En procès civil pour fraudes à New York, Trump dénonce un «simulacre» de justice

L'ancien président américain Donald Trump s'adresse aux médias devant la salle d'audience de la Cour suprême de l'État de New York, le premier jour de son procès civil pour fraude, à New York, le 2 octobre 2023 (Photo, AFP).
L'ancien président américain Donald Trump s'adresse aux médias devant la salle d'audience de la Cour suprême de l'État de New York, le premier jour de son procès civil pour fraude, à New York, le 2 octobre 2023 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mardi 03 octobre 2023

En procès civil pour fraudes à New York, Trump dénonce un «simulacre» de justice

  • Donald Trump joue gros lors de ce procès civil, qui menace de lui faire perdre le contrôle de son empire économique
  • Ce procès est un «simulacre» et une «ingérence électorale» pour l'empêcher de revenir à la Maison Blanche en 2024, a-t-il accusé

NEW YORK: Donald Trump, jugé avec deux de ses fils pour avoir surévalué dans les années 2010 leur patrimoine immobilier de milliards de dollars, s'en est pris lundi à un "simulacre" de justice, en attaquant une procureure selon lui "raciste" et "corrompue" et un magistrat "voyou".

Le favori dans les sondages du camp républicain pour la présidentielle américaine de 2024 joue gros lors de ce procès civil, qui menace de lui faire perdre le contrôle de son empire économique, en plus de pénalités financières pouvant atteindre 250 millions de dollars.

Costume bleu marine et cravate bleu électrique, il s'est montré virulent dès son arrivée à la cour suprême de l'Etat de New York, accusant devant une forêt de caméras la procureure générale qui a porté plainte contre lui, la magistrate afro-américaine Letitia James, d'être "raciste" et "corrompue", la qualifiant aussi de "spectacle d'horreur".

Ce procès, l'un des premiers d'une longue série, est un "simulacre" et une "ingérence électorale" pour l'empêcher de revenir à la Maison Blanche en 2024, a-t-il encore accusé, traitant aussi le juge qui préside les débats, Arthur Engoron, de "voyou".

A l'intérieur de la salle d'audience, l'ancien président, 77 ans, a passé sa première journée assis, le visage fermé, ne s'exprimant qu'auprès de ses avocats. L'un de ses deux fils visés par la plainte, Eric Trump, s'est assis derrière lui au premier jour de ce procès qui s'annonce long et technique.

«Empire immobilier»

Donald Trump, Eric Trump et un autre de ses fils, Donald Trump Jr, sont visés, avec la Trump Organization, par une plainte au civil de Letitia James, qui les accuse d'avoir gonflé leurs actifs de manière colossale pour obtenir des prêts plus favorables auprès des banques et de meilleures conditions d'assurance.

L'un des avocats de Donald Trump, Chris Kise, a défendu au contraire un "président (qui) a bâti l'un des empires immobiliers les plus prospères de la planète" niant la moindre irrégularité comptable. Sa consoeur, Alina Habba a martelé que son puissant client n'avait commis aucune "fraude" mais faisait de "l'immobilier".

"Il ne s'agit pas d'un complot, mais de faire des affaires", a-t-elle plaidé.

Dans le camp en face, Mme James a accusé le magnat de l'immobilier de "fraudes répétées" et d'avoir "triché" pendant des années.

Kevin Wallace, l'un des membres de son équipe, a réaffirmé que la fraude avait déjà été établie juridiquement et que les personnes visées par la plainte civile "avaient surévalué leurs actifs entre 812 millions et 2,2 milliards de dollars par an" de 2014 à 2021.

Y compris donc quand M. Trump était à la Maison Blanche (2017-2021).

Pas de prison

L'affaire a pris un enjeu considérable la semaine dernière lorsque le juge Engoron a estimé dans une ordonnance en référé que des "fraudes répétées" étaient établies.

En conséquence, le magistrat a ordonné le retrait des licences commerciales dans l'Etat de New York à Donald Trump et à ses fils dirigeants de la Trump Organization, ainsi que la confiscation des sociétés visées par la plainte, pour qu'elles soient confiées à des liquidateurs.

Donald Trump, qui a fait fortune dans l'immobilier et les casinos dans les années 1980, a fait appel, mais si la décision était appliquée, il perdrait le contrôle sur plusieurs étendards de son groupe, comme la Trump Tower sur la 5e avenue de Manhattan.

Ces propriétés sont au coeur des accusations de Letitia James: la surface du triplex de l'homme d'affaires dans la Trump Tower aurait été triplée, tandis que l'immeuble du 40 Wall Street surévalué de 200 à 300 millions de dollars dans des déclarations financières.

Donald Trump ne peut pas être condamné à une peine de prison dans ce dossier. Mais le procès va offrir un avant-goût des échéances judiciaires susceptibles de perturber sa campagne pour l'investiture républicaine.

Inculpé au pénal dans quatre dossiers, il doit notamment comparaître à partir du 4 mars devant un tribunal fédéral de Washington, où il est accusé d'avoir tenté d'inverser le résultat de la présidentielle de novembre 2020.

Le procès civil est prévu pour durer jusqu'à Noël.

Des dizaines de témoins doivent s'exprimer, dont le premier, lundi, était un ancien employé de Mazars, un cabinet d'experts-comptables qui avait décidé en 2021 de ne plus travailler pour la Trump Organization.

La liste des témoins comprend aussi Donald Trump lui-même, et trois de ses enfants, Eric, Donald Jr, et Ivanka initialement visée par la plainte mais finalement non poursuivie.

Dans l'après-midi, les partisans de Donald Trump ont reçu un nouvel appel à financer sa campagne, comme à chacune de ses inculpations.


Amnesty se félicite de l’annonce du possible abandon des poursuites contre l’équipage du navire d’une ONG

Le navire de sauvetage Iuventa, exploité par l’ONG allemande Jugend Rettet («La jeunesse sauve»), saisi par les autorités judiciaires dans le port de Trapani, le 12 juillet 2018 (AFP)
Le navire de sauvetage Iuventa, exploité par l’ONG allemande Jugend Rettet («La jeunesse sauve»), saisi par les autorités judiciaires dans le port de Trapani, le 12 juillet 2018 (AFP)
Short Url
  • Des membres de l’équipage du navire Iuventa ont été inculpés de «facilitation de l'immigration irrégulière vers l’Italie depuis la Libye»
  • Cette semaine, les procureurs ont indiqué que l’absence de preuves signifiait l’abandon des poursuites

LONDRES: Amnesty International s’est félicitée de l’annonce de l’abandon possible des poursuites engagées contre l’équipage du navire Iuventa appartenant à une ONG, qui a œuvré au sauvetage de milliers de personnes en Méditerranée.

En 2017, les autorités italiennes ont ouvert une enquête sur les activités de l’Iuventa. Quatre membres d’équipage ont finalement été inculpés de «facilitation de l'immigration irrégulière vers l’Italie depuis la Libye». Il semblerait qu’ils aient collaboré avec des trafiquants d’êtres humains, ce qui pourrait leur valoir des peines allant jusqu’à vingt ans d’emprisonnement.

Un tribunal de la ville italienne de Trapani doit se prononcer samedi sur l’inculpation de l’équipage ainsi que des membres de Médecins sans frontières et de Save the Children. Cependant, mercredi, les procureurs ont indiqué que l’absence de preuves signifiait l’abandon des poursuites.

«L’équipage de l’Iuventa a enduré six ans et demi de procédures judiciaires avec une grâce et une résistance inébranlables. Nous sommes heureux qu’il y ait un nouvel espoir que les poursuites soit finalement abandonnées» a déclaré Elisa De Pieri, chercheuse régionale à Amnesty International.

«Le navire Iuventa a secouru plus de 14 000 personnes, notamment des enfants, et son équipage l’a fait en respectant le droit de la mer. Nous appelons les autorités à cesser d’abuser des procédures pénales et des accusations de facilitation de la migration irrégulière pour entraver les activités de sauvetage», a-t-elle poursuivi. 

«L’humanité doit passer avant tout. Nous saluons l’intrépidité de l’équipage de l’Iuventa et des autres personnes qui luttent contre les horreurs qui se déroulent dans les eaux tumultueuses de la Méditerranée.»

«Leurs actes de solidarité avec les réfugiés et les migrants devraient être encouragés et ne jamais être punis. Sans eux, le nombre déjà élevé de morts en Méditerranée centrale ne ferait qu’augmenter», a conclu Mme De Pieri.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Grèves en Corée du Sud: le gouvernement offre de négocier avec les médecins

Le gouvernement sud-coréen s'est engagé à mettre en œuvre son plan de réforme, qui augmenterait les admissions dans les écoles de médecine de 65 pour cent, invoquant la pénurie de professionnels de santé et une crise démographique imminente (Photo, AFP).
Le gouvernement sud-coréen s'est engagé à mettre en œuvre son plan de réforme, qui augmenterait les admissions dans les écoles de médecine de 65 pour cent, invoquant la pénurie de professionnels de santé et une crise démographique imminente (Photo, AFP).
Short Url
  • Les internes affirment que ce plan nuirait à la qualité du service
  • Séoul affirme avoir l'un des ratios médecins-patients les plus faibles parmi les pays développés

SÉOUL: Le gouvernement sud-coréen a indiqué jeudi chercher à ouvrir des négociations avec les jeunes médecins en grève qui paralysent le système de santé du pays, les exhortant à revenir au travail pour ne pas risquer de poursuites.

Près de 10.000 internes en médecine, soit 80% des effectifs, ont débrayé depuis la semaine dernière pour protester contre une réforme ouvrant plus largement l'admission dans les facultés de médecine.

Le gouvernement leur a donné jusqu'à ce jeudi pour reprendre le travail, faute de quoi ils risquent des arrestations ou de perdre leur licence.

"J'ai envoyé un message demandant une rencontre (aux représentants des médecins) (...) Je dois me rendre sur place aujourd'hui pour voir combien de personnes seront présentes", a déclaré le deuxième vice-ministre de la Santé, Park Min-soo, lors d'un point de presse.

Les jeunes médecins rejettent le plan du gouvernement qui prévoit d'augmenter considérablement les admissions dans les écoles de médecine. Les autorités entendent ainsi faire face aux pénuries de personnel de santé et au vieillissement de la population.

Les internes affirment que ce plan nuirait à la qualité du service, et une association de médecins sud-coréens (KMA) a accusé mercredi le gouvernement d'"intimidations".

Selon M. Park, des médecins ont commencé à retourner travailler dans les hôpitaux jeudi. "Nous avons observé une diminution du mouvement de grève depuis deux jours consécutifs", a-t-il déclaré. Mais le ministre de la Santé Cho Kyoo-hong a indiqué jeudi aux médias locaux qu'"un retour massif (des jeunes médecins) ne s'est pas encore concrétisé". "Je les implore de le faire pour les patients", a-t-il déclaré.

M. Cho a souligné que le gouvernement était déterminé à mettre en œuvre son plan de réforme, qui augmenterait les admissions dans les écoles de médecine de 65%.

L'organisation de médecins KMA n'a pas commenté l'offre de négociations, mais un groupe de jeunes médecins sur un réseau social a partagé la capture d'écran d'un message du gouvernement avec la réponse : "Vous devez plaisanter".

«L'impasse va se poursuivre»

Les analystes estiment que la ligne dure du gouvernement pourrait lui être favorable dans la perspective des prochaines élections.

"Si le gouvernement devait faire marche arrière maintenant, cela serait perçu comme un revers majeur avant les élections législatives du 10 avril", a indiqué à l'AFP Kim Jae-heon, responsable d'une ONG en faveur de la gratuité des soins médicaux.

Mais les médecins "pensent que reculer à ce stade serait en leur défaveur. Il semble que l'impasse actuelle va se poursuivre pendant un certain temps".

Les partisans de la réforme estiment que les médecins sont surtout préoccupés par le fait que les changements pourraient dégrader leurs salaires et leur statut social.

Séoul affirme avoir l'un des ratios médecins-patients les plus faibles parmi les pays développés, et le gouvernement insiste pour admettre 2.000 étudiants supplémentaires dans les écoles de médecine chaque année, à partir de l’an prochain.

Près de 75% de la population est en faveur des réformes, selon des sondages, et la ligne dure adoptée par le président Yoon Suk Yeol dans cette crise lui a permis de voir sa cote de popularité augmenter.

Mais Kim Sung-ju, président du Conseil coréen pour les droits des patients atteints de cancer, estime que la vie des patients est "prise en otage".

"C'est incroyable (que les médecins) utilisent la vie des patients comme levier pour promouvoir leurs propres intérêts", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le débrayage massif a entraîné des annulations et des reports d'opérations chirurgicales pour les patients atteints de cancer et de césariennes pour les femmes enceintes.

Pour Kim Tae-hyeon, responsable d'une association de patients de maladie neurodégénérative, les internes en grève sont "pires que des criminels". "Dans les services de soins palliatifs et les unités de soins intensifs les patients luttent pour rester en vie".


Poutine met en garde les Occidentaux contre une «menace réelle» de guerre nucléaire

D'un ton calme, sous les applaudissements très réguliers du public, il est revenu sur les propos polémiques de son homologue français Emmanuel Macron, qui a évoqué cette semaine l'éventualité de l'envoi de troupes occidentales en Ukraine (Photo, AFP).
D'un ton calme, sous les applaudissements très réguliers du public, il est revenu sur les propos polémiques de son homologue français Emmanuel Macron, qui a évoqué cette semaine l'éventualité de l'envoi de troupes occidentales en Ukraine (Photo, AFP).
Short Url
  • Conforté par les succès russes en Ukraine, le chef d'État russe s'est aussi félicité de l'avancée de ses troupes sur le front
  • Dans ses discours à la Nation, Vladimir Poutine fait traditionnellement le bilan de l'année écoulée et définit de nouvelles orientations stratégiques

MOSCOU: Vladimir Poutine a averti jeudi les Occidentaux contre une "menace réelle" de guerre nucléaire en cas d'escalade du conflit en Ukraine, dans son discours annuel à la Nation, grand-messe annuelle lors de laquelle il a défini les priorités pour la Russie.

Conforté par les succès russes en Ukraine, le chef d'État russe s'est aussi félicité de l'avancée de ses troupes sur le front, à deux semaines d'une élection présidentielle qu'il devrait remporter sans surprise.

D'un ton calme, sous les applaudissements très réguliers du public, il est revenu sur les propos polémiques de son homologue français Emmanuel Macron, qui a évoqué cette semaine l'éventualité de l'envoi de troupes occidentales en Ukraine.

"Ils (les Occidentaux) ont parlé de la possibilité d'envoyer en Ukraine des contingents militaires occidentaux (...) Mais les conséquences de ces interventions seraient vraiment plus tragiques", a-t-il déclaré, depuis le Gostiny Dvor, un palais des Congrès situé près de la place Rouge à Moscou.