncé par la voix de son ambassadeur adjoint Dmitry Polyansky «le cynisme et l’hypocrisie des Etats-Unis et de leurs alliés»

NATIONS UNIES: La Corée du Nord a été clouée au pilori jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU pour ses "violations atroces" des droits humains contre sa population qui lui permettent de développer ses programmes d'armements nucléaires et balistiques, malgré des sanctions internationales.

A la demande des Etats-Unis qui président en août le Conseil de sécurité, une réunion publique de deux heures a été exclusivement consacrée aux "violations" des droits fondamentaux par le régime de Pyongyang. Une première depuis 2017.

Entourée de diplomates de plus de 50 Etats, au siège des Nations unies à New York, l'ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield a dénoncé dans une déclaration commune à la presse "des violations et atteintes aux droits humains liées de manière inextricable aux armes de destruction massive et au développement de missiles balistiques de la RPDC", la République populaire démocratique de Corée, son nom officiel.

En séance publique au Conseil, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Volker Türk, via une liaison vidéo, avait auparavant jugé que les "violations" des libertés et droits par la Corée du Nord "soutenaient la croissance de la militarisation" du régime communiste.

Par exemple, a détaillé M. Türk, "le recours à grande échelle au travail forcé -- y compris de prisonniers politiques, d'écoliers pour les récoltes --, la confiscation des salaires de travailleurs à l'étranger, tout cela soutient l'appareil militaire de l'Etat et sa capacité à fabriquer des armes".

Des violations «si atroces qu'elles sont inimaginables»

Le Conseil a aussi invité un jeune "représentant de la société civile", qui a fui la Corée du Nord et s'est réfugié en Corée du Sud.

Lisant un texte en anglais, Ilhyeok Kim a dénoncé "l'isolement" et les "punitions" de la population nord-coréenne, "le sang et la sueur" du peuple pour "la vie luxueuse des dirigeants".

"Mais le gouvernement n'en a cure, il se soucie uniquement de préserver son pouvoir en développant des armes nucléaires", a affirmé le jeune homme.

"Les violations et atteintes des droits humains que vous venez de relater sont si atroces qu'elles sont inimaginables", lui a répondu, émue, l'Américaine Thomas-Greenfield, fustigeant "le contrôle totalitaire et répressif de la société par (le dirigeant nord-coréen) Kim Jong Un".

La Russie, qui comme la Chine était opposée à cette réunion du Conseil, a dénoncé par la voix de son ambassadeur adjoint Dmitry Polyansky "le cynisme et l’hypocrisie des Etats-Unis et de leurs alliés".

La Corée du Nord est soumise depuis 2006 à des sanctions internationales, accrues à trois reprises en 2017.

Les mesures prises cette année-là à l'unanimité par le Conseil de sécurité pour contraindre Pyongyang à interrompre ses programmes d'armements nucléaire et balistique limitent notamment ses importations de pétrole.

Depuis 2017, le Conseil est désuni face à la Corée du Nord.

En mai 2022, Pékin et Moscou avaient mis leur veto à de nouvelles sanctions et aucune résolution ou déclaration du Conseil n'ont été adoptées depuis, malgré plusieurs tirs de missiles nord-coréens.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.