Gaza: report du vote du Conseil de sécurité de l'ONU toujours divisé

Manifestation de la coalition de Boston pour la Palestine le 17 décembre, appelant à un cessez-le-feu permanent à Gaza (Photo, Reuters).
Manifestation de la coalition de Boston pour la Palestine le 17 décembre, appelant à un cessez-le-feu permanent à Gaza (Photo, Reuters).
Manifestation de la coalition de Boston pour la Palestine le 17 décembre, appelant à un cessez-le-feu permanent à Gaza (Photo, Reuters).
Manifestation de la coalition de Boston pour la Palestine le 17 décembre, appelant à un cessez-le-feu permanent à Gaza (Photo, Reuters).
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Publié le Lundi 18 décembre 2023

Gaza: report du vote du Conseil de sécurité de l'ONU toujours divisé

  • Les Emirats arabes unis, à l'origine du nouveau texte, ont demandé le report du vote prévu lundi à 17H00 (22H00 GMT) pour permettre la poursuite de négociations compliquées, et il devrait être reprogrammé pour mardi
  • Le nouveau projet de texte exige en particulier que les parties au conflit facilitent l'entrée et la distribution de l'aide humanitaire dans toute la bande de Gaza, «par la terre, la mer et les airs»

NATIONS-UNIES: Le Conseil de sécurité de l'ONU, profondément divisé sur le dossier israélo-palestinien, a reporté à mardi un vote attendu sur un nouveau projet de résolution visant à une interruption des hostilités à Gaza pour permettre l'accès de l'aide humanitaire.

Les Emirats arabes unis, à l'origine du nouveau texte, ont demandé le report du vote prévu lundi à 17H00 (22H00 GMT) pour permettre la poursuite de négociations compliquées, et il devrait être reprogrammé pour mardi, ont indiqué des sources diplomatiques.

Le 8 décembre, malgré la pression inédite du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, les Etats-Unis avaient mis leur véto au Conseil à l'adoption d'une résolution appelant à un "cessez-le-feu humanitaire immédiat" dans la bande de Gaza où l'armée israélienne poursuit ses frappes meurtrières en représailles à l'attaque sanglante sans précédent du Hamas le 7 octobre.

La semaine dernière, l'Assemblée générale a elle, adopté cette même résolution, mais de manière non contraignante, par 153 voix pour, 10 contre et 23 abstentions, sur 193 Etats membres.

Fort de ce soutien écrasant, les pays arabes ont annoncé une nouvelle tentative au Conseil de sécurité, à l'issue incertaine.

Un projet de texte préparé par les Emirats arabes unis, obtenu dimanche par l'AFP, appelle "à une cessation urgente et durable des hostilités pour permettre un accès sans entrave de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza".

Mais selon des sources diplomatiques, un nouveau texte modifié est en cours de rédaction lundi.

Le projet de dimanche réclamait en particulier que les parties au conflit facilitent l'entrée et la distribution de l'aide humanitaire dans toute la bande de Gaza, "par la terre, la mer et les airs".

Plus de souffrances

Comme le précédent et celui adopté par l'Assemblée générale, le texte ne nomme pas le Hamas, une absence systématiquement fustigée par les Etats-Unis et Israël. Il condamne en revanche "toutes les attaques aveugles contre les civils", "tous les actes de terrorisme", et réclame la libération des otages, détenus par le Hamas depuis le 7 octobre.

Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, le Conseil est sous le feu des critiques, n'ayant réussi qu'à adopter mi-novembre un texte appelant à des "pauses humanitaires". Cinq autres projets de résolution ont été rejetés, dont deux en raison de veto américains.

Le président Joe Biden a depuis estimé qu'Israël risquait de perdre le soutien de la communauté internationale en raison de ses bombardements "aveugles" sur la bande de Gaza.

"Les Etats-Unis devraient appuyer ces paroles en agissant au Conseil de sécurité pour mettre la pression sur Israël et les groupes armés palestiniens afin qu'ils respectent le droit international humanitaire et protègent les civils", a commenté Louis Charbonneau de Human Rights Watch, appelant les Américains à "ne pas utiliser le veto pour bloquer des résolutions visant à mettre un terme à des atrocités de masse".

Interrogé sur la possibilité d'une abstention américaine au Conseil, pour permettre au texte d'être adopté, le porte-parole du Département d'Etat américain Matthew Miller a dit lundi ne pas vouloir "spéculer".

"Nous sommes en plein milieu du processus de négociations", a-t-il indiqué.

Les résolutions du Conseil de sécurité sont contraignantes, mais régulièrement ignorées par les pays concernés.

Un cessez-le-feu maintenant

Après l'attaque du 7 octobre qui a fait, selon les autorités israéliennes, environ 1 140 morts, en majorité des civils, Israël a juré d'"anéantir" le Hamas, pilonnant le territoire palestinien, l'assiégeant et menant une vaste opération terrestre depuis le 27 octobre.

Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé lundi que les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza avaient fait 19.453 morts depuis le début de la guerre, majoritairement des femmes, des enfants et des adolescents.

"Face à de telles atrocités, il n'y a qu'une seule position morale, une seule position défendable: un cessez-le-feu maintenant", a plaidé vendredi l'ambassadeur palestinien à l'ONU Riyad Mansour à la tribune de l'Assemblée générale.

"Appeler à un cessez-le-feu maintenant, alors que (les otages) sont toujours détenus, est la chose la plus immorale", lui a répondu son homologue israélien Gilad Erdan.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.