Netanyahou se soucie-t-il des Palestiniens de Cisjordanie qui subissent la violence des colons juifs ?

Cette photo prise le 27 février 2023 montre une vue aérienne d'une casse où des voitures ont été incendiées pendant la nuit lors d'une attaque par des colons juifs sur la ville palestinienne de Huwara, près de Naplouse, en Cisjordanie occupée (Photo, AFP).
Cette photo prise le 27 février 2023 montre une vue aérienne d'une casse où des voitures ont été incendiées pendant la nuit lors d'une attaque par des colons juifs sur la ville palestinienne de Huwara, près de Naplouse, en Cisjordanie occupée (Photo, AFP).
Des maisons et des véhicules ont été incendiés et des villages attaqués au milieu d'une vague de violence des colons juifs visant les Palestiniens en Israël et en Cisjordanie (Photo, AFP).
Des maisons et des véhicules ont été incendiés et des villages attaqués au milieu d'une vague de violence des colons juifs visant les Palestiniens en Israël et en Cisjordanie (Photo, AFP).
Des maisons et des véhicules ont été incendiés et des villages attaqués au milieu d'une vague de violence des colons juifs visant les Palestiniens en Israël et en Cisjordanie (Photo, AFP).
Des maisons et des véhicules ont été incendiés et des villages attaqués au milieu d'une vague de violence des colons juifs visant les Palestiniens en Israël et en Cisjordanie (Photo, AFP).
Des policiers anti-émeutes israéliens entourent Itamar Ben-Gvir, membre de la Knesset et chef du parti d'extrême droite Force Juive (Otzma Yehudit), alors qu'il dirige des colons construisant des maisons illégales dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, annexée par Israël, le 10 mai 2021 (Photo, AFP).
Des policiers anti-émeutes israéliens entourent Itamar Ben-Gvir, membre de la Knesset et chef du parti d'extrême droite Force Juive (Otzma Yehudit), alors qu'il dirige des colons construisant des maisons illégales dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, annexée par Israël, le 10 mai 2021 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 31 août 2023

Netanyahou se soucie-t-il des Palestiniens de Cisjordanie qui subissent la violence des colons juifs ?

  • Selon les experts, la rhétorique raciste et les crimes de haine sont aujourd'hui non seulement tolérés, mais aussi encouragés par l'État
  • Le cabinet de Netanyahou est composé d'hommes politiques d'extrême droite qui ont toujours milité en faveur de la suppression des droits des Palestiniens

DUBAÏ: Les violences anti-palestiniennes commises par les colons israéliens en Cisjordanie sont montées en flèche au cours de l'année passée, avec plus de 100 incidents signalés par les Nations unies rien que ce mois-ci et plus de 400 personnes chassées de leurs domiciles depuis le début de l'année.

Alors que des propriétés sont détruites et que de jeunes hommes sont victimes d'attaques armées de colons, la question que se posent de nombreux Palestiniens et leurs sympathisants internationaux est la suivante : le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, s'en préoccupe-t-il ?

Le Cabinet israélien étant désormais rempli de politiciens d'extrême droite et hyper-religieux qui ont déjà milité pour la suppression des droits des Palestiniens, les analystes et les observateurs affirment que la violence des colons n'est pas seulement tolérée, mais qu'elle est en fait encouragée par l'État.

L'agression des colons contre les Palestiniens en Cisjordanie a été encouragée par le gouvernement du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, qui a rempli son cabinet d'extrémistes juifs, selon les critiques (Photo, AFP).

Le journaliste et commentateur politique Osama al-Charif, basé à Amman, met en garde contre un avenir sombre pour les Palestiniens à mesure que le gouvernement israélien penche vers la droite.

«L'extrême droite est désormais au centre de la politique israélienne après avoir été en marge pendant des décennies», a déclaré Al-Charif à Arab News.

«Le nationalisme juif, dans sa forme extrême, est désormais maître de la situation et défend ouvertement son programme, sans aucun regret. Nous pouvons donc nous attendre à voir des actes de violence encore plus graves de la part des colons soutenus par le gouvernement dans les prochains jours», a-t-il poursuivi.

«Cela pourrait aller jusqu'à refuser aux Palestiniens le droit de conduire leurs véhicules sur certaines routes, certains jours, voire indéfiniment. Ce gouvernement franchit toutes les lignes rouges et le monde entier l'observe», a-t-il averti.

La dernière flambée de violence des colons en Cisjordanie a commencé peu après l'avènement du nouveau gouvernement nationaliste d'extrême droite d'Israël en décembre 2022.

En plus de déclarer publiquement que la culture, l'histoire et le peuple palestiniens «n'existent pas», le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich (au centre), a encouragé la construction, l'expansion et la protection des colonies illégales en Cisjordanie (Photo, AFP).

Un grand nombre des nouveaux membres du Cabinet, tous nommés par Netanyahou, sont eux-mêmes des colons de Cisjordanie, notamment le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, et le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir.

En outre, ces personnes ont joué un rôle actif dans la promotion de la construction, de l'expansion et de la protection des colonies illégales en Cisjordanie.

Au début de ce mois, Smotrich aurait prévu de demander au Cabinet un financement d'environ 180 millions de dollars (1 dollar = 0,91 euro) pour l'expansion et le soutien des communautés de colons en Cisjordanie. Il a également déclaré publiquement que la culture, l'histoire et le peuple palestiniens «n'existent pas».

Ben-Gvir a des antécédents encore plus flagrants de participation directe à la violence anti-arabe. En 2021, il a eu une altercation physique avec un membre arabe de la Knesset, Ayman Odeh, après que le premier a accusé le second de soutenir le terrorisme lors d'une visite à un agent détenu du Hamas.

Itamar Ben-Gvir, membre de la Knesset et chef du parti d'extrême droite Force Juive (Otzma Yehudit), se dispute avec un Palestinien dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, annexée par Israël, le 10 mai 2021 (Photo, AFP).

Deux mois plus tard, le futur ministre a été filmé en train de braquer une arme de poing sur des gardiens de parking arabes qui lui avaient demandé de déplacer son véhicule à Tel-Aviv.

L'année dernière, Ben-Gvir a participé à des affrontements entre des colons juifs israéliens et des résidents palestiniens dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, où il a été vu brandissant une arme et tentant d'inciter les forces de sécurité à tirer sur des Palestiniens qui lançaient des pierres.

Cette année, deux attaques de colons particulièrement violentes ont eu lieu en Cisjordanie. La première a été le carnage de Huwara, au cours de laquelle une foule de colons israéliens armés a attaqué le village palestinien de Huwara en représailles à l'assassinat de deux colons israéliens plus tôt dans la journée.

L'attaque a fait un mort et des centaines de blessés parmi les Palestiniens. Il s'agit de l'une des pires violences commises par des colons en Cisjordanie depuis des décennies. Pourtant, à la suite de l'incident, Smotrich a déclaré que le village devrait être «anéanti» par l'État israélien.

Quatre mois plus tard, en représailles au meurtre de quatre colons par le Hamas dans la colonie d'Eli en Cisjordanie, des centaines de colons ont attaqué la ville palestinienne de Turmus Ayya, faisant un mort et 12 blessés, et incendiant des dizaines de maisons et de véhicules.

Des soldats israéliens ont été accusés de favoriser l’appropriation des terres par les colons juifs en empêchant les Palestiniens lorsqu'ils tentent de protéger leurs terres (Photo, AFP).

«Les colons juifs israéliens opèrent librement en Cisjordanie, souvent avec l'autorisation, la protection et, parfois, la participation de l'armée et de la police israéliennes», a indiqué Ramzi Baroud, auteur et commentateur palestinien, à Arab News.

«Le gouvernement de Netanyahou leur laisse la possibilité de commettre des violences individuelles ou collectives dans de nombreuses régions de Cisjordanie, dans l'espoir d'apaiser des personnes comme Ben-Gvir et de préserver ainsi la stabilité de la coalition gouvernementale», a-t-il expliqué.

«Maintenant qu'ils sont au sommet de leur pouvoir, ils n'hésitent pas à exprimer cette nouvelle influence par une violence quotidienne», a ajouté Baroud.

EN CHIFFRES

  • Plus de 100 citoyens palestiniens d'Israël assassinés au cours des six premiers mois de 2023.
  • 591 incidents liés aux colons ayant fait des victimes palestiniennes, des dégâts matériels ou les deux au cours des six premiers mois de 2023.
  • 399 cas documentés de personnes issues de 7 communautés d'éleveurs palestiniens déplacées par la violence des colons.

(Source : UN OCHA & Abraham Initiatives)

Meir Javedanfar, commentateur des affaires israéliennes pour divers médias en langue persane, estime que les paroles et les actions du gouvernement Netanyahou nuisent considérablement aux relations d'Israël avec le monde arabe.

«Ce gouvernement est de loin le plus raciste de l'histoire d'Israël. Ses représentants ont à plusieurs reprises fait des déclarations racistes à l'encontre des Arabes. Ces déclarations nuisent aux relations d'Israël avec les pays arabes avec lesquels Israël a conclu des accords de paix et avec les voisins palestiniens d'Israël», a-t-il déclaré à Arab News.

«Les violences commises par des colons extrémistes à l'encontre de Palestiniens ont encore accru les tensions. La situation pourrait s'aggraver car le gouvernement a déclaré qu'il avait l'intention d'étendre considérablement les colonies en Cisjordanie.»

Javedanfar ne voit aucun effort de la part du Premier ministre pour mettre fin à ce comportement et à ces politiques. «Cela pourrait être dû à deux possibilités. Premièrement, si Netanyahou réprimande fermement ses partenaires de coalition et tente de réduire leurs déclarations et leurs activités, ils pourraient théoriquement quitter son gouvernement de coalition, provoquant ainsi son effondrement», a-t-il jugé.

«Deuxièmement, il est possible que Netanyahou soit d'accord avec eux. La bonne réponse est probablement une combinaison des deux.»

Que Netanyahou se préoccupe ou non de la violence des colons, le dirigeant israélien «a perdu le contrôle de la situation – les colons sont désormais son principal électeur et l'épine dorsale de son gouvernement», estime Baroud, le commentateur palestinien.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, montre une vue d'ensemble de la colonie israélienne de Har Homa (à l'arrière-plan), le 20 février 2020, au cours de laquelle il a annoncé son intention de construire des milliers de nouveaux logements pour les colons juifs dans la partie annexée de Jérusalem-Est (Photo, AFP).

Au-delà des attaques des colons et de la construction de colonies illégales en Cisjordanie, les Arabes vivant à l'intérieur des frontières convenues d'Israël, connus sous le nom de «Citoyens palestiniens d'Israël», connaissent une vague de violence intercommunautaire sans précédent, à laquelle l'État ne semble guère vouloir mettre un terme.

Selon Abraham Initiatives, une organisation à but non lucratif qui soutient la paix intercommunautaire et l'égalité des droits, plus de 100 citoyens palestiniens d'Israël ont été assassinés au cours des seuls six premiers mois de cette année, soit plus du double de la période correspondante de l'année dernière.

Baroud estime que l'autonomisation des colons et la montée de la violence «font partie d'une même stratégie», soulignant le fait que Ben-Gvir a demandé la formation de forces de la garde nationale – dont l'objectif est de réprimer les Palestiniens tant en Israël qu'en Palestine – qui relèveraient directement de son bureau.

«Tandis que le gouvernement israélien cherche des idées pour renforcer la surveillance, le maintien de l'ordre et la violence afin d'empêcher les Arabes palestiniens d'Israël de s'exprimer sur le plan politique, il n'a aucun plan pour contrôler la violence liée à la criminalité au sein de ces communautés», a-t-il signalé.

Selon les statistiques d'Abraham Initiatives, seuls 10 des meurtres de citoyens arabes signalés cette année ont fait l'objet d'une enquête de police. Baroud souligne que même ceux qui font l'objet d'une enquête sont rarement pris au sérieux par l'État.

«Les régions arabes palestiniennes d'Israël sont les moins bien financées par le budget de l'État dans tous les secteurs, notamment l'éducation, la santé, la création d'emplois, etc.»

Selon Baroud, de nombreuses initiatives locales ont essayé de réduire la violence criminelle au sein des communautés arabes, mais «la police de proximité n'est guère soutenue par l'État, et lorsque la majorité des délits ne font l'objet d'aucune enquête, et encore moins d'une résolution, il y a de grandes chances que la violence s'accroisse.

«Tout aussi important, la criminalité elle-même est le résultat de l'inégalité socio-économique et du manque d'investissement dans l'éducation et la création d'emplois», a -t-il expliqué.

Al-Charif qualifie la question de la criminalité dans les communautés arabes de «patate chaude pour Netanyahou», qui reconnaît le problème de la violence, «mais, en même temps, il doit assurer la coordination par l'intermédiaire de... Ben-Gvir, qui se soucie peu des Arabes et annonce ouvertement son racisme».

«Comme d'autres défis auxquels Israël est confronté, il faut une volonté politique de faire ce qu'il faut. Cela signifie que davantage de fonds seront alloués aux municipalités arabes et que davantage de policiers interviendront pour réprimer le crime organisé. Ces deux éléments constituent un problème pour son gouvernement de droite», a-t-il soutenu.

La réduction du taux de criminalité dans les zones arabes ne figure pas parmi les priorités de l'État israélien. Selon Al-Charif, la majorité du Cabinet israélien actuel a un objectif assez singulier à l'esprit.

«Ben-Gvir, Smotrich et d'autres membres du Cabinet ont un programme ouvert : annexer la Cisjordanie et acculer les Palestiniens au pied du mur», a-t-il précisé.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Arabie saoudite abat plusieurs drones alors que les attaques iraniennes se poursuivent

Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent. (AFP)
Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent. (AFP)
Short Url
  • Le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn ont également signalé qu'ils étaient confrontés à des tirs de missiles et à des menaces de drones
  • La raffinerie du port de Mina Al-Ahmadi de la Kuwait Petroleum Corporation a de nouveau fait l'objet d'attaques iraniennes

RIYAD: Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont intercepté et détruit 26 drones depuis le début de la journée de vendredi, a confirmé le ministère de la Défense du pays, alors que les attaques aériennes contre les pays du Golfe se poursuivent.

Les autorités du Koweït et des Émirats arabes unis ont déclaré qu'elles étaient également confrontées à des tirs de missiles et à des menaces de drones.

La raffinerie portuaire Mina Al-Ahmadi de la Kuwait Petroleum Corporation a de nouveau été la cible d'attaques de drones iraniens, qui ont provoqué un incendie dans plusieurs de ses unités. Aucun blessé n'a été signalé.

Les pompiers tentent de maîtriser l'incendie dans l'installation, et certaines unités ont été fermées par précaution, a rapporté l'agence de presse nationale UNA.

Le ministère de l'intérieur de Bahreïn a déclaré que des éclats d'obus provenant de ce qu'il a décrit comme une "agression iranienne" ont déclenché un incendie dans un entrepôt, qui a été maîtrisé sans qu'aucun blessé ne soit à déplorer.

Selon le ministère saoudien de la défense, la majorité des drones ont été abattus au-dessus de la province orientale, où se trouvent les principales raffineries de pétrole du royaume, tandis qu'un autre a été intercepté au-dessus de la province septentrionale d'Al Jouf.

Cette nouvelle vague d'attaques survient un jour après qu'un drone a frappé une raffinerie de pétrole saoudienne sur la mer Rouge et provoqué des incendies dans deux autres installations au Koweït, alors que l'Iran intensifie sa campagne contre les infrastructures énergétiques du Golfe.

Ces frappes font suite aux dommages importants subis mercredi à Ras Laffan - la vaste plate-forme de gaz naturel du Qatar et la plus grande au monde - après que l'Iran a riposté aux frappes aériennes israéliennes sur son champ gazier de South Pars.

Ces derniers chiffres portent le nombre total de frappes de drones visant l'Arabie saoudite à au moins 503 depuis le 28 février, selon un décompte basé sur les rapports du ministère de la défense. Outre les drones, les défenses aériennes saoudiennes ont intercepté 42 missiles balistiques et sept missiles de croisière au cours de la même période, ce qui souligne la nature soutenue et variée de la campagne aérienne menée contre le royaume.


L'Iran en passe d'être «décimé», assure Netanyahu

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi que l'Iran était en passe d'être "décimé", près de trois semaines après le début d'une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi que l'Iran était en passe d'être "décimé", près de trois semaines après le début d'une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures. (AFP)
Short Url
  • L'Iran est "en train d'être décimé" et Israël "gagne la guerre", a lancé Benjamin Netanyahu
  • "Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent", a-t-il ajouté, sans préciser les délais envisagés

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré jeudi que l'Iran était en passe d'être "décimé", près de trois semaines après le début d'une guerre qui a fait flamber les prix des hydrocarbures.

"Après 20 jours, je peux vous annoncer que l'Iran n'a aujourd'hui plus la capacité d'enrichir de l'uranium et qu'il n'a plus la capacité de produire des missiles balistiques", a déclaré M. Netanyahu, lors d'une conférence de presse télévisée.

En lançant une offensive contre Téhéran avec Israël le 28 février, Donald Trump avait d'abord dit que son objectif était d'éliminer la menace nucléaire iranienne, bien qu'il ait affirmé avoir détruit ce programme dans des frappes de juin 2025.

D'après le Premier ministre israélien, l'arsenal de missiles, drones et lanceurs de Téhéran est aujourd'hui fortement amoindri.

L'Iran est "en train d'être décimé" et Israël "gagne la guerre", a lancé Benjamin Netanyahu. "Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent", a-t-il ajouté, sans préciser les délais envisagés.

Si Washington n'a pas non plus fixé d'échéance à ses opérations militaires, le président Trump a assuré jeudi qu'il ne déployait "pas de troupes".

Raffineries touchées 

Conséquence des frappes massives jeudi sur des sites de production d'hydrocarbures dans le Golfe, le baril américain WTI, en hausse de plus de 5% jeudi, est brièvement repassé au-dessus de 100 dollars.

Le gaz européen s'est lui envolé (jusqu'à +35%), tandis que les Bourses européennes terminaient en forte baisse tout comme le Dow Jones et le Nasdaq à New York.

Parmi les installations visées: Ras Laffan, premier site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar, où une attaque iranienne a fait des "dommages considérables", selon Doha.

Le Qatar juge que les attaques vont réduire sa capacité d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) de 17%.

Deux raffineries au Koweït ont par ailleurs été ciblées par des drones, tout comme une raffinerie saoudienne à Yanbu, sur la mer Rouge.

Ces attaques répondent à celles, la veille, du site de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha.

L'Iran, qui dit viser le Golfe parce qu'il abrite des intérêts américains, ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques sont à nouveau visées, a prévenu le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

"Moratoire" 

Donald Trump a indiqué qu'Israël avait frappé la partie iranienne du site offshore, "sous le coup de la colère".

Israël a "agi seul", a confirmé Benjamin Netanyahu. "Le président Trump nous a demandé de suspendre toute nouvelle attaque et nous nous y conformons", a déclaré le Premier ministre.

Donald Trump a toutefois menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques.

Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants européens ont appelé jeudi à un "moratoire" sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et hydrauliques, exhortant également toutes les parties à une "retenue maximale".

Si d'autres infrastructures sont visées, le baril "dépassera probablement 120 dollars dans l'immédiat, avec un potentiel de hausse supplémentaire", estime Aditya Saraswat, analyste à Rystad Energy.

Pour ajouter au marché pétrolier des millions de barils, Washington pourrait lever certaines sanctions sur le pétrole iranien, mais uniquement celui qui est déjà stocké en mer sur des navires, selon le ministre des Finances Scott Bessent.

Dans la même optique, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont commencé à libérer des stocks de pétrole, comme annoncé mi-mars.

"Tensions" 

Au 20e jour de la guerre, l'Iran démontre conserver une importante capacité de frappe.

"Nous voyons apparaître des fissures et nous essayons de les creuser aussi vite que possible, non seulement au sein du haut commandement mais aussi sur le terrain", a toutefois assuré Benjamin Netanyahu, qui a dit en outre ne pas vraiment savoir "qui dirige l'Iran en ce moment".

"Ce que nous constatons, c'est qu'il y a beaucoup de tensions parmi ceux qui se disputent le pouvoir", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse.

Peu après ses déclarations, plusieurs explosions ont été entendues au-dessus de Jérusalem à la suite du signalement d'une nouvelle salve de missiles iraniens, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

Dans le Golfe, le stratégique détroit d'Ormuz reste bloqué quasi totalement par Téhéran.

Un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux circule d'ordinaire par ce passage.

Après un appel américain qui était d'abord resté lettre morte, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dits "prêts à contribuer" aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit, le moment venu.

Le président français Emmanuel Macron a évoqué en ce sens la possibilité d'un "cadre onusien" pour une future mission, après les hostilités.

Dans la capitale iranienne, rien ou presque ne suggérait jeudi un pays enlisé dans la guerre.

A la veille de Norouz, le Nouvel an persan habituellement célébré avec faste, le centre-ville était comme à l'accoutumée embouteillé, mais avec une présence des forces de sécurité plus importante que d'ordinaire.

 


Israël poursuit ses frappes sur l'Iran

Israël a lancé vendredi de nouvelles frappes sur l'Iran, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu estime en passe d'être "décimé", alors que des attaques de missiles et de drones continuent à cibler les pays du Golfe. (AFP)
Israël a lancé vendredi de nouvelles frappes sur l'Iran, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu estime en passe d'être "décimé", alors que des attaques de missiles et de drones continuent à cibler les pays du Golfe. (AFP)
Short Url
  • Au 21e jour de guerre, ces propos perçus comme rassurants ont calmé les marchés. Wall Street a terminé en baisse modérée et les prix du pétrole sont repartis en légère baisse, le baril de Brent, référence internationale, tournant autour de 107 dollars
  • Sur le front de ce conflit devenu régional, les frappes se poursuivent néanmoins vendredi, jour de Norouz, le Nouvel an persan, et de l'Aïd el-Fitr en Arabie saoudite et dans la plupart des pays musulmans

JERUSALEM: Israël a lancé vendredi de nouvelles frappes sur l'Iran, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu estime en passe d'être "décimé", alors que des attaques de missiles et de drones continuent à cibler les pays du Golfe.

"Nous gagnons et l'Iran est en train d'être décimé", a affirmé jeudi M. Netanyahu, lors d'une conférence de presse télévisée, assurant que Téhéran n'a plus "la capacité d'enrichir de l'uranium" ni "de produire des missiles balistiques".

"Je pense aussi que cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent", a-t-il ajouté, sans donner de calendrier.

Au 21e jour de guerre, ces propos perçus comme rassurants ont calmé les marchés. Wall Street a terminé en baisse modérée et les prix du pétrole sont repartis en légère baisse, le baril de Brent, référence internationale, tournant autour de 107 dollars.

Sur le front de ce conflit devenu régional, les frappes se poursuivent néanmoins vendredi, jour de Norouz, le Nouvel an persan, et de l'Aïd el-Fitr en Arabie saoudite et dans la plupart des pays musulmans. Pays à majorité chiite, l'Iran a lui fixé à samedi la fête marquant la fin du mois de jeûne du ramadan.

Raffinerie ciblée au Koweït 

Le Golfe est lui encore ciblé par des tirs de missiles et de drones. Les Emirats arabes unis ont dit répondre à des attaques de missiles, l'Arabie saoudite avoir intercepté plusieurs drones, surtout dans l'est du pays, et le Bahreïn avoir maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats provenant d'une "agression iranienne".

Au Koweït, une raffinerie, déjà visée jeudi, a subi une nouvelle attaque de drones, provoquant un incendie et la fermeture de plusieurs de ses unités.

En représailles à l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël depuis le 28 février, Téhéran vise les intérêts américains dans les pays du Golfe et les infrastructures énergétiques, alimentant les craintes de répercussions majeures sur l'économie mondiale.

Le prix du gaz en Europe s'est emballé jeudi, poussant le cours du TTF néerlandais, référence européenne, à des niveaux jamais vus depuis 2023.

Le Qatar a estimé que sa capacité d'exportation de GNL était réduite de 17%, après les attaques récentes sur son plus important site de production de gaz naturel liquéfié (GNL) à Ras Laffan. Ces frappes iraniennes ont répondu à celles d'Israël à l'encontre du site offshore de South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée par Téhéran et Doha.

Donald Trump a demandé à Israël de ne plus attaquer les infrastructures énergétiques d'Iran et Benjamin Netanyahu a dit s'y "conform(er)". Mais le président américain a aussi menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques.

L'Iran ne fera preuve d'"aucune retenue" si ses infrastructures énergétiques sont à nouveau visées, a prévenu le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

"Notre réponse à l'attaque israélienne contre nos infrastructures n'a mobilisé qu'une FRACTION de notre puissance", a-t-il averti.

Ormuz: Macron évoque un "cadre onusien" 

Inquiets des conséquences, les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles, ont appelé jeudi soir à un "moratoire" sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et hydrauliques, exhortant les parties à une "retenue maximale".

Après un appel américain d'abord resté lettre morte, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dits "prêts à contribuer" au moment venu, aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz, passage maritime stratégique pour le pétrole et le gaz mondiaux bloqué de facto par l'Iran.

Mais pour Paris, Rome et Berlin, une implication n'est envisageable qu'après un arrêt des combats.

Le président français Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d'un "cadre onusien" pour une telle mission.

Pour détendre le marché pétrolier, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont commencé à libérer des stocks de pétrole comme annoncé mi-mars. Un total de 426 millions de barils, en majorité du brut, doit être mis à disposition.

Liban: pas de proposition de plan français 

Au Liban, entraîné dans la guerre le 2 mars par le mouvement pro-iranien Hezbollah, le président Joseph Aoun a de nouveau appelé à une trêve et à des négociations avec Israël, à l'occasion d'une visite du chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, qui doit se rendre vendredi en Israël.

"Notre rôle n'est absolument pas de proposer un plan pour un pays tiers", mais "d'aider à ce qu'il puisse y avoir des discussions directes entre eux et les Israéliens", a déclaré, depuis Bruxelles, Emmanuel Macron, estimant que cela dépendait d'un feu vert israélien.