L’action du monde arabe face à l’urgence médicale à Gaza

Au moins 10 500 personnes piégées à l'intérieur de ce territoire exigu et appauvri ont été tuées par les frappes aériennes israéliennes (Photo, AFP).
Au moins 10 500 personnes piégées à l'intérieur de ce territoire exigu et appauvri ont été tuées par les frappes aériennes israéliennes (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 10 novembre 2023

L’action du monde arabe face à l’urgence médicale à Gaza

  • Le système de santé de Gaza se détériore rapidement et des milliers de patients n'ont plus accès aux traitements médicaux essentiels
  • L'Arabie saoudite et d'autres pays arabes ont lancé des campagnes de collecte de fonds, déployé des vols d'aide et mis en place des hôpitaux de campagne

DUBAI: Les hôpitaux, les cliniques et les morgues de la bande de Gaza sont débordés depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, il y a un mois, et seule une petite quantité de fournitures médicales vitales parvient au territoire assiégé.

Malgré les difficultés d'accès à l'aide humanitaire, les gouvernements de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de la Jordanie et de l'Égypte ont promis des millions d’euros, négocié l'acheminement de l'aide et mis en place des installations médicales pour soigner les civils blessés.

«Les pays et les peuples arabes ne manquent pas de bonne volonté pour aider les Palestiniens, au moins sur le plan humanitaire», a déclaré à Arab News, Ramzy Baroud, auteur, journaliste et rédacteur en chef de Palestine Chronicle, né à Gaza et américain d'origine palestinienne.

«L'étape suivante consiste à faire en sorte que ce soutien parvienne aux victimes de ce génocide israélien en cours», a-t-il ajouté.

Environ 4 000 enfants ont été tués à Gaza depuis le début du conflit (Photo, AFP).

Des représentants de pays occidentaux et arabes, des Nations unies et d'organisations non gouvernementales se sont réunis à Paris jeudi pour une conférence sur les moyens d'apporter une aide aux civils de Gaza. Ils ont notamment proposé la création d'un corridor maritime humanitaire et d'hôpitaux de campagne flottants.

Des représentants de la Jordanie, de l'Égypte et des pays du Golfe ont assisté à la conférence dans la capitale française, mais les autorités israéliennes n'y ont pas participé.

L'Arabie saoudite accueillera les dirigeants arabes samedi pour une session d'urgence de la Ligue arabe, puis dimanche pour une réunion des 57 membres de l'Organisation de la coopération islamique, à laquelle le président iranien, Ebrahim Raïssi, devrait assister.

«À moins que les pays arabes influents ne fassent pression sur Israël par le biais d'un plaidoyer politique aux Nations unies et directement par l'intermédiaire de Washington, ni l'aide ni la construction future à Gaza ne seront autorisées», a indiqué Baroud.

Après l'attaque transfrontalière du Hamas sur le sud d'Israël le 7 octobre, qui a entraîné la mort de 1 400 personnes et l'enlèvement d'au moins 240 autres, Israël a lancé un assaut meurtrier sur Gaza, l'un des endroits les plus densément peuplés de la planète.

LA CRISE DE GAZA EN CHIFFRES

1,5 million de personnes déplacées.

10 581 personnes tuées.

28 137 blessés.

109 sièges de presse détruits/endommagés.

194 écoles endommagées.

717 000 personnes hébergées dans 149 installations de l'Unrwa.

51 000 appartements détruits.

740 installations industrielles détruites.

290 membres du personnel de santé ciblés.

En conséquence, au moins 10 500 personnes piégées à l'intérieur de cette portion de territoire exiguë et appauvrie ont été tuées par les attaques aériennes israéliennes, et des milliers d'autres ont été contraintes de s'abriter dans des écoles et des hôpitaux après la destruction de leurs maisons.

Seule une petite quantité d'aide humanitaire est autorisée à entrer par le poste frontalier égyptien de Rafah, et quelques rares personnes sont autorisées à sortir, ce qui a incité Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, à décrire Gaza comme «un cimetière d'enfants».

En effet, environ 4 000 enfants ont été tués à Gaza depuis le début du conflit, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.

«Le problème évident est qu'Israël n'autorise pas l'arrivée de l'aide humanitaire par la frontière de Rafah et refuse d'ouvrir le point de passage de Karam Abou Salem (Kerem Shalom), conformément à la demande du secrétaire général des Nations unies», a précisé Baroud.

«Israël a bombardé à plusieurs reprises le point de passage de Rafah, du côté palestinien, pour faire passer le message qu'aucun mouvement ou aide ne sera autorisé. Mardi, les forces israéliennes ont bombardé un convoi humanitaire de la Croix-Rouge transportant de l'aide urgente vers Gaza.»

Les États arabes ont lancé des campagnes de collecte de fonds et déployé des vols d'aide au point de passage de Rafah, en Égypte, en réponse à l'aggravation de la situation d'urgence médicale à Gaza (Photo, WAM).

Avant même le début de la dernière flambée de violence, un rapport de l’ONU expliquait que le blocus israélien de Gaza, qui dure depuis dix-sept ans, avait gravement paralysé l'économie du territoire palestinien, laissant environ 80% de ses habitants tributaires de l'aide humanitaire extérieure.

L'Arabie saoudite soutient les civils palestiniens de Gaza par l'intermédiaire du portail de collecte de fonds Sahem, qui, cinq jours après son lancement, a reçu des contributions de plus de 569 000 donateurs, pour un montant supérieur à 108 millions de dollars (1 dollar américain = 0,94 euro).

La campagne d'aide publique au peuple palestinien de Gaza, affiliée au Centre d'aide humanitaire et de secours Roi Salmane (KSrelief), a été spécifiquement lancée pour soutenir les Palestiniens qui souffrent des attaques israéliennes.

Abdallah al-Rabeeah, superviseur général de KSrelief, a déclaré que cette campagne reflétait «le rôle historique de l’Arabie saoudite aux côtés du peuple palestinien frère lors des différentes crises», selon un communiqué publié par l'agence de presse saoudienne, la SPA.

En début de cette semaine, l'équipe de KSrelief s'est entretenue avec Osama Nugali, l'ambassadeur saoudien en Égypte, afin de trouver des moyens d'accélérer l'acheminement d'abris, de nourriture et de fournitures médicales par le poste-frontière de Rafah.

EN CHIFFRES

- 10 500 personnes tuées depuis le 7 octobre, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.

- 1,5 million de Gazaouis déplacés depuis le début des combats.

- 60% = Proportion des établissements de santé de Gaza déjà hors service.

- 320 tonnes de fournitures humanitaires acheminées à Gaza ces dernières semaines.

 

En outre, le 15 octobre, Nayef ben Bandar al-Sudairi, l'ambassadeur saoudien en Jordanie, a offert une contribution annuelle de 2 millions de dollars du Royaume à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa).

Ce soutien financier permettra à l'Unrwa de continuer à offrir des services de secours vitaux, tels que de la nourriture, des médicaments et une assistance humanitaire, au peuple palestinien assiégé.

Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a qualifié d’«odieuses» les attaques contre les civils à Gaza, tout en mettant en garde contre des «répercussions dangereuses» en cas d'escalade régionale.

Plusieurs responsables saoudiens ont appelé à un cessez-le-feu immédiat.

Aucune solution n'étant en vue et les bombardements se poursuivant, le système de santé à Gaza se détériore rapidement, des milliers de patients n'ayant plus accès aux traitements médicaux essentiels.

Malgré les difficultés d'accès à l'aide humanitaire, les gouvernements de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de la Jordanie et de l'Égypte ont promis des millions de dollars d'aide (Photo, AFP).

Le 6 novembre, le Croissant-Rouge palestinien a lancé un avertissement selon lequel l'hôpital Al-Quds serait à court de carburant dans les quarante-huit heures. Les responsables de l'hôpital Al-Awda, quant à eux, ont déclaré que l'établissement était sur le point de fermer ses portes en raison de graves pénuries.

À l'hôpital Al-Shifa, le plus grand de la bande de Gaza, une frappe israélienne a récemment détruit les panneaux solaires de l'établissement. L'hôpital, qui était déjà au bord de l'effondrement, est maintenant confronté à de graves pénuries, tout en recevant un flux continu de blessés.

«Selon les dernières déclarations du ministère palestinien de la Santé, la moitié des grands hôpitaux de Gaza et 60% des établissements de santé de la bande sont déjà hors service», a indiqué Baroud.

«Les hôpitaux qui fonctionnent encore le font avec bien moins que le minimum requis en termes d'équipement, de carburant et de fournitures médicales», a-t-il ajouté.

«Jamais dans l'histoire des guerres israéliennes contre Gaza – en fait, nulle part ailleurs en Palestine – une crise de cette ampleur n'a eu lieu. La situation est plus que désastreuse», a alerté Baroud.

Depuis le 7 octobre, au moins 16 des 35 hôpitaux de Gaza ne sont plus opérationnels. En outre, 51 des 72 cliniques de soins de santé primaires de la bande de Gaza ont cessé leurs activités, ce qui met en évidence les problèmes critiques auxquels est confronté le système de santé dans l'enclave.

Baroud a révélé que sa sœur, médecin dans le sud de la bande de Gaza, lui avait dit que les médecins devaient faire des choix extrêmement difficiles pour déterminer qui devait être soigné et qui devait être ignoré.

«Des opérations chirurgicales ont lieu dans les étages des hôpitaux. Des enfants sont amputés sans anesthésie», lui a-t-elle affirmé.

«Les mots ne suffisent pas à décrire la souffrance collective des Palestiniens. Ceux qui meurent rapidement sont les plus chanceux», a-t-elle ajouté.

Face à cette situation désastreuse, le cheikh Mohamed ben Zayed al-Nahyane, président des Émirats arabes unis, a annoncé son intention de créer un nouvel hôpital de campagne dans le cadre de l'opération humanitaire Gallant Knight 3, selon l'agence de presse nationale WAM.

Environ mille camions d'aide se préparent à entrer dans la bande de Gaza en deux étapes. (Photo, Asharq al-Awsat)

Ce lundi, cinq avions cargos ont quitté la capitale émiratie, Abu Dhabi, avec à leur bord des équipements et des fournitures destinés à la création d’un hôpital de compagne de 150 lits situé à El-Arich, dans la péninsule égyptienne du Sinaï.

L'hôpital de campagne comprendra des services de chirurgie générale, d'orthopédie, de pédiatrie et de gynécologie, ainsi que des unités d'anesthésie et de soins intensifs. Il est conçu pour servir à la fois les adultes et les enfants, et proposera des cliniques de médecine interne, de dentisterie, de psychiatrie et de médecine familiale.

Par ailleurs, les Émirats arabes unis ont annoncé leur intention d'admettre environ 1 000 enfants palestiniens de la bande de Gaza et leurs familles dans leurs propres hôpitaux pour qu'ils y soient soignés.

Les efforts conjoints du Croissant-Rouge égyptien, de l'Alliance nationale pour l'action civile et le développement, de la Fondation Haya Karima et de divers programmes internationaux, dont l'Organisation mondiale de la santé et l'Unrwa, ont permis d'acheminer environ 7 950 tonnes d'aide.

Des vols transportant de l'aide en provenance de Turquie, des Émirats arabes unis, du Qatar, de Jordanie et de Tunisie ont atterri à El-Arich. Entre-temps, l'Irak aurait fait don de 10 millions de litres de carburant aux hôpitaux de Gaza.

Le roi Abdallah II de Jordanie a déclaré tôt lundi que l'armée de l'air jordanienne avait largué une «aide médicale urgente» à son hôpital de campagne à Gaza, afin de fournir une assistance immédiate.

«C'est notre devoir d'aider nos frères et sœurs blessés dans la guerre contre Gaza. Nous serons toujours là pour nos frères palestiniens», a-t-il déclaré sur X.

Le volume de l'aide entrant jusqu'à présent ne représente que 4% de la moyenne journalière (Photo, WAM).

Environ un millier de camions d'aide se préparent à entrer dans la bande de Gaza en deux étapes.

Toutefois, le bureau humanitaire des Nations unies a déclaré que le volume de l'aide entrant jusqu'à présent ne représente que 4% de la moyenne journalière nécessaire avant le début des hostilités, et une fraction de ce qui est nécessaire à mesure que les stocks de nourriture, d'eau, de médicaments et de carburant s'épuisent.

«Il va sans dire qu'un cessez-le-feu humanitaire immédiat est essentiel», a insisté Baroud.

«Un cessez-le-feu signifie qu'il faut permettre à davantage d'aide d'arriver en toute sécurité, aux centres médicaux d'évaluer la situation, aux morts d'être enterrés dans une certaine dignité et aux agents de la défense civile de récupérer au moins une partie des corps coincés sous les décombres», a-t-il éclairci.

«Si les Arabes ne peuvent pas aider la Palestine par d'autres moyens, et ils devraient vraiment pouvoir le faire, le moins qu'ils puissent faire est d'utiliser leur poids et leur influence politiques et économiques pour faire pression sur Israël afin qu'il autorise un cessez-le-feu humanitaire.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le secrétaire général de la LIM reçoit une délégation américaine à Riyad

Dr Mohammed ben Abdelkrim al-Issa rencontre une délégation du Congrès américain à Riyad. (Photo fournie)
Dr Mohammed ben Abdelkrim al-Issa rencontre une délégation du Congrès américain à Riyad. (Photo fournie)
Dr Mohammed ben Abdelkrim al-Issa s'entretient avec Dr. Gohar Ejaz à Riyad. (Photo fournie)
Dr Mohammed ben Abdelkrim al-Issa s'entretient avec Dr. Gohar Ejaz à Riyad. (Photo fournie)
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  • La délégation américaine a salué l'initiative de la LIM au siège de l'ONU à New York, qui vise à construire des ponts entre l'Orient et l'Occident et à créer un monde plus compréhensif et plus pacifique
  • Al-Issa a également reçu Gohar Ejaz, ministre pakistanais du Commerce, de l’Industrie et de la Production et ministre de l’Intérieur

RIYADH: Le Dr Mohammed ben Abdelkrim al-Issa, secrétaire général de la Ligue islamique mondiale et président de l'Association des érudits musulmans, a reçu une délégation du Congrès américain, dirigée par le membre du Congrès Andre Carson, au siège de la LIM à Riyad.

Les deux parties ont discuté de plusieurs sujets liés au renforcement de l'amitié et de la coopération entre les nations et les peuples afin de lutter contre l'extrémisme et de surmonter les différences culturelles.

La délégation américaine a salué l'initiative de la LIM au siège des Nations unies à New York, qui vise à construire des ponts entre l'Orient et l'Occident et à créer un monde plus compréhensif et plus pacifique. La position de la ligue concernant la guerre de Gaza a également été soulignée; Al-Issa a condamné le meurtre de femmes et d'enfants en violation flagrante du droit humanitaire international.

Al-Issa a également reçu Gohar Ejaz, ministre pakistanais du Commerce, de l’Industrie et de la Production et ministre de l’Intérieur, accompagné d’Aftab Akbar Durrani, secrétaire pakistanais à l’Intérieur, au siège de la ligue à Riyad.

Les deux parties ont discuté de plusieurs sujets d'intérêt commun aux niveaux islamique et international, ainsi que des perspectives de coopération.

Ejaz a salué le rôle essentiel joué par la Ligue islamique dans la transmission du véritable message de l'islam au monde et dans l'accomplissement de son devoir de représentation des nations musulmanes dans les forums internationaux.

Al-Issa a souligné les relations historiques de longue date entre l'Arabie saoudite et le Pakistan, ainsi que les liens entre le Pakistan et la Ligue musulmane, affirmant la position importante du Pakistan en ce qui concerne les principes islamiques. Il a exprimé sa gratitude pour les efforts déployés par les savants saoudiens dans le cadre du parcours de la LIM, qui est considéré comme l'une des bonnes actions de l'Arabie saoudite, qu'elle a établie et transmise au monde islamique. Il a également salué la grande inspiration de la Vision 2030 de l'Arabie saoudite et ses réalisations dans le cadre de la transformation globale du Royaume, en particulier son rôle de premier plan dans le monde.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les experts de l'ONU exigent l'arrêt «immédiat» des transferts d'armes vers Israël

Des enfants se tiennent à côté d'un mur tombé, portant une peinture murale, au sein des décombres d'un bâtiment détruit par un bombardement israélien à Rafah, le 22 février 2024, alors que les batailles entre Israël et le Hamas se poursuivent. (Photo, AFP)
Des enfants se tiennent à côté d'un mur tombé, portant une peinture murale, au sein des décombres d'un bâtiment détruit par un bombardement israélien à Rafah, le 22 février 2024, alors que les batailles entre Israël et le Hamas se poursuivent. (Photo, AFP)
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  • Les transferts sont interdits même si l'État exportateur n'a pas l'intention d'utiliser ces armes en violation de la loi
  • «Israël n’a pas respecté le droit international à plusieurs reprises», affirment les experts

GENÈVE: Tout transfert d'armes ou de munitions à Israël qui seraient utilisées à Gaza est susceptible de violer le droit humanitaire international et doit cesser immédiatement, ont averti ce vendredi des experts de l'ONU.

«Tous les États doivent ‘veiller au respect’ du droit international humanitaire par les parties à un conflit armé, comme l'exigent les conventions de Genève de 1949 et le droit international coutumier», ont déclaré les experts dans un communiqué de presse.

«Les États doivent donc s'abstenir de transférer des armes ou des munitions − ou des pièces pour ces armes − s’il est prévu, compte tenu des faits ou des comportements passés, qu’elles seront utilisées pour enfreindre le droit international.»

Selon les experts, de tels transferts sont interdits même si l'État exportateur n'a pas l'intention d'utiliser les armes en violation de la loi − ou ne sait pas avec certitude qu'elles seront utilisées de cette manière − tant qu'il existe un risque clair.

Par ailleurs, les experts de l'ONU ont salué la décision d'une cour d'appel néerlandaise qui, le 12 février, a ordonné aux Pays-Bas de mettre un terme à l'exportation de pièces d'avions de combat F-35 vers Israël.

La Cour a estimé qu'il existait un «risque évident» que les pièces soient utilisées pour commettre ou faciliter de graves violations du droit humanitaire international, car «de nombreux éléments indiquent qu'Israël a violé le droit humanitaire de la guerre dans un nombre non négligeable de cas».

«Israël n’a pas respecté le droit international à plusieurs reprises», affirment les experts.

Ils ont noté que les États parties au traité sur le commerce des armes ont l'obligation supplémentaire de refuser les exportations d'armes s'ils «savent» que les armes «seraient» utilisées pour commettre des crimes internationaux, ou s'il existe un «risque prépondérant» que les armes transférées «pourraient» être utilisées pour commettre des violations graves du droit humanitaire international.

Les États membres de l'UE sont en outre liés par les lois sur le contrôle des exportations d'armes de l'Union.

«La nécessité d'un embargo sur les armes à destination d'Israël est renforcée par l'arrêt de la Cour internationale de justice du 26 janvier 2024, selon lequel il existe un risque plausible de génocide à Gaza, ainsi que de graves préjudices subis par les civils depuis lors», ont expliqué les experts.

La convention sur le génocide de 1948 exige des États parties qu'ils emploient tous les moyens raisonnablement à leur disposition pour prévenir, dans la mesure du possible, un génocide dans un autre État.

«Cela nécessite l'arrêt des exportations d'armes dans les circonstances actuelles», ont ajouté les experts.

Ils se sont également félicités de la suspension des transferts d'armes vers Israël par la Belgique, l'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas et la société japonaise Itochu Corp.

L'UE a également découragé récemment les exportations d'armes vers Israël.

En outre, les experts ont exhorté les autres États à cesser immédiatement les transferts d'armes vers Israël, notamment les licences d'exportation et l'aide militaire.

Les États-Unis et l'Allemagne sont de loin les plus gros exportateurs d'armes et les livraisons ont augmenté depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre. La France, le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie sont d'autres exportateurs d'armes important.

Les experts ont également noté que les transferts d'armes vers le Hamas et d'autres groupes armés sont également interdits par le droit international, compte tenu des graves violations du droit humanitaire international commises par ces derniers lors de l'attaque d'octobre, notamment la prise d'otages et les tirs de roquettes aveugles qui s'en sont suivis.

L'obligation de «veiller au respect» du droit humanitaire s'applique «en toutes circonstances», surtout lorsqu'Israël prétend lutter contre le terrorisme.

Les renseignements militaires ne doivent pas non plus être partagés lorsqu'il existe un risque évident qu'ils soient utilisés pour violer le droit humanitaire international.

«Les représentants de l'État impliqués dans les exportations d'armes peuvent être individuellement passibles de poursuites pénales pour avoir aidé et encouragé des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ou des actes de génocide», ont soutenu les experts.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Emirats arabes unis vont investir 35 milliards de dollars en Egypte

Les Émirats arabes unis et l’Égypte ont signé un accord pour développer une partie importante de sa côte méditerranéenne. (WAM)
Les Émirats arabes unis et l’Égypte ont signé un accord pour développer une partie importante de sa côte méditerranéenne. (WAM)
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  • Le fonds souverain d'Abou Dhabi, ADQ, a confirmé des investissements de 35 milliards, dont la majorité seront destinés au développement de Ras el-Hikma, une ville sur la côte méditerranéenne
  • Le gouvernement compte sur ces investissements étrangers pour tenter notamment de contribuer à résoudre la crise des devises étrangères en Egypte

LE CAIRE: Les Emirats arabes unis vont injecter "35 milliards de dollars en investissements directs" en Egypte, pays lourdement endetté, a annoncé vendredi le Premier ministre égyptien, Moustafa Madbouli.

Le fonds souverain d'Abou Dhabi, ADQ, a confirmé des investissements de 35 milliards, dont la majorité seront destinés au développement de Ras el-Hikma, une ville sur la côte méditerranéenne.

Les investissements pour cette ville entrent dans le cadre du plan national de développement urbain "Egypte 2052" visant notamment à développer la côte nord et à faire de cette ville une destination touristique mondiale.

Le gouvernement compte sur ces investissements étrangers pour tenter notamment de contribuer à résoudre la crise des devises étrangères en Egypte, alors que le pays est en difficulté pour rembourser sa dette extérieure qui s'élève à près de 165 milliards de dollars.

Selon M. Madbouli, ces investissements permettront également de résoudre "la présence de deux prix pour le dollar", en référence au taux officiel pratiqué par les banques qui, la plupart du temps, refusent de céder des dollars à leurs clients et à celui, deux fois plus élevé, pratiqué sur le marché noir.

L'accord signé vendredi entre les deux pays prévoit le versement "de 15 milliards de dollars d'ici une semaine et un second versement, deux mois après le premier, de 20 milliards de dollars", a précisé M. Madbouli lors d'une conférence de presse.

"ADQ va acheter les droits de développement de Ras El-Hikma pour 24 milliards de dollars afin d'en faire l'une des plus grandes villes nouvelles développées par un consortium privé", a annoncé de son côté le fonds souverain d'Abou Dhabi.

Politique de développement 

Quelque 11 milliards de dollars seront également consacrés à des investissements dans "des projets de premier plan dans toute l'Egypte", a-t-il ajouté.

Fondé en 2018, ADQ est dirigé par le frère du président des Emirats Arabes Unis, cheikh Tahnoun ben Zayed.

Située à environ 350 kilomètres au nord-ouest du Caire, Ras el-Hikma est appelée à devenir une "destination de vacances, (...) un centre financier et une zone franche dotée d'une infrastructure de classe mondiale pour renforcer le potentiel de croissance économique et touristique de l'Egypte" a affirmé ADQ.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi dit vouloir faire du "développement" sa priorité. Les économistes, eux, dénoncent des mégaprojets –-villes nouvelles dont la nouvelle capitale, trains à grande vitesse, ponts et routes-– qui n'ont fait, selon eux, que siphonner les caisses de l'Etat et tripler la dette.

L'Egypte est désormais le deuxième pays le plus à risque de faire défaut de sa dette, juste derrière l'Ukraine en guerre.

Pour les experts, les raisons de s'inquiéter s'accumulent: les rentrées en devises du tourisme sont en baisse depuis des années.

Pire encore, les envois d'argent des travailleurs égyptiens à l'étranger --loin devant les recettes du secteur touristique et des droits de transit à Suez-- ont baissé d'environ 30% au premier trimestre 2023/2024.

Le Fonds monétaire international (FMI) a accordé un prêt de trois milliards de dollars à l'Egypte fin 2022, mais les tranches de prêt et les examens de programme ont été maintes fois reportés jusqu'à ce que Le Caire avance sur les réformes économiques, y compris un "taux de change entièrement flexible", comme le stipule le FMI.

Deux tiers des Egyptiens vivent en dessous ou juste au-dessus du seuil de pauvreté, alors que l'inflation s'élève à 35%.