Bande de Gaza: une succession de guerres avec Israël depuis 15 ans

Des panaches de fumée s'élèvent au-dessus de la ville de Gaza le 7 octobre 2023 lors de frappes aériennes israéliennes. (Photo, AFP)
Des panaches de fumée s'élèvent au-dessus de la ville de Gaza le 7 octobre 2023 lors de frappes aériennes israéliennes. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 07 octobre 2023

Bande de Gaza: une succession de guerres avec Israël depuis 15 ans

  • Ce samedi, Israël est de nouveau «en guerre», a annoncé son Premier ministre Benjamin Netanyahu
  • Des milliers de roquettes ont été tirées depuis Gaza

GAZA: Israël d'un côté, les mouvements palestiniens Hamas et Jihad islamique de l'autre, se sont livré une succession de guerres dans la bande de Gaza depuis 2008.

Ce samedi, Israël est de nouveau "en guerre", a annoncé son Premier ministre Benjamin Netanyahu, alors que des milliers de roquettes ont été tirées depuis Gaza et que des combats faisaient rage autour de l'enclave entre l'armée israélienne et des combattants palestiniens infiltrés.

Plomb durci

Le 27 décembre 2008, Israël lance une vaste offensive aérienne contre la bande de Gaza pour mettre fin aux tirs de roquettes à partir de ce territoire palestinien que contrôle depuis 2007 le mouvement islamiste Hamas (opération "Plomb durci").

Le 3 janvier 2009, les troupes israéliennes pénètrent dans le territoire palestinien.

Le 18 janvier, un cessez-le-feu met fin à l'opération. Quelque 1 400 Palestiniens et 13 Israéliens ont été tués.

En juillet, Amnesty International publie un rapport accablant sur l'offensive, accusant à la fois Israël et le Hamas de "crimes de guerre".

Pilier de défense

Le 14 novembre 2012, l'armée israélienne lance l'opération "Pilier de défense" contre les groupes armés à Gaza, qui débute par l'assassinat ciblé du chef des opérations militaires du Hamas, Ahmad Jaabari.

En huit jours de frappes aériennes intensives, plus de 170 Palestiniens meurent, dont une centaine de civils. Six Israéliens, dont quatre civils, sont tués.

L'armée israélienne dit avoir frappé 1 500 cibles, dont 19 centres de commandement. Plus de 900 roquettes lancées de Gaza ont atteint Israël, plus de 400 autres ont été interceptées.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, affirment avoir tiré à elles seules plus de 1.500 roquettes.

Bordure protectrice

Le 8 juillet 2014, Israël lance l'opération "Bordure protectrice" pour faire cesser les tirs de roquettes et détruire les tunnels creusés depuis Gaza.

Le 26 août, après 50 jours de guerre, le Hamas et Israël concluent un accord de cessez-le-feu, négocié par l'intermédiaire de l'Egypte.

La guerre, qui a ravagé l'enclave, a fait au moins 2.251 morts du côté palestinien, pour la plupart des civils, et 74 du côté israélien, quasiment tous des soldats.

Près de 55.000 maisons ont été touchées par les frappes israéliennes, dont au moins 17.200 totalement ou quasi totalement détruites, selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Gardien des murs

En 2021, le Hamas lance les hostilités le 10 mai en tirant des salves de roquettes en "solidarité" avec les centaines de Palestiniens blessés lors d'affrontements avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées de Jérusalem, troisième lieu saint de l'islam.

Dans la foulée, Israël lance l'opération "Gardien des murs" visant à "réduire" les capacités militaires du Hamas en multipliant les frappes aériennes.

Après d'intenses tractations diplomatiques, un cessez-le-feu entre en vigueur le 21 mai.

En 11 jours, le Hamas et le Jihad islamique, mouvements palestiniens qualifiés de "terroriste" par Israël, l'Union européenne et les Etats-Unis, ont lancé plus de 4.300 roquettes, des tirs d'une intensité inégalée contre Israël. 90% des projectiles ont été interceptés par son bouclier antimissile.

Les affrontements ont fait au moins 232 morts côté palestinien, dont 65 enfants, et 12 morts en Israël, dont un enfant de six ans et une adolescente de 16 ans.

Bouclier et flèche

Quelques jours après des échanges de tirs avec le Jihad islamique, Israël lance le 9 mai 2023 des raids aériens sur la bande de Gaza (opération "Bouclier et flèche") qui tuent 15 Palestiniens dont trois commandants militaires du mouvement.

Le Jihad islamique réplique avec plusieurs centaines de roquettes, qui ne font aucun blessé en Israël.

Le 11 et le 12 mai, Israël élimine coup sur coup deux chefs militaires du mouvement palestinien.

Une trêve négociée par l'Egypte entre en vigueur le 13 mai après cinq jours d'une guerre qui a fait 35 morts.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".

 


Le Liban exige le retrait d'Israël de deux «zones pilotes» pour participer à des négociations à Rome 

  • Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies
  • Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah

BEYROUTH: Le Liban exige qu'Israël se retire de deux "zones pilotes" dans le sud du pays avant de participer à un nouveau cycle de pourparlers prévu à Rome, a indiqué mercredi à l'AFP une source diplomatique au courant des négociations.

L'Italie et Israël ont annoncé que ces négociations se tiendraient les 15 et 16 juillet à Rome, mais les autorités libanaises n'ont pas confirmé leur participation dans l'immédiat.

Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies.

Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

"Le Liban pose comme condition le retrait d'Israël de deux zones pilotes pour participer aux négociations", a affirmé la source diplomatique ayant requis l'anonymat.

Le Hezbollah est opposé à ces négociations et refuse d'être désarmé.

La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué près de 4.300 personnes, selon Beyrouth.

Discussions "cruciales" 

Selon la source diplomatique, le département d'Etat américain a informé les deux délégations qu'il ne pouvait pas accueillir les négociations "de façon permanente", d'où le choix de Rome.

Elle a expliqué que des discussions "cruciales" étaient attendues et que les négociateurs auraient besoin de se concerter avec leurs autorités, ce qui ne serait "pas possible" à Washington du fait de la distance avec Israël et le Liban.

La source diplomatique a ajouté qu'Israël avait rapidement accepté la tenue des négociations à Rome, dans l'idée de "réduire la pression exercée directement" sur la partie israélienne pendant les précédentes discussions par le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

La partie libanaise a cependant reçu la garantie de Washington qu'il maintiendrait le "même niveau d'engagement et la même ligne de conduite dans la gestion des pourparlers" de Rome, selon cette source diplomatique.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix km de sa frontière.

L'armée israélienne poursuit ponctuellement des frappes meurtrières, malgré une trêve entrée en vigueur le 21 juin, à la suite de la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

L'Iran a exigé que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans cet accord, mais Beyrouth "veut négocier par lui-même" et rejette toute ingérence, a souligné la source diplomatique.

Les négociations à Rome seront suivies par une visite courant juillet du président libanais, Joseph Aoun, à Washington, à l'invitation de son homologue américain.

M. Aoun a estimé mercredi que cette invitation traduisait "le soutien des Etats-Unis à un processus visant à trouver une solution durable à la série de guerres et d'agressions israéliennes contre notre pays".