L'Egypte face au dilemme de Gaza: faire ou ne pas faire de nouveaux réfugiés palestiniens

Sur cette photo fournie par le bureau de presse de l'Autorité palestinienne (PPO), le secrétaire d'État américain Antony Blinken (à gauche) serre la main du président palestinien Mahmoud Abbas lors de leur rencontre à Amman, capitale de la Jordanie, le 13 octobre 2023. (Photo Thaer Ghanaim PPO AFP)
Sur cette photo fournie par le bureau de presse de l'Autorité palestinienne (PPO), le secrétaire d'État américain Antony Blinken (à gauche) serre la main du président palestinien Mahmoud Abbas lors de leur rencontre à Amman, capitale de la Jordanie, le 13 octobre 2023. (Photo Thaer Ghanaim PPO AFP)
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Publié le Vendredi 13 octobre 2023

L'Egypte face au dilemme de Gaza: faire ou ne pas faire de nouveaux réfugiés palestiniens

  • Dans la bande de Gaza, où les 2,4 millions d'habitants sont des réfugiés chassés à la création d'Israël, en 1948, de villes parfois toutes proches de l'enclave, la perspective de quitter de nouveau une terre palestinienne, n’est pas une option
  • Le roi Abdallah II de Jordanie a dit vendredi refuser «l'exportation de la crise aux pays voisins et l'aggravation de la question des réfugiés» palestiniens

LE CAIRE, Egypte : L'Egypte, seule ouverture sur le monde de Gaza depuis qu'Israël a décrété un «siège complet» de l'enclave palestinienne, est devant un dilemme: ouvrir sa frontière aux Palestiniens, en risquant qu'Israël ne les laisse jamais revenir, ou les laisser sous les bombes israéliennes.

Dans la bande de Gaza, d'où le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir, a lancé samedi son attaque meurtrière contre Israël, déclenchant une guerre qui a déjà fait des milliers de morts, la question de l'exil est une plaie à vif.

Plus de 80% des 2,4 millions d'habitants qui s'y entassent sont des réfugiés chassés à la création d'Israël en 1948 de villes parfois toutes proches de l'enclave.

Alors, la perspective de quitter de nouveau une terre palestinienne, avec la possibilité qu'elle soit prise par l'armée israélienne, n'apparaît pas comme une option.

«On va rester, on ne partira pas», lançait ainsi à l'AFP jeudi Jamal al-Masri, dont la maison située dans le camp d'Al-Shati, le plus grand de la bande de Gaza, venait d'être détruite par un avion israélien.

«Le peuple palestinien s'est exilé une fois et il ne recommencera pas, le départ vers le Sinaï est une belle illusion», a renchéri sur une télévision arabe Mohammed Dahlane, politicien gazaoui installé dans le Golfe.

Mais si les habitants de Gaza ne se pressent pas au poste-frontière de Rafah --actuellement fermé après trois bombardements israéliens--, des voix demandent à l'Egypte d'accueillir des réfugiés.

Le pays se targue de longue date de ne jamais monter de camps de tentes, faisant valoir que les neuf millions de Syriens, Irakiens et autres Soudanais qu'il accueille peuvent en échange travailler et étudier comme les citoyens égyptiens.

- «Exporter la crise» -

Surtout, appeler des Palestiniens à quitter leur terre serait, pour l'Egypte, briser un tabou sûrement plus grand encore que la reconnaissance d'Israël en 1979, la première d'un pays arabe.

Si les habitants du nord de Gaza auxquels Israël a ordonné vendredi de gagner le sud de l'enclave --plus d'un million de personnes-- quittaient l'enclave palestinienne, ce serait déjà beaucoup plus que les plus de 750.000 réfugiés de la «Nakba» de 1948, la «catastrophe» qu'a représentée pour les Palestiniens la création d'Israël.

Vendredi, le président palestinien Mahmoud Abbas a déjà parlé d'«une seconde Nakba» et le Hamas a rejeté cet ordre. La veille, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi avait martelé que les habitants de Gaza doivent «rester sur leur terre».

La question palestinienne «est la cause de tous les Arabes et c'est important que le peuple qui l'incarne reste inébranlable», a-t-il mis en avant, après avoir martelé depuis le début du conflit se préoccuper «avant toute chose de la sécurité nationale», une allusion au fait que des combattants du Hamas pourrait se glisser par les réfugiés.

Le roi Abdallah II de Jordanie, autre pays voisin, a dit vendredi refuser «l'exportation de la crise aux pays voisins et l'aggravation de la question des réfugiés» palestiniens, qui sont déjà près de six millions dans le monde, dont un tiers en Jordanie.

La préoccupation de l'Egypte et de la Jordanie est donc uniquement de rassembler de l'aide humanitaire pour Gaza, répètent dans ces deux pays les médias d'Etat.

Pour le régime égyptien, le souvenir de janvier 2008 reste cuisant, au début du blocus israélien de l'enclave.

Des milliers de Palestiniens avaient alors forcé la frontière, des militants du Hamas ouvrant au bulldozer de nouvelles brèches dans le mur frontalier à chaque tentative égyptienne de reprendre le contrôle.

- «Mourir en héros sur sa terre» -

Depuis, l'Egypte a redessiné la ville de Rafah, où une large zone a été entièrement rasée par l'armée, dans le cadre de sa lutte contre des jihadistes dans le Nord-Sinaï.

Depuis ces opérations de «contre-terrorisme», personne ne peut circuler dans la région sans montrer patte blanche à de nombreux check-points. Et au lieu des maisons rasées, les autorités ont construit une «Nouvelle Rafah», aujourd'hui encore inhabitée.

Dans le Nord-Sinaï, certains estiment que ces immeubles vides pourraient accueillir les réfugiés palestiniens. Mais ce serait faire le jeu des islamistes, objectent à l'unisson les animateurs des talk-shows pro-régime.

Si l'armée --avec à sa tête celui qui était encore le maréchal Sissi-- a renversé le président issu des Frères musulmans Mohamed Morsi en 2013, c'est parce que ce dernier «voulait donner aux Gazaouis une partie du Sinaï et les déplacer», soulignait encore mercredi soir l'animateur Youssef al-Husseini.

Au-delà de la question sécuritaire, l'Université d'Al-Azhar, la plus haute institution de l'islam sunnite, s'est invitée dans le débat.

«Il est meilleur de mourir en héros et en martyr sur sa terre plutôt que de l'abandonner aux usurpateurs colonialistes», a-t-elle affirmé dans un communiqué, largement relayé sur les réseaux sociaux palestiniens.

«Si vous quittez votre terre, votre cause et notre cause disparaîtront à jamais», a-t-elle mis en garde.


Un hôpital endommagé par des frappes israéliennes dans le sud du Liban

De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Des frappes aériennes israéliennes près de Tyr (sud du Liban) ont endommagé un hôpital, faisant 11 blessés, tout en laissant l’établissement opérationnel malgré d’importants dégâts
  • Les attaques ont également touché des zones civiles (port, habitations), dans un contexte de conflit élargi ayant causé plus de 1.300 morts et environ un million de déplacés

BEYROUTH: Un hôpital de Tyr, importante ville côtière du sud du Liban, a été endommagé par deux frappes aériennes israéliennes qui ont visé des bâtiments à proximité, faisant 11 blessés, dont trois secouristes, a annoncé samedi le ministère de la Santé.

Une série de frappes israéliennes a visé la région samedi. A Al-Houch, une localité de Tyr, deux frappes ont détruit deux bâtiments situés à proximité de l'hôpital italo-libanais, selon un correspondant de l'AFP.

Des vitres ont été brisées et des faux plafonds se sont effondrés alors que des médecins dispensaient des soins, a indiqué la direction de l'hôpital.

Elle a ajouté que l'établissement continuait de fonctionner malgré les dégâts.

L'hôpital "restera ouvert pour assurer les soins médicaux nécessaires", a souligné son directeur, Youssef Jaafar, auprès de l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un correspondant de l'AFP a vu des débris jonchant les rues, une voiture calcinée et de la fumée s'élever de bâtiments en partie détruits.

Le port de Tyr a lui aussi été ciblé. Une frappe a touché un bateau de tourisme dans lequel une personne dormait, selon le correspondant de l'AFP. Des bateaux de pêche à quai ont également été endommagés, a-t-il constaté.

Quelque 20.000 personnes, dont environ 15.000 déplacés venus des villages voisins, se trouvent encore à Tyr, malgré les ordres d'expulsion israéliens qui ont forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir la région, où Israël poursuit ses bombardements et son invasion terrestre.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël, en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

La guerre a déjà fait plus de 1.300 morts et un million de déplacés, selon les chiffres officiels.


Le prince héritier saoudien rencontre le président de la FIFA pour renforcer la coopération sportive

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
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  • Les discussions portent sur le développement du football et les partenariats internationaux
  • Le Royaume renforce ses liens avec la FIFA dans le cadre d’investissements sportifs majeurs

RIYAD : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah samedi, des discussions axées sur le renforcement de la coopération et l’élargissement des opportunités dans le développement du football.

La réunion a permis de passer en revue la collaboration en cours entre le Royaume et la FIFA, ainsi que les perspectives de croissance du sport, tant au niveau de la base que du football professionnel, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Ces dernières années, l’Arabie saoudite a intensifié son engagement avec la FIFA dans le cadre d’une stratégie plus large visant à se positionner comme un pôle sportif mondial, avec d’importants investissements dans les infrastructures, la formation des talents et l’organisation de grands événements internationaux dans le cadre de la Vision 2030.

Le Royaume a accueilli une série de tournois régionaux et internationaux et a travaillé étroitement avec la FIFA sur des initiatives visant à élargir la pratique du football et sa croissance commerciale au Moyen-Orient. Riyad est également perçue comme cherchant à jouer un rôle accru dans le football mondial, notamment avec des ambitions potentielles d’accueil de grandes compétitions.

La réunion s’est tenue en présence du ministre des Sports Abdulaziz ben Turki Al-Faisal et du président de la Fédération saoudienne de football, Yasser Al-Misehal. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: nouvelles frappes israéliennes sur Beyrouth après la destruction d'un pont

Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
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  • L’armée israélienne a bombardé la banlieue sud de Beyrouth et détruit des ponts stratégiques au Liban, visant à affaiblir le Hezbollah et isoler le sud du pays
  • Le conflit s’intensifie : des Casques bleus ont été blessés, le bilan humain s’alourdit et les frappes provoquent destructions massives et déplacements de population

BEYROUTH: L'armée israélienne a de nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth samedi à l'aube, affirmant frapper des infrastructures du Hezbollah après avoir détruit un pont sur le fleuve Litani dans l'est du Liban.

Trois Casques bleus ont par ailleurs été blessés vendredi dans une explosion à l'intérieur d'une installation de l'ONU près d'El Adeisse (sud), la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) précisant que ces soldats, dont deux ont été grièvement blessés, sont de nationalité indonésienne.

Quelques jours plus tôt, trois autres Casques bleus indonésiens avaient perdu la vie, également dans le sud du pays, où Israël et le Hezbollah s'affrontent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a tiré des roquettes sur Israël pour venger l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Israël pilonne depuis le pays, disant viser le mouvement islamiste, et a entamé une invasion terrestre dans le sud. Ces opérations ont tué 1.368 personnes, dont 125 enfants, selon le dernier bilan officiel, et fait plus d'un million de déplacés.

Tôt samedi, l'armée israélienne a annoncé sur les réseaux sociaux avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah à Beyrouth", une journaliste de l'AFP ayant fait état d'au moins deux bombardements dans la banlieue sud de la ville, avec de puissantes explosions et des panaches de fumée.

- Ponts ciblés -

Dans ce conflit, l'armée israélienne vise aussi les ponts enjambant le fleuve Litani, afin de couper une partie du sud du Liban du reste du pays, selon des experts militaires.

Dernière attaque de ce type en date, "des avions de guerre israéliens ont visé vendredi le pont qui relie Sohmor à Machghara, entraînant sa destruction", a indiqué l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne avait auparavant averti que "pour empêcher le transfert de renforts et d'équipements militaires" du mouvement pro-iranien, elle allait cibler deux ponts. Le second a aussi été touché, d'après les médias libanais.

Israël a déjà détruit cinq ponts sur le Litani, situé à 30 km au nord de la frontière, région où il veut instaurer ce qu'il présente comme une "zone de sécurité".

Egalement à Sohmor, deux personnes ont été tuées et 15 autres blessées dans une frappe israélienne survenue "alors que des fidèles quittaient la mosquée de la ville" après la prière du vendredi, selon le ministère libanais de la Santé.

Concernant les trois Casques bleus indonésiens blessés, l'origine de l'explosion dont ils ont été victimes est inconnue.

L'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'avoir tiré une roquette.

Quant à leurs trois compatriotes tués quelques jours plus tôt, l'un a été victime dimanche d'un tir d'un char israélien, et deux autres d'une explosion le lendemain qui pourrait être due à une mine, selon une source sécuritaire de l'ONU.

Israël a nié toute responsabilité dans les faits de lundi, assurant qu'aucune de ses troupes n'était présente dans la zone.

- "Pas notre guerre" -

Vendredi après-midi, des frappes avaient déjà visé la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, l'armée israélienne disant cibler "des infrastructures terroristes".

Non loin des ces zones, des Libanais chrétiens ont assisté à l'office du Vendredi saint. Dans l'église Saint-Maron de Chiyah, un quartier de la banlieue sud, Hala Farah, 62 ans, raconte n'avoir jamais manqué aucune fête religieuse.

"Depuis que j'ai 15 ans, il y a la guerre" au Liban, "on est toujours là", dit-elle à l'AFP avant de rentrer dans une église comble.

Patricia Haddad, 32 ans, confie être "habituée, malheureusement". "Nous sommes contre la guerre: ce n'est pas notre guerre, c'est une guerre contre le Hezbollah, pas contre les chrétiens ni le pays", dit la jeune femme.

Alors que l'ONU et les autorités libanaises ont mis en garde contre une nouvelle occupation du sud du Liban, plusieurs frappes ont visé vendredi la région de Tyr, selon l'agence Ani.

Les troupes israéliennes ont également "détruit", ajoute l'agence, les dernières habitations restantes dans plusieurs villages frontaliers, déjà largement rasés lors de la précédente guerre en 2024.

En parallèle, le Hezbollah a annoncé une série d'attaques contre des cibles israéliennes sur le sol libanais et de l'autre côté de la frontière.

L'Iran et ses groupes affiliés "pourraient avoir l'intention de cibler des universités" au Liban, a averti l'ambassade américaine à Beyrouth, quelques jours après des menaces des Gardiens de la Révolution iraniens contre les établissements américains au Moyen-Orient.