Gaza: Le secrétaire général de l'ONU «regrette profondément» la reprise des hostilités

les opérations militaires ont repris à Gaza après l'échec d'une trêve d'une semaine entre Israël et le Hamas (Photo, AP).
les opérations militaires ont repris à Gaza après l'échec d'une trêve d'une semaine entre Israël et le Hamas (Photo, AP).
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Publié le Samedi 02 décembre 2023

Gaza: Le secrétaire général de l'ONU «regrette profondément» la reprise des hostilités

  • «J'espère toujours qu'il sera possible de renouveler la pause qui a été instaurée» a déclaré Antonio Guterres dans un message posté vendredi sur X
  • Ces dernières heures, le porte-parole du gouvernement israélien a promis la «pire des raclées» au Hamas

GENEVE: Le secrétaire général de l'ONU "regrette profondément" la reprise des opérations militaires à Gaza, jugée "catastrophique" par le chef des droits de l'homme de l'organisation qui s'inquiète aussi d'une "extension" de l'offensive militaire.

"J'espère toujours qu'il sera possible de renouveler la pause qui a été instaurée. La reprise des hostilités ne fait que montrer combien il est important d'avoir un véritable cessez-le-feu humanitaire", a déclaré Antonio Guterres dans un message posté vendredi sur X (ex-Twitter), quelques heures après la reprise des bombardements de l'armée israélienne sur le territoire palestinien.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a accusé le Hamas d'avoir "violé l'accord" qui avait débouché sur une trêve humanitaire de plusieurs jours.

Elle a permis la libération de plusieurs dizaines d'otages qui étaient détenus à Gaza depuis la sanglante attaque du Hamas en Israël de 7 octobre.

L'accord prévoyait également la libération de prisonniers palestiniens en Israël et un accroissement significatif de l'aide humanitaire entrant dans Gaza.

Pour sa part, le Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Volker Türk, a qualifié de "catastrophique" la reprise des hostilités, dans un communiqué.

"J’exhorte toutes les parties et tous les Etats ayant une influence sur eux à redoubler d’efforts, immédiatement, pour garantir un cessez-le-feu", écrit-il.

Il a aussi jugé "très troublantes" des déclarations israéliennes sur "une expansion et une intensification" de l'offensive militaire.

Ces dernières heures, le porte-parole du gouvernement israélien a promis la "pire des raclées" au Hamas après la fin de la trêve et l'armée israélienne a prévenu des habitants de la ville de Gaza mais aussi des villages bordant la frontière avec Israël dans le Sud qu’elle allait mener des "attaques militaires dures."

La porte-parole de M. Türk, Ravina Shamdasani, a indiqué que le Haut-Commissaire n'avait eu aucune réponse à sa demande de pouvoir se rendre en Israël et dans les territoires palestiniens occupés.

Les autorités israéliennes actuelles ont souvent accusé --parfois de façon virulente-- M. Türk de biais pro-palestinien et estiment que "sa visite à l'heure actuelle n'apporterait rien".

"La voie à suivre doit passer par la fin immédiate de la violence, la libération rapide et inconditionnelle de tous les otages restants, la cessation des tirs aveugles de roquettes et de l'utilisation d'armes explosives ayant des effets à grande échelle dans les zones peuplées", a détaillé M. Türk.

Il réclame aussi "un accès rapide et sans entrave d'une aide humanitaire à la hauteur de l'immensité des besoins, la fin des pratiques de détention arbitraire d'Israël" et "le plein respect et la protection des droits de l'homme des Palestiniens et des Israéliens."

Présent à Gaza depuis plusieurs jours, le porte-parole du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a dénoncé "ceux qui ont décidé que la tuerie des enfants pouvait reprendre".

"L'inaction est, par essence, un feu vert donné à la tuerie des enfants", a accusé James Elder, via une liaison vidéo avec Genève.

"Il est irresponsable de penser que de nouvelles attaques sur le peuple de Gaza puissent conduire à autre chose qu'un carnage", a-t-il ajouté.

"Accepter le sacrifice des enfants de Gaza, c’est l'humanité qui abandonne", a-t-il poursuivi.

L'attaque menée par le Hamas en Israël le 7 octobre a fait 1.200 morts, en majorité des civils, selon les autorités israéliennes.

Selon les autorités du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza, la riposte israélienne à l'attaque du 7 octobre a fait plus de 15.000 morts dont au moins 6.150 enfants et jeunes de moins de 18 ans.

Gaza "c'est de nouveau l'enfer sur terre" a résumé Jens Laerke, le porte-parole de l'agence onusienne chargée de la coordination humanitaire (OCHA) à Genève.


Maroc: critiquée pour sa gestion, la maire de Rabat démissionne

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  • Depuis des mois, Asmaa Rhlalou, 54 ans, était critiquée par des élus et des conseillers municipaux pour sa gestion jugée "catastrophique" et "autocratique" de la ville, d'après des médias locaux
  • Certaines voix critiques avaient également dénoncé l'attribution, sans respect de la procédure, d'une somme tirée du budget communal au Fonds spécial pour la gestion des effets du séisme qui a frappé la région de Marrakech en septembre

RABAT: La maire de Rabat, première femme élue à ce poste en 2021, a démissionné mercredi après de multiples critiques sur sa gestion de la capitale marocaine, a-t-elle indiqué à l'AFP.

Depuis des mois, Asmaa Rhlalou, 54 ans, était critiquée par des élus et des conseillers municipaux pour sa gestion jugée "catastrophique" et "autocratique" de la ville, d'après des médias locaux.

Elle a adressé sa lettre de démission au gouverneur régional.

"J'ai préféré privilégier l'intérêt de la ville et du citoyen face au blocage du conseil municipal que connaît Rabat", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Certaines voix critiques avaient également dénoncé l'attribution, sans respect de la procédure, d'une somme tirée du budget communal au Fonds spécial pour la gestion des effets du séisme qui a frappé la région de Marrakech en septembre.

Journaliste de profession et membre du Rassemblement national des indépendants (RNI, coalition gouvernementale), Mme Rhlalou avait été élue maire de Rabat en septembre 2021 pour un mandat de six ans.

Deux autres femmes, Nabila Rmili et Fatima Ezzahra El Mansouri, avaient respectivement été élues maires de Casablanca et de Marrakech, une première dans le royaume.


Deux enfants morts de malnutrition dans un hôpital de Gaza

Deux enfants sont morts de malnutrition dans un hôpital du nord de la bande de Gaza, menacée par la famine après près de cinq mois de guerre (Photo, AFP).
Deux enfants sont morts de malnutrition dans un hôpital du nord de la bande de Gaza, menacée par la famine après près de cinq mois de guerre (Photo, AFP).
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  • Le bureau de coordination de l'aide humanitaire de l'ONU (Ocha) a fait état mercredi de deux enfants morts de soif et de malnutrition à l'hôpital Kamal Adwan
  • L'ONU estime que 2,2 millions de personnes, soit l'immense majorité de la population de Gaza, sont menacées de famine

GAZA: Deux enfants sont morts de malnutrition dans un hôpital du nord de la bande de Gaza, menacée par la famine après près de cinq mois de guerre entre le Hamas et Israël, a annoncé mercredi soir le ministère de la Santé du mouvement islamiste palestinien.

"Deux enfants sont morts au complexe médical d'Al-Chifa des suites de déshydratation et de malnutrition", a déclaré dans un bref communiqué le porte-parole du ministère, Ashraf al-Qudra, précisant qu'an total, six enfants étaient décédés ces derniers jours des mêmes causes.

Le bureau de coordination de l'aide humanitaire de l'ONU (Ocha) a fait état mercredi de deux enfants morts de soif et de malnutrition à l'hôpital Kamal Adwan (nord), deux décès annoncés plus tôt cette semaine par M. al-Qudra.

L'ONU estime que 2,2 millions de personnes, soit l'immense majorité de la population de Gaza, sont menacées de famine, en particulier dans le nord où les destructions, les combats et les pillages rendent presque impossible l'acheminement de l'aide humanitaire.

Selon l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), un peu plus de 2.300 camions d'aide sont entrés dans la bande de Gaza au mois de février, une baisse d'environ 50% par rapport à janvier, et une moyenne quotidienne de quelque 82 camions par jour.

D'après l'ONU, environ 500 camions entraient en moyenne quotidiennement dans la bande de Gaza avant la guerre, alors que les besoins de la population locale était alors moindres.

Des Palestiniens de Gaza ont confié ces derniers jours à l'AFP être forcés de manger des feuilles ou du fourrage pour le bétail, voire d'abattre des animaux de trait pour se nourrir.

Au cours des trois derniers jours, "près de 50 camions" remplis de denrées alimentaires se sont rendus dans le nord de la bande de Gaza, a indiqué mercredi l'organe du ministère israélien de la Défense qui coordonne les activités civiles de l'armée dans les territoires palestiniens (Cogat).

Depuis le début de la guerre le 7 octobre, 29.954 Palestiniens ont été tués, en majorité des civils, selon un dernier bilan fourni mercredi par le ministère de la Santé du Hamas.

Ce jour-là des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza voisine ont mené une attaque sans précédent dans le sud d'Israël, qui a causé la mort d'au moins 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.


Washington demande à Israël d'assurer l'accès à la mosquée Al-Aqsa pendant le ramadan

Les Etats-Unis ont appelé mercredi Israël à assurer l'accès à la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est aux fidèles musulmans pendant le ramadan (Photo, AFP).
Les Etats-Unis ont appelé mercredi Israël à assurer l'accès à la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est aux fidèles musulmans pendant le ramadan (Photo, AFP).
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  • «Il n'est pas dans l'intérêt d'Israël d'attiser les tensions en Cisjordanie ou dans l'ensemble de la région»
  • En pleine guerre à Gaza, Israël s'inquiète à l'approche du ramadan, mois saint des musulmans qui doit débuter le 10 ou 11 mars

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont appelé mercredi Israël à assurer l'accès à la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est aux fidèles musulmans pendant le ramadan, après qu'un ministre d'extrême droite a récemment proposé d'interdire l'accès aux Palestiniens venant de la Cisjordanie occupée.

"En ce qui concerne Al-Aqsa, nous continuons à demander à Israël de faciliter l'accès au mont du Temple pour les fidèles pacifiques pendant le ramadan, conformément aux pratiques passées", a déclaré à la presse le porte-parole du département d'Etat, Matthew Miller.

"Ce n'est pas seulement la bonne chose à faire, ce n'est pas seulement une question d'accorder aux gens la liberté religieuse qu'ils méritent et à laquelle ils ont droit, mais c'est aussi une question qui est directement importante pour la sécurité d'Israël", a-t-il ajouté.

"Il n'est pas dans l'intérêt d'Israël d'attiser les tensions en Cisjordanie ou dans l'ensemble de la région", selon lui.

Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a appelé mercredi dans une adresse télévisée "nos concitoyens de Jérusalem, de Cisjordanie et de l'intérieur occupé à se rendre à Al-Aqsa dès le premier jour du mois béni de ramadan, en groupe ou seuls, pour y prier afin de briser le siège qui lui est imposé".

En pleine guerre à Gaza, Israël s'inquiète à l'approche du ramadan, mois saint des musulmans qui doit débuter le 10 ou 11 mars.

Le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, chef d'une formation d'extrême-droite favorable à un contrôle juif de l'esplanade des Mosquées, a récemment appelé à limiter l'accès des Palestiniens, faisant craindre une aggravation des tensions.

"Nous ne pouvons pas prendre de risque", avait-il dit.

L'esplanade des Mosquées (ou mont du Temple pour les juifs) est le troisième lieu saint de l'islam et lieu le plus sacré du judaïsme. Si ce lieu saint musulman est administré par la Jordanie, Israël y impose des restrictions, notamment sur le nombre de fidèles ou leur âge.