Elisabeth Borne, soldate dans l'adversité lâchée par ses troupes

Elisabeth Borne assume comme une soldate l'adoption de la loi controversée sur l'immigration, mais lâchée cette fois par une partie de ses troupes (Photo, AFP).
Elisabeth Borne assume comme une soldate l'adoption de la loi controversée sur l'immigration, mais lâchée cette fois par une partie de ses troupes (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 21 décembre 2023

Elisabeth Borne, soldate dans l'adversité lâchée par ses troupes

  • Entre la «gueule de bois» de Sacha Houlié et la «gêne» de Yaël Braun-Pivet Elisabeth Borne ne voit pourtant «pas de crise»
  • La démission de son ministre de la Santé et son ancien directeur de cabinet Aurélien Rousseau ? C'est un «non sujet», dit la Première ministre

PARIS: Femme du "devoir accompli", Elisabeth Borne assume comme une soldate l'adoption de la loi controversée sur l'immigration, mais lâchée cette fois par une partie de ses troupes, au sein du gouvernement comme de la majorité.

Après son recours au 49.3 pour faire passer sans vote la réforme des retraites, certains ont cru voir une larme rouler sur sa joue face aux députés de sa majorité, qui l'ont alors tous applaudie.

Mais au lendemain du vote du texte sur l'immigration, durci par la droite et soutenu par l'extrême droite, les soutiens sont moins nombreux (un quart des voix Renaissance ont manqué à l'Assemblée) et un ministre a démissionné. D'autres membres du gouvernement issus de l'aile gauche, dont vient cette ancienne collaboratrice de Lionel Jospin, lui ont exprimé leur désaccord.

Entre la "gueule de bois" de Sacha Houlié, président de la commission des Lois, et la "gêne" de Yaël Braun-Pivet présidente de l'Assemblée nationale, l'ancienne préfète ne voit pourtant "pas de crise".

La démission de son ministre de la Santé et son ancien directeur de cabinet Aurélien Rousseau ? C'est un "non sujet", dit la Première ministre quelques heures avant la confirmation du départ de ce ministre aussi émotif qu'elle est réputée sans affect.

La vote de ce texte "touche aux murs porteurs", a justifié au journal Le Monde Aurélien Rousseau, qui sera resté un an à ses côtés rue de Varenne et seulement quatre mois à la Santé.

«Manque de lucidité»

Sans états d'âme, Elisabeth Borne dit sur France Inter avoir "le sentiment du devoir accompli" après le vote d'un texte qui à ses yeux "respecte nos valeurs", même si plusieurs mesures seraient inconstitutionnelles.

Laissant poindre comme rarement son énervement mardi à l'Assemblée, elle a certes rejeté les accusations "d'amalgame" avec l'extrême droite. "Les mots ont un sens", a-t-elle lancé au communiste André Chassaigne sous les hurlements de la gauche.

Comme beaucoup dans la majorité, une députée Renaissance admet que la Première ministre est "sérieuse et bosseuse mais elle n'incarne pas", pointant une "faiblesse politique".

Revenue en première ligne dans les négociations serrées avec la droite, elle a "plus foutu le bazar qu'autre chose", selon la même élue, même si elle "avait envie de s'impliquer".

"On ne peut pas lui faire un procès en déloyauté mais un procès en manque de lucidité", avance un proche du président à l'égard de la locataire de Matignon qui n'était pas inquiète avant la motion de rejet, et restait convaincue dimanche que Marine Le Pen ne voterait pas la loi.

"Préfète dans l'âme, elle ne contredira jamais le président" sauf que "quand elle est en danger, elle surinterprète" ses demandes, ajoute le même.

«Souffle»

La crise une nouvelle fois la fragilise à son poste, comme après la douloureuse séquence des retraites, à l'issue de laquelle elle avait échappé de justesse à la censure.

Une source ministérielle pointe plusieurs "erreurs": "En hâtant le calendrier", en voulant "à tout prix" une commission parlementaire "conclusive", en désignant le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin comme principal interlocuteur de la droite alors qu'il est considéré par son ancienne famille politique "comme un traître", et enfin en cédant "au dernier moment" sur des mesures contestées par la majorité.

Cette source ne voit "pas comment c’est tenable pour elle quand, au profit d'un mauvais accord, on n’a pas garanti l’unité de la majorité".

Elisabeth Borne est une "très bonne Première ministre" mais "si on ne remanie pas, on va faire 11 points" aux élections européennes en juin, où le RN est donné favori, prévient un autre député Renaissance.

A l'inverse un cadre du camp présidentiel pense que "faire passer un texte après l'échec de Gérald Darmanin, ça peut lui redonner du souffle" et "l'assurance de rester".

"Si c’est pour continuer à piloter Matignon rênes courtes, je ne vois pas à quoi ça sert de changer de Première ministre", abonde un ministre, quand beaucoup de réunions à l'Elysée, davantage qu'à Matignon, ont décidé du sort du projet de loi.


Deux employés d'un Burger King jugés en décembre pour harcèlement après un suicide

Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime. (AFP)
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  • Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026
  • Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais"

LILLE: Deux employés d'un restaurant Burger King à Calais seront jugés en décembre pour harcèlement moral, quatre mois après le suicide d'une de leurs collègues, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et de l'entourage de la victime.

A l'issue de leurs gardes à vue jeudi soir dans le cadre de cette affaire, "des convocations par officier de police judiciaire ont été remises aux deux prévenus" pour être jugés, selon la procureure de Boulogne-sur-Mer Cécile Gressier.

Il s'agit d'un salarié du même niveau hiérarchique que la victime et d'un supérieur direct, de hiérarchie intermédiaire, a précisé la procureure.

Ils doivent comparaître le 10 décembre au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, selon un avis du parquet reçu par la soeur de la victime, partie civile dans ce dossier, et dont l'AFP a obtenu une copie.

Sylvana Dufossé, 20 ans, employée polyvalente au Burger King de Calais, a mis fin à ses jours le 1er janvier 2026.

Selon la plainte déposée par sa grande soeur Angelina Dufossé le 13 janvier et consultée par l'AFP, Sylvana "subissait un harcèlement moral quotidien et presque physique de la part de deux de ses collègues de travail au restaurant Burger King Calais".

Le procès à venir "est un soulagement pour la famille, car nous redoutions que l'affaire soit classée sans suite. C'est une première étape, mais l'objectif reste qu'ils soient condamnés, pour Sylvana et pour toutes les victimes de harcèlement au travail. Il faut que cela cesse", a déclaré à l'AFP Boubacar Dembélé, fondateur du collectif Agir Ensemble, qui lutte contre le harcèlement.

Plusieurs salariés du même établissement se sont joints à la plainte d'Angelina Dufossé et ont témoigné à la justice du harcèlement subi.

Par ailleurs, une autre plainte avait déjà été déposée en mai 2025 par une ancienne employée du même restaurant, Séphina Lapotre, pour harcèlement moral lié à sa religion et à son port du voile.

De son côté, Burger King avait déclaré en février à l'AFP qu'un audit RH réalisé à sa demande dans le restaurant de Calais avait été "partagé aux autorités compétentes" et que les deux salariés concernés étaient suspendus.

 


Rima Hassan convoquée ce vendredi matin à la police judiciaire de Paris

L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier. (AFP)
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  • Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP)
  • L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X

PARIS: L'eurodéputée LFI Rima Hassan est convoquée ce vendredi matin au siège de la police judiciaire parisienne dans le cadre d'une enquête différente des faits pour lesquels elle a été placée jeudi en garde à vue, a appris l'AFP auprès d'une source proche du dossier.

Rima Hassan est attendue au Bastion par les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a ajouté cette source confirmant partiellement une information de TF1.

Les faits pour lesquels l'eurodéputée est convoquée à la BRDP n'ont rien à voir avec ce qu'il s'est passé jeudi, a-t-on insisté.

L'eurodéputée a été placée jeudi en garde à vue d'où elle est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" à raison d'un de ses posts sur X.

Lors de la fouille de ses effets, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, ndlr), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, en ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".

Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a assuré vendredi sur Sud Radio que Rima Hassan n'avait "aucune drogue sur elle", dénonçant des "informations mensongères" utilisées pour la "salir".

Invité de BFMTV, Laurent Nuñez a justifié le signalement à la justice par ses services du post de Rima Hassan qui faisait référence à Kōzō Okamoto, un des auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 à l'aéroport de Tel-Aviv (26 morts).

"C'était normal de faire un signalement (...) le tweet de Mme Hassan est grave (...), il n'y a pas d'acharnement", a fait valoir le ministre de l'Intérieur, en affirmant qu'il ne "fallait rien laisser passer".

"L'action politique doit rester dans les limites de l'Etat de droit", a-t-il ajouté.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.