Combats acharnés entre le Hamas et l'armée israélienne dans le sud de Gaza

Des Palestiniens utilisent les lumières de leurs téléphones pour chercher des victimes parmi les décombres d'un bâtiment en flammes, suite à une frappe israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 6 décembre 2023. (AFP).
Des Palestiniens utilisent les lumières de leurs téléphones pour chercher des victimes parmi les décombres d'un bâtiment en flammes, suite à une frappe israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 6 décembre 2023. (AFP).
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Publié le Jeudi 07 décembre 2023

Combats acharnés entre le Hamas et l'armée israélienne dans le sud de Gaza

  • A la nuit tombante, d'épais nuages de fumée noire et des flammes ont continué de s'élever de Gaza
  • Selon le ministère de la Santé du Hamas, 16 248 personnes, à plus 70% des femmes, enfants et adolescents

GAZA: Les combats se sont intensifiés mercredi dans le sud de la bande de Gaza entre le Hamas et l'armée israélienne, parvenue au coeur de la grande ville de Khan Younès, les habitants et les déplacés palestiniens tentant de s'abriter des bombardements meurtriers.

Des appels internationaux pressants se sont élevés pour exhorter à mieux protéger les civils, notamment de l'ONU et du G7, ce dernier rappelant son soutien à une solution "à deux Etats", palestinien et israélien dans le cadre d'un règlement du conflit israélo-palestinien, vieux de plusieurs décennies.

A la nuit tombante, d'épais nuages de fumée noire et des flammes ont continué de s'élever de Gaza. Dans la journée, des trainées dessinées par des roquettes tirées du petit territoire palestinien vers Israël ont aussi émaillé le ciel.

Engagée depuis le 27 octobre dans une offensive terrestre contre le Hamas dans le nord de Gaza, en parallèle à sa campagne de frappes aériennes dévastatrices, l'armée israélienne a étendu ses opérations au sol à l'ensemble du petit territoire palestinien surpeuplé.

Ces dernières 24 heures, les corps de plus de 200 Palestiniens tués dans les bombardements ont été transportés dans les hôpitaux, selon le ministère de la Santé du Hamas et des sources hospitalières.

"Toute la ville subit des destructions et des bombardements incessants. Beaucoup de gens arrivent du nord dans des conditions désastreuses, sans abri, à la recherche de leurs enfants", a raconté à l'AFP Hassan Al-Qadi, un habitant de Khan Younès déplacé plus au sud à Rafah, ville frontalière avec l'Egypte.

Selon le ministère de la Santé du Hamas, 16.248 personnes, à plus 70% des femmes, enfants et adolescents, ont été tuées depuis le 27 octobre dans la bande de Gaza par les bombardements israéliens.

Ceux-ci ont été lancés en représailles à une attaque sans précédent menée par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza qui a fait 1.200 morts, en majorité des civils, en Israël, selon les autorités.

Israël a promis de détruire le mouvement islamiste palestinien au pouvoir à Gaza depuis 2007, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.

«Lignes défensives percées»

A Khan Younès, la plus grande ville du sud de la bande de Gaza, l’armée israélienne a affirmé en soirée avoir "percé les lignes défensives" du Hamas et atteint le centre-ville, "éliminé un certain nombre de terroristes" et détruit environ "30 entrées de tunnels".

Dans le sud de Gaza, les déplacés condamnés à la débrouille

Une bâche de plastique qui fait office de tente sur un trottoir, des branches ramassées par-ci par-là pour faire du feu, de la semoule dans des gamelles pour unique nourriture: à la pointe sud de Gaza, des Palestiniens de nouveau déplacés s'organisent.

Des milliers de personnes continuent de fuir Khan Younès, grande ville du sud de Gaza encerclée par l'armée israélienne, vers Rafah, à moins de 10 km au sud, à la frontière fermée avec l'Egypte.

Nombre de ces déplacés avaient déjà pris la route ces dernières semaines avec leurs maigres bagages pour échapper aux bombardements et aux combats dans le nord de Gaza entre le Hamas et Israël, et se retrouvent acculés dans un périmètre de plus en plus réduit.

"Nous sommes arrivés ici, sans abri, il a plu sur nous cette nuit, il n'y a pas à manger, pas de pain, pas de farine", raconte à l'AFP Ghassan Bakr.

« Sinouar se cache sous terre »

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que les forces israéliennes "encerclaient la maison de (Yahya) Sinouar", le chef du Hamas dans la bande de Gaza, à Khan Younès.

"Sinouar se cache sous terre", a affirmé ensuite Daniel Hagari, un porte-parole de l'armée, en allusion aux tunnels du Hamas sous Gaza.

Yahya Sinouar, 61 ans dont 23 passés dans des prisons israéliennes, est considéré comme l'architecte de l'attaque sans précédent du 7 octobre: ce jour-là, des centaines de commandos du Hamas infiltrés en Israël depuis Gaza avaient tué 1.200 personnes, en majorité des civils selon les autorités israéliennes, et pris quelque 240 personnes en otage.

D'après le gouvernement israélien, 138 otages sont toujours retenus à Gaza, après la libération fin novembre dans le cadre d'une trêve de sept jours de 105 personnes enlevées, dont 80 en échange de 240 prisonniers palestiniens détenus par Israël.

Yahya Sinouar n'a pas été vu publiquement à Gaza depuis le 7 octobre.

Trois soldats israéliens ont été tués au combat mercredi dans la bande de Gaza, selon l'armée.

L'armée israélienne a aussi annoncé la découverte dans le nord du territoire, "au cœur de la population civile", près d'une clinique et d'une école, "d'un dépôt d'armes très important" y voyant une "preuve supplémentaire" de l'utilisation par le Hamas de "boucliers humains". Elle a aussi dit avoir tué à ce jour "la moitié des commandants" du Hamas.

Sur sa chaîne Telegram, le mouvement islamiste palestinien a affirmé que sa branche armée, les brigades Ezzedine al-Qassam "se bat violemment contre les forces d'occupation sur toutes les lignes d'incursion dans la bande de Gaza".

«Effondrement total»

Face au bilan qui grimpe, au manque de vivres et aux milliers de déplacés se retrouvant totalement démunis, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a mis en garde contre un "effondrement total de l'ordre public bientôt" à Gaza.

Parallèlement, la cheffe de la diplomatie française Catherine Colonna, aux côtés de représentants d'une cinquantaine de pays et d'organisations internationales, a appelé à une "trêve humanitaire immédiate et durable".

Le G7 a, lui, exhorté à une action urgente pour soulager "la crise humanitaire qui s'aggrave" à Gaza, tout en appelant à la libération "immédiate et sans conditions préalables de tous les otages".

Les pays riches du groupe des 7, réunis en visioconférence, se sont aussi dits en faveur d'une solution à deux Etats qui permette aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre dans une paix juste".

«Où voulez-vous qu'on aille?»

L'ONU, qui a calculé que 28% du territoire de Gaza tombe désormais sous le coup des ordres d'évacuation quotidiens israéliens, juge "impossible" de mettre en place des zones sécurisées pour les civils.

A Rafah, alors même que des déplacés du nord continuent d’affluer, une frappe sur un quartier résidentiel a fait 17 morts et des dizaines de blessés, d'après le ministère de la Santé du Hamas.

Des Palestiniens ayant fui Khan Younès, à moins de 10 kilomètres, ont monté à Rafah un camp de fortune -tentes avec des toiles, des bâches en plastique, des lattes de bois. Pour leur survie: des branches ramassées ici et là pour faire du feu, de la semoule dans des gamelles pour unique nourriture.

La ville de Rafah est le seul endroit du territoire palestinien, placé depuis le 9 octobre par Israël en état de siège total, où de l'aide humanitaire est encore distribuée, en quantité limitée, selon l'ONU.

"Où est-ce que vous voulez qu'on aille, bon sang?!", s'emporte Khamis Al-Dalou. "On a quitté Khan Younès et maintenant nous sommes dans des tentes à Rafah, sans toit, sans mur".

Selon l'ONU, 1,9 million de personnes, soit environ de 85% la population, ont été déplacées par la guerre dans la bande de Gaza où plus de la moitié des habitations sont détruites ou endommagées par les bombardements israéliens.

D'après le gouvernement israélien, 138 otages parmi les quelque 240 personnes enlevées en Israël le 7 octobre sont toujours retenus à Gaza, après la libération fin novembre dans le cadre d'une trêve de sept jours de 105 otages, dont 80 en échange de 240 prisonniers palestiniens détenus par Israël.

Israël a réclamé que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) puisse avoir accès à ces otages.

"Chaque minute en captivité met en jeu" leur vie, a dit l'armée.


Nouvel embrasement au Liban: quatre soldats israéliens tués, « tout le Liban doit brûler» estime Ben Gvir 

Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
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  • "Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé
  • Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI)

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

Il s'agit des bombardements les plus massifs et du bilan le plus lourd depuis l'annonce lundi d'un protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités, y compris au Liban, où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

"Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

D'autres frappes israéliennes ont visé la région de Baalbek dans l'est du pays, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars.

De nombreux habitants ont fui le sud après ces raids, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Des voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, quittant la région de Tyr, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Tout le Liban doit brûler" 

L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en riposte à la mort de ces soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé.

Les correspondants militaires des médias israéliens évoquent l'impact d'"un missile ou d'un drone".

"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" dans le sud du Liban avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, a précisé l'armée. Elle dénonce les "violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah", qui "continue de préparer et mener des attaques terroristes contre des soldats israéliens".

"Tout le Liban doit brûler", a réagi de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Ça suffit le ping-pong. Au Proche-Orient, on ne gagne pas avec des réactions mesurées et de la retenue", a-t-il ajouté. "Il faut être fou, éradiquer. Et vaincre le terrorisme".

"Il faut faire parler le feu (...) Ouvrir les portes de l'enfer", a déclaré sur X son collègue et rival d'extrême droite Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sans mentionner explicitement le Liban mais en faisant allusion à la mort des soldats.

Dans une déclaration publiée au petit matin, le groupe pro-iranien a annoncé que ses combattants avaient ciblé les forces israéliennes près des collines d'Ali Taher, qui surplombent la ville de Nabatiyé, par des tirs "de roquettes et d'obus de mortier".

Il avait affirmé dans la nuit avoir détruit trois chars israéliens lors d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.


Netanyahu : l'armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire»

Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la région de Marjayoun, au sud du Liban, montre de la fumée s'élevant à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur le village de Nabatieh al-Fawqa, le 19 juin 2026. (AFP)
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  • L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué
  • Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran

JERUSALEM: Israël restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire" a affirmé vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que son pays ferait "payer un prix très lourd" au mouvement islamiste Hezbollah, après l'annonce de la mort de quatre soldats en opération.

L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué. "Israël n'acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire", ajoute-t-il.

Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran.

 

 

 


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".