«Nous savons où la violence aboutit et quelles en sont les conséquences», avertit le président somalien

Hassan Cheikh Mohamoud est président de la Somalie depuis mai 2022, après avoir occupé le même poste de 2012 à 2017 (Photo, AN/Abdulrahman Bin Shalhoub)
Hassan Cheikh Mohamoud est président de la Somalie depuis mai 2022, après avoir occupé le même poste de 2012 à 2017 (Photo, AN/Abdulrahman Bin Shalhoub)
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Publié le Mardi 14 novembre 2023

«Nous savons où la violence aboutit et quelles en sont les conséquences», avertit le président somalien

  • Pour Hassan Cheikh Mohamoud, seule une solution à deux États permettra de résoudre le conflit israélo-palestinien
  • Le président somalien a salué le resserrement des liens avec le Royaume à la suite du sommet saoudo-africain tenu à Riyad

RIYAD: La Somalie sait d'expérience que la violence ne permet pas d'atteindre un objectif politique, a déclaré le président somalien, Hassan Cheikh Mohamoud, évoquant la violence qui se poursuit entre Israël et les Palestiniens.

Après des décennies d'instabilité politique, de violence terroriste et d'intervention étrangère, ce pays de la Corne de l'Afrique s'est progressivement stabilisé, comme en témoigne sa récente ouverture aux voisins africains et au monde arabe.

M. Mohamoud a déclaré à Arab News que la violence entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas ne s'attaque pas aux causes profondes du conflit, ce qui ne peut être réalisé que par un accord politique sous la forme d'une solution à deux États.

«En tant que Somaliens, nous vivons depuis longtemps dans un environnement de violence. Nous savons où la violence aboutit, quelles en sont les conséquences et quel est le résultat de cette violence. Personne ne peut parvenir à une fin politique par la violence. Ce n'est pas possible», a-t-il ajouté.

«Il existe une solution acceptée dans le monde entier. Deux États, la Palestine et Israël, vivant côte à côte, pacifiquement. Cela peut arriver. C'est possible. Pourquoi ne pas aller de l'avant dans ce sens?» 

Depuis plus d'un mois, la bande de Gaza est soumise à d'intenses bombardements israéliens en représailles à l'attaque transfrontalière sans précédent lancée le 7 octobre par le Hamas contre le sud d'Israël, qui a fait 1400 morts, pour la plupart des civils, et 240 otages.

Les bombardements israéliens et les opérations terrestres qui ont suivi ont fait plus de 11 000 morts, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas, et provoqué le déplacement de plus de la moitié de la population de Gaza.

Le président somalien, Hassan Cheikh Mohamoud, s'est entretenu avec la rédactrice en chef adjointe d'Arab News, Noor Nugali, après le premier sommet saoudo-africain et le cinquième sommet arabo-africain (Photo, AN/Abdulrahman bin Shalhoub).

«Ce qui se passe en Palestine, en particulier aujourd'hui à Gaza, est un cas particulier, quelque chose qui contrevient à toutes les valeurs humaines au sens moral du terme.»

«Il ne s'agit pas seulement de religion, ni du caractère arabe, ni de régionalisme. Il s'agit d'humanité. Des enfants meurent. Des mères souffrent. Des civils innocents souffrent», a ajouté M. Mohamoud.

Le président s'est entretenu avec Arab News à la suite du premier sommet saoudo-africain et du cinquième sommet arabo-africain, qui ont eu lieu à Riyad les 11 et 12 novembre et qui ont rassemblé des représentants des deux régions pour discuter de commerce et de coopération.

Il s'est félicité du resserrement des liens entre la Somalie et l'Arabie saoudite, soulignant leur histoire commune, leurs liens religieux et leurs intérêts communs en matière de sécurité.

«La Somalie et l'Arabie saoudite entretiennent des relations historiques très anciennes en raison de la proximité géographique et des valeurs communes que nous partageons: la religion islamique, le mode de vie, les valeurs et la culture arabes, bien sûr. De nombreuses questions nous lient donc à l'Arabie saoudite», a indiqué M. Mohamoud.

«Le XXIe siècle et le mondialisme constituent un autre défi qui nous incite à nous réunir. Nous avons un ennemi commun, les extrémistes, les terroristes, le fondamentalisme qui va dans la mauvaise direction.»

«Puisque nous avons tous l'Islam en commun, notre héritage a toujours été lié. C'est donc dans ce contexte que nous nous inscrivons», a-t-il ajouté.

M. Mohamoud a souligné qu'il était particulièrement reconnaissant envers le Royaume pour son aide humanitaire, son expertise en matière de lutte contre le terrorisme et son soutien diplomatique, alors que la Somalie a connu l'insurrection, l'instabilité et la crise économique.

«La Somalie se trouve dans une situation difficile depuis trois décennies. L'Arabie saoudite a toujours été aux côtés de la Somalie au cours de ces trois décennies en termes d'aide humanitaire, de sécurité, de politique internationale et de soutien diplomatique à la Somalie. Tel est le niveau de nos relations.»

«Aujourd'hui, sous la direction du roi Salmane et du prince héritier, Mohammed ben Salmane, nous nous améliorons. Chaque jour, il y a un nouveau progrès dans nos relations, une nouvelle confiance, de nouvelles relations, de nouveaux domaines à ce sujet», a-t-il déclaré.

M. Mohamoud a noté que la sécurité et la lutte contre le terrorisme constituaient un domaine de coopération particulièrement solide.

«La Somalie est un pays qui sort d'un conflit de longue durée. Nous sommes entrés en guerre contre les terroristes, comme l'a fait l'Arabie saoudite dans le passé, et nous avons réussi. Il n'y a pas mieux que l'Arabie saoudite pour obtenir des conseils et profiter de son expérience dans la guerre contre le terrorisme», a-t-il ajouté.

Le sommet saoudo-africain a été organisé pour reconnaître l'importance croissante de l'Afrique en tant qu'acteur émergent dans la diplomatie et le commerce mondial.

«Au XXIe siècle, l'Afrique est la destination. Destination en termes de développement économique. Destination en termes de capital humain. Destination en termes de ressources. Destination en termes de stratégie, et j'en passe. Le monde entier est donc à l'affût», a déclaré M. Mohamoud.

«Si hier c'était le colonialisme, si c'était l'exploitation, au XXe siècle (un nouveau changement) est possible. Il s'agit d'un partenariat d'intérêts partagés.»

Il a fait remarquer que la Somalie, qui possède le plus long littoral du continent africain, une population jeune et dynamique, d'abondantes ressources naturelles inexploitées et le potentiel nécessaire pour devenir un centre logistique régional majeur, était prête à recevoir des investissements.

«Pendant longtemps, nous avons lutté pour stabiliser la Somalie. Faire de ce pays un endroit sûr et sécurisé. Ce n'est qu'alors que nous pouvons espérer que les investissements viendront. Nous y parvenons aujourd'hui. Nous en sommes aux dernières étapes», poursuit-il.

«Nous sommes en train de vaincre les groupes terroristes qui ont refusé ce droit au peuple somalien. Une fois que nous l'aurons fait, ce sera le bon moment – un environnement propice sera créé, permettant un environnement favorable à l'investissement.»

«La Somalie est un livre blanc. Chaque région est une opportunité. L'économie bleue est une opportunité. La sécurité alimentaire est une opportunité. La Somalie est riche en minéraux: or, uranium, cuivre, cobalt. Tous les types d'éléments naturels rares sont disponibles en Somalie.»

«La Somalie possède près de 9 millions d'hectares de terres arables, avec deux rivières permanentes tout au long de l'année et plusieurs saisons des pluies.  La Somalie possède l'un des cheptels les plus importants au monde», a rappelé M. Mohamoud.

«Donc, en Somalie, les domaines d'investissement sont illimités, inexploités et inoccupés», a-t-il ajouté.

Le faible développement du pays est dû en grande partie à ses décennies de guerre civile, qui ont été prolongées par l'implication de réseaux terroristes internationaux, dont Al-Shabaab.

Ce groupe terroriste, basé en Somalie mais actif ailleurs en Afrique de l'Est, est affilié à Al-Qaïda depuis 2012 et soupçonné d'entretenir des liens avec Al-Qaïda au Maghreb islamique et Al-Qaïda dans la péninsule arabique.

Avec le soutien de la communauté internationale, la Somalie lutte contre Al-Shabaab avec des moyens militaires conventionnels et des campagnes de lutte contre la radicalisation, et en bloquant les moyens de financement des activités du groupe.

«Le gouvernement somalien et le monde qui soutient la Somalie, les partenaires internationaux, la communauté internationale, les organisations internationales, tous ceux qui ont soutenu la Somalie dans la lutte contre le terrorisme, nous leur en sommes très reconnaissants», a affirmé M. Mohamoud.

Le président s'est entretenu avec Arab News à l'issue du premier sommet saoudo-africain et du cinquième sommet arabo-africain, qui se sont tenus à Riyad les 11 et 12 novembre (Photo, SPA).

«Al-Shabaab n'est pas une organisation locale.  C'est une organisation mondiale et régionale. Elle s'est retrouvée par hasard en Somalie, parce qu'il y avait en Somalie un grand espace qui n'a pas été gouverné pendant longtemps. C'est ce qui les incite à y rester.»

«Deuxièmement, nous avons combattu Al-Shabaab, les terroristes, avec une seule méthode, qui est la méthode militaire. Nous avons toujours lutté avec eux sur le plan militaire. Nous avons renforcé et élargi le front militaire, mais nous sommes sur un autre front. Nous sommes en guerre idéologique.»

«L'idéologie qu'ils utilisent est l'islam. Et ils ne l'utilisent pas de la bonne manière. Personne n'est donc mieux placé que nous pour exprimer et expliquer à notre peuple le droit chemin de l'islam. Et c'est ce que nous faisons.»

«La troisième question est celle de l'économie. Al-Shabaab collecte d'énormes sommes d'argent auprès de notre peuple. Ils l'appellent zakat (taxe) ou tabaro'at (charité). Ils lui donnent tant de noms. Mais en fin de compte, il s'agit de nos ressources locales.»

«Nous avons restreint ces ressources, en fermant les robinets qui les alimentaient. C'est donc ce qui fait le succès que nous recherchons et que nous obtenons actuellement», a-t-il ajouté.

Malgré les exigences de sa fonction, M. Mohamoud est déterminé à continuer à servir les intérêts du peuple somalien, à mesure que la nation se dirige vers un avenir plus stable et plus prospère.

«Bien sûr, je ne suis pas jeune, mais grâce à Dieu, je suis en bonne santé. Je ne fume pas, je ne bois pas. Je ne me couche pas tard. Je travaille suffisamment, pas seulement mentalement, je fais aussi de l'exercice. Je suis le père d'une bonne famille et j'ai servi la Somalie toute ma vie», a-t-il confié.

M. Mohamoud est président depuis mai 2022, après avoir occupé le même poste de 2012 à 2017. Avant d'entrer en politique, il était militant des droits civiques et professeur et doyen de l'université Simad à Mogadiscio.

En 2013, il a été nommé dans le Time 100, la liste annuelle des 100 personnes les plus influentes du monde établie par le magazine Time, pour ses efforts visant à faire progresser la réconciliation nationale, les mesures de lutte contre la corruption et les réformes socio-économiques et sécuritaires en Somalie.

«Je suis quelqu'un qui a été formé par l'éducation et l'humanité et qui a servi la vie et les intérêts des gens. Et je crois que je suis toujours au service du peuple. Ce qui me rend heureux, ce qui me rend satisfait de moi-même, c'est de savoir à quel point j'aide un être humain», a ajouté M. Mohamoud.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le Hezbollah rejette le dernier exutoire négocié par les Etats-Unis, Aoun exige l'application du cessez-le-feu

Une photo prise depuis la zone sud de Nabatieh montre de la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne dans le village de kfar Tibnit, le 4 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la zone sud de Nabatieh montre de la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne dans le village de kfar Tibnit, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Une déclaration conjointe libano-israélienne, publiée à l'aube du jeudi, heure de Beyrouth, indique qu'"Israël et le Liban ont, sous l'égide des États-Unis, accepté de mettre en œuvre un cessez-le-feu"
  • Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré que "le résultat des négociations directes absurdes, humiliantes et honteuses est reflété dans l'annonce de Washington"

BEYROUTH : Le président libanais Joseph Aoun a déclaré jeudi que la déclaration commune issue du quatrième cycle de négociations israélo-libanaises sous l'égide des États-Unis comportait "des points très importants en faveur du Liban et représentait la dernière occasion de passer à un cessez-le-feu définitif et global, étant entendu que chaque partie assumerait la responsabilité si elle ne répondait pas".

Un responsable libanais a confirmé à Arab News que le président attendait la réponse du Hezbollah, qui devrait arriver par l'intermédiaire du président du Parlement, Nabih Berri.

"Toutes les parties ont été informées du résultat de la session de négociation", a déclaré le fonctionnaire. "Ce qui a été publié n'est pas un accord de cessez-le-feu. Il s'agit d'une déclaration dont Israël a accepté intégralement le contenu et les conditions. Ce qui reste, c'est la réponse du Hezbollah".

Une fois cette réponse donnée, a ajouté le fonctionnaire, Washington sera informé et les prochaines étapes seront déterminées.

S'adressant de manière informelle aux journalistes au palais de Baabda, M. Aoun a déclaré que Washington "déterminerait le calendrier et le mécanisme de mise en œuvre du cessez-le-feu, qui pourrait commencer 24 heures après la notification de l'approbation et une fois que les garanties nécessaires auront été fournies." Le président américain Donald Trump serait le garant direct de la mise en œuvre.

Le président a déclaré que "la délégation libanaise de négociation, dirigée par l'ambassadeur Simon Karam, a tenu bon tout au long des deux sessions convoquées au cours des deux derniers jours".

La session de mercredi a été difficile : M. Karam a été poussé à suspendre le cycle de négociations et a insisté pour refuser d'aborder toute autre question tant qu'un cessez-le-feu global n'aurait pas été mis en place. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a été invité à relancer les pourparlers, qui se sont conclus par l'acceptation de la demande libanaise d'un cessez-le-feu global.

M. Aoun a déclaré que "de mercredi matin jusqu'aux petites heures de jeudi, nous sommes restés en contact avec les acteurs internationaux et nationaux pour verrouiller le cessez-le-feu global, et un certain nombre d'États frères et amis ont également joué un rôle en exerçant des pressions au nom du Liban".

La déclaration conjointe israélo-libanaise, publiée jeudi à l'aube, heure de Beyrouth, précise que "tant Israël que le Liban ont accepté, sous l'égide des États-Unis, de mettre en œuvre un cessez-le-feu. Son entrée en vigueur est subordonnée à une cessation totale des tirs du Hezbollah et au retrait de tout son personnel de la zone située au sud du Litani. Le Hezbollah doit également permettre l'établissement rapide de zones pilotes où les forces armées libanaises - et uniquement les forces armées libanaises - exercent un contrôle exclusif sur le territoire, tout acteur armé non étatique étant écarté du tableau."

Israël a déclaré que "sa sécurité et le respect de son intégrité territoriale ne peuvent être assurés que par le désarmement du Hezbollah et le démantèlement de son infrastructure sur l'ensemble du territoire libanais".

De son côté, le Liban a souligné "la nécessité d'un respect mutuel des frontières internationalement reconnues et le besoin urgent d'une mise en œuvre complète de la cessation des hostilités, en mettant l'accent sur les principes de l'intégrité territoriale et de la pleine souveraineté de l'État". Le Liban s'est engagé à renforcer les capacités de l'armée libanaise, avec le soutien des États-Unis, afin d'exercer un contrôle effectif sur l'ensemble du pays.

Toutes les parties ont déclaré que "l'avenir des relations entre Israël et le Liban doit être exclusivement décidé par les deux gouvernements souverains". Elles ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban.

Selon la déclaration, "Israël et le Liban ont réaffirmé qu'ils n'avaient aucune intention hostile l'un envers l'autre et se sont engagés à poursuivre les négociations directes afin de renforcer la confiance, de résoudre toutes les questions en suspens et d'œuvrer à la conclusion d'un accord global entre les deux pays".

De leur côté, les États-Unis ont réitéré leur "soutien constant aux deux gouvernements dans l'exercice de leur souveraineté". Ils ont ajouté que "tout accord de cessation des hostilités doit être conclu directement entre les deux gouvernements, sous l'égide des États-Unis, et non par le biais d'une voie distincte".

Les États-Unis ont également souligné leur intention de "soutenir les forces armées libanaises, dans le but d'améliorer leur capacité et de permettre l'exercice effectif de la souveraineté sur l'ensemble du territoire libanais".

S'adressant aux journalistes jeudi, le président Aoun a déclaré que "le Liban a suggéré de commencer la mise en œuvre de "zones pilotes" dans les villes de Zawtar Al-Sharqiya, Zawtar Al-Gharbiya, Yahmar et la zone entourant le château de Beaufort (Qalaat Al-Shaqif), occupé la semaine dernière par Israël, en raison de leur importance symbolique et de leur proximité avec la ville de Nabatieh".

M. Aoun a souligné "la grande importance de l'accord conclu à Washington dans l'intérêt du Liban et de la région. Il représente une véritable occasion de passer de l'escalade à la stabilité. Le succès de ce processus dépend de l'engagement clair de toutes les parties concernées et de la mise en œuvre intégrale des mesures convenues. L'État libanais a entamé ces négociations avec un fort sentiment de responsabilité nationale. L'objectif principal était de protéger le Liban, de garantir la sécurité de ses citoyens et de maintenir la stabilité. Chacun doit aborder les récents développements avec un sens de la responsabilité nationale et saisir cette opportunité pour renforcer la sécurité et la stabilité dans tout le pays".

M. Aoun a également déclaré que les États-Unis avaient joué un rôle de médiateur et de pivot dans ces négociations, contribuant à rapprocher les parties "d'un accord grâce à une approche ferme et à des efforts soutenus pour aplanir les divergences".

Le président libanais a ajouté que "cet accord diffère de celui conclu le 27 novembre 2024, non seulement par sa substance mais aussi par le contexte politique qui l'entoure, ce qui renforce ses perspectives de durabilité et de succès". Cela dépend maintenant du rôle du président américain Donald Trump et de son administration dans l'obtention des garanties nécessaires pour solidifier l'accord et assurer son respect par toutes les parties."

Pendant ce temps, les forces israéliennes se sont retirées de la ville de Dibbin dans le district de Marjayoun, au sud du fleuve Litani, au cours de la matinée, tandis que l'armée libanaise a annoncé son déploiement à la jonction de la ville plus tard dans l'après-midi.

Une source militaire libanaise a déclaré à Arab News que "suite au retrait israélien de Dibbin, l'armée libanaise a levé les barrages routiers, rouvert l'accès à la ville et commencé à dégager les obstructions militaires de la zone".

Quant à savoir si l'entrée dans la ville était basée sur un calendrier de retrait israélien clair, la source militaire a déclaré : "Il n'y a pas de calendrier de retrait.

La source militaire a confirmé que l'armée libanaise restait déployée au sud du fleuve Litani partout où il n'y avait pas de présence de l'armée israélienne, que ce soit à Hasbaya, Marjayoun ou même dans la ville de Tyr.

En ce qui concerne la possibilité de mettre en place des zones pilotes et le calendrier d'une telle initiative, la source a déclaré : "Le commandement de l'armée n'a pas été informé de la mise en place de zones pilotes : "Le commandement de l'armée n'a pas été informé de quoi que ce soit à ce sujet jusqu'à présent.

Le terme "zone pilote" est apparu comme un mécanisme de mise en œuvre progressive visant à démanteler les impasses sécuritaires qui sont géographiquement et politiquement enracinées. Toutefois, son application au Liban pourrait se heurter aux réalités des conditions complexes du terrain au Liban.

Une source militaire libanaise a estimé que l'adoption de ce terme "réduit la probabilité d'un échec global, car il se concentre sur l'essai d'une zone géographique spécifique et limitée dans le secteur au sud du fleuve Litani, servant de laboratoire pour évaluer l'étendue de l'engagement des parties et le sérieux des garanties".

La source a expliqué que les arrangements supposaient que "l'armée israélienne se retirerait complètement, tandis que des unités des forces armées libanaises s'installeraient et assumeraient le contrôle militaire, sécuritaire et administratif exclusif. Aucune autorité parallèle ou arme en dehors du cadre de la légitimité officielle de l'État ne serait autorisée. Cela signifie le retrait de tous les éléments du Hezbollah de la région, le démantèlement de l'infrastructure du parti et l'interdiction de son rétablissement, de sorte que la région soit entièrement démilitarisée de toute présence militaire non affiliée au gouvernement souverain".

Dans un discours prononcé jeudi après-midi, le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré que "le résultat des négociations directes absurdes, humiliantes et honteuses est reflété dans l'annonce de Washington, qui expose les principes fondamentaux par lesquels les États-Unis et Israël envisagent la soumission du Liban au projet du Grand Israël".

Qassem a déclaré que "le résultat des négociations est rejeté dans son intégralité par de larges segments du peuple libanais".

Mahmoud Qamati, chef adjoint du conseil politique du Hezbollah, a annoncé que le Hezbollah rejetait "tout accord partiel ou toute formule de compromis en matière de sécurité".

Qamati a déclaré que "les zones pilotes et le projet de désarmement constituent un recul stratégique".

Alors que le Hezbollah insiste sur la condition d'un retrait israélien complet du Sud-Liban, le négociateur libanais, selon la source officielle, estime que "le Liban considère les zones pilotes comme une occasion de garantir des retraits israéliens progressifs et de restaurer la souveraineté sur certains secteurs".

Entre-temps, jeudi, l'armée israélienne a demandé aux citoyens libanais de ne pas se rendre au sud de la rivière Zahrani "pour leur propre sécurité". Elle a également continué à cibler des véhicules et des individus dans le sud du Liban.

Les parties libanaise et israélienne doivent tenir un nouveau cycle de négociations le 22 juin, "en vue de parvenir à un accord global". Les États-Unis ont accepté de continuer à faciliter la communication entre les parties dans l'intervalle", selon la déclaration commune.


Libye: des centaines de manifestants contre la présence de migrants dans leurs quartiers

Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays. (AFP)
Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays. (AFP)
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  • "Non à l'installation des migrants et des réfugiés", "La Libye appartient aux Libyens"
  • De son côté, la Mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul) a réaffirmé "qu'aucune de ses agences, y compris le HCR, ne met en œuvre de programme de réinstallation" dans le pays

TRIPOLI: Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays.

Après une campagne sur les réseaux sociaux, des centaines de Libyens, cartons rouges à la main symbolisant une demande "d'expulsion", s'étaient donné rendez-vous devant le siège du HCR.

"Non à l'installation des migrants et des réfugiés", "La Libye appartient aux Libyens", ont-ils scandé, appelant aussi à la fermeture des bureaux du HCR qu'ils considèrent responsable de leur présence sur le territoire.

Des pancartes dénonçaient la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni accusée de vouloir obliger la Libye à garder les candidats à l'émigration illégale sur son territoire. "Non à la signature de conventions pour l'installation (de migrants) avec l'Italie", était-il écrit en arabe à côté d'un portrait de Mme Meloni barré d'une croix rouge.

De son côté, la Mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul) a réaffirmé "qu'aucune de ses agences, y compris le HCR, ne met en œuvre de programme de réinstallation" dans le pays. "Les allégations contraires sont catégoriquement fausses", a-t-elle souligné dans un communiqué jeudi soir, se disant "préoccupée par la propagation de fausses informations, de désinformation et de discours haineux concernant le travail de l'ONU" dans le pays.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver sa stabilité. Elle est gérée par deux gouvernements rivaux: celui reconnu par l'ONU basé à Tripoli (ouest) et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et un exécutif à Benghazi (est) contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et ses fils.

"Désinformation" 

Dans ce contexte, passeurs et trafiquants ont profité du climat d'instabilité qui y règne pour développer des réseaux clandestins pour des migrants d'Afrique subsaharienne et de pays asiatiques souhaitant émigrer en Europe par la mer.

A la mi-2024, le Portail sur les données migratoires géré par l'OIM (Organisation internationale pour les migrations, ONU) recensait environ 900.000 migrants et réfugiés en Libye.

La question migratoire provoque souvent des remous dans le pays, alimentés par un discours xénophobe sur les réseaux sociaux.

"L'amour de la patrie n'est pas du racisme!" ou encore "la Libye n'est pas la poubelle du monde", lisait-on sur des pancartes lors du rassemblement jeudi.

Des manifestants faisaient au passage l'amalgame entre les migrants et les réfugiés dont une majorité de Soudanais dont le pays est en proie à une guerre civile.

Les autorités libyennes avaient indiqué en décembre avoir prévu un traitement différencié pour les Soudanais. Le ministre de l'Intérieur, Imad Trabelsi, avait assuré qu'ils bénéficieraient d'un "accès aux soins et aux écoles".

Lundi, le bureau de l'ONU en Libye avait déjà dit noter "avec inquiétude la nouvelle propagation de la désinformation et de discours incendiaires sur les réseaux sociaux", dans un communiqué sur Facebook.

"De tels récits risquent d'alimenter les tensions, la méfiance, la discrimination et la violence, portant ainsi atteinte à la dignité, à la sécurité et au bien-être de la population libyenne", a-t-il ajouté.


Israël et le Liban conviennent de renouveler le cessez-le-feu

Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
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  • Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration
  • Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet

WASHINGTON: Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington.

"A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu", qui sera subordonné "à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l'évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani", peut-on lire dans cette déclaration entre les trois parties aux négociations.

"Les deux parties ont convenu de faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, à l'exclusion de tous les acteurs non étatiques", selon la même source.

Ces mesures doivent permettre de "progresser vers un accord global de paix et de sécurité".

"Tous les pays ont réaffirmé que l'avenir des relations entre Israël et le Liban devait être décidé par les deux gouvernements souverains. Ils ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban", une référence implicite à l'Iran, accusé de soutenir le Hezbollah pro-iranien.

Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration.

Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.

Des délégations israéliennes et libanaises se sont réunies à Washington mardi et mercredi, alors que des frappes israéliennes au Liban ont fait au moins neuf morts, dont un soldat et deux secouristes.