Le cas du Liban n’est pas désespéré, affirme le tsar de la sécurité énergétique américaine

Des militaires à la retraite tentent d'enlever la barricade de fil barbelé devant la banque centrale du Liban lors d'une manifestation réclamant l'ajustement de leurs pensions à l'inflation, à Beyrouth, le 30 mars 2023 (Photo, AFP).
Des militaires à la retraite tentent d'enlever la barricade de fil barbelé devant la banque centrale du Liban lors d'une manifestation réclamant l'ajustement de leurs pensions à l'inflation, à Beyrouth, le 30 mars 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 21 septembre 2023

Le cas du Liban n’est pas désespéré, affirme le tsar de la sécurité énergétique américaine

  • Pour Amos Hochstein : «Si le programme des réformes est abordé, je pense que le Liban pourra aller plus loin»
  • Hochstein s'est rendu au Liban au mois d'août afin de comprendre les possibilités de poursuivre les négociations avec Israël

NEW YORK: Le Liban «n'a pas besoin d'être le cas économique désespéré qu'il est», la culture d'entreprise du pays touché par la crise offrant une voie vers l'avenir, a signalé mercredi le tsar de la sécurité énergétique du président américain.

«Les Libanais dirigent des entreprises dans tous les pays de la planète», a indiqué Amos Hochstein. «Où que vous alliez, il y a des entrepreneurs, des médecins, des PDG et des financiers libanais. Mais ils doivent quitter le Liban pour le faire.»

Hochstein, assistant adjoint et conseiller principal du président pour l'énergie et l'investissement, s'exprimait lors du premier Sommet mondial du Moyen-Orient à New York, auquel Arab News a assisté.

Le lieutenant-général Douglas Lute, ancien représentant permanent des États-Unis auprès de l'Otan, a servi de modérateur pour la discussion informelle avec Hochstein.

Le tsar de la sécurité énergétique a été le principal négociateur d'un accord maritime entre le Liban et Israël à la fin de l'année 2022, qui a abouti à une résolution divisant les champs gaziers de Cana et de Karish, qui font l'objet d'un litige, entre les deux pays.

Lute a demandé à Hochstein si cet accord pouvait servir de catalyseur pour de nouvelles négociations et des relations plus étroites.

«Tout le monde m’a dit que ce n'était pas possible. Je reconnais aux deux pays le mérite d'avoir su s'éloigner des pessimistes et de l'avoir fait», a déclaré Hochstein.

«Nous devrions toujours créer des précédents. L’accord devrait être un précédent pour d'autres choses que nous pouvons faire», a-t-il ajouté.

Hochstein s'est rendu au Liban à la fin du mois d'août pour «jauger la situation» et comprendre le potentiel de nouvelles négociations avec Israël, que les États-Unis ont encouragé dans toute la région.

Corridor économique

Il s'est également rendu en Arabie saoudite en juin, dans le cadre d'une initiative américaine visant à encourager la normalisation avec Israël.

Il a déclaré qu'il est «impératif» que le Liban «fasse preuve de civilité» afin que les entreprises internationales puissent opérer en toute sécurité dans le pays.

«Après dix ans de discussions sur les raisons pour lesquelles le Liban est le seul pays méditerranéen sans exploration gazière – et tout le monde avait l'impression de se répéter: “C'est parce que les entreprises multimilliardaires n'investissent pas dans des zones qui pourraient devenir des zones de guerre”.»

Mais Hochstein a insisté: «Nous pouvons régler le conflit. Aujourd'hui, la situation est sûre. Il y a déjà d'autres intérêts, il y a déjà des créations d'emplois et il y a déjà des investissements au Liban.

«Tel est le message. Le Liban n'a pas besoin d'être le cas économique désespéré qu'il est. J'utilise des mots durs, mais il faut que quelqu'un se réveille, et beaucoup de gens au Liban doivent se réveiller et dire: “C'est un désastre”. Si le programme des réformes est mis en œuvre, je pense que le Liban pourra aller très loin.»

Hochstein a été interrogé sur la récente signature d'un accord entre les États-Unis, l'UE et d'autres pays, dont l'Arabie saoudite, en vue de la création d'un corridor économique et numérique de la région indopacifique à l'Europe.

Il a indiqué: «Les ports de l'Inde seront reliés aux Émirats arabes unis, puis au nord via l'Arabie saoudite, et enfin à la Grèce par voie ferrée.»

Hochstein a fait l'éloge de la proposition, la jugeant très efficace et permettant de «faire acheminer les marchandises beaucoup plus rapidement» à travers le monde entier.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.

 


Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud

Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud
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  • Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani
  • Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média

BEYROUTH: Un prêtre a été tué lundi par des tirs d'artillerie de l'armée israélienne dans un village du sud du Liban, particulièrement touché par la reprise du conflit entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), des habitants et une source médicale à l'AFP.

La victime, Pierre Raï, était le curé de la paroisse de Qlayaa, qui fait partie des villages chrétiens frontaliers du sud du Liban ayant décidé de se tenir à l'écart du conflit et de ne pas suivre les ordres d'évacuation israéliens.

Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani.

Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média.

Un second tir sur la maison a blessé le prêtre et trois autres habitants, selon des résidents du village, qui ont raconté à l'AFP être accourus sur place avec des secouristes de la Croix rouge libanaise.

Le prêtre a plus tard succombé à ses blessures, a affirmé une source médicale.

Les motivations de l'attaque israélienne contre cette maison située en bordure du village restent pour l'instant inconnues.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël qui mène depuis des représailles massives.

L'armée israélienne a ordonné à plusieurs reprises aux habitants d'une vaste partie du sud du Liban de partir, provoquant un exode massif.

Le curé avait pris part vendredi à un rassemblement devant une église de Marjeyoun, localité avoisinante, où plusieurs dizaines d'habitants se sont dit résolus à rester sur leurs terres.

"Lorsque nous défendons nos terres, nous le faisons en tant que pacifistes qui ne portent que des armes de paix", avait alors déclaré Pierre Raï.

Il avait appelé à considérer Marjeyoun comme "une zone rouge", c'est-à-dire qui ne devrait pas abriter des déplacés de la zone partisans du Hezbollah.

 


Liban: nouvelle frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth

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  • L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth
  • Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan

BEYROUTH: L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) et les images de l'AFPTV.

Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au Hezbollah, implantée notamment dans les fiefs de la formation.