Attentat du quartier Opéra: L'ombre de la Tchétchénie sur l'ouverture du procès

Le portrait du professeur de français Dominique Bernard affiché sur le mur de la mairie d'Arras, dans le nord de la France (Photo, AFP).
Le portrait du professeur de français Dominique Bernard affiché sur le mur de la mairie d'Arras, dans le nord de la France (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 26 octobre 2023

Attentat du quartier Opéra: L'ombre de la Tchétchénie sur l'ouverture du procès

  • Abdoul-Hakim Anaiev est soupçonné d'avoir joué un rôle central dans le conditionnement de Khamzat Azimov
  • Il comparaît pour «participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes»

PARIS: Le procès d'Abdoul-Hakim Anaiev, soupçonné d'avoir "conditionné" le jeune djihadiste ayant tué en 2018 un passant à Paris près de l'Opéra, s'est ouvert mercredi devant la cour d'assises spéciale, qui s'est penchée sur la radicalisation de l'accusé sous le poids de la cause tchétchène.

Âgé de 20 ans au moment des faits, il comparaît pour "participation à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes".

Abdoul-Hakim Anaiev, 26 ans aujourd'hui, est soupçonné d'avoir joué un rôle central dans le conditionnement de Khamzat Azimov, dont il était l'ami depuis le lycée.

Ce dernier, un Franco-Russe né en Tchétchénie, avait tué le 12 mai 2018 au couteau de cuisine Ronan Gosnet, 29 ans, employé d'une librairie du quartier de l'Opéra, après une lutte acharnée.

L'assaillant s'en était pris à une dizaine de personnes avant d'être abattu par la police.

L'attaque avait été revendiquée par l'organisation djihadiste État islamique (EI), et une vidéo d'allégeance testamentaire de Khamzat Azimov avait été diffusée le lendemain sur les canaux de communication de l'EI.

Barbe taillée, vêtu d'une chemise bleu clair et d'un pantalon gris devant la cour d'assises spéciale de Paris, Abdoul-Hakim Anaiev admet d'emblée avoir été "radicalisé".

"Cette idéologie" djihadiste, "bien que dégoûtante, je l'ai partagée auprès d'autres personnes", reconnaît-il à l'ouverture du procès. Celui-ci a débuté moins de deux semaines après l'assassinat de Dominique Bernard, enseignant poignardé à mort à Arras le 13 octobre par un ancien élève russe originaire d'Ingouchie.

Né en Tchétchénie le 22 octobre 1997, l'accusé raconte avoir été "sensibilisé" à la "cause syrienne" dans la foulée de la guerre civile qui a éclaté en Syrie en 2011. "J'ai voulu en discuter avec ma famille parce que nous avions vécu des choses similaires" en Tchétchénie, explique-t-il.

Ses proches sont cependant loin de partager son point de vue.

"Je pensais qu'ils seraient aussi émus que moi" par le sort de la population syrienne "mais pas du tout", se souvient-il, debout dans le box de la petite salle du palais de justice.

En 2001, sa famille fuit la république russe du nord-Caucase, alors en guerre, passant par l'Autriche avant d'arriver en France. Abdoul-Hakim Anaiev a quatre ans.

A la barre, se mère évoque les crimes de la seconde guerre de Tchétchénie dont elle a été témoin.

"Les choses qu'on a vécues, je pensais les avoir oubliées", poursuit-elle, émue. "Je ne voulais plus être Tchétchène".

Son fils, dos courbé, main droite couvrant son visage, essuyant ses yeux avec un mouchoir, ne la regarde plus.

"Pour moi, il n'y a aucun rapport" entre les causes syrienne et tchétchène, martèle la femme, ajoutant: "Je sais pourquoi on a combattu (...), pour libérer notre peuple. Ce qui se passe en Syrie, ça touche à la géopolitique, c'est une question qui ne nous concerne pas".

"Il n'y a pas d'État islamique en Tchétchénie", fait-elle valoir en fustigeant ceux qui, "au niveau de la religion", veulent "réunir des peuples qui sont différents".

"Beaucoup de Tchétchènes ont rejoint l'État islamique", rétorque Abdoul-Hakim Anaiev.

«Terreau idéal»

Quel rôle la cause tchétchène a-t-elle joué dans le processus de radicalisation de l'accusé ?

"Deux guerres, c'est un terreau idéal pour la montée en puissance d'un islam radical", confirme devant la cour une commissaire de police de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure), auditionnée sous couvert d'anonymat.

"La diaspora est forcément et durablement marquée par ces conflits", ajoute-t-elle, indiquant que la communauté tchétchène reste "sensible aux thèses de la patrie et de la défense contre l'oppresseur", avec une "cause indépendantiste poussée par le djihad global".

Abdoul-Hakim Anaiev insiste sur ses origines pour condamner les actes de Khamzat Azimov, dont il ne prononce pas le nom.

"N'importe quel Tchétchène considèrerait ces gens-là comme des déchets (...). Lorsqu'ils commettent ces actes-là, ils renient leurs origines", souligne-t-il.

Le jour de son interpellation, au lendemain de l'attentat, il portait un tee-shirt floqué d'une kalachnikov et du slogan "Defend Grozny", la capitale de la Tchétchénie.


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
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  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".


A Toulouse, deux policiers municipaux blessés à l'arme blanche

Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
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  • Des propos à caractère terroriste ont été signalés
  • Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc

TOULOUSE: Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc.

Des propos à caractère terroriste ont été signalés, a rapporté l'édile sur Facebook et sur X.

Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc.

Les deux agents, un homme et une femme, effectuaient une patrouille en plein coeur de Toulouse lorsqu'ils ont été agressés par un passant armé de plusieurs couteaux, selon le quotidien la Dépêche du Midi, citant l'adjoint à la Sécurité de Toulouse, Emilion Esnault.

Blessés aux bras durant l'affrontement, ils ont pu finalement maîtriser l'homme à l'aide de gaz lacrymogène, selon la même source.


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
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  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.