Netanyahou se soucie-t-il des Palestiniens de Cisjordanie qui subissent la violence des colons juifs ?

Cette photo prise le 27 février 2023 montre une vue aérienne d'une casse où des voitures ont été incendiées pendant la nuit lors d'une attaque par des colons juifs sur la ville palestinienne de Huwara, près de Naplouse, en Cisjordanie occupée (Photo, AFP).
Cette photo prise le 27 février 2023 montre une vue aérienne d'une casse où des voitures ont été incendiées pendant la nuit lors d'une attaque par des colons juifs sur la ville palestinienne de Huwara, près de Naplouse, en Cisjordanie occupée (Photo, AFP).
Des maisons et des véhicules ont été incendiés et des villages attaqués au milieu d'une vague de violence des colons juifs visant les Palestiniens en Israël et en Cisjordanie (Photo, AFP).
Des maisons et des véhicules ont été incendiés et des villages attaqués au milieu d'une vague de violence des colons juifs visant les Palestiniens en Israël et en Cisjordanie (Photo, AFP).
Des maisons et des véhicules ont été incendiés et des villages attaqués au milieu d'une vague de violence des colons juifs visant les Palestiniens en Israël et en Cisjordanie (Photo, AFP).
Des maisons et des véhicules ont été incendiés et des villages attaqués au milieu d'une vague de violence des colons juifs visant les Palestiniens en Israël et en Cisjordanie (Photo, AFP).
Des policiers anti-émeutes israéliens entourent Itamar Ben-Gvir, membre de la Knesset et chef du parti d'extrême droite Force Juive (Otzma Yehudit), alors qu'il dirige des colons construisant des maisons illégales dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, annexée par Israël, le 10 mai 2021 (Photo, AFP).
Des policiers anti-émeutes israéliens entourent Itamar Ben-Gvir, membre de la Knesset et chef du parti d'extrême droite Force Juive (Otzma Yehudit), alors qu'il dirige des colons construisant des maisons illégales dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, annexée par Israël, le 10 mai 2021 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 31 août 2023

Netanyahou se soucie-t-il des Palestiniens de Cisjordanie qui subissent la violence des colons juifs ?

  • Selon les experts, la rhétorique raciste et les crimes de haine sont aujourd'hui non seulement tolérés, mais aussi encouragés par l'État
  • Le cabinet de Netanyahou est composé d'hommes politiques d'extrême droite qui ont toujours milité en faveur de la suppression des droits des Palestiniens

DUBAÏ: Les violences anti-palestiniennes commises par les colons israéliens en Cisjordanie sont montées en flèche au cours de l'année passée, avec plus de 100 incidents signalés par les Nations unies rien que ce mois-ci et plus de 400 personnes chassées de leurs domiciles depuis le début de l'année.

Alors que des propriétés sont détruites et que de jeunes hommes sont victimes d'attaques armées de colons, la question que se posent de nombreux Palestiniens et leurs sympathisants internationaux est la suivante : le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, s'en préoccupe-t-il ?

Le Cabinet israélien étant désormais rempli de politiciens d'extrême droite et hyper-religieux qui ont déjà milité pour la suppression des droits des Palestiniens, les analystes et les observateurs affirment que la violence des colons n'est pas seulement tolérée, mais qu'elle est en fait encouragée par l'État.

L'agression des colons contre les Palestiniens en Cisjordanie a été encouragée par le gouvernement du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, qui a rempli son cabinet d'extrémistes juifs, selon les critiques (Photo, AFP).

Le journaliste et commentateur politique Osama al-Charif, basé à Amman, met en garde contre un avenir sombre pour les Palestiniens à mesure que le gouvernement israélien penche vers la droite.

«L'extrême droite est désormais au centre de la politique israélienne après avoir été en marge pendant des décennies», a déclaré Al-Charif à Arab News.

«Le nationalisme juif, dans sa forme extrême, est désormais maître de la situation et défend ouvertement son programme, sans aucun regret. Nous pouvons donc nous attendre à voir des actes de violence encore plus graves de la part des colons soutenus par le gouvernement dans les prochains jours», a-t-il poursuivi.

«Cela pourrait aller jusqu'à refuser aux Palestiniens le droit de conduire leurs véhicules sur certaines routes, certains jours, voire indéfiniment. Ce gouvernement franchit toutes les lignes rouges et le monde entier l'observe», a-t-il averti.

La dernière flambée de violence des colons en Cisjordanie a commencé peu après l'avènement du nouveau gouvernement nationaliste d'extrême droite d'Israël en décembre 2022.

En plus de déclarer publiquement que la culture, l'histoire et le peuple palestiniens «n'existent pas», le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich (au centre), a encouragé la construction, l'expansion et la protection des colonies illégales en Cisjordanie (Photo, AFP).

Un grand nombre des nouveaux membres du Cabinet, tous nommés par Netanyahou, sont eux-mêmes des colons de Cisjordanie, notamment le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, et le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir.

En outre, ces personnes ont joué un rôle actif dans la promotion de la construction, de l'expansion et de la protection des colonies illégales en Cisjordanie.

Au début de ce mois, Smotrich aurait prévu de demander au Cabinet un financement d'environ 180 millions de dollars (1 dollar = 0,91 euro) pour l'expansion et le soutien des communautés de colons en Cisjordanie. Il a également déclaré publiquement que la culture, l'histoire et le peuple palestiniens «n'existent pas».

Ben-Gvir a des antécédents encore plus flagrants de participation directe à la violence anti-arabe. En 2021, il a eu une altercation physique avec un membre arabe de la Knesset, Ayman Odeh, après que le premier a accusé le second de soutenir le terrorisme lors d'une visite à un agent détenu du Hamas.

Itamar Ben-Gvir, membre de la Knesset et chef du parti d'extrême droite Force Juive (Otzma Yehudit), se dispute avec un Palestinien dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, annexée par Israël, le 10 mai 2021 (Photo, AFP).

Deux mois plus tard, le futur ministre a été filmé en train de braquer une arme de poing sur des gardiens de parking arabes qui lui avaient demandé de déplacer son véhicule à Tel-Aviv.

L'année dernière, Ben-Gvir a participé à des affrontements entre des colons juifs israéliens et des résidents palestiniens dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, où il a été vu brandissant une arme et tentant d'inciter les forces de sécurité à tirer sur des Palestiniens qui lançaient des pierres.

Cette année, deux attaques de colons particulièrement violentes ont eu lieu en Cisjordanie. La première a été le carnage de Huwara, au cours de laquelle une foule de colons israéliens armés a attaqué le village palestinien de Huwara en représailles à l'assassinat de deux colons israéliens plus tôt dans la journée.

L'attaque a fait un mort et des centaines de blessés parmi les Palestiniens. Il s'agit de l'une des pires violences commises par des colons en Cisjordanie depuis des décennies. Pourtant, à la suite de l'incident, Smotrich a déclaré que le village devrait être «anéanti» par l'État israélien.

Quatre mois plus tard, en représailles au meurtre de quatre colons par le Hamas dans la colonie d'Eli en Cisjordanie, des centaines de colons ont attaqué la ville palestinienne de Turmus Ayya, faisant un mort et 12 blessés, et incendiant des dizaines de maisons et de véhicules.

Des soldats israéliens ont été accusés de favoriser l’appropriation des terres par les colons juifs en empêchant les Palestiniens lorsqu'ils tentent de protéger leurs terres (Photo, AFP).

«Les colons juifs israéliens opèrent librement en Cisjordanie, souvent avec l'autorisation, la protection et, parfois, la participation de l'armée et de la police israéliennes», a indiqué Ramzi Baroud, auteur et commentateur palestinien, à Arab News.

«Le gouvernement de Netanyahou leur laisse la possibilité de commettre des violences individuelles ou collectives dans de nombreuses régions de Cisjordanie, dans l'espoir d'apaiser des personnes comme Ben-Gvir et de préserver ainsi la stabilité de la coalition gouvernementale», a-t-il expliqué.

«Maintenant qu'ils sont au sommet de leur pouvoir, ils n'hésitent pas à exprimer cette nouvelle influence par une violence quotidienne», a ajouté Baroud.

EN CHIFFRES

  • Plus de 100 citoyens palestiniens d'Israël assassinés au cours des six premiers mois de 2023.
  • 591 incidents liés aux colons ayant fait des victimes palestiniennes, des dégâts matériels ou les deux au cours des six premiers mois de 2023.
  • 399 cas documentés de personnes issues de 7 communautés d'éleveurs palestiniens déplacées par la violence des colons.

(Source : UN OCHA & Abraham Initiatives)

Meir Javedanfar, commentateur des affaires israéliennes pour divers médias en langue persane, estime que les paroles et les actions du gouvernement Netanyahou nuisent considérablement aux relations d'Israël avec le monde arabe.

«Ce gouvernement est de loin le plus raciste de l'histoire d'Israël. Ses représentants ont à plusieurs reprises fait des déclarations racistes à l'encontre des Arabes. Ces déclarations nuisent aux relations d'Israël avec les pays arabes avec lesquels Israël a conclu des accords de paix et avec les voisins palestiniens d'Israël», a-t-il déclaré à Arab News.

«Les violences commises par des colons extrémistes à l'encontre de Palestiniens ont encore accru les tensions. La situation pourrait s'aggraver car le gouvernement a déclaré qu'il avait l'intention d'étendre considérablement les colonies en Cisjordanie.»

Javedanfar ne voit aucun effort de la part du Premier ministre pour mettre fin à ce comportement et à ces politiques. «Cela pourrait être dû à deux possibilités. Premièrement, si Netanyahou réprimande fermement ses partenaires de coalition et tente de réduire leurs déclarations et leurs activités, ils pourraient théoriquement quitter son gouvernement de coalition, provoquant ainsi son effondrement», a-t-il jugé.

«Deuxièmement, il est possible que Netanyahou soit d'accord avec eux. La bonne réponse est probablement une combinaison des deux.»

Que Netanyahou se préoccupe ou non de la violence des colons, le dirigeant israélien «a perdu le contrôle de la situation – les colons sont désormais son principal électeur et l'épine dorsale de son gouvernement», estime Baroud, le commentateur palestinien.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, montre une vue d'ensemble de la colonie israélienne de Har Homa (à l'arrière-plan), le 20 février 2020, au cours de laquelle il a annoncé son intention de construire des milliers de nouveaux logements pour les colons juifs dans la partie annexée de Jérusalem-Est (Photo, AFP).

Au-delà des attaques des colons et de la construction de colonies illégales en Cisjordanie, les Arabes vivant à l'intérieur des frontières convenues d'Israël, connus sous le nom de «Citoyens palestiniens d'Israël», connaissent une vague de violence intercommunautaire sans précédent, à laquelle l'État ne semble guère vouloir mettre un terme.

Selon Abraham Initiatives, une organisation à but non lucratif qui soutient la paix intercommunautaire et l'égalité des droits, plus de 100 citoyens palestiniens d'Israël ont été assassinés au cours des seuls six premiers mois de cette année, soit plus du double de la période correspondante de l'année dernière.

Baroud estime que l'autonomisation des colons et la montée de la violence «font partie d'une même stratégie», soulignant le fait que Ben-Gvir a demandé la formation de forces de la garde nationale – dont l'objectif est de réprimer les Palestiniens tant en Israël qu'en Palestine – qui relèveraient directement de son bureau.

«Tandis que le gouvernement israélien cherche des idées pour renforcer la surveillance, le maintien de l'ordre et la violence afin d'empêcher les Arabes palestiniens d'Israël de s'exprimer sur le plan politique, il n'a aucun plan pour contrôler la violence liée à la criminalité au sein de ces communautés», a-t-il signalé.

Selon les statistiques d'Abraham Initiatives, seuls 10 des meurtres de citoyens arabes signalés cette année ont fait l'objet d'une enquête de police. Baroud souligne que même ceux qui font l'objet d'une enquête sont rarement pris au sérieux par l'État.

«Les régions arabes palestiniennes d'Israël sont les moins bien financées par le budget de l'État dans tous les secteurs, notamment l'éducation, la santé, la création d'emplois, etc.»

Selon Baroud, de nombreuses initiatives locales ont essayé de réduire la violence criminelle au sein des communautés arabes, mais «la police de proximité n'est guère soutenue par l'État, et lorsque la majorité des délits ne font l'objet d'aucune enquête, et encore moins d'une résolution, il y a de grandes chances que la violence s'accroisse.

«Tout aussi important, la criminalité elle-même est le résultat de l'inégalité socio-économique et du manque d'investissement dans l'éducation et la création d'emplois», a -t-il expliqué.

Al-Charif qualifie la question de la criminalité dans les communautés arabes de «patate chaude pour Netanyahou», qui reconnaît le problème de la violence, «mais, en même temps, il doit assurer la coordination par l'intermédiaire de... Ben-Gvir, qui se soucie peu des Arabes et annonce ouvertement son racisme».

«Comme d'autres défis auxquels Israël est confronté, il faut une volonté politique de faire ce qu'il faut. Cela signifie que davantage de fonds seront alloués aux municipalités arabes et que davantage de policiers interviendront pour réprimer le crime organisé. Ces deux éléments constituent un problème pour son gouvernement de droite», a-t-il soutenu.

La réduction du taux de criminalité dans les zones arabes ne figure pas parmi les priorités de l'État israélien. Selon Al-Charif, la majorité du Cabinet israélien actuel a un objectif assez singulier à l'esprit.

«Ben-Gvir, Smotrich et d'autres membres du Cabinet ont un programme ouvert : annexer la Cisjordanie et acculer les Palestiniens au pied du mur», a-t-il précisé.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Olivier Cadic : « Les relations entre la France et l’Arabie saoudite n’ont jamais été aussi denses »

Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France, avec S.E. le vice-ministre saoudien des Affaires étrangères. (Photo: fournie)
Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France, avec S.E. le vice-ministre saoudien des Affaires étrangères. (Photo: fournie)
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  • En visite à Riyad, le sénateur des Français établis hors de France souligne l’accélération des échanges entre Paris et le Royaume, les opportunités offertes par Vision 2030 et le rôle stabilisateur de l’Arabie saoudite dans la région
  • La transformation de l’Arabie saoudite ouvre de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises, notamment dans l’intelligence artificielle, les infrastructures, les énergies renouvelables, la culture, le tourisme et l’économie numérique

RIYAD : Sénateur des Français établis hors de France depuis 2014, vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées et président du groupe d’amitié interparlementaire France–Pays du Golfe, Olivier Cadic a effectué une nouvelle visite en Arabie saoudite à la tête d’une délégation parlementaire française. À l’issue de ses rencontres avec les autorités saoudiennes, il revient sur la transformation du Royaume, l’état des relations franco-saoudiennes et les perspectives de coopération entre les deux pays.

Pour Olivier Cadic, l’Arabie saoudite figure aujourd’hui parmi les pays qui se transforment le plus rapidement au monde. « Il s’agit de ma neuvième visite en Arabie saoudite en onze ans. Ce qui me frappe à chaque déplacement, c’est la rapidité de la transformation du pays », confie-t-il à Arab News en français.

Le sénateur souligne particulièrement les changements observés à Riyad, où les projets de développement se multiplient dans le cadre de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Selon lui, cette stratégie de modernisation « insuffle un souffle de modernité accéléré » et traduit une volonté claire de diversification économique, d’innovation et d’ouverture sur le monde.

Au cours de sa visite, Olivier Cadic a insisté sur la solidité du partenariat franco-saoudien, qu’il qualifie d’exceptionnel.

« Les relations entre la France et l’Arabie saoudite sont excellentes et n’ont jamais été aussi denses », affirme-t-il. Selon le sénateur, cette proximité repose sur une confiance mutuelle et sur des convergences de vues concernant plusieurs dossiers régionaux majeurs.

Il rappelle également l’importance de la solidarité entre partenaires dans les moments difficiles. « J’ai souhaité rappeler que la France n’oublie pas les attaques dont l’Arabie saoudite a été victime. Dans les moments difficiles, les partenaires doivent pouvoir compter les uns sur les autres. »

Selon Olivier Cadic, Paris et Riyad partagent notamment leur soutien à une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien, leur préoccupation face à la perspective d’une acquisition ou d’un usage d’une capacité nucléaire militaire par l’Iran, ainsi que leur volonté de voir le Liban retrouver sa pleine souveraineté et la Syrie renouer avec la stabilité.

« Plus largement, la France et l’Arabie saoudite défendent le multilatéralisme, le respect du droit international et de l’intégrité territoriale des États », souligne-t-il.

Sur le plan économique, le sénateur estime que les perspectives de cooperation entre la France et l’Arabie saoudite sont particulièrement prometteuses.

Les secteurs des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle, des énergies renouvelables, du tourisme, de la culture et de la formation figurent parmi les domaines les plus porteurs.

« La diversification de l’économie saoudienne crée de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises, qui disposent d’un savoir-faire reconnu dans ces secteurs », explique-t-il.

Les mégaprojets lancés dans le cadre de Vision 2030 offrent également de nouvelles perspectives dans les infrastructures de transport, la gestion durable de l’eau, les énergies décarbonées, la santé et les technologies numériques.

Olivier Cadic met aussi en avant l’émergence de nouveaux axes de coopération à forte valeur ajoutée. « Les coopérations entre la France et l’Arabie saoudite s’étendent désormais à de nouveaux secteurs, notamment les industries culturelles et créatives, l’intelligence artificielle, mais aussi l’e-sport », observe-t-il.

Pour le sénateur, les projets liés à l’économie numérique et à la jeunesse illustrent parfaitement la capacité des deux pays à construire ensemble des partenariats innovants et tournés vers l’avenir.

Parmi les éléments les plus marquants de cette mission, Olivier Cadic évoque avant tout l’état d’esprit qu’il a observé auprès des responsables saoudiens et des jeunes générations.

« J’ai été particulièrement impressionné par la confiance qui anime les responsables saoudiens et la jeunesse du pays. On ressent une véritable volonté de construire l’avenir et de réussir la transformation engagée », confie-t-il.

Le sénateur souligne également la qualité de l’accueil qui lui a été réservé et salue « l’hospitalité saoudienne », ainsi que les efforts entrepris pour valoriser le patrimoine culturel du Royaume et développer son attractivité touristique.

Cette dynamique de coopération devrait continuer à se renforcer dans les années à venir. Selon Olivier Cadic, les échanges bilatéraux se sont considérablement intensifiés ces dernières années, comme en témoigne la multiplication des visites officielles entre les deux pays. Le sénateur rappelle notamment qu’une délégation saoudienne a été accueillie en France en 2025.

« Le rôle des groupes d’amitié parlementaires est précisément de nourrir ce dialogue dans la durée et de favoriser l’émergence de nouvelles coopérations, qu’elles soient économiques, culturelles ou institutionnelles », souligne-t-il.

Interrogé sur la situation actuelle dans le Golfe, Olivier Cadic estime que l’Arabie saoudite joue un rôle central dans une région confrontée à de nombreux défis sécuritaires et géopolitiques.

« Le Golfe évolue dans un environnement régional particulièrement complexe », note-t-il, faisant référence aux tensions liées au conflit israélo-iranien.

Dans ce contexte, il considère que le Royaume s’affirme comme un acteur stabilisateur, privilégiant les solutions diplomatiques et les initiatives favorisant la paix régionale. Son poids économique, politique et diplomatique en fait, selon lui, « un acteur incontournable de l’équilibre régional ».

Enfin, Olivier Cadic a tenu à adresser un message à la communauté française vivant et travaillant en Arabie saoudite.

« J’adresse un message de confiance à nos compatriotes établis en Arabie saoudite », déclare-t-il. « Ils participent pleinement au rapprochement entre nos deux pays et contribuent au rayonnement de la France. »

Le sénateur estime que les perspectives offertes par le Royaume sont considérables et que les relations franco-saoudiennes disposent encore d’un potentiel de développement exceptionnel.

« Plus que jamais, les Français présents dans le Royaume sont des passerelles entre nos deux nations et des acteurs précieux de cette coopération d’avenir », conclut-il.

 


Le président syrien n'entend pas intervenir au Liban (sources proches)

Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
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  • Le président syrien Ahmad al-Chareh a démenti toute intention d’intervention au Liban, qualifiant ces rumeurs d’infondées
  • Damas affirme privilégier la coordination avec Beyrouth et la stabilité du Liban, dans un contexte régional tendu lié au Hezbollah et au conflit israélo-libanais

DAMAS: Le président syrien Ahmad al-Chareh a déclaré à des visiteurs que Damas n’avait aucune intention d’intervenir au Liban, démentant des rumeurs à ce sujet, ont indiqué vendredi à l'AFP deux personnes ayant assisté à l'entretien.

L’un des participants, qui a requis l’anonymat, a affirmé que le dirigeant syrien avait dit à une délégation de près de 70 notables et dignitaires de la province de Damas, en visite jeudi au palais présidentiel, que "ce qui se dit au sujet d'une intervention de la Syrie au Liban n’est qu'une rumeur".

L'autre personne a confirmé ces propos.

Le communiqué officiel publié à l'issue de cette visite, centrée autour de questions locales de développement, n'a fait aucune mention des propos d'Ahmad al-Chareh sur le Liban.

Le président américain Donald Trump avait affirmé lors d'une interview le 7 juin à NBC que le président syrien était prêt à aider à affaiblir le Hezbollah, contre lequel Israël mène une campagne de frappes aériennes et une offensive terrestre.

Dans une interview télévisée jeudi, le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, Noureddine al-Baba, a déclaré que Damas se tient aux côtés du président libanais Joseph Aoun pour " préserver la sécurité du Liban et la souveraineté de l’Etat libanais".

"La coordination avec (...) le Liban est le fondement de tout rôle que la Syrie peut jouer dans la résolution des dossiers libanais", a-t-il ajouté.

Réagissant aux propos de Donald Trump, Noureddine al-Baba a déclaré que "les parties syrienne et libanaise sont les mieux placées pour (les) interpréter et se mettre d’accord sur une formule qui serve les deux pays dans le cadre d'une vision arabe commune".

Selon un diplomate qui a requis l'anonymat, la Syrie est sous pression des Etats-Unis depuis le début de la guerre entre Israël et le Liban le 2 mars pour intervenir contre la formation pro-iranienne dans le pays voisin, avec lequel elle partage une longue frontière terrestre.

La Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes hostiles au Hezbollah, qui était l'allié du président renversé Bachar al-Assad.

M. Chareh a dit vouloir ouvrir une nouvelle page avec le Liban.

Le président syrien Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad, était intervenu au Liban en pleine guerre civile en 1976 et ses troupes ne s'en étaient définitivement retirées que près de 30 ans plus tard.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.