Le système de santé de Gaza est «à genoux», alerte le patron de l'OMS

Des Palestiniens blessés lors du bombardement israélien de la bande de Gaza sont amenés dans une salle de traitement de l'hôpital al Aqsa à Deir al Balah, dans la bande de Gaza, le vendredi 10 novembre 2023. (AP)
Des Palestiniens blessés lors du bombardement israélien de la bande de Gaza sont amenés dans une salle de traitement de l'hôpital al Aqsa à Deir al Balah, dans la bande de Gaza, le vendredi 10 novembre 2023. (AP)
Short Url
Publié le Samedi 11 novembre 2023

Le système de santé de Gaza est «à genoux», alerte le patron de l'OMS

  • «Je comprends ce que les enfants de Gaza traversent, parce que j'ai vécu la même chose lorsque j'étais enfant», a noté le directeur général de l'OMS, originaire du Tigré en Ethiopie
  • «Je pense depuis longtemps que le Conseil de sécurité ne remplit plus le rôle pour lequel il a été créé», le maintien de «la paix et la sécurité» mondiale, a-t-il insisté

NATIONS UNIES, Etats-Unis : Le système de santé de la bande de Gaza est «à genoux», a alerté vendredi le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) devant le Conseil de sécurité de l'ONU, notant que la moitié des 36 hôpitaux de l'enclave ne fonctionnaient «plus du tout».

«La situation sur le terrain est impossible à décrire: des couloirs d'hôpitaux où s'entassent blessés, malades et mourants, des morgues qui débordent, des chirurgies sans anesthésie, des dizaines de milliers de personnes réfugiées dans les hôpitaux», a lancé Tedros Adhanom Ghebreyesus, comptabilisant «plus de 250 attaques» sur le secteur de la santé (hôpitaux, cliniques, ambulances, patients) à Gaza et en Cisjordanie depuis le début de la guerre déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre. Et 25 contre le secteur de la santé en Israël.

«Le meilleur moyen de soutenir ces travailleurs du secteur de la santé et les gens dont ils s'occupent est de leur donner les moyens dont ils ont besoin pour les soins: médicaments, équipement médical et carburant pour les générateurs des hôpitaux», a-t-il ajouté, réclamant une augmentation de l'aide humanitaire qui arrive via le point de passage de Rafah et répétant les appels répétés des responsables de l'ONU à un «cessez-le-feu».

«Je comprends ce que les enfants de Gaza traversent, parce que j'ai vécu la même chose lorsque j'étais enfant», a noté le directeur général de l'OMS, originaire du Tigré en Ethiopie.

«Le son des tirs et des obus sifflant dans l'air, l'odeur de la fumée après qu'ils aient frappé, les balles traçantes dans la nuit, la peur, la souffrance», a-t-il décrit, dénonçant d'autre part les attaques «barbares» du 7 octobre et réclamant la libération des otages du Hamas.

Alors que le Conseil de sécurité profondément divisé sur ce dossier a été incapable depuis le début de la guerre de parler d'une seule voix, le patron de l'OMS a également réclamé une réforme de l'instance onusienne.

«Je pense depuis longtemps que le Conseil de sécurité ne remplit plus le rôle pour lequel il a été créé», le maintien de «la paix et la sécurité» mondiale, a-t-il insisté.

Le directeur du Croissant-Rouge palestinien Marwan Jilani, intervenant par vidéo, a lui appelé les membres du Conseil à «faire tout ce qu'ils peuvent pour épargner de nouveaux morts et de nouvelles souffrances».

Il a particulièrement dénoncé la situation à l'hôpital de Al-Quds, dans la ville de Gaza, qui selon le Croissant-Rouge a subi vendredi des tirs de soldats d'élite israéliens.

«Je me préparais à informer le Conseil du manque crucial de carburant, de nourriture et d'eau, mais honnêtement, notre principale inquiétude désormais est la menace directe des vies des blessés et des malades, et des dizaines de milliers de civils» réfugiés dans l'hôpital, a-t-il lancé.

«Ils vous implorent d'agir pour empêcher un autre potentiel massacre».

Le Conseil de sécurité a observé au début de sa réunion une minute de silence en hommage aux victimes des attaques du Hamas contre Israël (1.200 morts selon le bilan révisé des autorités israéliennes), aux civils tués dans les bombardements de Gaza (plus de 11.000 morts selon le ministère de la Santé du Hamas), ainsi qu'aux journalistes et au personnel de l'ONU qui ont perdu la vie depuis le début de cette guerre.


Le secrétaire général de la LIM reçoit une délégation américaine à Riyad

Dr Mohammed ben Abdelkrim al-Issa rencontre une délégation du Congrès américain à Riyad. (Photo fournie)
Dr Mohammed ben Abdelkrim al-Issa rencontre une délégation du Congrès américain à Riyad. (Photo fournie)
Dr Mohammed ben Abdelkrim al-Issa s'entretient avec Dr. Gohar Ejaz à Riyad. (Photo fournie)
Dr Mohammed ben Abdelkrim al-Issa s'entretient avec Dr. Gohar Ejaz à Riyad. (Photo fournie)
Short Url
  • La délégation américaine a salué l'initiative de la LIM au siège de l'ONU à New York, qui vise à construire des ponts entre l'Orient et l'Occident et à créer un monde plus compréhensif et plus pacifique
  • Al-Issa a également reçu Gohar Ejaz, ministre pakistanais du Commerce, de l’Industrie et de la Production et ministre de l’Intérieur

RIYADH: Le Dr Mohammed ben Abdelkrim al-Issa, secrétaire général de la Ligue islamique mondiale et président de l'Association des érudits musulmans, a reçu une délégation du Congrès américain, dirigée par le membre du Congrès Andre Carson, au siège de la LIM à Riyad.

Les deux parties ont discuté de plusieurs sujets liés au renforcement de l'amitié et de la coopération entre les nations et les peuples afin de lutter contre l'extrémisme et de surmonter les différences culturelles.

La délégation américaine a salué l'initiative de la LIM au siège des Nations unies à New York, qui vise à construire des ponts entre l'Orient et l'Occident et à créer un monde plus compréhensif et plus pacifique. La position de la ligue concernant la guerre de Gaza a également été soulignée; Al-Issa a condamné le meurtre de femmes et d'enfants en violation flagrante du droit humanitaire international.

Al-Issa a également reçu Gohar Ejaz, ministre pakistanais du Commerce, de l’Industrie et de la Production et ministre de l’Intérieur, accompagné d’Aftab Akbar Durrani, secrétaire pakistanais à l’Intérieur, au siège de la ligue à Riyad.

Les deux parties ont discuté de plusieurs sujets d'intérêt commun aux niveaux islamique et international, ainsi que des perspectives de coopération.

Ejaz a salué le rôle essentiel joué par la Ligue islamique dans la transmission du véritable message de l'islam au monde et dans l'accomplissement de son devoir de représentation des nations musulmanes dans les forums internationaux.

Al-Issa a souligné les relations historiques de longue date entre l'Arabie saoudite et le Pakistan, ainsi que les liens entre le Pakistan et la Ligue musulmane, affirmant la position importante du Pakistan en ce qui concerne les principes islamiques. Il a exprimé sa gratitude pour les efforts déployés par les savants saoudiens dans le cadre du parcours de la LIM, qui est considéré comme l'une des bonnes actions de l'Arabie saoudite, qu'elle a établie et transmise au monde islamique. Il a également salué la grande inspiration de la Vision 2030 de l'Arabie saoudite et ses réalisations dans le cadre de la transformation globale du Royaume, en particulier son rôle de premier plan dans le monde.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les experts de l'ONU exigent l'arrêt «immédiat» des transferts d'armes vers Israël

Des enfants se tiennent à côté d'un mur tombé, portant une peinture murale, au sein des décombres d'un bâtiment détruit par un bombardement israélien à Rafah, le 22 février 2024, alors que les batailles entre Israël et le Hamas se poursuivent. (Photo, AFP)
Des enfants se tiennent à côté d'un mur tombé, portant une peinture murale, au sein des décombres d'un bâtiment détruit par un bombardement israélien à Rafah, le 22 février 2024, alors que les batailles entre Israël et le Hamas se poursuivent. (Photo, AFP)
Short Url
  • Les transferts sont interdits même si l'État exportateur n'a pas l'intention d'utiliser ces armes en violation de la loi
  • «Israël n’a pas respecté le droit international à plusieurs reprises», affirment les experts

GENÈVE: Tout transfert d'armes ou de munitions à Israël qui seraient utilisées à Gaza est susceptible de violer le droit humanitaire international et doit cesser immédiatement, ont averti ce vendredi des experts de l'ONU.

«Tous les États doivent ‘veiller au respect’ du droit international humanitaire par les parties à un conflit armé, comme l'exigent les conventions de Genève de 1949 et le droit international coutumier», ont déclaré les experts dans un communiqué de presse.

«Les États doivent donc s'abstenir de transférer des armes ou des munitions − ou des pièces pour ces armes − s’il est prévu, compte tenu des faits ou des comportements passés, qu’elles seront utilisées pour enfreindre le droit international.»

Selon les experts, de tels transferts sont interdits même si l'État exportateur n'a pas l'intention d'utiliser les armes en violation de la loi − ou ne sait pas avec certitude qu'elles seront utilisées de cette manière − tant qu'il existe un risque clair.

Par ailleurs, les experts de l'ONU ont salué la décision d'une cour d'appel néerlandaise qui, le 12 février, a ordonné aux Pays-Bas de mettre un terme à l'exportation de pièces d'avions de combat F-35 vers Israël.

La Cour a estimé qu'il existait un «risque évident» que les pièces soient utilisées pour commettre ou faciliter de graves violations du droit humanitaire international, car «de nombreux éléments indiquent qu'Israël a violé le droit humanitaire de la guerre dans un nombre non négligeable de cas».

«Israël n’a pas respecté le droit international à plusieurs reprises», affirment les experts.

Ils ont noté que les États parties au traité sur le commerce des armes ont l'obligation supplémentaire de refuser les exportations d'armes s'ils «savent» que les armes «seraient» utilisées pour commettre des crimes internationaux, ou s'il existe un «risque prépondérant» que les armes transférées «pourraient» être utilisées pour commettre des violations graves du droit humanitaire international.

Les États membres de l'UE sont en outre liés par les lois sur le contrôle des exportations d'armes de l'Union.

«La nécessité d'un embargo sur les armes à destination d'Israël est renforcée par l'arrêt de la Cour internationale de justice du 26 janvier 2024, selon lequel il existe un risque plausible de génocide à Gaza, ainsi que de graves préjudices subis par les civils depuis lors», ont expliqué les experts.

La convention sur le génocide de 1948 exige des États parties qu'ils emploient tous les moyens raisonnablement à leur disposition pour prévenir, dans la mesure du possible, un génocide dans un autre État.

«Cela nécessite l'arrêt des exportations d'armes dans les circonstances actuelles», ont ajouté les experts.

Ils se sont également félicités de la suspension des transferts d'armes vers Israël par la Belgique, l'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas et la société japonaise Itochu Corp.

L'UE a également découragé récemment les exportations d'armes vers Israël.

En outre, les experts ont exhorté les autres États à cesser immédiatement les transferts d'armes vers Israël, notamment les licences d'exportation et l'aide militaire.

Les États-Unis et l'Allemagne sont de loin les plus gros exportateurs d'armes et les livraisons ont augmenté depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre. La France, le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie sont d'autres exportateurs d'armes important.

Les experts ont également noté que les transferts d'armes vers le Hamas et d'autres groupes armés sont également interdits par le droit international, compte tenu des graves violations du droit humanitaire international commises par ces derniers lors de l'attaque d'octobre, notamment la prise d'otages et les tirs de roquettes aveugles qui s'en sont suivis.

L'obligation de «veiller au respect» du droit humanitaire s'applique «en toutes circonstances», surtout lorsqu'Israël prétend lutter contre le terrorisme.

Les renseignements militaires ne doivent pas non plus être partagés lorsqu'il existe un risque évident qu'ils soient utilisés pour violer le droit humanitaire international.

«Les représentants de l'État impliqués dans les exportations d'armes peuvent être individuellement passibles de poursuites pénales pour avoir aidé et encouragé des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ou des actes de génocide», ont soutenu les experts.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Emirats arabes unis vont investir 35 milliards de dollars en Egypte

Les Émirats arabes unis et l’Égypte ont signé un accord pour développer une partie importante de sa côte méditerranéenne. (WAM)
Les Émirats arabes unis et l’Égypte ont signé un accord pour développer une partie importante de sa côte méditerranéenne. (WAM)
Short Url
  • Le fonds souverain d'Abou Dhabi, ADQ, a confirmé des investissements de 35 milliards, dont la majorité seront destinés au développement de Ras el-Hikma, une ville sur la côte méditerranéenne
  • Le gouvernement compte sur ces investissements étrangers pour tenter notamment de contribuer à résoudre la crise des devises étrangères en Egypte

LE CAIRE: Les Emirats arabes unis vont injecter "35 milliards de dollars en investissements directs" en Egypte, pays lourdement endetté, a annoncé vendredi le Premier ministre égyptien, Moustafa Madbouli.

Le fonds souverain d'Abou Dhabi, ADQ, a confirmé des investissements de 35 milliards, dont la majorité seront destinés au développement de Ras el-Hikma, une ville sur la côte méditerranéenne.

Les investissements pour cette ville entrent dans le cadre du plan national de développement urbain "Egypte 2052" visant notamment à développer la côte nord et à faire de cette ville une destination touristique mondiale.

Le gouvernement compte sur ces investissements étrangers pour tenter notamment de contribuer à résoudre la crise des devises étrangères en Egypte, alors que le pays est en difficulté pour rembourser sa dette extérieure qui s'élève à près de 165 milliards de dollars.

Selon M. Madbouli, ces investissements permettront également de résoudre "la présence de deux prix pour le dollar", en référence au taux officiel pratiqué par les banques qui, la plupart du temps, refusent de céder des dollars à leurs clients et à celui, deux fois plus élevé, pratiqué sur le marché noir.

L'accord signé vendredi entre les deux pays prévoit le versement "de 15 milliards de dollars d'ici une semaine et un second versement, deux mois après le premier, de 20 milliards de dollars", a précisé M. Madbouli lors d'une conférence de presse.

"ADQ va acheter les droits de développement de Ras El-Hikma pour 24 milliards de dollars afin d'en faire l'une des plus grandes villes nouvelles développées par un consortium privé", a annoncé de son côté le fonds souverain d'Abou Dhabi.

Politique de développement 

Quelque 11 milliards de dollars seront également consacrés à des investissements dans "des projets de premier plan dans toute l'Egypte", a-t-il ajouté.

Fondé en 2018, ADQ est dirigé par le frère du président des Emirats Arabes Unis, cheikh Tahnoun ben Zayed.

Située à environ 350 kilomètres au nord-ouest du Caire, Ras el-Hikma est appelée à devenir une "destination de vacances, (...) un centre financier et une zone franche dotée d'une infrastructure de classe mondiale pour renforcer le potentiel de croissance économique et touristique de l'Egypte" a affirmé ADQ.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi dit vouloir faire du "développement" sa priorité. Les économistes, eux, dénoncent des mégaprojets –-villes nouvelles dont la nouvelle capitale, trains à grande vitesse, ponts et routes-– qui n'ont fait, selon eux, que siphonner les caisses de l'Etat et tripler la dette.

L'Egypte est désormais le deuxième pays le plus à risque de faire défaut de sa dette, juste derrière l'Ukraine en guerre.

Pour les experts, les raisons de s'inquiéter s'accumulent: les rentrées en devises du tourisme sont en baisse depuis des années.

Pire encore, les envois d'argent des travailleurs égyptiens à l'étranger --loin devant les recettes du secteur touristique et des droits de transit à Suez-- ont baissé d'environ 30% au premier trimestre 2023/2024.

Le Fonds monétaire international (FMI) a accordé un prêt de trois milliards de dollars à l'Egypte fin 2022, mais les tranches de prêt et les examens de programme ont été maintes fois reportés jusqu'à ce que Le Caire avance sur les réformes économiques, y compris un "taux de change entièrement flexible", comme le stipule le FMI.

Deux tiers des Egyptiens vivent en dessous ou juste au-dessus du seuil de pauvreté, alors que l'inflation s'élève à 35%.