Le monde ne doit pas abandonner les réfugiés palestiniens et syriens, affirme le roi de Jordanie

Le roi de Jordanie Abdallah II ben al-Hussein s'adresse aux dirigeants du monde entier lors de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies, le 19 septembre 2023 à New York (Photo, AFP).
Le roi de Jordanie Abdallah II ben al-Hussein s'adresse aux dirigeants du monde entier lors de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies, le 19 septembre 2023 à New York (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 20 septembre 2023

Le monde ne doit pas abandonner les réfugiés palestiniens et syriens, affirme le roi de Jordanie

  • «Nous devons protéger les jeunes Palestiniens des extrémistes qui profitent de leurs frustrations et de leur désespoir», a souligné le roi Abdallah II
  • Les réfugiés représentent plus d'un tiers de la population jordanienne, qui compte 11 millions d'habitants

LONDRES: Le monde ne doit pas abandonner les réfugiés palestiniens aux forces du désespoir, a déclaré le roi Abdallah II de Jordanie devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York mardi.

L'Unrwa, l'agence des Nations unies qui fournit des services vitaux d'aide, d'éducation et de santé à des millions de réfugiés palestiniens, a besoin d'urgence d'un financement durable, a-t-il ajouté.

Ce financement est essentiel pour protéger les familles palestiniennes, maintenir la stabilité des communautés et préparer les jeunes à une vie productive.

«Nous devons protéger les jeunes Palestiniens des extrémistes qui profitent de leurs frustrations et de leur désespoir en veillant à ce qu'ils continuent à apprendre dans les écoles sous le drapeau bleu des Nations unies, car l'alternative sera le drapeau noir de la terreur, de la haine et de l'extrémisme», a averti le roi.

En tant que gardienne des lieux saints islamiques et chrétiens de Jérusalem, la Jordanie reste déterminée à sauvegarder l'identité de la ville en la préservant en tant que ville de la foi et de la paix pour l'islam, le christianisme et le judaïsme, a-t-il indiqué.

Le roi jordanien a attiré l'attention sur le sort des 5 millions de Palestiniens vivant sous occupation, sans droits civiques, sans liberté de mouvement et sans mot à dire sur leur vie, malgré «toutes les résolutions de l'ONU, depuis le début de ce conflit, reconnaissant l'égalité des droits du peuple palestinien à un avenir de paix, de dignité et d'espoir».

Il a signalé que le seul moyen de parvenir à une paix globale et durable dans le conflit israélo-palestinien est une solution à deux États.

«Nous voyons le peuple israélien défendre activement et s'engager dans l'expression de son identité nationale, alors que le peuple palestinien est privé de ce même droit d'exprimer et de réaliser sa propre identité nationale», a-t-il ajouté. 

Le roi Abdallah II a déclaré que la condition fondamentale de ce droit des Palestiniens est «l'établissement de leur propre État indépendant et viable sur les lignes du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, vivant aux côtés d'Israël dans la paix, la sécurité et la prospérité».

Il a mentionné que le fait de retarder la justice et la paix a engendré des cycles de violence sans fin, et que l'année 2023 a été la plus meurtrière en quinze ans pour le peuple palestinien.

«Comment les gens peuvent-ils avoir confiance en la justice mondiale alors que la construction de colonies, les confiscations de terres et les démolitions de maisons se poursuivent ? Où est la solidarité mondiale pour rendre les résolutions de l'ONU crédibles aux yeux des personnes qui ont besoin de notre aide ?», a-t-il demandé.

Le roi Abdallah a également souligné les effets d'une grave pénurie de fonds internationaux sur de nombreuses agences des Nations unies qui fournissent des services vitaux aux réfugiés dans le besoin.

«En Jordanie, où les réfugiés représentent plus d'un tiers de notre population de 11 millions d'habitants, les réductions de fonds ont déjà jeté l'incertitude sur la vie de centaines de milliers de réfugiés. L'impact de telles pénuries humanitaires ne se limite jamais à un pays ou à une région», a-t-il expliqué.

Besoins fondamentaux

Selon le roi, la peur et le besoin entraînent souvent une forte augmentation du nombre de réfugiés au Moyen-Orient qui fuient vers l'Europe et au-delà, dans des voyages qui se terminent souvent par des tragédies.

«Les Jordaniens prennent au sérieux leur devoir envers ceux qui sont dans le besoin. Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour garantir une vie digne aux réfugiés», a-t-il déclaré.

«Près de la moitié des quelque 1,4 million de Syriens que nous accueillons ont moins de 18 ans. Pour beaucoup d'entre eux, la Jordanie est le seul endroit qu’ils n’aient jamais connu. Plus de 230 000 enfants syriens sont nés en Jordanie depuis 2011.»

Il a indiqué que la Jordanie partageait des ressources précieuses pour aider les réfugiés syriens à répondre à leurs besoins fondamentaux tels que la nourriture, l'énergie et l'eau, bien qu'elle soit l'un des pays les plus pauvres en eau au monde et qu'elle soit confrontée au changement climatique qui provoque des vagues de chaleur destructrices, des sécheresses et des inondations.

«Pour faire face au fardeau des réfugiés, nous nous sommes efforcés de combiner nos ressources limitées avec le soutien essentiel de la communauté internationale, car la responsabilité d'agir repose sur les épaules de chacun, et que le monde ne peut pas se permettre de s'éloigner et de laisser derrière lui une génération perdue», a précisé le roi.

Il a soutenu que la Jordanie n'aura ni la capacité ni les moyens nécessaires pour accueillir et prendre en charge davantage de réfugiés syriens, dont «l'avenir se trouve dans leur pays, pas dans les pays d'accueil. Mais jusqu'à ce qu'ils puissent rentrer chez eux, nous devons tous faire ce qu'il faut pour eux.»

«Le fait est, les réfugiés sont loin de rentrer chez eux. En Syrie, de plus en plus de Syriens risquent de quitter leur pays à mesure que la crise persiste», a-t-il conclu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: 14 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Photo prise à Tyr montrant des baigneurs sur la plage tandis que de la fumée s’élève d’une frappe aérienne israélienne à Deir Qanoun Ras Al-Ain (8 juin 2026, AFP).
Photo prise à Tyr montrant des baigneurs sur la plage tandis que de la fumée s’élève d’une frappe aérienne israélienne à Deir Qanoun Ras Al-Ain (8 juin 2026, AFP).
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait 14 morts et plus de 20 blessés, tandis que le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre les forces israéliennes
  • Malgré l’annonce par l’Iran de la fin de son opération contre Israël, Téhéran menace de représailles plus sévères si les attaques se poursuivent au Liban, tandis qu’Israël promet de continuer à frapper le Hezbollah

BEYROUTH: Quatorze personnes ont été tuées et plus d'une vingtaine blessées lundi dans des frappes israéliennes dans le sud du Liban, selon les autorités et la Croix-Rouge, Israël promettant de continuer à viser le Hezbollah pro-iranien malgré les menaces de nouvelles représailles de Téhéran.

"Le raid de l'ennemi israélien à l'aube aujourd'hui sur le village de Zifta dans la région de Nabatiyé" a fait sept morts, dont "un enfant syrien et une femme, et huit blessés dont deux femmes", a annoncé le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Dans la soirée, le ministère a indiqué qu'une frappe sur Tyr avait fait cinq morts et huit blessés. Plus tôt dans la soirée, l'armée israélienne avait lancé un appel à évacuer dans une zone de Tyr.

Une autre frappe dans la soirée a coûté la vie à deux personnes parmi lesquelles un enfant et fait dix blessés à Marwanieh, dans le sud, selon la même source.

Lundi, les frappes israéliennes se sont abattues sur plus d'une quinzaine de localités dans le sud du Liban, notamment à Tyr, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI, officielle).

L'une des frappes a "ciblé une voiture (...) près d'un bâtiment de la Croix-Rouge libanaise" dans cette ville côtière, selon la même source. Quatre secouristes ont été blessés dans cette frappe. Atteints par des éclats de verre, ils ont été hospitalisés, selon la Croix-Rouge.

Un photographe de l'AFP a vu un épais panache de fumée s'élever d'une route côtière de la ville.

Le Hezbollah a revendiqué pour sa part de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas contre le nord d'Israël.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés du Liban "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessés.

- "Actions plus sévères" -

Lundi à la mi-journée, après des frappes réciproques depuis la veille au soir entre l'Iran et Israël, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël.

Mais il a prévenu qu'"en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seraient entreprises".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a rétorqué que son pays "continuera(it) d'agir "contre le Hezbollah. Il a promis que "toute tentative iranienne d'établir un lien entre le Liban et l'Iran afin d'attaquer Israël recevra(it) une réponse d'une grande force"..

Téhéran insiste pour traiter en même temps le conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large au Moyen-Orient, tandis que les Etats-Unis souhaitent gérer le dossier libanais dans un second temps.

Israël avait mené dimanche une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, qui a fait deux morts, en riposte à des tirs ayant visé son territoire, après avoir prévenu qu'il frapperait Beyrouth en cas d'attaques du Hezbollah contre son territoire.

Il s'agissait des premières frappes sur la banlieue sud de la capitale depuis un nouvel accord de cessez-le-feu annoncé mercredi à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington. Une trêve précédente avait été annoncée le 17 avril sans jamais être respectée.

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah pro-iranien et Israël, les frappes israéliennes ont fait plus de 3.600 morts selon les autorités. 


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
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  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".