Prison ferme requise au «premier procès en France» d'un dossier de piratage en cryptomonnaies

Cette photo prise le 1er avril 2021, un ouvrier ajuste des plates-formes de minage de crypto-monnaie dans une ferme de crypto-monnaie à Dujiangyan, dans la province chinoise du Sichuan (sud-ouest). (AFP)
Cette photo prise le 1er avril 2021, un ouvrier ajuste des plates-formes de minage de crypto-monnaie dans une ferme de crypto-monnaie à Dujiangyan, dans la province chinoise du Sichuan (sud-ouest). (AFP)
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Publié le Vendredi 27 octobre 2023

Prison ferme requise au «premier procès en France» d'un dossier de piratage en cryptomonnaies

  • L'accusation reproche à Mohamed M. d'avoir «siphonné le pool de liquidités de Platypus» en s'appuyant sur un système de prêts éclairs et d'une fonction de «retrait d'urgence» de sommes
  • «Je n'ai en aucun cas pénétré les ordinateurs, touché au code de Platypus» mais «utilisé des fonctions publiques proposées par Platypus», s'est défendu Mohamed M

PARIS: Le parquet de Paris a requis jeudi la prison ferme pour un jeune homme accusé d'avoir volé en février la plateforme américaine de finance Platypus, pour un préjudice équivalent à 9,5 millions de dollars en cryptomonnaies.

La procureure a demandé cinq ans d'emprisonnement dont trois assortis du sursis, avec mandat de dépôt, contre Mohamed M., un Francilien âgé de 22 ans qui comparaissait libre jeudi pour quatre infractions, dont blanchiment et escroquerie.

Elle a aussi requis six mois d'emprisonnement entièrement assortis du sursis et une amende de 20.000 euros pour le jeune frère de Mohamed M., âgé de 20 ans et soupçonné de recel.

"C'est le premier dossier de piratage de cryptomonnaies jugé en France", a souligné la procureure Sophie Gschwind. "Le travers que l'on peut avoir, c'est penser que l'argent virtuel ôte de la gravité... mais votre décision fera jurisprudence", a-t-elle dit aux juges de la 13e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, spécialisée dans la cybercriminalité.

L'accusation reproche à Mohamed M. d'avoir "siphonné le pool de liquidités de Platypus", une plateforme de finance décentralisée, en s'appuyant sur un système de prêts éclairs et d'une fonction de "retrait d'urgence" de sommes.

"Je n'ai en aucun cas pénétré les ordinateurs, touché au code de Platypus" mais "utilisé des fonctions publiques proposées par Platypus", s'est défendu Mohamed M., crâne rasé et barbe courte.

"C'est comme s'il y avait un distributeur de café et que j'avais appuyé sur un bouton pour avoir un cappuccino", a assuré le prévenu. Celui qui ne s'est pas présenté à l'examen le jour de son baccalauréat a expliqué s'être "autoformé" à l'informatique depuis l'âge de "sept ans", notamment grâce à des "vidéos YouTube".

Le ton calme devant le tribunal, il a décrit son action sur Platypus comme sa première en tant que "hackeur éthique", voulant "alerter" la plateforme d'une "faille" du système.

Pour "alerter" Platypus, il aurait pu récupérer une moindre somme, a taclé la procureure, soulignant que Mohamed M. n'a pas d'emploi.

"En cas de hack éthique, il y a remboursement", a renchéri Me Fanny Le Magadure, qui défend Platypus aux côtés de Me Marie Robin.

La plateforme estime "son manque à gagner à plus de 144.000 euros" et déplore notamment un profond "préjudice réputationnel", pour lequel la plateforme demande "un million d'euros" aux prévenus.

La "faille" repérée par Mohamed M. est comme "la porte ouverte d'une banque", a considéré Me Le Magadure. "Si j'entre dans la banque et si je récupère l'argent, c'est un vol".

Sur les 9,5 millions de dollars, Mohamed M. a récupéré seulement 270.000 euros à cause d'une "erreur" de code pour indiquer la destination des sommes, a-t-il expliqué. Son jeune frère a reçu 13.000 euros et a loué, entre autres, une "belle voiture".

"Il n'y aura pas d'emprisonnement, ni d'amende", a exhorté avec vigueur Me Seydi Ba, qui défend Mohamed M. "Mon client a un casier judiciaire vierge. On est sur un prêt qui n'a pas encore été remboursé, mais pas sur une qualification pénale".

Délibéré le 1er décembre.


Macron après les frappes en Iran: le «travail diplomatique» doit «reprendre ses droits» 

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  • Le président français s'est entretenu avec la plupart des dirigeants de la région, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Jordanie, Irak, Koweit et région autonome du Kurdistan
  • La France se tient "prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation"

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a déclaré samedi que le "travail diplomatique" devait "reprendre ses droits", quelques heures après le début de l'offensive israélo-américaine en Iran, affirmant que la crise autour du nucléaire iranien et les "droits légitimes du peuple iranien à se faire entendre" ne pouvaient se régler par des "frappes".

"Je souhaite que nous puissions prendre toutes les initiatives utiles pour que le travail diplomatique reprenne ses droits", a-t-il déclaré au début d'un conseil de défense et de sécurité nationale à l'Elysée.

"Nul ne peut penser que la question du nucléaire iranien, de l'activité balistique, des déstabilisations régionales se règleront simplement par les frappes et évidemment aussi les droits légitimes du peuple iranien à se faire entendre", a affirmé le chef de l'Etat français.

"Ce qu'il a exprimé ces derniers mois encore en étant terriblement réprimé c'est de pouvoir décider lui-même de son destin et c'est aussi une des choses que nous devons tout faire pour défendre", a-t-il ajouté.

"La France n'a été ni prévenue ni impliquée, tout comme d'ailleurs l'ensemble des pays de la région et nos alliés", a par ailleurs précisé Emmanuel Macron, au côté du Premier ministre Sébastien Lecornu, de plusieurs ministres et de hauts responsables militaires.

La "priorité absolue" de la France est la sécurité de ses ressortissants et "emprises militaires" dans la région, a poursuivi le chef de l'Etat.

"C'est d'être aux côtés de tous les pays qui sont aujourd'hui touchés par la riposte iranienne ou qui sont menacés par celle-ci dans leur intégrité territoriale, leur souveraineté", a-t-il encore souligné, en référence notamment aux pays du Golfe.

Le président français s'est entretenu avec la plupart des dirigeants de la région, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Jordanie, Irak, Koweit et région autonome du Kurdistan, a précisé l'Elysée, à l'exception d'Israël.

Il avait auparavant appelé sur X à "cesser" une "escalade dangereuse pour tous" et affirmé que le régime iranien n'a "plus d'autre option" que de négocier de "bonne foi" le démantèlement de son programme nucléaire et balistique.

La France se tient "prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation", a-t-il encore relevé sur X.


Lecornu ferait un "bon candidat" en 2027 pour 30% des Français (sondage)

Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
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  • Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, Sébastien Lecornu serait un « bon candidat » du bloc central en 2027 pour 30% des Français, derrière Édouard Philippe (39%) mais proche de Gabriel Attal (33%) et Gérald Darmanin (28%)
  • Jugé plus humble et compétent qu’Emmanuel Macron, Lecornu souffre toutefois d’une image « d’exécutant » (72% des sondés), tandis qu’Édouard Philippe reste favori, sous réserve des municipales au Havre

PARIS: Le Premier ministre Sébastien Lecornu ferait un "bon candidat" du bloc central à la présidentielle de 2027 pour 30% des Français, à l'image de Gabriel Attal(33%) et Gérald Darmanin (28%) mais loin derrière Edouard Philippe (39%), selon un sondage Odoxa pour Le Figaro paru jeudi.

Le chef du gouvernement, dont la popularité (34%) est supérieure de 13 points à celle d'Emmanuel Macron, est jugé plus humble (+33 points), plus proche des préoccupations des Français (+18) et plus compétent (+17) que le chef de l'Etat, mais aussi moins dynamique (-9).

"Pour renforcer sa stature, il devra peut-être se détacher de son image de simple collaborateur du Président", 72% des Français le qualifiant "d’exécutant", relève encore l'institut.

Sur les réseaux sociaux, les messages sur Emmanuel Macron restent très négatifs alors que la fidélité du "moine soldat" Lecornu est présentée comme une qualité rare, poursuit l'étude.

Edouard Philippe, maire du Havre et premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron, reste le meilleur candidat pour le bloc central, à condition de ne pas perdre les municipales de mars, "une défaite qui pourrait ternir son leadership", poursuit Odoxa.

Un sondage Opinionway publié mercredi le donne pour la première fois perdant dans sa ville contre Jean-Paul Lecoq (PCF) en cas de maintien du candidat RN-UDR au second tour du scrutin.

L'enquête a été réalisée en ligne les 25 et 26 février auprès d’un échantillon de 1.005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points.


Gouvernement: quatre nouveaux entrants dont Catherine Pégard à la Culture

Le gouvernement compte désormais 36 membres. (AFP)
Le gouvernement compte désormais 36 membres. (AFP)
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  • Ces annonces complètent le mini-remaniement du gouvernement de Sébastien Lecornu provoqué par le départ attendu de Rachida Dati et Charlotte Parmentier-Lecocq, et celui d'Amélie de Montchalin
  • Une députée qui était pressentie pour la Fonction publique s'est désistée à la dernière minute car son suppléant à l'Assemblée a refusé de siéger pour la remplacer, pour des raisons de cumul des mandats

PARIS: Quatre nouveaux ministres font leur entrée au gouvernement, dont Catherine Pégard, conseillère d'Emmanuel Macron, à la Culture en remplacement de Rachida Dati partie pour faire campagne pour la mairie de Paris, a annoncé jeudi l'Elysée dans un communiqué.

Conseillère culture de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, puis à la tête du château de Versailles avant de revenir au palais présidentiel auprès d'Emmanuel Macron, cette ancienne journaliste de 71 ans arrive rue de Valois avec une excellente connaissance du monde de la culture et un solide carnet d'adresses.

Outre cette nomination attendue, l'ex-ministre macroniste Sabrina Roubache fait son retour en tant que ministre délégué chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels et de l'Apprentissage. Elle avait été chargée de la Ville et de la Citoyenneté entre 2023 et 2024, avant d'être défaite aux législatives post-dissolution de l'Assemblée nationale.

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, proche de Sébastien Lecornu et Gérald Darmanin, devient aussi ministre déléguée chargée de l'Energie, domaine dont elle a une expertise en tant qu'ingénieure spécialiste du nucléaire.

Le chef de l'Etat a aussi nommé la députée du groupe macroniste Camille Galliard-Minier ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, en remplacement de Charlotte Parmentier-Lecocq qui souhaitait retrouver son siège à l'Assemblée nationale, et le député Les Républicains Jean-Didier Berger auprès du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez.

Ces annonces complètent le mini-remaniement du gouvernement de Sébastien Lecornu provoqué par le départ attendu de Rachida Dati et Charlotte Parmentier-Lecocq, et celui d'Amélie de Montchalin, nommée à la tête de la Cour des comptes et remplacée dès dimanche aux Comptes publics par son ex-ministre délégué David Amiel.

Ce dernier n'a pour l'instant pas de ministre délégué à la Fonction publique, le poste qu'il occupait auparavant. Selon une source au sein de l'exécutif, une ministre déléguée sera nommée d’ici à la reprise des travaux parlementaires après les élections municipales.

Une députée qui était pressentie pour la Fonction publique s'est désistée à la dernière minute car son suppléant à l'Assemblée a refusé de siéger pour la remplacer, pour des raisons de cumul des mandats, ce qui aurait provoqué une législative partielle, selon une source au courant des tractations, qui n'a pas précisé son nom.

Parmi les nouveaux entrants, Jean-Didier Berger, maire de Clamart pendant dix ans, avait rejoint l’Assemblée à l’été 2024 après la dissolution, se faisant élire dans les Hauts-de-Seine. A l’Assemblée, il faisait partie des députés du groupe LR en pointe sur le projet de budget de l’Etat.

Il avait également déposé des propositions de loi aux accents régaliens : pour autoriser le traitement algorithmique des images de vidéoprotection dans les transports en commun, ou pour interdire les signes religieux ostentatoires aux mineurs qui participent à des activités d’une association subventionnée.

Camille Galliard-Minier, élue de l'Isère, est avocate de formation et l'ancienne suppléante d'Olivier Véran qu'elle a remplacé au Parlement entre 2020 et 2022 lorsque celui-ci était ministre de la Santé.

Le gouvernement compte désormais 36 membres.