A l’Arab Media Forum, le rapprochement entre l'Arabie saoudite et l'Iran analysé par les experts

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Publié le Mercredi 27 septembre 2023

A l’Arab Media Forum, le rapprochement entre l'Arabie saoudite et l'Iran analysé par les experts

  • Faisal Abbas a souligné que le Royaume, en raison de son leadership continu, dispose de plus de quarante ans d'expérience dans ses relations avec l'Iran
  • M. Abbas a noté les réalisations remarquables de l'Arabie saoudite et a souligné de quelle manière elles devraient être célébrées et partagées

DUBAÏ: Le récent rapprochement entre l'Arabie saoudite et l'Iran, négocié par la Chine, a été la bonne démarche, mais il reste encore beaucoup à faire: c’est ce qu’ont déclaré des experts lors du Forum des médias arabes (Arab Media Forum) mardi dernier.

«Il continue de soutenir des groupes armés auxquels l'Arabie saoudite s'oppose», a souligné Afshin Molavi, chercheur principal à l'Institut de politique étrangère de l'université Johns Hopkins, lors de la session intitulée «Le Moyen-Orient: une région d'opportunités ou de conflits», aux côtés de Faisal Abbas, rédacteur en chef d'Arab News.

Se demandant si l'accord réussira ou non, Faisal Abbas a souligné que le Royaume, en raison de son leadership continu, dispose de plus de quarante ans d'expérience dans ses relations avec l'Iran.

«Le scénario idéal serait que les deux pays mettent en œuvre des leviers et travaillent en coopération pour résoudre les conflits en Syrie, au Yémen, en Irak et au Liban, bien sûr, avec la participation des acteurs locaux. Le pire scénario serait de manquer l'opportunité de le faire et que les relations restent inchangées», a déclaré le rédacteur en chef d'Arab News.

Abbas a également expliqué pourquoi la Chine était mieux placée pour négocier l'accord de rapprochement, détaillant comment elle exerce une influence sur l'Iran en investissant des milliards de dollars dans des projets et précisant qu'il n'y a aucun risque de voir les négociations recommencer tous les quatre ans en raison des élections, comme c'est le cas en Amérique.

De l'avis de Molavi, la Chine, en tant que médiatrice de l'accord, «vient avec un grain de sel», car Washington la considère comme son ennemi, mais il estime que le rapprochement est la bonne démarche pour la région.

Cependant, la perception arabe de la Chine diffère de celle de l'Occident. Une récente étude YouGov menée par Arab News sur la Palestine montre comment les Palestiniens considèrent la Chine comme un médiateur plus honnête pour traiter leur problème que les États-Unis.

M. Abbas a déclaré que les puissances coloniales telles que la France, le Royaume-Uni et les guerres auxquelles les États-Unis ont participé sont perçues de manière négative par rapport à la Chine, dont l’implication politique et économique dans la région a été principalement positive: «Les Chinois n'apportent pas ce fardeau.»

Au sujet des États-Unis, Molavi a noté qu'il y avait un changement de pouvoir et, bien que Washington reste un pays puissant, le monde assiste à une montée d'autres puissances comme la Chine et l'Inde.

«Aujourd'hui, les pays prouvent que nous vivons désormais dans un monde d’alignements stratégiques multiples et je pense que Washington commence à comprendre que ce n'est plus le cas où vous êtes soit avec nous, soit contre nous.»

Molavi a poursuivi en ces termes: «Cela peut également être observé dans les accords d'Abraham, où d'une part, les Émirats arabes unis ont cette relation historique et cette alliance avec Israël, mais rejoignent ensuite les Brics.»

M. Abbas a décrit à quel point les dynamiques sont excitantes et a évoqué la position de l'Arabie saoudite sur la question, mentionnant de quelle manière le Royaume a tendu la main pendant vingt ans sous réserve qu'une solution soit trouvée pour les Palestiniens.

«Biden a besoin d'un héritage en politique étrangère et cela sera un atout pour lui lors de la prochaine élection.»

Les deux intervenants ont également discuté et mis en lumière les changements positifs opérés par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

M. Abbas a noté les réalisations remarquables de l'Arabie saoudite et a souligné de quelle manière elles devraient être célébrées et partagées, avec pour exemple, entre autres, l'astronaute saoudienne.

«Les actes parlent plus fort que les mots, les faits sont des choses tenaces. Aucune quantité d'histoires négatives ne peut effacer ces réalisations. L'Arabie saoudite est l'économie du G20 qui connaît la croissance la plus rapide au monde.»


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

 


Les autorités saoudiennes consacrent 4,3 milliards de dollars à des projets urbains à La Mecque

La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
La photo montre le parking de Kudai, récemment aménagé par la Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints afin d’améliorer les services de transport destinés aux pèlerins du Hajj et aux habitants de La Mecque. (Archives/SPA)
  • Les sites concernés sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour
  • La Mecque compte environ 2,7 millions d’habitants dans la région du Hedjaz

RIYAD : La Commission royale pour la ville de La Mecque et les lieux saints a annoncé le développement de sept sites à La Mecque dans le cadre du programme de développement des quartiers.

Ces sites couvrent plus de 4,4 millions de mètres carrés et représentent un investissement de 16,3 milliards de riyals saoudiens (4,3 milliards de dollars). Ils sont situés dans les quartiers de Jarham, Al-Khalidiyah, Al-Hajlah, Al-Hindawiyah et Al-Zohour, selon l’Agence de presse saoudienne (SPA).

L’annonce a été faite mercredi lors d’une cérémonie de signature des contrats d’attribution des projets, illustrant la confiance de la Commission dans l’avenir du développement urbain de La Mecque.

La Commission a indiqué que plusieurs promoteurs immobiliers et sociétés d’investissement participent à la réalisation de ces projets, notamment Maad International, AlRajhi United, ZOOD, Mohammad Abdulaziz Al-Habib and Sons Holding Co. et Jadwa Investment.

Cette initiative s’inscrit dans les efforts de la Commission visant à améliorer l’environnement urbain de La Mecque, stimuler la croissance économique, renforcer la qualité de vie des habitants et promouvoir un développement durable dans la ville sainte, a ajouté la SPA.

La Mecque, située dans la région du Hedjaz et abritant plusieurs hauts lieux de l’islam, dont la Grande Mosquée, compte environ 2,7 millions d’habitants. Chaque année, près de 1,5 million de musulmans y accomplissent le pèlerinage du Hajj, tandis qu’environ 16 millions de fidèles y effectuent la Omra. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.