Pourquoi Israël n'a-t-il pas réussi à déjouer l’attaque du Hamas malgré les avertissements?

Des militants palestiniens ont franchi la barrière frontalière pour lancer des attaques et ont pris des otages dans le sud d'Israël le 7 octobre, pendant que des barrages de roquettes étaient tirés sur Israël. (Photo, réseaux sociaux)
Des militants palestiniens ont franchi la barrière frontalière pour lancer des attaques et ont pris des otages dans le sud d'Israël le 7 octobre, pendant que des barrages de roquettes étaient tirés sur Israël. (Photo, réseaux sociaux)
Des Palestiniens et des militants des Brigades Ezzedine al-Qassam courent vers le point de passage d'Erez entre Israël et le nord de la bande de Gaza, le 7 octobre 2023. (Photo, AFP)
Des Palestiniens et des militants des Brigades Ezzedine al-Qassam courent vers le point de passage d'Erez entre Israël et le nord de la bande de Gaza, le 7 octobre 2023. (Photo, AFP)
Sur cette photo prise le 13 avril 2018, des soldats israéliens maintiennent leur position dans le kibboutz sud de Nahal Oz, de l'autre côté de la frontière avec la bande de Gaza, alors que les manifestants palestiniens se rassemblent le long de la barrière frontalière. (Photo, AFP)
Sur cette photo prise le 13 avril 2018, des soldats israéliens maintiennent leur position dans le kibboutz sud de Nahal Oz, de l'autre côté de la frontière avec la bande de Gaza, alors que les manifestants palestiniens se rassemblent le long de la barrière frontalière. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 09 décembre 2023

Pourquoi Israël n'a-t-il pas réussi à déjouer l’attaque du Hamas malgré les avertissements?

  • L'inaction est d'autant plus remarquable qu'Israël avait obtenu une copie du plan de bataille avant l'assaut
  • Les médias sociaux bruissent de théories conspirationnistes: le gouvernement israélien était au courant des événements imminents mais les a laissés se produire

LONDRES: Le 6 octobre 1973, Israël a été totalement pris au dépourvu par une attaque menée par une coalition d'États du Moyen-Orient, dirigée par l'Égypte, qui a failli le rayer de la carte.

En fin de compte, Israël, soutenu par un pont aérien massif d'armes de pointe et d'autres aides des États-Unis, a survécu à la guerre du Kippour, bien qu'à un prix élevé − plus de 2 600 de ses soldats ont été tués et des milliers d'autres ont été blessés.

Mais «il s'agit d'un échec grave en matière de renseignement», a expliqué Ahron Bregman, historien, auteur et politologue israélien basé au Royaume-Uni.

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Des Palestiniens prennent le contrôle d'un char de combat Merkava israélien après avoir franchi la barrière frontalière avec Israël depuis Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 7 octobre 2023. (Photo, AFP)

Par la suite, dans une société laissée «dans un état de choc collectif profond», des questions difficiles ont été posées aux politiciens israéliens, à l'armée et à la communauté du renseignement et, «soi-disant, des leçons ont été tirées».

Mais presque 50 ans plus tard, jour pour jour, le 7 octobre 2023, Israël a de nouveau été pris par surprise, cette fois par un assaut du Hamas qui a fait au moins 1 200 morts parmi les citoyens et les soldats israéliens et en a ramené près de 250 à Gaza en tant qu'otages.

Aujourd'hui, dans un Israël déchiré et divisé par le doute, l'anxiété et la colère face à l'incapacité de son gouvernement et de ses forces militaires tant vantées non seulement à anticiper et à prévenir l'attaque, mais aussi à y répondre en temps utile, des questions difficiles sont à nouveau posées sur ce qui a mal tourné et sur les personnes à blâmer.

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Des militants du Hamas capturent des otages israéliens dans le kibboutz Be'eri lors d'une attaque massive contre l'État juif le 7 octobre 2023. (Photo X)

«Comme lors de la guerre du Kippour, les Israéliens disposaient de toutes les informations, de tous les détails», a déclaré Bregman, chargé d'enseignement au département des études sur la guerre du King's College de Londres au Royaume-Uni, qui a servi dans l'armée israélienne pendant six ans.

«Il s'agit là d'une nouvelle défaillance grave des services de renseignement israéliens», a-t-il précisé.

«À l'avenir, l'attaque du Hamas le 7 octobre sera enseignée dans les écoles militaires, au même titre que Pearl Harbor, l'opération Barbarossa (l'attaque surprise de l'Allemagne contre la Russie en 1941) et la guerre du Kippour», a jugé Bregman.

EN NOMBRES

• 1200 personnes, dont des Israéliens et des étrangers, tuées lors de l'attaque du Hamas en octobre.

• Plus de 240 personnes prises en otage par le Hamas et des groupes alliés, dont certaines ont été libérées par la suite.

• 17 177 personnes tuées en Palestine depuis qu'Israël a lancé sa campagne de représailles.

Grâce à une fuite surprenante, provenant vraisemblablement des services de renseignement israéliens, il est clair que l'échec de la préparation du 7 octobre a été d'autant plus remarquable qu'Israël avait obtenu une copie du plan de bataille du Hamas avant l'attaque.

Le 30 novembre, le New York Times a publié un article exclusif affirmant que les responsables israéliens avaient obtenu le plan «plus d'un an avant qu'il ne se produise». Mais les responsables de l'armée et des services de renseignement israéliens ont rejeté le plan comme étant ambitieux, estimant qu'il était trop difficile pour le Hamas de le mettre en œuvre.

Le Hamas avait «suivi le plan avec une précision choquante», conclut le Times, «ce qui aurait pu être un coup des services de renseignement qui s'est transformé en l'une des pires erreurs de calcul en 75 ans d'histoire d'Israël».

Les agents de renseignement désenchantés ne sont pas les seuls Israéliens à faire des révélations sur les manquements d'Israël à la veille du 7 octobre.

Il apparaît aujourd'hui que, dans les mois, les semaines et les jours qui ont précédé l'attaque du Hamas, les avertissements répétés des observateurs de l'armée israélienne chargés de surveiller le «mur de fer» entre Israël et Gaza ont été ignorés ou rejetés.

Les images des caméras placées le long de la clôture de haute technologie, qui a été rénovée en 2021 pour un milliard de dollars, sont surveillées jour et nuit par des membres du corps de collecte de renseignements de combat des forces de défense israéliennes.

Le mur semblait redoutable: une clôture de 6 mètres de haut, surmontée de fils barbelés et encastrée dans de profondes fondations en béton pour empêcher le creusement de tunnels, hérissée de systèmes de surveillance sophistiqués et de mitrailleuses télécommandées montées sur des tours tout au long de son parcours.

Mais le 7 octobre, le mur high-tech a été battu par une combinaison de bulldozers low-tech, d'explosifs et de drones qui ont largué des bombes sur les nids de mitrailleuses.

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Sur cette photo prise le 13 avril 2018, des soldats israéliens gardent leur position dans le kibboutz méridional de Nahal Oz, de l'autre côté de la frontière avec la bande de Gaza, alors que des manifestants palestiniens se rassemblent le long de la clôture frontalière. (Photo, AFP)

L'une des premières cibles des combattants du Hamas qui se sont engouffrés dans la brèche de la clôture a été une base militaire située dans le kibboutz de Nahal Oz, à environ un kilomètre à l'intérieur d'Israël. C'est là que 25 des 27 observatrices ont été tuées.

Alors que les Israéliens cherchent des réponses pour expliquer pourquoi l'attaque du Hamas a été si réussie et la réponse de l'armée israélienne si inadéquate, les deux femmes qui ont survécu à l'attaque de la base viennent de se manifester en affirmant que les avertissements répétés qu'elles et leurs collègues ont donnés ont été ignorés par les officiers supérieurs.

Selon un rapport du Times of Israel, pendant au moins trois mois avant l'attaque, les observateurs ont repéré et signalé des activités répétées et de plus en plus suspectes, notamment «des agents du Hamas menant des séances d'entraînement plusieurs fois par jour, creusant des trous et plaçant des explosifs le long de la frontière».

Pourtant, tous ces signes ont été «ignorés par les responsables du renseignement, qui les ont jugés sans importance».

L'une des deux survivantes de Nahal Oz a révélé à la chaîne publique israélienne Kan qu'elle avait vu des agents du Hamas s'entraîner à la barrière frontalière pendant des semaines.

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Des Palestiniens conduisent un tracteur israélien qui a été saisi après avoir franchi la frontière avec Israël depuis Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza, le 7 octobre 2023. (Photo, AFP)

Maya Desiatnik a compris que ce n'était qu'une «question de temps» avant que quelque chose d'important ne se produise, mais ses avertissements répétés ont été ignorés. Et le 7 octobre, quelque chose d'important s'est produit.

Ce jour-là, elle a commencé son service à 3h30 du matin. Tout était calme au début, mais à 6h30, «nous avons vu des gens courir de tous côtés vers la frontière, armés», a-t-elle raconté à Kan. «Nous avons vu des motos et des camionnettes se diriger directement vers la clôture.»

«Nous les avons vus faire sauter la clôture et la détruire. Nous avons peut-être pleuré, mais nous avons continué à faire notre travail», a-t-elle ajouté.

«C'est exaspérant», a signalé Desiatnik à Kan. «Nous avons vu ce qui se passait, nous leur en avons parlé, et c'est nous qui avons été assassinés.»

Israël fait grand cas du fait que les femmes servent aux côtés des hommes dans ses forces armées. À quelques exceptions près, tout citoyen juif, druze ou circassien âgé de plus de 18 ans effectue son service militaire obligatoire.

Les hommes sont censés servir pendant au moins 32 mois et les femmes, qui apparaissent fréquemment dans les vidéos des FDI, pendant au moins 24 mois.

Mais l'une des explications de l’échec du 7 octobre, a estimé Bregman, «est à mon avis liée au sexe des soldats».

«La plupart des observateurs le long de la frontière, qui suivent et rendent compte des activités du Hamas, sont des femmes soldats», a-t-il expliqué.

Pourtant, dans les semaines et les mois qui ont précédé le 7 octobre, elles n'ont cessé de faire des rapports à leurs supérieurs, qui étaient tous des hommes, bien sûr, en disant: «Écoutez, ils préparent une attaque contre nous, voici toutes les informations», et elles ont été ignorées.

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Des soldats israéliens patrouillent le long de la barrière frontalière du Kibutz Beeri, près de la frontière avec la bande de Gaza, le 25 octobre 2023, à la suite de l'attaque du 7 octobre par des militants palestiniens du Hamas. (Photo, AFP)

«Et je crois que l'une des raisons pour lesquelles elles ont été ignorées est le fait qu'il s'agissait de jeunes femmes», a-t-il clarifié.

Mais le manque de confiance mortel de l'armée dans ses observatrices n'est que l'une des nombreuses défaillances qui ont contribué au désastre du 7 octobre, explique Bregman, notamment «l'existence même de la clôture».

«Il y a là une dimension psychologique. On se dit: ‘J'ai une clôture, je suis protégé’, puis on commence à faire des économies, en pensant qu'on n'a pas besoin d'autant de troupes dans cette zone.»

«Le 7 octobre, oui, il y avait une clôture très sophistiquée, comme il n'y en a nulle part ailleurs dans le monde. Mais il n'y avait personne pour la protéger, car la majorité des troupes se trouvait ailleurs, en Cisjordanie», a-t-il dévoilé.

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Ahron Bregman

Selon lui, Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, a également beaucoup de comptes à rendre.

Netanyahou pensait qu'il suffisait de fournir le Hamas avec de l'argent et des emplois en Israël pour qu'il se tienne tranquille. En Israël, on pensait que le Hamas était dissuadé d'entrer en guerre, mais cette croyance était dans la tête des Israéliens, et non dans celle du Hamas.

«Netanyahou voulait croire que le Hamas n'irait pas à la guerre, et cette idée s’est répandue parmi les militaires eux-mêmes, qui ont fini par y croire», a illustré Bregman.

Inévitablement, les médias sociaux bruissent de théories conspirationnistes sur le 7 octobre, notamment sur le fait que le gouvernement israélien était au courant de l'attaque imminente mais qu'il l'a laissée se produire, afin de justifier un assaut massif sur Gaza.

La lenteur de la réaction de l'armée israélienne à l'attaque est attribuée à une affirmation, accompagnée du hashtag #BibiKnew, selon laquelle Netanyahou aurait ordonné aux forces de défense israéliennes de se retirer le jour même.

«Mais je pense que nous avons trop d'explications solides à cet échec des services de renseignement pour commencer à croire aux théories du complot», a affirmé Bregman.

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Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, "voulait croire que le Hamas n'entrerait pas en guerre, et cette idée s'est propagée jusqu'à l'armée elle-même, et ils ont fini par y croire", explique l'historien israélien Ahron Bregman, basé au Royaume-Uni. (Photo, AFP)

«Il n'était pas dans l'intérêt de Netanyahou d'entrer en guerre. Toute sa stratégie consistait à mettre le Hamas au pouvoir afin de ne pas avoir à mettre en œuvre la solution des deux États», a-t-il jugé.

Le succès de l'attaque n'est pas entièrement dû aux défaillances israéliennes.

«Si l'on se penche sur l'histoire militaire du Hamas, on constate qu'il s'agit d'une organisation capable de s'adapter, et les Israéliens ne l'ont pas compris», a déclaré Bregman.

Il est également clair que, selon «une source proche du Hamas» qui s'est confiée à Reuters, «le Hamas a utilisé une tactique de renseignement sans précédent pour tromper Israël au cours des derniers mois, en donnant publiquement l'impression qu'il n'était pas disposé à entrer dans un combat ou une confrontation avec Israël tout en se préparant à cette opération de grande envergure».

Dans le cadre de ce stratagème, le Hamas s'est abstenu d'attaquer Israël pendant deux ans et a donné l'impression «qu'il se souciait davantage de veiller à ce que les travailleurs de Gaza aient accès à des emplois de l'autre côté de la frontière et qu'il n'avait aucun intérêt à déclencher une nouvelle guerre».

Yossi Mekelberg, professeur de relations internationales et membre associé du programme MENA au sein du groupe de réflexion sur les affaires internationales Chatham House, basé au Royaume-Uni, n'a aucun doute sur le fait que le désastre du 7 octobre fera l'objet d'un compte rendu complet lorsque les combats cesseront enfin.

«Il y a des rumeurs et des fuites, et bien qu'il soit clair qu'il y a eu une défaillance systémique, il est difficile de savoir exactement ce qui s'est passé tant que nous n'aurons pas entendu des témoignages sous serment dans le cadre d'une enquête», a-t-il souligné.

Il a ajouté: «Mais il doit y avoir une enquête, il n'y a pas d'autres options. Lorsque la guerre sera terminée et que de nombreux réservistes seront libérés, ils seront les premiers à demander une enquête, les familles de ceux qui ont été tués le 7 octobre, les familles de ceux qui ont été pris en otage, les familles des soldats qui ont été tués depuis le 7 octobre, ils demanderont tous sans relâche une enquête, et à juste titre.»

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Des Palestiniens regardent les secouristes rechercher les corps de trois militants du Hamas dans un tunnel ciblé par une frappe aérienne israélienne, près de la frontière entre Israël et Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 novembre 2013. (Photo, AFP)

Il hésite à prédire l'issue politique de ce désastre pour Netanyahou et son parti de droite, le Likoud: «Qui sait, en politique, mais je serais très surpris s'il n'était pas fini.»

Cinquante ans après Yom Kippour, Israël est à nouveau en état de «choc collectif profond».

Pourtant, en fin de compte, au milieu de la consternation nationale face aux échecs d'Israël avant, pendant et après le 7 octobre, et de l'inquiétude croissante dans le pays et à l'étranger face à l'usage disproportionné de la mort et de la destruction par les forces de défense israéliennes à Gaza, c'est peut-être la réponse israélienne plutôt que l'attaque du Hamas elle-même qui s'avère être un point de basculement dans le cycle apparemment sans fin de la violence.

«Je crois vraiment que nous sommes à la croisée des chemins», a déclaré Mekelberg.

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Le général de division Aharon Haliva, chef de la direction du renseignement militaire de Tsahal, ainsi que le chef de l’agence de sécurité du Shin Bet et chef d’état-major de Tsahal, ont reconnu l’entière responsabilité de l’attaque meurtrière du Hamas. (Photo fournie)

«J'aimerais que les gens tirent la conclusion que les conflits et les effusions de sang ne servent à rien, mais qu'ils ne font qu'accroître la colère, l'amertume et le besoin de vengeance, et qu'il faut que cela change», a-t-il insisté.

«Ce dont nous avons besoin aujourd'hui, c'est d'un leadership différent, qui suscitera un peu d'espoir, et il pourrait y avoir un avenir bien meilleur tant pour Israël que pour les Palestiniens − et je pense que le potentiel est infini», a soutenu Mekelberg.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre saoudien de la Défense : Riyad engagé pour une solution juste pour le Sud, la dissolution du STC est une décision courageuse

« Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence qui seront présentés lors des discussions sur une solution politique globale au Yémen », a-t-il déclaré. (AFP)
« Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence qui seront présentés lors des discussions sur une solution politique globale au Yémen », a-t-il déclaré. (AFP)
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  • Riyad affirme son engagement en faveur d’une solution juste pour le Sud, soutenue par la communauté internationale à travers la Conférence de Riyad
  • Le ministre saoudien de la Défense salue la dissolution du STC comme une décision courageuse favorisant une participation plus inclusive des acteurs du Sud.

RIYAD : Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, a déclaré que l’annonce de la dissolution du Conseil de transition du Sud (STC) allait dans le sens de l’intérêt général. Dans son premier commentaire depuis cette annonce, il a affirmé que « la question du Sud dispose désormais d’une véritable voie, parrainée par le Royaume et soutenue par la communauté internationale à travers la Conférence de Riyad, visant à rassembler nos frères du Sud afin d’élaborer une vision globale de solutions justes répondant à leur volonté et à leurs aspirations ».

Dans un message publié sur la plateforme X, le ministre de la Défense a ajouté : « Le Royaume constituera un comité préparatoire, en concertation avec des personnalités du Sud, afin d’organiser la conférence, laquelle réunira des participants de tous les gouvernorats du Sud, sans exclusion ni discrimination. Le Royaume soutiendra les résultats de la conférence afin qu’ils puissent être présentés dans le cadre du dialogue sur une solution politique globale au Yémen. »

Il a conclu en déclarant : « La décision prise par des figures et des dirigeants du Sud de dissoudre le Conseil de transition est une décision courageuse, motivée par la préoccupation pour l’avenir de la cause du Sud et visant à encourager une participation plus large des forces du Sud à la Conférence de Riyad, au service de leur cause. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le STC annonce sa dissolution

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  • Des membres du groupe se sont exprimés vendredi lors de la Conférence du dialogue du Sud à Riyad

RIYAD : Le Conseil de transition du Sud (STC), groupe séparatiste yéménite, a annoncé sa dissolution à l’issue de discussions tenues en Arabie saoudite. Plusieurs membres du STC se trouvent actuellement à Riyad pour des pourparlers visant à mettre fin aux troubles dans le sud du Yémen. Le groupe a salué les efforts de l’Arabie saoudite, tandis que l’ancien chef du STC, Aidarous al-Zubaidi — désormais recherché par le Conseil présidentiel pour haute trahison — a fui le Yémen et n’a pas pris part aux discussions.

Une source yéménite a déclaré à Arab News :
« Cette annonce et la facilité affichée dans la déclaration télévisée montrent en réalité qu’Al-Zubaidi constituait l’obstacle, et que la majorité des habitants du Sud sont ouverts à un règlement de leur cause par le dialogue et la discussion. »

Les membres du Conseil de transition du Sud (STC) se sont exprimés vendredi lors de la Conférence du dialogue du Sud organisée à Riyad.

Au cours de la réunion, le Conseil a estimé que les opérations militaires menées dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra avaient porté atteinte à la cause du Sud au Yémen.

Le STC a affirmé ne pas avoir participé à la décision de lancer ces opérations militaires.

« Nous espérons parvenir à une vision et à un cadre pour résoudre la question du Sud lors de la conférence de Riyad », a déclaré le Conseil.

Le STC a remercié l’Arabie saoudite pour l’accueil et l’organisation de la conférence de dialogue à Riyad.

Traduction intégrale du communiqué du STC, selon l’agence de presse yéménite SABA

Annonce de la dissolution du Conseil de transition du Sud

La présidence du Conseil de transition du Sud, la direction exécutive suprême, le secrétariat général ainsi que les autres organes affiliés ont tenu une réunion afin d’évaluer les récents événements malheureux survenus dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra, ainsi que le rejet de toutes les initiatives visant à la désescalade et au règlement de la situation. Ces développements ont entraîné des conséquences graves et douloureuses.

En référence au communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite concernant son parrainage d’un dialogue du Sud pour résoudre la question du Sud — et afin de préserver l’avenir de la cause du Sud et le droit des populations du Sud à restaurer leur État conformément à leur volonté et à leurs aspirations, tout en maintenant la paix et la sécurité sociale dans le Sud et la région — nous annonçons ce qui suit :

Le Conseil de transition du Sud a été créé pour porter la cause des populations du Sud, les représenter et les guider vers la réalisation de leurs aspirations et la restauration de leur État. Il n’a jamais été conçu comme un instrument d’accaparement du pouvoir, de monopole de la décision ou d’exclusion d’autrui.

Étant donné que nous n’avons pas participé à la décision de lancer l’opération militaire en Hadramaout et à Al-Mahra — opération qui a porté atteinte à l’unité du Sud et nui aux relations avec la Coalition dirigée par le Royaume d’Arabie saoudite, laquelle a consenti et continue de consentir d’importants sacrifices et un soutien politique, économique et militaire constant — la poursuite de l’existence du Conseil ne sert plus l’objectif pour lequel il a été fondé.

En conséquence, et conformément à notre responsabilité historique envers la cause du Sud, nous annonçons la dissolution du Conseil de transition du Sud, la dissolution de tous ses organes principaux et subsidiaires, ainsi que la fermeture de l’ensemble de ses bureaux à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Nous œuvrerons désormais à la réalisation de notre juste cause du Sud en nous préparant à participer à la conférence du Sud sous le parrainage du Royaume.

Nous saluons le Royaume d’Arabie saoudite pour ses engagements clairs et explicites, ainsi que pour l’attention sincère qu’il porte à notre cause en recherchant des solutions conformes à la volonté et aux aspirations des populations du Sud.

Nous appelons toutes les figures et forces actives du Sud à s’engager dans la voie du dialogue du Sud, dans l’espoir de parvenir à une vision et à un cadre permettant de résoudre la question du Sud et de répondre aux aspirations de la population par sa libre volonté, au sein d’un cadre du Sud inclusif.

Depuis cette tribune, nous appelons les populations du Sud, nos collègues de la capitale Aden et de l’ensemble des gouvernorats de notre cher Sud à mesurer la gravité de ce moment, la sensibilité de cette phase et l’importance d’unir les efforts afin de préserver nos acquis et de protéger le Sud du chaos et de l’instabilité.

Nous réaffirmons notre engagement continu à servir la cause juste et légitime des populations du Sud et à réaliser leurs aspirations conformément à leur volonté. Nous exprimons également notre gratitude à la direction et au peuple du Royaume d’Arabie saoudite pour l’organisation de la conférence de dialogue du Sud et pour leur soutien constant au Sud, à sa cause et à ses populations à toutes les étapes.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Yémen : Aidarous Al-Zubaidi a fui vers Abou Dhabi, selon le commandement des forces conjointes de la Coalition

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  • Al-Zubaidi avait refusé de participer aux pourparlers de paix à Riyad
  • Il a transité par la Somalie, selon le général de division Turki Al-Malki

​​​​​​DUBAÏ : Aidarous Al-Zubaidi, dirigeant du Conseil de transition du Sud au Yémen, a fui vers Abou Dhabi à bord d’un avion en provenance de Mogadiscio, en Somalie, a indiqué le général de division Turki Al-Malki, porte-parole de la Coalition pour le rétablissement de la légitimité au Yémen.

Dans un communiqué publié jeudi, Al-Malki a précisé qu’Al-Zubaidi avait pris la fuite mardi soir et s’était d’abord dirigé vers le Somaliland à bord d’un navire baptisé BAMEDHAF, parti du port d’Aden.

Le navire a désactivé ses systèmes d’identification alors qu’il se dirigeait vers le port de Berbera, au Somaliland, ajoute le communiqué.

Selon Al-Malki, Al-Zubaidi était en contact avec le général de division émirati Awad Al-Ahbabi, commandant des opérations conjointes des forces armées des Émirats arabes unis, qu’il a informé de son arrivée.

Toujours selon la Coalition, Al-Zubaidi a ensuite quitté le Somaliland à bord d’un vol accompagné d’officiers émiratis à destination de l’aéroport de Mogadiscio.

Après son atterrissage à Mogadiscio, l’avion a pris la direction du Golfe sans indiquer de destination finale, avant de désactiver ses systèmes d’identification au-dessus du golfe d’Oman.

Dix minutes avant son arrivée à l’aéroport militaire d’Al-Reef, à Abou Dhabi, l’appareil a réactivé ses systèmes d’identification.

Le navire BAMEDHAF, qui avait initialement quitté le Yémen vers le Somaliland, battait pavillon de Saint-Kitts-et-Nevis.

Il s’agit du même pavillon que celui du navire GREENLAND, précédemment utilisé pour transporter des véhicules de combat et des armes de Fujaïrah vers le port de Mukalla, a précisé le porte-parole de la Coalition.

Al-Malki a enfin indiqué que les forces de la Coalition analysent les informations concernant les personnes ayant été les dernières à rencontrer Al-Zubaidi avant sa fuite d’Aden.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com